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La renaissance d'un homme

Summary:

Cette fan fiction est le cadeau d'anniversaire de deux amies et je me suis dit que quitte à l'écrire vaut mieux le poster. C'est la première fois que je poste sur AO3 donc je galèr une peu.

résumé (très court):
Oda se réveille dans la salle où il est mort et il n'a pas une seconde à perdre. Il doit battre pour de bon André Gide, trouver des alliés de confiance auprès de la mafia et surout... rerouver Dazai en prouvant qu'il est digne de lui.

Tous les personnages viennent de bungou stray dogs sauf trois (Noémie, Raisa et Camille) qui sont mes amies et moi.

Chapter 1

Summary:

TW : pensées suicidaires et référence au viol

Chapter Text

Prologue : Je parle à moi-même longtemps

Le problème de la douleur c’est que ça fait mal.

J’ai eu l’occasion de m’en rendre compte par moi-même quand je me suis réveillé dans la salle de bal où j’étais mort. Si je n’étais pas entrain de souffrir le martyr, je me serais d’abord posé la question du comment du pourquoi cette résurrection inattendue. Mais malheureusement, chaque nerf de mon corps était occupé à expier cette douleur inconnue qui me tiraillais les entrailles. Je me roulai en boule en gémissant de douleur. J’avais l’impression que des ronces poussaient dans tous mes organes et les déchiraient en grandissant. J’en vins à espérer mourir pour de bon. Mais ma prière ne fut pas prise en compte et je du continuer à me tordre pathétiquement.

Au bout d’un temps qui pouvait être des jours comme des secondes car, quand on souffre, on ne compte pas, la douleur diminua. Je fus pris d’une violente quinte de toux. Ma trachée remonta difficilement une chose qui, quand je la recachai, se révéla être des pétales de fleur rouge sang enrobé de bile noire. Haletant, je me recouchai, appuyant ma joue sur le carrelage froid qui apaisait ma fièvre. Quand ma respiration se calma, je me mis à penser : J’étais vivant ? Cette douleur pouvait vraiment venir de notre monde ? Mais si j’étais mort, je ne pourrais pas souffrir. La mort ne pouvait pas faire autant souffrir si non personne ne voudrait mourir. Je souffre donc je vis. Mais comment ? Je me souviens parfaitement recevoir une balle dans la poitrine, tomber à terre et entendre Dazai arriver.

Dazai…

J’étais mort dans ces bras, je m’en souviens parfaitement. Il était comme un ange de la mort au dessus de moi, m’offrant une dernière belle vision avant de partir. A cet instant, j’ai pensé à lui et non pas à moi.

« Tu devrais le savoir. Que tu sois du côté de ceux qui prennent des vies ou de ceux qui les sauvent, rien ne se passera au-delà de tes propres attentes. Rien dans ce monde ne peut remplir le gouffre qu'est ta solitude. Tu erreras dans les ténèbres pour l'éternité. »

« Odasaku… Qu'est-ce que je dois faire ? »

« Sois du côté qui sauve les gens. »

Je peux encore sentir les larmes de Dazai couler sur mon visage. A ce moment-là, j’ai hésité à lui avouer que je l’aimais. Mais je ne l’ai pas fait, ça n’aurait pas été correcte de ma part. Ce serais augmenter la difficulté de son deuil et gâcher sa vision de notre amitié si ses sentiments n’étaient pas réciproques.

J’espère qu’il va bien et qu’il a suivit mon conseil. Dazai à un potentiel immense en lui et pas seulement en tant que mafieux.

Tout le monde lui a toujours dit qu’il était fait pour faire partie de la mafia, je le croyais aussi, jusqu’à ce jour où j’ai enfin compris à quel point je me trompais.

 

Flash-back

Cela faisait trois jours que plus personne ne l’avait vu, jusque là rien d’alarmant. Il avait l’habitude de disparaitre sans rien dire puis de revenir la bouche en cœur ne donnant aucunes explications sur son absence. Mais Mori, voyant que Dazai ne répondait pas à ses appels et avait déjà séché plusieurs réunions importantes, ordonna qu’on aille le chercher chez lui. Comme chaque tâche ingrate dans cette mafia, ce fut à moi de l’exécuter.

J’ai fait semblant de ne pas savoir exactement l’adresse de Dazai quand on me la donne et m’y rendis. Il habitait au cinquième étage d’un grand et luxueux appartement que seul un dirigeant de la mafia pouvait s’offrir.

Je toquai à la grande porte en bois et devant l’absence de réponse, abaissa la poignée. La porte n’était pas verrouillée. C’était sûr, je ne m’étais pas trompé d’étage. Là où n’importe quel hors la loi aurait pris pour habitude de fermer sa porte à double tour par peur de la police ou de représailles, Dazai, lui, n’avait aucuns problèmes à la laisser ouverte. C’est quoi le pire qui pouvait arrive ? Qu’il se face tuer dans son sommeil ? Ça lui ferait trop plaisir.

J’entra et je découvrir tout de suite un talent que je ne soupçonnais pas chez Dazai : Celui d’arriver à mettre en bazar un appartement aussi grand. Le sol de marbre était recouvert d’objets en tout genre (principalement de livres) comme si une tornade était passée en trombe.

Je traversai le hall d’entrée puis le salon en enjambant sa collection de Dostoïevski et l’appelant. « Dazai ? » « C’est moi, Oda. Où es-tu ? »

Je m’engageai dans un couloir où la porte du fond était entrouverte. Je la poussai.

Devant moi s’étendis un spectacle que je n’oublierai jamais.

Le lit était défait, les rideaux tirés, les miroirs brisés et Dazai était assis en boule à même me le sol au milieu de ce capharnaüm. Je n’avais pas besoin de m’approcher de lui pour remarquer son petit corps qui se soulevait à la mesure de ses sanglots silencieux.

Je sentis mon cœur se craqueler dans ma poitrine.

Je m’assis à côté de lui simplement, sans rien dire. Il avait senti que j’étais là et s’il avait voulu parler il l’aurait fait. Le fait qu’il se comportait comme si je n’étais pas là était sa façon à lui de me prouver ma valeur à ses yeux « avec toi, je peux être moi » et je l’en remerciai intérieurement pour ça.

Au bout d’un moment, il redressa la tête, les yeux remplis de larmes et me regarda.

-Merci d’être venu.

Je me suis senti immédiatement mal et je n’eu pas la force de lui avouer que si j’étais ici, c’est que Mori m’a envoyé.

-De rien. Tu veux en parler ?

Il hésita.

-C’est rien. Il s’essuya les joues mais d’autres larmes remplacèrent les anciennes. En fait, c’est plutôt débile. C’est juste…. Il soupira. Je n’en voie pas l’intérêt.

Il avait dit cette dernière phrase tellement bas que je ne la compris pas.

- Pardon ?

- Je n’en vois pas l’intérêt.

- De quoi ?

-De tout, de t’en parler, d’aller aux réunions, de continuer à travailler pour la mafia, de vivre….

La fin se noya dans un sanglot.

J’inspira un grand coup, essayant de trouver les mots justes.

-Peut être que tu as besoin de trouver un but à ta vie. Je pense que chacun en a un. Il faut que tu trouve quelque chose qui te donne envie de te lever le matin, quelque chose que tu es bon à faire.

- Je ne suis bon à rien.

- Voyons, Dazai, tu es le plus jeune dirigeant de la mafia, toutes tes missions sont couronnées de succès, si tu partais, la mafia s’écroulerai en trois jours…

C’est quand je vis son regard furieux que je compris mon erreur.

- Tu penses que c’est pour ça que je suis fait ? Diriger la mafia ? Tu pense que c’est là que je dois trouver un sens à ma vie ? Alors dit moi, Odasaku, si tu es si clairvoyant, donne-moi une bonne raison, une seule, de ne pas me donner la mort, de reste en vie ou cette chose qu’on appelle vie, une seule ! (Son ton monta crescendo). Une seule raison de continuer à se lever tous les matins et d’affronter le froid non pas celui du vent mais celui de la solitude qui me glace le sang et brise mon cœur, celui qui me rappelle que je suis seul, que je suis un monstre. Donne-moi une bonne raison de continuer à travailler dans la mafia, à tuer, torturer, blesser aux ordres d’un chef dégueulasse qui me viole depuis que j’ai 14 ans comme il le fait avec pleins d’autres enfants de la mafia. Donne-moi une bonne raison de rentrer dans cet appartement tous les soirs avec encore ses horreurs dans la tête. Dans cet appartement qui appartient en fait à la mafia, tout comme moi. (Sa voix se brisa). Donne-moi une bonne raison d’aller me coucher en sachant parfaitement que dès que j’aurais trouvé le sommeil, le cauchemar continuera dans mes songes où toutes mes victimes me regarderont, sans rien dire, les yeux remplis du deuil de leur avenir que je leur ai volé. Donne-moi une bonne raison de ne pas me pendre, de ne pas m’ouvrir les veines et de ne pas faire couler mon sang comme j’ai fait couler celui de centaines d’humain. Donne-moi une bonne raison de ne pas prendre le pistolet sur la table du salon pour m’exploser la cervelle. Donne-moi une bonne raison de ne pas me jeter par la fenêtre et me réduire à une tache sur le macadam. Donne-moi une bonne raison de ne pas sauver des vies en mettant fin à la mienne. Donne-moi une bonne raison de ne pas me réveiller de se cauchemar, de me sauver moi…

- Dazai !

J’avais crié au-dessus du flot incessant de sa souffrance. Il se tu.

- Pardon, finit-il par dire. Je me suis emporté.

Je me mis face à lui, à genoux tandis que lui était toujours en position fœtale et lui pris doucement les mains.

- Ecoute moi. Tu n’es pas un monstre. Tu n’es pas fait pour tuer et torturer et tu n’as pas à le faire. Tu dois te sauver, oui, mais pas en te suicidant. Tu n’appartiens pas à la mafia. Tu es aussi libre que n’importe qui. Tu n’es la possession de personne et Mori n’a aucun droit sur toi et surtout, surtout, ce n’est pas rien. Ce n’est pas normal d’avoir envie de mourir et ne te cache pas derrière des excuses en disant que c’est pour sauver des gens, le suicide est toujours quelque chose de profondément égoïste. Je maintien ce que j’ai dit. Il faut que tu trouve ce pourquoi tu es fait, ton code d’honneur qui te fera te lever le matin et vivre dignement. Visiblement ce n’est pas la mafia. Tu dois donc encore le trouver. Et pour ça, je serai là. Je serai toujours là si tu en as besoin. Que ce soit juste rester avec toi, parler ou mettre à feu et à sang toute la ville.

Il sourit et ce sourire si démunis me rappela à quel point il était encore enfant. Je tendis la main, suffisamment lentement pour lui laisser cent fois le temps de refuser, et lui essuya la joue avec mon pouce avant de remettre son bandage de l’œil droit en place.

- Merci, souffla t’il.

Et je compris que ce « Merci » n’étais pas juste pour mon geste.

-C’est normal.

Il reste silencieux et me regarda. Je le laissa faire appréciant le silence qui régnait après la tempête.

Il se releva finalement, le visage presque normal si on oublie ses yeux rougis. Il lissa ces vêtements d’une main désinvolte et remettant son masque de jovialité. Je me relevai, comprenant que mon rôle ici étais terminé.

-Bon ! Il va falloir que j’y retourne. Je parie qu’ils sont tous entrain de flipper et faire n’importe quoi en mon absence.

J’ouvris la bouche pour dire quelque chose mais je la refermai, respectueux de son choix. Je quittai la chambre après lui en lançant tout de même un regard triste sur les traces qu’avait laissé la crise de Dazai dans cette pièce.

Je m’engageai déjà dans le hall mais sa voie me rappela.

- Oda, attend.

Je me retournai.

-Est-ce que tu peux me faire une faveur ?

-Tout ce que tu veux, répondis-je immédiatement.

- Ne parle jamais de ça à quiconque, même à moi.

Son ton était dure et sans appel mais je perçus une note suppliante dans sa voix qui me fit flancher.

-D’accord. A ce soir au Lupin ?

Il me fit un sourire, un vrai cette fois.

- Bien sûr !

Fin du flash-back

 

Dazai…

J’espère qu’il n’a pas fait de conneries en mon absence. Je me suis toujours senti inutile face à sa souffrance. J’ai respecté sa volonté, je n’ai jamais reparlé de cette fois-là mais parfois je revoyais passer sur son visage le fantôme de la douleur qu’il m’a révélé dans sa chambre. Je me suis longtemps demandé comment faire pour l’en exorciser. J’en suis arrivé à la conclusion qu’il n’y avait qu’une personne qui pouvait le sauver : lui-même. Bien sûr il avait besoins d’aide et de soutien mais pour cela il faut qu’il l’accepte. Ango est partit, il me croit mort, il doit être seul maintenant.

Je me redressai.

Il faut que je le retrouve. Le laisser seul trop longtemps n’est pas une bonne idée.

Je me levai doucement. Ma tête tournait et me faisait mal. Je faillis retomber à cause de vertiges. Un fois debout, j’inspecta la pièce d’un œil agar. Je faillis ne pas voir le mot au sol.  Je dépliai le papier. Des mots étaient tracés d’une écriture chaotique.

« Plage Est dans une semaine »

Devant l’absence de cadavre là où il aurait dû se trouver, j’en déduis qu’André Gide était toujours vivant et que ce message venait de lui. Il ne manquait pas de culot de me donner rendez-vous mais je devais y aller. Il fallait en finir. Entre temps, j’avais un adolescent suicidaire à retrouver.