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« Ha ha ! Je te l'avais dit, rigola Denki. C'est Shoto qui a fait le premier pas ! T'as perdu ton pari ! »
Aux anges, Denki ne cessait de narguer son ami. Eijiro, lui, n'en revenait pas. Il regarda Katsuki, d'un air ahuri.
« Bro, qu'est-ce que t'as foutu ? Et la virilité, là-dedans ?
—Foutez-moi la paix ! s'énerva Katsuki. Et gardez vos paris de merde pour cet abruti de Deku ! »
Les mains crépitantes de colère, Katsuki quitta alors la chambre d'Eijiro, plus furieux que jamais. Denki, lui, continuait de se tordre de rire, tandis qu'Eijiro regardait son ami partir, plus que déçu. Mais comment avait-il pu perdre ce pari ? C'était impossible. Non, franchement, comment Shoto avait-il pu faire le premier pas ? Il était... eh bien, Shoto quoi. Peut-être que ce dernier avait mal compris une phrase de Katsuki et l'avait prise comme une déclaration. C'était forcément un truc comme ça. Enfin, dans tous les cas, ça n'arrangeait pas ses affaires. Katsuki avait avoué. Eijiro s'était planté. Il finit donc par se tourner vers Denki, avec un sourire penaud.
« Bon... Tu as gagné, j'avoue ma défaite.
—Ha ha, c'est trop bien, sourit Denki. Prêt à changer de tête ?
—Euh, oui. Du coup, on part sur du noir ?
—Bien essayé, Ei, mais non. Ce sera bien plus amusant que du noir ! »
Eijiro poussa un soupir, dépité. Il y avait cru, l'espace d'une seconde, mais non... Il avait joué et il avait perdu. C'était comme ça. Il acceptait sa défaite bien sûr, mais il devait avouer qu'il craignait un peu l'imagination débordante de Denki. Autant reprendre sa couleur noire ne le dérangeait pas, autant il n'avait pas non plus envie de se retrouver avec toutes les couleurs de l'arc-en-ciel sur la tête. Et connaissant son ami, il savait très bien qu'il en était capable.
« Même pas un indice ?
—Nope, rigola Denki. Je ne te dirai rien. Tu auras la surprise plus tard. Faut d'abord que je prépare tout ! Mais t'inquiète, je ne vais pas trop te faire attendre ! »
Sur ces mots, Denki lui fit un clin d'oeil, avant de quitter la chambre à son tour. Eijiro sentit son cœur rater un battement. Denki avait l'air aussi heureux que s'il avait appris que la date de son anniversaire avait été avancée. Et... et ça lui faisait quelque chose. Mais Eijiro secoua bien vite la tête. Ce n'était pas viril de se lamenter sur ses sentiments. Le plus important, c'était le bonheur de Denki. Il espérait juste que ce bonheur ne passerait pas par une couleur trop flashy.
Au cours des jours qui suivirent, Eijiro attendit donc avec appréhension le moment fatidique. Puis, alors que la semaine touchait à sa fin, Denki revint vers lui pour lui dire que tout était prêt. Bon, au moins, ça laissait à Eijiro le weekend pour s'en remettre et tenter de se faire à sa nouvelle couleur avant la reprise des cours. C'était déjà ça.
Samedi après-midi, ce fut donc un peu inquiet qu'il rejoignit Denki dans la grande salle de bain commune. Sans trop attendre, il s'assit sur la chaise que son ami avait installée près du lavabo. La nervosité montait dans son corps, même s'il tâchait de ne rien en montrer. Il était viril après tout ! Mais quand même... il espérait que le résultat ne serait pas trop horrible.
Enfin, en attendant, il laissait Denki s'occuper de lui. Il pouvait déjà le sentir s'affairer dans son dos.
« Allez, c'est parti ! »
La voix de Denki était pleine d'entrain. Eijiro le sentait de moins en moins. Denki lui mit alors un produit sur la tête. Ça devait être le colorant. Bon, il ne pouvait plus reculer maintenant. Denki se servit ensuite de l'embout peigne pour répartir la teinture sur tous ses cheveux. Malgré lui, Eijiro retint son souffle lorsque les doigts de Denki lui frôlèrent la joue. Il était ridicule. Parfaitement ridicule. Mais rien à faire... La proximité avec son ami avait toujours tendance à accélérer les battements de son cœur.
« Au fait, comment t'as eu l'idée de faire ce pari ? demanda-t-il soudainement, histoire de se concentrer sur autre chose.
—Ha ha, parce que j'étais sûr que tu allais perdre ! Kacchan, c'est une nouille dès qu'il est question de sentiments. »
Denki continua de se moquer et Eijiro dut bien reconnaître qu'il n'avait pas tort, sur le coup. Il aurait dû réfléchir plus longtemps au pari, avant d'accepter. Mais bon, il restait bon joueur. Et puis, c'était assez drôle d'imaginer la tête qu'avait dû faire Katsuki lorsque Shoto lui avait fait part de ses sentiments.
« Voilà, j'ai fini, reprit Denki. Maintenant, il faut attendre quarante-cinq minutes. »
Eijiro acquiesça. Il ne le sentait toujours pas. En plus, Denki avait caché tous les miroirs, en mettant un essuie dessus. Il voulait que la surprise soit totale. Eijiro se posait de plus en plus de questions. Qu'avait donc encore été inventer son ami ? Enfin, au moins, ça lui donnait une bonne excuse pour rester un moment seul à seul avec lui.
« Tu penses que Shoto s'est déclaré comment, du coup ? rigola Eijiro tandis que Denki retirait ses gants et rangeait les affaires.
—Bonne question, pouffa ce dernier. J'aurais payé cher pour voir ce moment-là. »
Ils s'amusèrent, ensuite, tous les deux à s'échanger de nombreuses hypothèses, de la plus sensée à la plus folle.
« Et puis, la tête de Kacchan quand il nous a dit qu'ils sortaient ensemble, se marra Denki. On aurait dit qu'il était constipé.
—Et Shoto qui lui a demandé où il voulait sortir, ha ha, c'était génial. »
Shoto était déjà très drôle à lui tout seul, mais en couple avec Katsuki, c'était le combo parfait. Eijiro était pris d'un véritable fou rire, en y repensant. Denki n'était pas dans un meilleur état. Il riait si fort qu'il se tenait le ventre. Il dut même mettre une main sur l'épaule d'Eijiro pour garder l'équilibre. Le corps de ce dernier fut alors parcouru d'un frisson. Ce n'était pas la première fois que son ami le touchait, mais... mais, à chaque fois, ça lui faisait quelque chose.
Ce simple geste mit fin à son hilarité. À la place, Eijiro sourit tendrement à Denki. Il fallait dire qu'il aimait tant le voir comme ça. Heureux et si proche de lui. Eijiro aurait bien voulu qu'ils soient encore plus proches. Mais, eh mec, il n'allait pas risquer de mettre son ami mal à l'aise non plus. Ce ne serait pas viril. Alors, il se contentait de profiter de sa présence, sans trop lui en demander. C'était mieux comme ça, il le savait.
Bien sûr, lorsque Denki retira sa main, Eijiro regretta aussitôt la chaleur de son toucher, mais il n'en montra rien. Il continua, au contraire, de parler avec Denki comme le meilleur ami qu'il était censé être pour lui.
« Ah, le temps est écoulé, s'écria Denki au bout d'un moment. On peut passer à la suite. »
Tout joyeux, Denki lui fit pencher la tête en arrière et ouvrit le robinet. La position n'était pas très confortable. Denki mit un peu d'eau sur ses cheveux et commença à masser son cuir chevelu. Ok. Ça, ça valait clairement la peine d'endurer cette position. Les mains de Denki étaient habiles. Malgré lui, Eijiro se sentit rougir. Heureusement, son ami était trop occupé pour s'en rendre compte. Eijiro ne l'avait d'ailleurs jamais vu aussi concentré.
Au bout de quelques minutes, Denki finit de lui rincer les cheveux, puis se mit à les sécher. Lorsqu'il eut enfin tout terminé, il l'observa avec un large sourire. Il semblait très satisfait du résultat.
« Ça te va super bien !
—Je peux regarder maintenant ? demanda Eijiro.
—Non, faut d'abord le montrer à Kacchan ! »
Eijiro ne voyait pas pourquoi. Mais au point où il en était... Il se laissa donc guider par Denki et retrouva Katsuki dans sa chambre, où il se reposait avec Shoto. Denki ouvrit la porte, sans frapper. Aussitôt, Katsuki bondit hors de son lit, suivi quelques secondes plus tard par Shoto.
« Putain Denki, qu'est-ce que tu veux ?! »
Derrière lui, Shoto regardait Eijiro d'un air vaguement surpris. Ce qui se traduisait, chez lui, par des sourcils très légèrement haussés. Katsuki finit par apercevoir Eijiro, à son tour, et sa mâchoire se décrocha de quelques centimètres.
« Mais qu'est-ce que... ? »
Il semblait complètement abasourdi. Eijiro prit peur. Qu'est-ce que Denki avait pu inventer pour que Katsuki soit dans cet état-là ? Mais sans y faire attention, Denki attrapa le bras de Katsuki et le sien et les serra tous les deux contre lui.
« Je suis tellement heureux que ce jour soit arrivé, pleura-t-il. Nous formons enfin une équipe soudée et unie ! La team blond ! »
La... la quoi ?! Oh non... Eijiro fonça à nouveau dans la salle de bain, retira les essuies et s'arrêta net devant le miroir. Son reflet le regarda alors avec effarement. Denki avait osé. Il était désormais blond. Blond. C'était... déroutant... Etrangement, ça ne lui allait pas si mal, mais... non, il avait vraiment du mal à s'y faire. Blond... De toutes les couleurs possibles et imaginables, il avait fallu que Denki choisisse celle-là...
« Dans quoi tu t'es fourré pour te retrouver avec une tête pareille ? »
Arrivant derrière lui, Katsuki se moquait clairement de sa nouvelle coupe de cheveux. Son sourire n'avait rien de gentil. Eijiro se sentit complètement dépité.
« C'est à cause de toi... Si t'avais fait le premier pas aussi.
—Quoi, encore ce pari ?! »
Katsuki perdit bien vite son sourire arrogant. Une veine se mit à gonfler sur sa tempe droite et des flammes crépitaient presque dans ses paumes.
« Quel pari ? »
Entrant à son tour dans la pièce, Shoto les observa, curieux, tandis que Denki courait pour les rattraper.
« Ah, c'est hilarant que tu poses la question, ricana ce dernier lorsqu'il fut à leur hauteur. Je vais tout t'expliquer. »
Très amusé, Denki prit bien son temps pour raconter son histoire. Katsuki semblait au bord de l'explosion... comme d'habitude quoi. Shoto, lui, resta complètement de marbre.
« Ah, dit-il simplement lorsque Denki eut fini. Mais pourquoi blond ?
—Parce que c'est drôle ! »
Shoto ne paraissait pas convaincu. Il observa un moment Eijiro, comme s'il allait comprendre l'hilarité de la situation rien qu'en le regardant. Mais non. Il se tourna ensuite vers Katsuki.
« Tu veux aussi que je me teigne en blond ?
—Quoi ?! s'énerva aussitôt Katsuki. Mais ça va pas ou quoi ?! »
Manquerait plus que cet idiot de double face soit embarqué dans les délires de l'autre idiot électrique ! Ceci dit, ça ferait bien chier son père. Ouais, à la réflexion, peut-être que Shoto pourrait se teindre en blond. Rien que pour la réaction d'Endeavor, ce serait à crever de rire.
« Kacchan, tu fais peur quand tu souris comme ça, commenta Denki. Sérieux mec... »
Shoto, lui, ne fit pas attention à l'état de son petit ami, bien trop habitué par ses changements d'humeur. Il observait plutôt Denki et Eijiro.
« Et vous ? Qui a fait le premier pas ? »
Hein ? De quoi ? Eijiro ne savait plus où se mettre là. Pourquoi Shoto posait-il cette question ? Ils n'étaient que des amis... Oui... mais non, en fait. Eijiro n'arrivait même pas à lui répondre ça. Sa voix restait coincée dans sa gorge. Evidemment qu'il voulait que Denki soit plus qu'un ami, mais il ne pouvait pas se confier à lui. Parce que briser une amitié, ce n'était pas viril. C'était juste égoïste. Mais alors qu'il s'efforçait de répondre à Shoto malgré tout, Denki le prit complètement de court.
« C'est moi ! »
Affichant un grand sourire, Denki paraissait fier de son coup. Mais qu'est-ce qu'il racontait à la fin ?! Eijiro le regarda sans comprendre.
« De quoi tu parles ? lui demanda-t-il, perdu.
—Attends ! »
Denki lui fit un clin d'oeil, puis il s'approcha de lui. Il avait beau se montrer sûr de lui, son sourire le trahissait, devenant de plus en plus nerveux. Cette vision fit complètement craquer Eijiro. Le nouveau blond ne comprenait rien à ce qui se passait, mais son cœur ne pouvait que s'emballer à la vue de Denki.
« Ouais, alors, tu vois mec, commença-t-il comme une pile électrique, ça fait un moment que j'y pense. Les trucs de bro et tout, c'est super. Mais ce serait super aussi euh... plus. Tu vois ? »
Un petit silence suivit ses mots. Eijiro cligna des yeux. Quoi ? Avait-il bien entendu ? Qu'est-ce que... ? Mais en voyant le regard gêné et rempli d'appréhension de Denki, il eut sa réponse. Alors là... Il n'en revenait pas... Katsuki non plus d'ailleurs, mais pour une toute autre raison.
« Jamais entendu une déclaration aussi nulle !
—Ce n'était pas si mal, contredit Shoto, songeur. C'est mieux que la réponse que tu m'as donnée. »
Katsuki rougit de fureur. Mais Eijiro n'y fit pas attention. Il ne voyait que Denki. Ce dernier continuait de lui sourire nerveusement. Il était juste adorable ! Une vague de soulagement envahit alors le corps d'Eijiro. Il ne ressentait, désormais, plus qu'une immense joie. Un large sourire s'afficha sur son visage. Mais comment avait-il pu être aussi stupide ? Il avait toujours cru que Denki ne le voyait que comme un ami. C'était...
« Putain, mais qu'est-ce que t'attends pour lui répondre ?! »
La voix de Katsuki le fit sursauter. Mince. Il ne s'était pas rendu compte qu'il prenait autant de temps. Face à lui, Denki ne semblait pas en mener large. Non. Ce n'était pas ce qu'il voulait !
« Moi aussi, je voudrais qu'on soit plus », lui dit-il alors.
En prononçant ces mots, Eijiro se sentit très ému. Des larmes se formèrent dans le coin de ses yeux. Alors... c'était vraiment en train d'arriver ? Il avait toujours du mal à réaliser. Tout le contraire de Denki qui, lui, sauta aussitôt de joie. Sans attendre, ce dernier s'avança ensuite vers lui et le prit dans ses bras. Puis, il mit ses mains sur ses joues et l'embrassa. Eijiro se sentit défaillir. Les lèvres de Denki avaient un goût d'électricité. C'était étrange, mais loin d'être désagréable. Eijiro répondit à son baiser, fébrile. Lorsque leurs regards finirent par se croiser, après ça, ils se sentirent tout de suite sur la même longueur d'onde. Tout semblait si naturel entre eux. Peut-être parce que, dans le fond, leur relation avait toujours été plus forte qu'une simple amitié.
Heureux, Denki passa une main dans les cheveux d'Eijiro, s'amusant avec ses mèches blondes. D'accord, il le laisserait bientôt retrouver ses cheveux rouges – après tout, Denki était fan de sa couleur d'origine – mais, en attendant, il comptait bien profiter de leur similitude. Il sentait déjà qu'il pourrait passer des heures à faire ce simple geste.
Eijiro, quant à lui, se sentit rougir sous son toucher. Son cœur battait toujours aussi vite. Mais alors qu'il commençait à se perdre dans son regard, il se rappela soudainement qu'ils n'étaient pas seuls. Il se tourna alors vers Shoto et Katsuki qui étaient toujours dans la salle de bain. Si le premier paraissait indifférent, le second semblait toujours énervé.
« Allez viens Shoto ! rigola alors Denki. J'ai encore du colorant, rejoins donc notre team ! »
Shoto haussa vaguement les épaules. Il n'en fallut pas plus pour Denki. Excité comme une puce, ce dernier s'éloigna d'Eijiro pour préparer tout ce dont il avait besoin. Bien qu'il lui lance régulièrement des regards complices, il se concentra sur sa nouvelle tâche. Et lorsque, près d'une heure plus tard, Shoto arbora une magnifique chevelure unie, Denki sourit grandement.
« Je propose qu'on se renomme le quatuor des gays-blonds-super-drôles ! s'écria-t-il avec entrain.
—Hors de question ! s'énerva aussitôt Katsuki.
—Oh d'accord... Juste la team blond alors. Tss tu es rabat-joie, Kacchan. »
Denki secoua la tête, avant de se tourner vers Eijiro.
« Qu'est-ce que t'en penses ?
—On s'appellera comme tu veux, lui sourit Eijiro.
—Je savais que toi, au moins, tu me soutiendrais ! »
Denki se pencha alors vers lui pour lui voler un bisou. Il rigola juste après, se sentant toujours un peu bête et un peu nerveux. Eijiro lui sourit tendrement. Il était nerveux, lui aussi. Même si ça lui paraissait naturel, ça restait nouveau, tout ça entre eux deux. Il se trouvait toujours aussi stupide de ne rien avoir remarqué. Et puis, il avait l'air beau maintenant, après avoir jugé le manque de virilité de Katsuki. N'empêche, répondre à une déclaration, c'était tout aussi viril que d'en faire une. Il s'en rendait compte maintenant.
Tout simplement heureux de la tournure inattendue qu'avait prise cette journée, Eijiro attrapa la main de Denki. Finalement, cette histoire de pari avait eu du bon. Se souriant l'un à l'autre, ils finirent par quitter la pièce.
Mais tandis qu'ils s'éloignaient, Shoto, lui, regardait le résultat dans le miroir, un peu perplexe. Il avait l'étrange impression de ressembler à Neito, comme ça. Derrière lui, Katsuki souriait, plus paisible. Maintenant qu'ils étaient à nouveau seuls, il parvenait à se montrer calme. Il s'approcha alors de Shoto et l'enlaça par l'arrière.
« On devrait accepter l'invitation de ton père pour le weekend prochain.
—Pourquoi veux-tu voir mon père ? demanda Shoto, surpris. Je croyais que tu ne voulais rien avoir à faire avec lui.
—Je peux faire une exception. »
Le sourire de Katsuki s'agrandit. Il ne raterait pour rien au monde la réaction d'Endeavor lorsqu'il verrait la nouvelle coloration de son fils. Oh ça non. Il avait même hâte d'y être ! Shoto se contenta alors de hausser les épaules. Si ça pouvait faire plaisir à son petit ami...
À quelques mètres de là, le couple tout juste formé était bien loin de ces conspirations. En effet, Eijiro venait d'emmener Denki dans sa chambre. Une fois dans la pièce, malgré leur nervosité, ils reprirent bien vite leurs baisers. Eijiro pouvait sentir son cœur battre comme jamais dans sa poitrine. Au bout d'un moment, ils se couchèrent sur le lit et profitèrent pleinement de la présence de l'autre, en toute innocence. Depuis le temps qu'ils rêvaient tous deux secrètement de ce moment-là...
Leurs gestes restaient timides. Leurs doigts frôlaient à peine la peau de l'autre. Mais qu'importe. Ça leur paraissait déjà énorme. Ils étaient tellement heureux de pouvoir se retrouver de cette façon.
Eijiro finit par poser son front contre celui de son petit ami. Oh, comme il aimait formuler ce mot-là dans sa tête. Ça lui semblait toujours aussi incroyable. Il ferma les yeux un instant. Tout était si paisible. Il ne pouvait entendre que le bruit de son propre cœur. La main de Denki se glissa dans la sienne. Eijiro la serra avec douceur. Il se sentait tellement bien comme ça. Il rouvrit alors les yeux et observa Denki avec un beau sourire.
« Tu m'aimes vraiment bien en blond ? finit-il par lui demander, après quelques minutes de doux silence.
—Ouais, carrément ! Et puis, notre team est super cool ! »
Denki sourit, très fier de l'idée qu'il avait eue. Puis, son regard se fit plus tendre.
« Mais t'sais, je t'aimerais même si t'avais plus de cheveux. »
Eijiro sentit les battements de son cœur s'accélérer encore plus en entendant sa phrase. Il s'approcha alors pour l'embrasser, mais Denki l'arrêta. Il semblait soudain tracassé, comme s'il venait de réaliser quelque chose.
« Et toi ?
—Comment ça, et moi ? le questionna Eijiro sans comprendre.
—Tu m'aimerais aussi sans cheveux ? Non parce qu'ils font quand même bien partie de mon look. Surtout ce petit éclair noir et- »
Eijiro l'interrompit aussitôt, en posant ses lèvres sur les siennes. Puis, il lui sourit, satisfait d'avoir coupé court à ses questions.
« Evidemment que je t'aimerais toujours, lui répondit-il alors. Je ne suis pas amoureux de toi pour ton physique, même s'il me plait beaucoup. Je t'aime pour ce que tu es. C'est ça la virilité, mec. »
Denki rougit avant de rigoler, nerveusement. Mais Eijiro vit dans son regard qu'il avait réussi à le rassurer. Maintenant que cette question capillaire était réglée, ils pouvaient reprendre là où ils en étaient restés. Ils recommencèrent alors à s'embrasser, avec beaucoup de douceur. Ils avaient, après tout, pas mal de temps à rattraper...
