Actions

Work Header

Yeialel - Perdu dans les étoiles

Summary:

Crowley se réveilla dans un lieu qu'il n'identifia pas immédiatement. Puis, alors qu'il regardait autour de lui, un éclair lui traversa le cœur quand il reconnut où il se trouvait. Un endroit qu’il n’avait plus vu depuis des millénaires, un lieu qu’il avait été certain de ne plus jamais contempler, une place associée à des souvenirs bien trop douloureux. Et, soudain, tout lui revint. Cette étrange présence qui était venue le trouver, ce cadeau qu’elle lui avait fait, et son choix. Elle lui avait demandé ce qu’il voudrait changer s’il pouvait réécrire un moment de son histoire. Le choix n’avait pas été compliqué, cela avait été comme une évidence. Sans hésiter, il avait répondu « Ma Chute ».

OS écrit en 2021, en réponse à un défi du Discord francophone Good Omens : Un personnage se voit offrir la possibilité de changer un élément de son passé (ou éventuellement du Passé au sens large). Seulement ce changement va avoir des répercussions bien plus grandes que ce qu'il n'avait pensé, à lui d'éventuellement voir comment y remédier.

Notes:

Note : Yeialel veut dire « Dieu de la pensée créatrice »

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Prend place quelques années avant l’arrivée de l’Antéchrist sur Terre.


Crowley avait cru à un rêve mais, lorsqu’il se réveilla, il put affirmer avec certitude qu’il ne se trouvait pas dans son appartement, pas plus que dans l’arrière-boutique de la libraire d’Aziraphale. Les brumes du sommeil se dissipant rendaient encore flous ses plus récents souvenirs. Il y avait eu une présence, il ne lui semblait pas que ce fut quelqu’un qu’il avait déjà rencontré. Cet être lui avait posé une question, mais il ne savait plus ce dont il avait été question. Regardant autour de lui, un éclair lui traversa le cœur quand il reconnut où il se trouvait. Un endroit qu’il n’avait plus vu depuis des millénaires, un lieu qu’il avait été certain de ne plus jamais contempler, une place associée à des souvenirs bien trop douloureux. Et, soudain, tout lui revint. Cette étrange présence qui était venue le trouver, ce cadeau qu’elle lui avait fait, et son choix. Elle lui avait demandé ce qu’il voudrait changer s’il pouvait réécrire un moment de son histoire. Le choix n’avait pas été compliqué, cela avait été comme une évidence. Sans hésiter, il avait répondu « Ma Chute ». Il n’avait pas réellement cru aux paroles de l’être mais, à présent, alors qu’il se tenait au milieu de ce qui avait été ses appartements, alors qu’il avait la certitude que sa langue ne sifflerait pas s’il se risquait à parler, qu’il était certain que ses yeux avaient perdu leur fente, que l’inconfort – les douleurs – présentes dans ses membres depuis Ce jour avaient disparu … il savait et il en était sûr. Pour effacer les dernières traces de doute, il étendit ses ailes qu’il avait oubliées depuis des centaines d’années. Elles étaient d’un blanc immaculé. Il était redevenu un ange ou, plutôt, il n’avait jamais cessé d’en être un. Il n’avait jamais dû dire adieu à ses étoiles, il n’avait jamais connu la souffrance quand Elle lui avait arraché Son Amour, il n’était jamais devenu un démon. Et, désormais, plus rien ne les empêcheraient lui et Aziraphale de se côtoyer.

« Yeialel. »

Il lui fallut un instant avant de reconnaître son ancien nom, son premier nom. Et, peu à peu, de nouveaux souvenirs vinrent se superposer aux anciens, ceux d’une seconde vie où il n’avait pas Chuté. Il avait continué de travailler pour l’archange Raphaël, l’aidant à prendre soin des étoiles et à en créer de nouvelles. La Terre, un point au loin qui l’avait toujours intrigué sans qu’il ne sache pourquoi. Ses discussions avec d’autres anges … Aziraphale n’était pas présent dans ces souvenirs mais il ne s’en tracassa pas. Ils arrivaient de manière décousue, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne connaisse sa nouvelle histoire avec Son Ange. Il rejoignit donc l’archange des étoiles, l’esprit léger, accomplissant des gestes anciens mais également effectués la veille. Redécouvrant un paysage qu’il avait pourtant encore contemplé la veille. Il ne savait d’ailleurs pas d’où lui venait dans cette vie-ci cette habitude de faire des siestes, si ce n’est que c’était une coutume d’origine terrienne. Sans doute une habitude rapportée par leur émissaire sur la Terre – émissaire dont il avait oublié le nom. Ses deux vies s’entremêlaient dans un ballet de plus en plus flou, celle où il était démon ressemblant de plus en plus à un vieux cauchemar s’effaçant peu à peu avec l’éveil du jour.


***


Le temps n’était plus qu’une vague notion quand il se perdait dans ses étoiles, comme toujours. Il avait toujours été un peu isolé des autres anges. Contrairement à beaucoup, il ne gardait d’ailleurs aucun souvenir de la Chute – sans doute était-il “dans la lune” ce jour-là – bien qu’un élan de douleur le traversait de part en part, se terminant par une sensation de brûlure dans ses ailes, quand il se questionnait un peu trop à ce propos. Mais cette relative réclusion lui convenait, si bien qu’il râla un peu lorsque l’archange Raphaël lui demanda de porter la paperasse habituelle au bureau des anges de la galaxie.

Alors qu’il se baladait dans les couloirs blancs, lumineux, vides et froids du Paradis – avec l’étrange impression qu’il avait plus l’habitude de parcourir des couloirs surpeuplés, sombres, froids, aux murs alléchants – il fut soudainement parcouru par un éclat d’amour dont il ne comprit pas l’origine.

« Aziraphale. »

Le nom franchit ses lèvres sans qu’il ne le contrôle et il lui était incroyablement familier alors que c’était la première fois qu’il l’entendait. Un peu plus loin, un ange quelconque se retourna, un regard interrogateur sur son visage. Non, pas un ange quelconque, Son Ange. Et même si ses souvenirs étaient encore flous et embrouillés, il avait désormais la certitude qu’il était le centre de son univers et qu’il était la raison de sa présence en ces lieux.

L’ange, une principauté, Aziraphale, continuait de le regarder, se demandant pourquoi il l’avait interpellé. Et il ne savait que dire.

« C’est moi, Yeialel. »

Non, Yeialel n’était pas le bon nom. Il ne savait plus comment il s’appelait. C’est alors qu’il réalisa qu’Aziraphale était ici, au Paradis, alors qu’il aurait dû être sur Terre avec lu… sur Terre.

« Que fais-tu ici ? »

La principauté continua de le regarder, sans comprendre, un air légèrement inquiet sur le visage.

« Comment, qu’est-ce que je fais ici ? C’est ici que je travaille. Vous allez bien, dear ? »

Quelque chose n’allait pas. Quelque chose d’important lui échappait mais l’ange des étoiles ne savait pas ce que c’était.

« Aziraphale ! »

L’archange Gabriel venait d’apparaître sur son overboard mauve parme.

« Que fais-tu encore ici ? Ces dossiers doivent être transmis de toute urgence !

- Désolée Gabriel, j’y vais de suite. »

Et en un clin d’œil Son Ange avait disparu et Yeialel se retrouva au milieu du couloir, perdu, son tas de paperasse répandu en désordre sur le sol. L’archange le dévisagea d’un air dédaigneux puis repartit sur son overboard.


***


Yeialel n’aimait pas ne pas comprendre. Il décida donc d’interroger les autres anges sur cet Aziraphale – cette principauté qu’il n’avait jamais vu auparavant et qui pourtant était Son Ange – pour tenter de trouver ce qui lui échappait.

« Voyons Yeialel, tu t’es encore perdu dans tes étoiles ? Tout le monde connaît la principauté Aziraphale ! Le désastre de l’Eden, c’est lui ! Nous avons tous pensé qu’il allait Chuter ce jour-là, mais il faut croire qu’Elle était d’humeur clémente à ce moment. »

Et tous semblaient d’accord sur cette histoire. Et, pourtant, Yeialel était persuadé que ce n’était pas ça, qu’il y avait un problème. Et que si on devait blâmer quelqu’un pour l’Eden, ça devait être lui. Toutes ces pensées l’occupaient beaucoup, si bien qu’il n’était plus concentré sur son travail. Plusieurs fois il fit une constellation en forme de A, créa trop d’étoiles filantes ou provoqua trop tôt la mort de quelques étoiles. L’archange Raphaël le sermonna à plusieurs reprises.

« Yeialel, au lieu de te poser tant de questions tu ferais mieux de te concentrer sur ton travail. Tu es aussi distrait que lorsque tu avais commencé à fréquenter celui qui est devenu Satan. Si je dois à nouveau t’envoyer à l’autre bout de l’univers pendant un millénaire pour te remettre les idées en place, crois-moi, je le ferai. »


***


Si les menaces de l’archange l’avaient convaincu d’être plus attentif pendant ses heures de travail, les questions et cet ange envahissaient son esprit dès qu’il regagnait ses quartiers. Le sommeil l’avait déserté, ses heures de libre il les consacrait dorénavant à repasser encore et encore dans sa tête tout ce qu’il savait. Tout ce qu’il pensait croire ? Il ne savait plus, tout était si flou, si embrouillé. Il commença alors à noter sur des fragments de firmament les brides de souvenir qui le traversaient par moment. Mais rien ne faisait sens. C’était comme s’il avait vécu deux existences, mais deux existences qui étaient en tout point incompatibles. Et il ne parvenait à dégager un seul souvenir contenant la principauté Aziraphale. Pourtant, au plus profond de lui-même, sans qu’il ne sache d’où ça lui venait, il était persuadé que cet ange était central, la clé de toutes les portes, le centre de son univers. Qu’il était son Ange …

Peu à peu, il commença alors à l’observer. D’abord de loin, puis en le filant. Il était obnubilé par lui. Et plus que tout, il voulait lui parler, le lancer sur un débat théologique et l’emmener manger des crêpes – quoi que cela puisse être.

Mais au-delà de tout ça, surpassant ses interrogations sur sa propre vie ou ses propres désirs, quelque chose de nouveau occupait désormais le cœur de ses pensées. Un constat. Son Ange n’était pas heureux. Et cela – sans qu’il ne sache pourquoi – lui était intolérable. La principauté ne semblait heureux que lorsqu’il était perdu dans l’immense bibliothèque de registres, quand il devait analyser les œuvres littéraires terriennes pour décider si leurs auteurices devaient ou non en être félicitées. Dans ces moments-là, quand il s’oubliait, il matérialisait ses ailes qui se mettaient aussitôt à battre joyeusement ou tristement, calmement ou nerveusement, au gré de ses lectures et émotions. Mais dès qu’un bruit se faisait entendre, qu’un autre être de lumière apparaissait dans son champ de vision, ses plumes si vivantes s’évanouissaient dans l’instant, toute sa physionomie se fermait et il baissait les yeux, se faisait plus petit, comme s’il tentait par tous les moyens de se faire oublier. Quelques fois, lorsque sa route croisait celle d’un archange, Crowley le voyait même trembler imperceptiblement un instant avant qu’il ne parvienne à se reprendre face au regard de désapprobation que sa réaction suscitait.


***


Dès qu’il avait un moment de libre, Crowley filait l’observer. Ce n’était plus par curiosité, ce n’était plus pour comprendre, ce n’était même plus par fascination ou mû par un appel imperceptible. Non, une seule pensée l’animait désormais : il devait protéger son Aziraphale. C’était un sentiment puissant, un besoin qu’il ne pouvait s’expliquer. En rien comparable au besoin de La protéger que tout ange ressentait. Non, c’était bien plus fort, bien plus puissant. Bien plus vrai et bien plus important.

Un jour, une fois de plus, Aziraphale croisa la route de Gabriel, fit tomber les livres qu’il portait, et se fit réprimander pour un prétexte futile. Face au désarroi qui transparaissait sur son visage, Crowley ne put se résigner plus longtemps à rester dans l’ombre et bondit l’aider dès que l’archange fut hors de vue. Mais, au lieu de remercier l’aide amicale ou de légèrement sursauter de surprise, la principauté fit littéralement un bond de côté en le voyant apparaitre à ses côtés.

« Non ! »

Yeialel le regarda sans comprendre. Avait-il peur qu’il n’abime ses livres ? D’accord, il n’était pas très adroit dès qu’il n’était pas question de ses étoiles, mais la réaction lui semblait tout de même légèrement excessive.

« Ne t’inquiète mon ang…

- Allez-vous en !

- Quoi ? »

Il aurait Chuté à ce moment, il était persuadé que la douleur n’aurait pas été plus forte.

« Vous devez arrêter de me suivre, vous me créez des ennuis.

- Mais …

- Non, laissez-moi tranquille. Je dois rester seul, c’est ma punition. Laissez-moi tranquille. »

Yeialel avait reculé de plusieurs pas, désireux de respecter la demande de l’autre ange. Mais chacun d’eux avait eu un goût de souffre, une sensation qu’il ne s’expliquait pas.

« Je veux seulement t’aider … »

Aziraphale leva brièvement les yeux vers lui, pendant un instant extrêmement fugace leurs regards se croisèrent et six millénaires de vie défilèrent devant les yeux de l’ange des étoiles. Il émit un hoquet – le premier de sa vie d’ange, première fois qu’il expérimentait un système respiratoire – puis l’autre ange détourna à nouveau les yeux et tout s’évanouit.

« Laissez-moi tranquille, c’est tout ce que je vous demande. »

Yeialel hocha la tête, se recula encore un peu et l’observa ramasser ses livres puis s’en aller rapidement.

Quand il retourna auprès de Raphaël, celui-ci vit aussitôt que quelque chose n’allait pas. Mais comme il effectua son travail à la perfection, il le laissa tranquille. L’archange ne souhaitait pas apprendre des informations qu’il aurait ensuite le devoir d’aller rapporter à ses adelphes. Yeialel était un ange un peu à part, ne faisant pas vraiment partie de leur monde, mais il était quelqu’un de bien ne causant de tort à personne. Et Raphaël ne souhaitait pas lui nuire, il avait déjà vu suffisamment d’anges tomber, condamnés à une éternelle agonie. Et tout rêveur qu’il soit, Yeialel ne méritait pas ce destin.


***


Yeialel ne retourna pas voir Aziraphale. Au lieu de ça, à la première occasion il regagna ses quartiers et se coucha sur son lit. Il avait la vague impression que le sommeil lui avait déjà apporté du réconfort, il y a fort longtemps, dans une autre vie.

Ce ne fut pas un sommeil réparateur. Ce ne fut même pas du tout un sommeil. Transporté dans un monde n’existant pas vraiment, il regarda se jouer devant ses yeux une vie qui avait été la sienne et qui n’avait jamais eu lieu. Il vit un ange heureux, savourant les plaisirs de la Terre, loin du contrôle – du calvaire – du Paradis. Il vit Aziraphale sourire, et même rire. Il le vit agiter les mains, libre de toute crainte. Il le vit exprimer son avis sans peur dans les yeux. Il vit tout ça et bien plus encore.

A son réveil, ses yeux étaient remplis de larmes, son cœur plus lourd que jamais mais plein d’une résolution encore jamais égalée. Il regarda ses appartements, comme s’il voulait les graver pour toujours dans sa mémoire. Il étendit ses ailes et, d’une main tremblante, en caressa les plumes d’un blanc immaculé. Aucune douleur. Aucune brûlure. Dans un éclat d’eau bénite il contempla ses yeux bleu nuit aux pupilles rondes. Il regarda autour de lui sans que la lumière ne blessât ses yeux. Puis, rapidement, en quelques battements d’ailes indolores, il gagna l’endroit où ses collègues veillaient sur les étoiles, vit de loin l’archange qui dans cette vie l’avait protégé et contempla une dernière fois leur œuvre. Puis, résolument, il tourna le dos à tout cela et se dirigea vers le point le plus désert de la galaxie.

Enfin, il s’arrêta, ferma les yeux, et appela de toutes ses forces cette entité qui lui avait offert un choix, un choix qu’il n’aurait jamais dû faire.


***


L’attente dura une éternité et un battement de cœur en même temps, puis une voix inaudible l’atteignit.

« Je suis là Yeialel.

- Crowley. Mon nom est Crowley. »

Il se savait observé par la présence invisible.

« Je n’aurais pas dû faire ce choix. Quand vous m’avez demandé ce que je voudrais changer, j’aurais dû répondre « rien ». J’avais déjà tout. Mon Ange, Aziraphale, était heureux. Et nous avions notre amitié. Permettez-moi de retourner dans cette vie-là.

- Es-tu sûr de toi ? Souhaites-tu vraiment avoir Chuté, avec tout ce que cela implique ?

- Oui, mille fois oui. Tout pour que Aziraphale soit heureux. Tout pour que nous puissions à nouveau nous parler.

- Très bien, si tel est ton choix alors … »

Un toucher imperceptible l’effleura et tout s’évanouit pour ne laisser place qu’à la douleur. Il Chutait une nouvelle fois.


***


Quand il reprit connaissance avec la réalité l’entourant, il était agenouillé dans ses appartements, ses appartements, sur Terre, avec ses plantes. Il avait le souffle coupé, confronté à une douleur qu’il n’avait plus eue à gérer depuis longtemps. La faible lumière du jour filtrant à travers les stores lui brûlait les yeux. D’un claquement d’un doigt, il fit apparaitre ses lunettes sur son nez. Il lui fallut un plus long moment pour se réhabituer à la douleur – tant à la douleur physique qu’à celle causée par l’arrachement de Son Amour.

Quand il se sentit prêt, il se redressa. Ses épaules encore raides, il renonça à la morbide curiosité de contempler ses anciennes-nouvelles ailes. Il dut s’appuyer un instant sur son bureau, ayant besoin de temps pour réapprendre à tenir debout avec ce corps. Il tourna la tête vers le tableau cachant le thermo tartan d’eau bénite offert par Aziraphale quelques décennies plus tôt. Aziraphale ! Se souvenant d’un coup de la raison de son retour dans cette réalité, il se redressa d’un bond, faisant fi des protestations de son corps, attrapa d’un geste les clés de sa Bentley avant de la gagner au pas de course et de filer vers une certaine librairie de Soho.


***


La porte s’ouvrit à la volée, faisant sursauter un Aziraphale qui se détendit immédiatement en remarquant qu’il s’agissait de Crowley. Mais avant d’avoir eu le temps de lui demander quel bon vent l’amenait, il se retrouva prit dans une étreinte de fer aussi brève que rapide.

« Crowley, my dear, tout va bien ? », s’enquit-il dès qu’il fut libéré, trop inquiet pour son ami que pour avoir pu profiter du contact.

« Et toi Angel, tu vas bien ?

- Oui, bien sûr. Mais …

- Alors tout va bien. Vraiment. »

L’ange ne semblait pas convaincu par les dires du démon et s’apprêtait à répliquer mais le Serpent de l’Eden le précéda.

« Veux-tu aller diner au Ritz ce soir ? J’ai l’intuition qu’une table vient de se libérer. »


***


Deux hommes mangeaient à une table au Ritz. Ou plus précisément, deux hommes étaient attablés à une table au Ritz, et un seul mangeait. Et si vous aviez demandé à cet instant aux serveurs lequel des deux semblait le plus heureux, qui – entre celui ayant battu les mains d’émerveillement devant la pièce sucrée et celui contemplant l’autre avec un air de profonde adoration et d’émerveillement – aurait gagné la palme de l’homme le plus comblé au monde, ils auraient été bien en peine de vous répondre.

Notes:

Merci pour votre lecture. J'espère que ce "Et si..." vous a plu 😀

N'hésitez pas à laisser votre avis en commentaire, je me fais toujours un plaisir de les lire 😊 (et n'oubliez pas de prévenir si vous mentionnez des éléments de la saison 2 afin de ne pas spoiler celleux qui ne l'auraient pas encore terminée 😉)

Series this work belongs to: