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Language:
Français
Stats:
Published:
2023-09-30
Words:
964
Chapters:
1/1
Comments:
3
Kudos:
24
Hits:
295

Sans retour

Summary:

Morgane se retrouve seule à la fin du 308. A quoi pense-t-elle ?

Notes:

Voici un nouvel OS assez court mais que j'ai bien aimé écrire. J'espère qu'il vous plaira.

Encore une fois, merci à PlumeDeChien pour la bêta.

Je vous souhaite une très bonne lecture :)

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Des heures durant, Morgane avait attendu que le téléphone sonne. Elle avait espéré que quelqu’un la contacterait, qu’ il la contacterait. Mais rien. Simplement le silence éphémère de la pièce, parfois coupé par le son d’une voiture qui passait au loin dans la rue. Pas de sonnerie, pas de message. Rien d’autre que le néant.

Cela faisait maintenant trois heures que la consultante était arrivée dans la chambre d’hôtel louée aux frais de la DIPJ. C’était le minimum qui pouvait être fait après ce qu’elle avait vécu. Sa famille avait failli mourir sous ses yeux et elle aurait aussi pu y passer finalement. 

Mais il était arrivé et avait abattu cet intrus. Il les avait tous sauvés d’une mort certaine. Puis aussi rapidement qu’il était arrivé il était sorti. Et il lui avait dit ces trois mots qui l’avait brisée.

C’est terminé.

Là, Morgane avait totalement été mise face au fait accompli. C’était quelque chose à laquelle elle ne s’attendait pas. Ils avaient partagé un moment plus qu’agréable quelques jours plus tôt mais elle avait tout gâché. Comme toujours finalement. 

Il y avait d’abord eu Romain, son premier amour, celui qu’elle pensait garder toute une vie. Celui pour qui elle aurait tout donné. Celui pour qui elle avait tout raté. 

Ça avait été ensuite le tour de Ludo. Il était parfait sur tous les plans, c’était plutôt elle qui ne l’était pas. Elle avait du mal à se remettre de la disparition qui lui avait brisé le cœur et même s’il ne lui avait jamais reproché, il aurait pu le faire. Car leur couple vivait dans l’ombre de cet homme dont on ne savait rien. 

Puis Morgane était arrivée à la DIPJ et avait rencontré le commandant. Ça avait été l'apothéose. Jamais depuis Romain le cœur de Morgane n’avait été aussi vivant. Pour la première fois, elle se voyait quelque part, elle imaginait un avenir où la disparition aussi soudaine que volontaire de sa part ne l’avait pas détruit. 

Elle était évidemment toujours brisée par ses insécurités mais peu à peu, à ses côtés, elle réussissait à se relever. C’était difficile mais, avec le temps, ça venait. Enfin… Jusqu’à ce soir.

Là, la consultante avait plus que merdé. En plus d’avoir failli mourir, elle l’avait perdu lui . Lui aussi partait parce que ce n’était pas simple d’être avec elle. Il n’avait même pas eu besoin de le dire, elle le savait. Insupportable, chiante et tout un tas d'autres choses. Voilà ce qu’elle était. Mais elle aurait voulu être capable de changer pour lui. 

C’est terminé. 

Les mots tournaient encore en boucle dans son esprit, la voix de l’homme l'assommant un peu plus à chaque seconde. Jamais elle n’aurait cru que cela lui ferait aussi mal. Elle avait pourtant été habituée à être abandonnée, c’était quelque chose de prédominant dans sa vie. Romain avait été le premier. Ludo avait suivi. Et maintenant lui.

C’est terminé.

Merde. Pourquoi son cerveau n’était pas capable de se mettre sur pause quelques minutes ? Morgane voulait oublier ce qu’il s’était passé, la façon dont elle avait tout gâché. Elle voulait remonter le temps et lui dire la vérité. Lui dire qu’elle l’aimait, qu’elle l’aime , et qu’elle ne se voyait pas sans lui. Qu’il avait été son repaire pendant ces deux dernières années. Qu’il avait suffit de quelques heures sans lui pour qu’elle soit perdue. 

Elle avait tant à lui avouer.

Puis maintenant, le plus important était qu’il allait être père. Le père de leur bébé. Même si le doute avait persisté dans les premières minutes, elle le savait. C’était lui, ça ne pouvait être personne d’autre. D’ailleurs elle ne voulait pas que ce soit Timothée ou David. Personne d’autre que le commandant ne pourrait être le père qu’elle souhaitait pour son enfant.

Toutes ces pensées se bousculaient en elle comme une litanie perpétuelle. Il fallait qu’elle réussisse à faire abstraction, à oublier quelques minutes au moins.

C’est terminé.

Son téléphone ne sonnait toujours pas et Morgane avait perdu espoir. Il ne sonnerait pas. Jamais le son distinctif d’un message ne se ferait entendre. La tristesse la prit à cet instant. C’était terminé, il avait raison. La décision qu’elle prit à cet instant était radicale mais elle n’avait pas le choix. 

La consultante ne reviendrait pas à la DIPJ. Elle n’aurait pas la force de supporter les regards mauvais qu’il pourrait lui lancer. Elle n'accepterait pas non plus les yeux accusateurs de ses collègues. Puis la commissaire lui en voulait sûrement, elle ne lui ferait pas de cadeau.

Alors Morgane allait partir loin de Lille avec ses enfants. Elle irait se réfugier loin des gens qui lui faisaient du mal. Loin de son père, loin de sa mère, loin de lui. Mais elle ne pouvait pas non plus se résoudre à l’oublier. Si elle quittait la ville, elle pourrait peut-être aller dans un endroit qui lui ferait penser à son amour perdu. La Bretagne était une bonne solution. Puis son bébé, leur bébé, pourrait grandir là où son père l’avait fait.

Tout la ramenait toujours à lui, elle ne pouvait pas penser sans qu’il ne soit là, quelque part dans sa tête. 

Quand son téléphone sonna, Morgane sortit de sa transe et se dirigea immédiatement vers l’appareil. Comme toutes les fois précédentes, elle vit une notification sans aucun intérêt. Et une autre arriva quelques secondes après alors que les larmes commençaient à inonder ses joues. 

C’était lui.

Morgane ne voulait pas l’ouvrir, elle ne voulait pas souffrir encore. Elle savait que les mots qui tournaient en boucle dans son esprit n’allaient qu’être amplifiés. Elle les entendait déjà crier en elle.

C’est terminé.

Et là, rien de ce à quoi elle s’attendait. Oh non, loin de là. Au milieu des larmes, Karadec venait de lui faire naître un sourire heureux et sincère.

Notes:

J'espère que ça vous a plus, à très vite pour un nouvel écrit.