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Summary:

Kuina ne rêve que d'une chose : retrouver son lit et dormir dedans pendant des jours.

(Elle reçoit mieux : Sabo.)

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

Kuina eut un frisson de dégoût en sentant la personne à côté d'elle éternuer sur son bras. Elle avait la désagréable impression que tous ses postillons renfermaient tellement de microbes que son bras allait fondre tant cette sensation la dégoûtait, mais elle se retint de lui faire une remarque acerbe. Ils avaient atterri depuis presque une heure et personne ne semblait enclin à ouvrir la porte de l'avion, elle ne tenait pas à se disputer avec quelqu'un alors qu'elle ne savait pas combien de temps elle allait devoir la supporter.

S'essuyant discrètement avec sa veste, elle se tourna de nouveau vers le hublot, regardant les trombes d'eau qui s'abattaient sur la piste d'atterrissage et les éclairs qui fendaient les nuages sombres dans le ciel. Elle qui avait été ravie d'enfin rentrer chez elle après des mois à l'étranger pour son travail se retrouvait désormais coincée dans l'avion à cause de quelques gouttes d'eau dehors. Les passagers autour d'elle semblaient cependant bien plus agacés qu'elle et elle pouvait déjà entendre des enfants pleurer et des adultes s'énerver contre le personnel de l'avion qui ne pouvait rien faire pour améliorer leur situation.

Et cette climatisation qui ne cessait de lui souffler dessus...

Elle leva le bras pour fermer l'arrivée d'air, espérant ne pas tomber malade. La femme à ses côtés (qui ne s'était pas mouchée, remarqua-t-elle avec dégoût) lui envoya un regard noir avant de rouvrir la soufflerie.

Kuina se retourna vers le hublot, dos à elle, et serra les poings en se mordant la langue. Elle devait se retenir. Ne pas se battre avec elle. Ne pas chercher à se disputer. Ils n'allaient tout de même pas les garder ici plus d'une heure, ils ne devraient plus tarder à sortir.

Elle baissa les yeux et vit des hommes décharger les valises de leur avion. L'une d'entre elle tomba au sol et s'ouvrit. Amusée, elle regarda le vent emporter les vêtements sur tout la piste, un homme leur courant après pour essayer d'en rattraper quelques-uns. Une passagère allait avoir une mauvaise surprise en retrouvant ses affaires dans un sale état.

Elle perdit son sourire en se rendant compte que c'était sa valise.

 


 

Les passagers furent autorisés à sortir de l'avion une heure et demie après son atterrissage. Il fallut deux heures de plus à Kuina pour qu'on lui ramène la totalité de ses affaires en plus ou moins bon état. Elle allait devoir tous les laver au moins deux fois pour limiter les dégâts, mais elle pourrait les porter de nouveau une fois qu'ils seraient propres.

Epuisée, elle passa la porte la menant à l'arrivée où on était censé l'attendre en traînant des pieds. Ce qui devait être un simple vol s'était transformé en cauchemar dès le départ : entre le retard, les turbulences, sa voisine insupportable et l'arrivée catastrophique, elle ne rêvait plus que de retrouver son lit et de dormir pendant une semaine.

Elle s'arrêta net en voyant qu'il n'y avait plus personne dans l'aéroport. Pas un seul passager, pas une seule famille attendant le retour d'un parent et surtout personne pour la récupérer et la ramener chez elle. Sous la surprise, elle lâcha sa valise qui tomba dans un bruit sourd, résonnant dans le hall, et elle prit une longue inspiration pour retenir un cri de rage. Elle avait bien dit à Zoro de s'arranger avec quelqu'un pour venir la chercher s'il n'était pas disponible et ce dernier lui avait assuré qu'il avait tout prévu, qu'elle n'avait pas à s'inquiéter. Elle allait lui arracher la tête à la seconde où elle le croiserait.

Elle expira longuement pour se calmer. Elle aurait bien hurlé toute sa colère dans le hall vide, mais elle imaginait bien qu'il y avait quelques personnes qui s'empresseraient de venir voir qui était la folle qui perdait la tête au beau milieu de la nuit.

- Quel connard, ne put-elle s'empêcher de lâcher.

Elle n'avait pas pour habitude d'être vulgaire, mais la situation s'y prêtait particulièrement bien et il n'y avait personne pour la reprendre sur son langage.

- Ça fait toujours plaisir, merci.

Elle sursauta et se retourna brusquement pour tomber sur Sabo qui, un sourire amusé aux lèvres, se penchait pour ramasser sa valise.

- Qu'est-ce que tu fais ici ?! s'étonna-t-elle.

Sabo haussa les sourcils, surpris par sa réaction.

- Tu comptes rentrer comment ? A pieds ?

Il pointa la sortie du doigt.

- J'aimerais bien t'y voir avec ce temps.

- C'est à toi que Zoro a demandé alors que tu travailles toute la semaine ? Tu aurais pu refuser, il se serait débrouillé pour venir.

Il sourit en secouant la tête, tendant le bras pour lui prendre son sac à dos. Elle ne refusa pas, trop fatiguée pour porter ce sac qui semblait peser des tonnes.

- J'ai insisté, je voulais te voir en premier.

L'agacement de Kuina disparut soudainement et elle lui rendit son sourire, attendrie par cette attention. Ils s'appelaient tous les jours depuis son départ, c'était comme s'ils se voyaient tout le temps, mais Sabo avait tout de même insisté pour venir la retrouver ce soir, au beau milieu d'une tempête alors qu'elle avait quatre heures de retard. Son cœur se rempli d'amour pour ce garçon et, sans pouvoir se retenir, elle l'enlaça.

- Je t'ai tant manqué que ça ? rit-il en lui rendant son étreinte.

Plus que son lit douillé, un bain chaud ou un bon repas, c'était Sabo qui lui avait manqué pendant ces longs mois. C'était ses attentions, sa tendresse et son amour qu'elle voulait. Elle avait l'habitude de passer presque tout son temps avec lui, ne pas pouvoir le toucher et l'enlacer pendant toutes ces semaines l'avait complètement drainée et elle s'en rendait compte maintenant alors qu'elle le retrouvait enfin.

Elle acquiesça contre lui, sans un mot, et il lui embrassa tendrement le haut du crâne.

- Tu m'as manqué à moi aussi, souffla-t-il.

Elle était rentrée.

 

(Plus tard, elle lui raconterait tout ce qui s'était passé et il rirait si fort qu'il manquerait de faire une sortie de route avec la voiture. Elle hurlerait en s'accrochant au tableau de bord tandis que les rafales de vent feraient trembler la voiture.

Mais même avec les bêtises de son partenaire, elle ne pourrait s'empêcher de sourire, heureuse d'entre enfin chez elle.)

Notes:

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