Work Text:
Mars 2001
« Je suis arrivée au Pérou ! J’y ai rencontré Paola dont je t’avais parlé, et sa compagne, Farah. Nous partons demain sur les traces du chupacabra !
Je t’aime comme le soleil dans la mer,
Luna »
La lettre est arrivée il y a deux jours, en piteux état. Des gouttes de pluie ont fait baver l’écriture, qui a tourné en un gris très sombre à plusieurs endroits. Maintenant, elle sèche, posée délicatement sur un bureau dans la petite chambre où dort Ginny.
Avril 2001
Lorsque Ginny reçoit la lettre, les nuages sont d’un gris tellement pâle qu’ils en paraissent blancs. Mais Ginny n’est pas dupe. Ce soir, pour son premier match de la saison, ils seront chargés de pluie. Cette pensée l’enivre et elle ouvre la lettre sans faire de manières.
« Pour l’instant toujours rien, mais j’ai pu observer des fées, bien différentes que celles de chez nous, et même quelques rosoncos. La photo que j’ai prise est flou. Je t’enverrais un souvenir quand j’en aurais le temps !
Vive les Harpies !!
Luna »
Juin 2001
Le paysage sur la photo qui glisse de l’enveloppe est d’un gris tellement électrique qu’il distrait Ginny, qui servait de l’eau au hibou arrivé quelques minutes plus tôt. Elle la prend et rigole. Le hibou lève à peine la tête, exténué.
Sur la photo, de magnifiques éclairs traversent le ciel sombre. Des arbres sont visibles au loin, lorsqu’il ne sont pas cachés par une ombre qui barre parfois l’image. Luna a du prendre la photo sans se rendre compte que son doigt était sur l’interrupteur.
Derrière, la jeune femme a gribouillé : « Je rentre dans une semaine. J’espère que ton lit est un deux-places ! »
Le sourire qui apparaît sur le visage de Ginny est si grand que même le soleil dans la mer ne pourrait rivaliser.
