Work Text:
Porté par les ruines vertes
De l'amour qu'il a mené à sa perte,
Il découvre dans une lumière blanche
Un monde nouveau à travers les branches.
Son regard, aiguillonné par la douleur, recherche l'objet de sa rancœur ;
Et là, entourées par le lieu étranger qu'il ne sait voir, sont dressées
Deux silhouettes.
Êtres du passé qui modelèrent sa destinée,
Et qui jetèrent larmes et sang sur Alysia et ses enfants.
Elle d'abord, dissimulée, insidieuse, veilleuse acharnée ;
Jouant, se jouant des destinées et des mondes qu'elle a redessinés,
Délicatement influençant les évènements - et s'emparant d'autant d'atouts ;
D'outils ! que nécessaire pour de l'Histoire devenir la faussaire.
Lui, inattendu ; le grand absent au centre de tous les plans.
Terrassé par un sort abject qui fit de lui l'unique objet
Des manigances dissimulées de la sœur qui l'adorait.
Déchiré entre espace et temps, à travers les races,
C'est dans la mort de ceux qui espèrent que prit fin son calvaire.
Famille endeuillée par l'ignorance de ceux qui l'ont jugée,
Deux êtres hors normes fuirent les hommes...
Tout injuste que fut leur chemin, à travers les épreuves et le chagrin,
La porteuse du Troisième Œil ne sut accepter et faire son deuil.
Et la rage, sombre, glacée, s'empara de son cœur en lieu et place de son malheur ;
La victime devint le bourreau,
Le martyr devint le fléau.
Son obsession de cinq mille années enfin achevée,
Elle exulte, aveuglée ;
Belle ironie pour celle qui voit le futur devant elle !
Et ne remarque pas l'enfant avant qu'il ne s'élance en criant.
Lui, militaire, déserteur, héros qui suivit son cœur - son bras ensuite armé par un pacte qui causera la noirceur de ses actes.
Lui, obscurci, perverti, auteur de tueries - assassin de la rédemption, fratricide - devenu un pion.
Mû par l'horreur d'avoir été manipulé,
La réalisation de la mort qu'il a semée,
Le déchirement de l'énormité de la réalité,
Qui le laisse vide et assommé.
Comment s'empêcher de jeter à sa face
Le nom de celle qui a l'audace
De rester dressée quand ils sont tous tombés ?
Alors il crie ; "Kalandre !"
Et après avoir tranché, d'un
Revers doré, geste anodin,
Mais qui ne ciblait rien de moins
Qu'un artéfact divin,
Il le sait : C'est la fin.
Alors après un dernier regard lancé à l'Héritier,
Il laisse son dernier acte l'emporter ;
Mais celui-ci, il ne saurait le regretter.
