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«Je peux venir à la salle chez toi ?»
La question de Maxime était un peu timide et Djilsi leva un sourcil en l’entendant, se demandant s’il avait vraiment compris.
«Tu veux venir chez moi, dans la salle de sport ? Comme dans, faire du sport ? Depuis quand tu veux te muscler plus que tu ne l’es déjà ?»
«Me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de finir ce que j’ai commencé. Vu que je m’étais déjà entraîné et que je pars pas de zéro.»
Les yeux de Maxime étaient grands ouverts, comme s’il mentait, mais Djilsi n’arrivait pas à comprendre à quel moment dans ses dires il pourrait dire faux.
«Ouais, carrément, tu peux venir !» finit par lui dire Djilsi, un grand sourire aux lèvres.
Maxime n’était pas non plus l’homme le moins musclé que Djilsi avait rencontré. Certes, il ne l’était pas autant que son ami, mais il restait que son corps, quoiqu’assez frêle, était plutôt musclé.
En plus, il n’avait jamais exprimé sa volonté de se rendre plus baraqué. Pas que ça dérange Djilsi, que toutes les évolutions du corps de Maxime intéressaient. Sans qu’il ne l’avoue pour autant, il avait toujours sa réputation d’homme hétéro à soutenir.
L’autre homme arriva bien vite chez lui, pile à temps pour rejoindre Djilsi dans sa séance, et ce dernier ne prit pas longtemps à se mettre au travail, sous le regard attentif de Maxime.
«Je regarde pour bien faire les exercices,» l’informa le plus petit, et Djilsi plissa les yeux sans rien répondre.
Le comportement de Maxime était un peu étrange mais, s’embêtant actuellement avec les machines, Djilsi ne releva pas.
Il fit donc ses exercices pendant des heures, surpris de voir que l’autre homme ne mettait pas le quart de l’énergie que lui y mettait.
«T’es pas particulièrement motivé, dis moi ?» demanda Djilsi en levant un sourcil.
«Si, si, je me mets juste dans le bain doucement, c’est tout ! Tu verras, dès les prochaines séances, je serai meilleur.»
Son ton était bizarre, comme toute son attitude aujourd’hui, et si son ami fut tenté de relever, il se dit que ça ne mènerait à rien. Il se contenta donc de répondre.
«Mais tu dois pas repartir sur Paris ?»
«Nan, je vais prendre une petite pause, rester par ici un moment. Si ça te pose pas de problème ?»
Ses yeux étaient brillants de joie et Djilsi hocha de la tête, tout aussi souriant.
«C’est trop cool ! Mais t’aurais pu prendre des vacances en Corse, voir la famille, et tout. Retour aux sources.»
«Je sais, je sais. J’avais envie de changement un peu.»
Les yeux de Maxime étaient accrochés à ceux de l’autre homme qui acquiesça.
«Tant mieux.»
Djilsi lui-même avait le sentiment que sa voix avait été doucereuse, trop pleine d’affection qu’il ne devait pas admettre, et il toussota en se redressant de la machine.
«Bref, on repart ? C’est ton tour.»
Maxime fit la moue avant de s’avachir au sol sous le regard amusé de Djilsi qui pencha la tête sur le côté.
«Bah alors ? On a même pas fait une heure, tu sais ? Il s’agirait d’être un peu sportif.»
Maxime fit la moue, toujours au sol, avant de s’immobiliser en regardant le plafond, respirant un bon coup.
«Ca fait du bien d’être ici.» lâcha-t-il sans rapport évident avec ce qu’ils disaient avant.
«Je m’en doute. Une raison pour cette joie soudaine ?»
«C’est juste trop cool. Imagine si on s’était pas rencontré ? Si j’avais pas participé au gp ?»
Ce fut au tour des yeux de Djilsi de se perdre dans le vague avant qu’il ne s’allonge aux côtés de l’autre homme, les lèvres pincées.
«On aurait quand même trouvé un moyen de se rencontrer. C’est pas possible qu’on passe à côté de notre amitié comme ça.»
«On aurait même pas su qu’il y avait cette possibilité d’amitié.»
Djilsi considéra les mots de Maxime avant de secouer la tête de gauche à droite, toujours sur le sol de sa salle de sport.
«Non. On l’aurait senti, on l’aurait su. Je sais qu’on serait pas passés à côté. Je peux même pas imaginer.»
A côté de lui, Maxime sourit en tournant la tête vers lui, observant son visage de profil.
«J’ai de la chance.» fit-il d’une voix plus douce.
Ce fut au tour de Djilsi de tourner la tête, l’air affectueux.
«Pas que toi. On a de la chance de s’être rencontrés, c’est tout.»
Puis, le visage de Djilsi se durcit un peu alors que ses sourcils se fronçaient.
«Bon, tu m’as assez déconcentré pour aujourd’hui, j’ai une séance à terminer moi.»
Au centre de la pièce, Maxime ricanait alors qu’il roulait au sol en faisant des bruits obscènes, tentant de son mieux de faire s’arrêter Djilsi qui se contentait de lui lancer des regards noirs et des doigts d’honneur.
«Arrête ça, cousin ! Sérieux...»
Il était évidemment abattu et Maxime rit à cette vue avant de reprendre de plus bel, ignorant l’effet que ses gémissements et ses actions avaient sur l’autre homme.
Autre homme dont le sport commençait sincèrement à être le cadet de ses soucis alors que les bruits de l’autre invoquaient son imagination sur des choses qu’il ne devrait définitivement pas imaginer avec l’un de ses meilleurs amis.
«Maxime, va te faire voir. T’es le pire pote que qui que ce soit aurait pu avoir.»
Le concerné ricana, levant tout de même un sourcil suggestif.
«Alors comme ça entendre ton pote gémir t’excite ? Suspect de fou tout ça, mon Sid !»
Si Djilsi avait envie de lui répondre qu’il n’avait pas idée, il n’en fit rien, se contentant de baisser la tête sur son exercice après avoir lancé une énième insulte à l’égard de l’autre homme.
Il avait clairement honte, d’être à ce point attiré par l’autre homme, mais il se justifiait en se disant que tant que son comportement restait simplement amical, il n’y pouvait rien. Ce n’était donc pas sa faute.
Il priait juste pour que l’autre ne s’en rende jamais compte, qu’il continue à y croire, et ce même si Djilsi lui-même se demandait si un jour il réussirait à ne rien ressentir de romantique pour l’autre homme.
Parce que oui, bien sûr, il avait fallu qu’il réalise que son attirance pour le plus petit n’était pas que physique. Il se soupçonnait bien amoureux de l’autre homme.
Il finit son entraînement rapidement, et les deux hommes finirent par se retrouver, le soir, dans un bar.
Assis, face à face, avec leurs cocktails, Djilsi ne put empêcher son esprit de dériver vers le fait que ça ressemblait presque à un date. Il détestait la façon qu’avait son esprit de tout tourner dans ce sens, mais il devait admettre que ce n’était pas comme s’il avait une quelconque influence là-dessus.
«Tu dors où ce soir ?» finit par demander Djilsi au détour de la conversation, obtenant un haussement d’épaule un peu incertain de la part de l’autre homme.
«Je prendrai probablement un hôtel ce soir, je verrai.»
Ils échangèrent un regard avant que Djilsi ne baisse la tête, souriant.
«Je t’héberge ?»
«Yes, j’attendais que tu proposes !»
L’air amusé de Maxime fit lever les yeux au ciel l’autre homme qui souffla.
«T’es vraiment un crevard, tout pour l’argent toi...»
Maxime éclata de rire à ses mots et Djilsi lui sourit, secouant la tête de gauche à droite.
La soirée se passa sans vague, les deux hommes s’amusant sans se prendre la tête. C’était agréable pour les deux, de se voir comme ça, sans pression.
«Demain, séance de sport, d’ailleurs.» l’informa Djilsi en fin de soirée, gagnant un grognement ennuyé.
«Sérieux Sid... J’ai la flemme... Au pire je te regarde faire ?»
Djilsi fit la moue, peu convaincu.
«Si je dois te forcer je te forcerai. Mais tu feras du sport.»
Maxime retira son jogging en soupirant, restant en t-shirt et en sous-vêtement pour aller se coucher. Il rata le regard de Djilsi fixé sur lui.
Le lendemain, dès dix heures, soit beaucoup trop tôt pour Maxime dont les yeux étaient plissés, preuve de sa fatigue, Djilsi le tira du lit pour la séance de sport.
«Pourquoi tu veux me faire faire du sport à cette heure là...» geint le plus petit, allongeant le dernier mot jusqu’à recevoir un coup amical de la part de l’autre.
«T’as besoin de muscler ton petit corps.»
Maxime lui lança un regard blasé avant de quelque peu se figer quand Djilsi retira son haut.
«Allez,» enchaîna le grand brun. «Bouge-toi.»
Toujours en ronchonnant, Maxime suivit Djilsi, partant pour une séance de deux heures.
A la fin, il était, comme la veille, allongé au sol, se tortillant en gémissant qu’il avait mal.
«T’es un bâtard, Sid, t’es un bâtard !»
Djilsi ricana avant de lever un sourcil en voyant le regard de Maxime accroché à son torse.
«En attendant tu mattes bien, toi,» lâcha-t-il sans trop y réfléchir, écarquillant les yeux quand il entendit la réponse de l’autre.
«C’est pas comme s’il y avait autre chose de plus intéressant à faire ici.»
Djilsi se figea alors que Maxime se contentait de faire la moue en roulant sur le sol, ne s’arrêtant qu’en constatant le silence de l’autre homme.
«Quoi ? Ca te dérange ?»
Le sourire en coin de Maxime fit reprendre ses esprits à Djilsi qui ricana à son tour, agissant comme s’il n’avait pas été déstabilisé.
«Bien sûr que non je sais que je suis magnifique.»
Maxime rit en réponse, avant que les deux hommes ne deviennent silencieux, s’observant simplement l’un l’autre.
Le plus petit, malgré ses rires, semblait avoir très bien compris la situation et il se leva, se dirigeant vers Djilsi qui était toujours assis à une machine, le torse luisant.
«Tu l’es.»
Ses joues avaient pris une couleur soutenue et Djilsi sourit narquoisement en attrapant sa taille pour le tirer contre lui.
«Me ferais-tu des avances ?»
Considérant quelques instants le visage de son ami, Maxime comprit rapidement que l’autre était sérieux et il laissa leurs nez s’entrechoquer alors que son regard allait des lèvres aux yeux de l’autre homme.
«Je sais pas, ça dépend,» marmonna le brun, toujours timide.
Djilsi rit de sa réaction avant de l’attirer contre lui pour poser sa tête sur l’épaule de l’autre homme qui, toujours debout, était à la parfaite hauteur.
«T’es idiot...» souffla-t-il, obtenant d’autant plus de rougissements de la part de l’autre homme.
Bientôt, Djilsi releva la tête, riant à l’air confus de celui qui allait visiblement bien vite devenir plus qu’un ami.
«Quoi, tu me matais amicalement et je suis en train de me faire des idées ?» demanda Djilsi, cachant avec succès ses peurs à l’idée d’avoir tout mal interprété.
Maxime pouffa de rire en déposant son front sur celui de Djilsi qui souriait, en attente, les yeux braqués dans ceux de l’autre homme.
Finalement, Maxime s’abaissa, déposant délicatement ses lèvres sur celles de l’autre homme qui n’attendit pas plus avant d’attraper la nuque du plus petit pour incliner son visage à son grès.
Djilsi approfondit le baiser jusqu’à ce que Maxime se recule, haletant et passant sa langue sur ses lèvres.
Ils restèrent silencieux, se regardant dans le blanc des yeux, pendant quelques instants avant que Maxime ne rigole doucement.
«Putain...» souffla-t-il.
«Alors ?»
«Alors quoi, Sid ?»
«J’embrasse bien ?»
Le sourire fier de lui de Djilsi fit lever les yeux au ciel Maxime qui lui donna une tape.
«Ta gueule connard...»
«Quoi, t’as pas aimé ? En mode je suis pas la personne que t’as embrassé qui embrasse le mieux.»
«Non, c’était sympa, Joyca, aussi.»
Les yeux de Djilsi se plissèrent avant qu’il ne tire brutalement sur le col de Maxime, plaquant leurs lèvres ensemble de nouveau.
Quand il le repoussa, plus durement que la première fois, il leva un sourcil, comme pour le défier de répéter.
«T’as vraiment trop d’égo... Mais ouais, tu embrasses très bien. Mieux que tous les gens que j’ai déjà embrassés.»
Un sourire satisfait éclaira le visage de Djilsi qui fit un petit bruit surpris quand il sentit les mains du petit brun se poser sur son torse nu.
«Ca va, je te dérange pas ?» demanda Djilsi, les yeux un peu écarquillés, alors que Maxime caressait doucement sa peau.
«Non, non, ça va. Je me gène pas, du coup. Vu que tu t’es permis de m’embrasser plusieurs fois, pour qu’on soit quitte quoi.»
Les deux hommes rirent en cœur et, bientôt, ils s’étaient officiellement mis en couple.
Comme quoi, Maxime avait bien fait de prendre une pause pour venir à Toulouse, puisqu’il en repartait en couple.
«D’ailleurs tu sais que je voulais même pas faire de sport moi ? Je voulais juste te voir torse nu.»
