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Category:
Fandom:
Relationship:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 1 of Pieces of love
Stats:
Published:
2023-09-06
Words:
1,280
Chapters:
1/1
Comments:
8
Kudos:
59
Bookmarks:
1
Hits:
799

Quiet Morning

Summary:

Morgane aime ces matins-là.

Karadec aussi.

Notes:

Petit OS fluffy inspiré d'un post reddit de cette personne qui a un fiancé qui l'embrasse chaque matin en pensant qu'elle dort avant d'aller au travail. J'ai trouvé ce post tellement chou et j'ai direct pensé à écrire une fic Morgadec. Matrixée par HPI et par Morgadec, je suis.

Merci beaucoup à PlumeDeChien pour la bêta et pour avoir approuvé mon premier essai au fluffy Morgadec :')

J'espère que ce petit OS vous plaira !

Bonne lecture !

Work Text:

Il y avait ces petits gestes doux et discrets. 

Au tout début de leur relation, c’était de petits post-it collés dans un endroit qu’elle seule connaissait, sur son petit rebord de fenêtre. C’était aussi quand ils entremêlaient leurs doigts derrière leurs dos pendant un débrief’, des petits-déjeuner apportés, tantôt au bureau, tantôt chez l’un ou l’autre. Des baisers volés sur des scènes de crime ou bien dans la voiture. Des “je viens te chercher”. Des dîners surprises au bureau, juste entre eux. Des câlins avant de faire comme si de rien n’était. Des regards appuyés mais tendres. Des sourires échangés discrètement. Des messages doux envoyés à l’autre. C’était ce besoin constant d’être dans le champ de gravité de l’autre.

Mais le préféré de Morgane, c’était quand Karadec partait au travail avant elle. 

Morgane avait toujours eu un sommeil un peu plus léger que la moyenne et cela s’était empiré progressivement après la naissance de chacun de ses enfants. Paradoxalement, cette partie d’elle semblait ne pas avoir été vue par l’homme qui partageait dorénavant sa vie depuis près de six mois. 

Quand elle dormait chez lui et qu’elle n’avait donc pas les enfants, elle avait pris l’habitude de se lever un peu plus tard qu’à l’accoutumée. Elle aurait voulu que Karadec fasse la même chose, mais il restait toujours aussi ponctuel, toujours aussi lui et elle ne pouvait pas lui en vouloir. C’était, après tout, une des raisons pour lesquelles elle était tombée amoureuse.

Parfois, il restait un peu plus longtemps auprès d’elle, resserrant son emprise autour de sa taille comme s’il ne voulait pas qu’elle parte, comme s’il ne voulait pas que quelqu’un les sépare. Morgane adorait ça, surtout quand Karadec posait sa tête contre son épaule, leurs deux visages collés. 

Elle ignorait s’il s’était comporté ainsi avec ses ex, mais elle voulait imaginer que c’était exclusivement pour elle qu’il était comme ça.

Qui aurait cru qu’elle en viendrait à apprécier une telle proximité, un tel besoin de contact avec l’autre ? 

Au-delà de ces quelques minutes de sommeil qu’elle grapillait et qui, si elle devait être honnête, lui faisait du bien, c’était autre chose qu’elle appréciait tout particulièrement. 

Ce matin-là, le réveil sonna trop brièvement pour qu’il puisse la réveiller si elle n’était pas une personne au sommeil léger. En dehors de cette sonnerie, ce qui aurait pu la réveiller aurait été la perte de chaleur qu’elle ressentait lorsque Karadec enlevait son bras autour de sa taille. Ça, elle était sûre que si elle avait été une personne normalement constituée, elle aurait été inévitablement réveillée. 

Elle sentait les mouvements du lit du côté de Karadec, puis entendit ses pas calfeutrés sur le parquet et la porte de la salle de bain qui s’ouvrait et fermait. 

Morgane s’autorisa à ouvrir les yeux pendant dix minutes, le temps qu’il se douche, s’habille et se prépare. 

Si les tous premiers mois, elle savourait ces dix minutes en imaginant chacune des étapes qu’il faisait, ce qui, évidemment, ne l'aidait pas à s’endormir, elle avait maintenant atteint un stade où, même si elle continuait de temps à temps à l’imaginer sous la douche, ce n’était plus ça sa priorité. C’était son plan diabolique. 

Elle entendit le son final, celui qui annonçait qu’il allait sortir de la salle de bain, et aller prendre son petit-déjeuner en bas et elle referma les yeux rapidement, s’enfouissant un peu plus sous la couverture pour dissimuler un quelconque sourire traître qui pourrait apparaître. 

Enfin, la porte s’ouvrit, se ferma, et le son des pas s’approcha, s’approcha, s’approcha, jusqu’à se stopper net. Elle entendit le bruit du jean qu’il portait, sentit sa main passer dans ses cheveux puis sur son visage avec tendresse avant qu’elle ne sente la chaleur de son corps tandis qu’il se baissait légèrement vers elle. Il déposa un baiser sur sa joue et alors qu’elle s’attendait à ce qu’il se lève presque de suite, comme à son habitude, elle fut surprise par le fait qu’il ne semblait pas être motivé à bouger, préférant continuer à lui caresser les cheveux. Et puis, dans un murmure…

- Je t’aime. 

C’était la première fois qu’il le lui disait. Première fois tout court que l’un d’entre eux le disait. Ils avaient développé leur langage secret, un qui était suffisant pour se le dire sans le dire. 

Il fallait qu’elle continue à faire croire qu’elle était endormie. Il le fallait parce qu’elle ne pouvait pas briser ce moment magique, ce moment qui appartenait à Karadec, celui où il pouvait exprimer ce qu’il ressentait pour elle. 

Le cœur de Morgane allait exploser. Elle le savait. Elle n’avait qu’une seule envie, c’était de lui dire la même chose, de lui sauter au cou, de l’embrasser et de le mettre en retard. Bon, pour ce dernier point, elle avait toujours eu envie de le faire. 

Elle avait envie de lui dire depuis plusieurs mois déjà mais elle craignait de le faire fuir. C’était effrayant, l’amour, après tout, mais quand cela l’impliquait elle, c’était encore plus effrayant. Elle n’aurait pas pu le blâmer. 

Alors, ce langage secret qu’ils avaient créé avait arrangé Morgane. 

Mais là, comment pouvait-elle prétendre qu’il n’avait pas verbalisé ce qu’ il ressentait pour elle ? Comment pouvait-elle prétendre qu’il n’avait pas verbalisé ce qu’ elle ressentait pour lui

C’était d’un effort surhumain qu’elle avait besoin pour faire ça et elle ne l’avait pas. Loin de là, surtout pas le matin, et encore moins quand il venait de lui dire qu’il l’aimait. Tout son être à elle voulait lui crier qu’elle l’aimait aussi. 

Alors, elle ouvrit les yeux, et croisa ceux de Karadec. Il sourit. 

- Je savais que tu dormais pas, lui souffla-t-il, comme si lui aussi ne voulait pas briser ce moment. 

Morgane voulait répliquer mais elle ne pouvait pas. Pas quand il était si proche d’elle. Pas quand il venait de lui dire ce qu’il ressentait. 

Elle se redressa un peu, s’appuyant sur son avant-bras et il suivit son mouvement de là où il était. 

- Sympa, la manipulation affective, ne put-elle s’empêcher de dire dans un murmure. C’était pour vérifier que je dormais, c’est ça ?

Il savait qu’elle plaisantait, cela se voyait dans ses yeux. 

- Parce que tu crois que j’ai pas compris que tu dormais pas profondément ? Je suis flic, Morgane. C’est mon boulot de repérer les choses inhabituelles. 
- Comment tu…?
- Tu bouges trop quand tu dors vraiment.  
- Okay, d’accord, admettons que c’est vrai, ce que je refuse de reconnaître, hein, je tiens à le préciser,  mais…si tu savais alors pourquoi t’as rien dit ? 
- Parce que je t’aime, ça te va comme réponse ?

Morgane ouvrit la bouche à plusieurs reprises sans trouver de répartie appropriée. Que pouvait-elle répondre à ça ? Une nouvelle fois, Karadec avait prononcé ces petits mots qu’ils s’étaient, semble-t-il, refusés à se dire. Comme si maintenant que c’était dit, il ne pouvait plus s’empêcher de le faire. Et elle ne voulait pas qu’il arrête. Elle voulait qu’il continue de lui dire avec une telle facilité. Tout leur vie.

Cet homme l’aimait suffisamment pour continuer à la laisser penser qu’il la croyait endormie. Pour continuer ce rituel qui s’était installé et qui consistait juste à lui faire comprendre qu’il l’aimait. Ce rituel, qui, maintenant qu’elle y réfléchissait, semblait remonter au premier mois de leur relation.

Depuis le tout début, il voulait lui dire. Comme elle. 

Morgane sentit les larmes lui monter aux yeux et de sa main libre, elle attrapa la cravate de son compagnon pour qu’il soit encore plus près d’elle. Elle ignora qui fit le dernier mouvement mais juste après, ils étaient en train de s’embrasser avec tendresse. 

Quand ils se séparèrent, Morgane ouvrit les yeux doucement pour les planter dans ceux de Karadec. 

- Je t’aime aussi. 

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