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Assise dans la cuisine, une tasse de café en main, Solène appréciait le silence tout relatif du petit matin. Bien que la vieille horloge à l’entrée pointait six heure vingt-cinq, la journée avait déjà commencé. Par la fenêtre, elle pouvait voir les canards se jeter à l’eau, surprenant les pauvres poules qui s’éparpillaient en secouant leurs plumes. Le ciel bleu promettait une longue et belle journée. Un coup d’œil rapide vers le calendrier lui rappela qu’il était temps de ramasser le guano qu’elle avait promis à Susan. Elle en profiterait pour passer chez Robin pour lui demander de l’aide pour consolider l’entrée de la grotte. De grosses pierres menaçaient de tomber depuis les dernières pluies.
A ses pieds, Arès s’étira en poussant un soupir d’aise avant de se relever d’un geste souple, les oreilles pointées vers la terrasse. Elle n’eut pas le temps de se poser des questions que quelqu’un frappa à la porte. Deux petits coups, secs mais timide. Elle grogna tout en se levant, sa tasse de café en main. La seule personne capable de venir la déranger de si bon matin se trouvait à Zuzu pour encore une semaine. Elle ouvrit la porte d’un geste ample, bien décidée à montrer combien qu’elle n’appréciait pas cette visite matinale et qu’elle lâcherait son garde du corps dotés de dents pointues au besoin.
- Bonjour ?
L’inconnu lui tournait le dos, en contrebas des marches du perron. Elle ne s’attendait pas à ce qu’elle vit quand il se retourna. Il portait une longue cape bleue sur une chemise blanche immaculée et un pantalon noir. Il avait la peau foncée des gens des îles qui contrastait avec des cheveux flamboyants. Il lui souriait, amusé par Yoba savait quoi.
- Je peux vous aider ?
Elle se racla la gorge, consciente de l’avoir dévisagé plus longtemps que la bienséance le lui permettait. Mais il ne semblait pas s’en formaliser, au contraire. Son sourire s’élargit, dévoilant deux fossettes.
- Veuillez m’excuser. J’espère ne pas vous importuner.
Il avait un léger accent. Il fit un geste de la main vers elle avant de continuer.
- Nous avons une connaissance commune qui m’a favorablement parlé de vos prouesses et ma curiosité a eu raison de mes bonnes manières.
Il laissa échapper un petit rire de gorge.
- Je vous avoue être surpris de la plus exquise des manières. Je ne vous imaginais pas aussi … ordinaire.
Il appuya sur le dernier mot. Gênée, elle se rappela qu’elle portait un vieux t-shirt tâché sur un pantalon trop large. Il leva une main avant qu’elle ne puisse lui répondre.
- Ne vous méprenez pas. J’ai tant entendu parler de vous et de vos capacités extraordinaire que je n’ai pu m’empêcher de vous dépeindre d’une certaine manière. Non pas que j’en sois déçu. Bien au contraire.
Elle grinça des dents. Sa manière de parler apprêtée et pompeuse lui tapait sur les nerfs. Elle lui jeta un regard irrité. A nouveau, il ne lui laissa pas le temps de réagir qu’il lui tendit une feuille de papier pliée en quatre qu’elle accepta par réflexe.
- J’aimerai faire plus ample connaissance mais, hélas, mon emploi du temps est extrêmement chargé. Vous trouverez par écrit les jours où je serai en poste sur Pélican. En vous souhaitant une agréable journée.
Il s’inclina d’un geste théâtrale et disparu dans un éclair lumineux. Elle cilla.
The eck …
