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Je le veux

Summary:

Tout est parti d’un rien, et voilà Morgane et Karadec devant l’autel le jour de la Saint Valentin…

Chapter 1: Epouse moi

Notes:

Je dédie cette fic à mon incroyable bêta readeuse, umi (alias La_vague_de_Kanagawa) pour son soutien et ses encouragements et à PlumedeChien qui a eu l'idée originale il y a quelques temps maintenant pour l'inspiration <3

(See the end of the chapter for more notes.)

Chapter Text

- Monsieur Adam Karadec, voulez-vous prendre pour épouse Madame Morgane Alvaro ici présente ?

Le cœur battant, la rousse plongea son regard dans celui du commandant, essayant de cacher le tremblement nerveux de sa main. Karadec semblait chercher une réponse au fond de sa prunelle ce qui n’était pas pour la rassurer. Au moment où il ouvrit la bouche pour répondre, la consultante se demanda un bref instant à quel moment les choses avaient basculé pour qu’ils en arrivent là…

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Dans la vie de Morgane, il y avait des journées qui commençaient mal et où elle se demandait pourquoi elle se levait le matin, il y avait les journées banales, qui commençaient généralement par les pleurs de Chloé, et il y avait les journées qui commençaient franchement bien, quand Karadec la réveillait en parsemant son corps de doux baiser tandis que sa progéniture dormait à poings fermés. Et ce matin là en faisait partie. Elle fut doucement tirée de son sommeil par les douces caresses de l’homme qui partageait à présent sa vie et soupira d’aise avant de se tourner vers lui pour déposer chastement ses lèvres sur les siennes. Elle le laissa approfondir leur baiser pour son plus grand plaisir et étouffa un petit rire lorsque sa barbe de quelques jours chatouilla son menton. Elle sentit Karadec devenir plus entreprenant alors que leurs respirations s’accéléraient, soulevant leurs poitrines à l’unisson. Le sourire du commandant fit fondre la rousse qui lui caressa délicatement la joue, alors que les premiers cris de Chloé résonnaient déjà dans le silence du petit matin. Étouffant un grognement de frustration, le commandant s’étira avant de sortir du lit, prêt à aller consoler la petite pour laisser Morgane se reposer encore un peu plus. Comme tous les matins depuis que le commandant partageait sa vie, la rousse en fut touchée. Elle finit tout de même par se lever à son tour quelques minutes plus tard et descendit préparer le petit déjeuner pour toute la petite tribu. Ludo devait arriver avant le déjeuner pour récupérer les enfants pour sa semaine, ce qui laissait donc largement le temps à la rousse de faire finir ses devoirs à Eliott avant l’arrivée de son père, de faire tourner le dernier sèche linge avec les affaires des enfants et de les faire préparer leur sac pour la semaine avec Ludo. Alors que son cerveau s’occupait de planifier soigneusement la matinée à venir pour que tout rentre dans les clous, Morgane vit ses deux aînés entrer dans la pièce, la saluant d’un baiser chacun sur la joue avant de s’affaler autour de la table de la cuisine, Théa, absorbée par son téléphone et Eliott, déjà en train de la harceler de questions sur sa nouvelle passion en date : les chars d’assaut. Lorsqu’un troisième baiser effleura sa joue, Morgane adressa un doux sourire au commandant qui répondit à quelques questions d’Eliott tout en installant Chloé dans sa chaise haute lorsque son téléphone sonna. Faisant signe à la consultante qu’il devait décrocher, Karadec s’éloigna des enfants et sortit dans le couloir, probablement pour prendre son appel dans leur chambre. Morgane quant à elle, servit le petit déjeuner à tous ses petits monstres et leur distribua leurs tâches avec une autorité de colonel. Une fois Eliott et Théa plongés dans leurs devoirs et Chloé occupée à mastiquer son jouet pour les dents, Morgane entreprit de faire la vaisselle puis, constatant que le commandant n’était toujours pas revenu, monta dans la chambre. En la voyant entrer, Karadec lui adressa un sourire tendre avant de reprendre la parole.

- Oui, oui maman j’en parlerai à Morgane. Oui, tout à fait. Exactement, c’est ça… je lui transmettrai ne t’en fais pas. Je t’embrasse. Oui, oui moi aussi. Oui, c’est ça. Bisous maman.

Soupirant légèrement, visiblement mi amusé mi épuisé, le commandant attira Morgane dans ses bras quelques secondes avant de se donner pour mission de ranger un peu la chambre. Alors qu’il commençait à trier les livres de la bibliothèque de Morgane, la sienne étant toujours impeccable, la rousse lui lança, curieuse.

- C’était ta mère ?

Le commandant soupira à nouveau, comme s' il avait envie de parler de tout, sauf de la conversation qu’il venait d’avoir.

- Oui
- Et de quoi est-ce que tu devais me parler ?
- De rien… c’est pas grand chose…

Cette fois, aucun soupir ne franchit les lèvres d’Adam mais une légère rougeur teinta ses joues, attisant la curiosité de la consultante, ce qui la poussa à creuser un peu plus dans la brèche qui s’était ouverte devant elle.

- Bah dis moi alors…
- Morgane…
- Rooh allez Kara, qu’est ce qu’il a ? T’as peur que je me fâche ?

Certes, une Morgane Alvaro énervée, ça pouvait causer des dégâts, mais rien n’était pire qu’une Morgane Alvaro qui cherchait une réponse qu’on lui refusait et ça, le commandant le savait mieux que personne. Il lâcha donc d’un ton exaspéré, plongeant ses yeux noirs dans ceux de la belle rousse.

- Elle me demandait si on pensait au mariage. Je lui ai dit que non, qu’on en avait encore jamais parlé et que… enfin voilà quoi. Contente ?

Pour une surprise, ça en était une. Morgane resta muette quelques secondes, analysant la situation. Elle et Karadec sortaient ensemble depuis quelques mois, elle avait déjà trois enfants et n’était pas super branchée mariage. A quel moment la mère du commandant avait-elle pu penser à les voir se fiancer ? En face d’elle, le commandant semblait du même avis qu’elle, ce qui poussa Morgane à lui lancer une petite pique, comme pour se venger de ses cachoteries.

- En même temps, j’comprends, maniaque comme t’es, tu supporterais jamais des préparatifs de mariage avec moi.

Visiblement piqué, le commandant rétorqua dans un sourire

- Et toi tu ne supporterais pas le mariage tout court Morgane, je te connais.

Prise à son propre piège, la rousse sentit une flamme s’allumer dans sa poitrine et lança un regard de défi au commandant qui la regardait toujours avec un petit sourire mi amusé mi suffisant.

- C’est faux. D’abord je suis sûre que je serais très heureuse mariée avec toi, puis après presque six mois de relations ça me semble pas être une étape si lointaine finalement. Sauf si t’as trop peur de te jeter à l’eau évidemment…

Laissant sa phrase en suspens, heureuse de voir le visage de Karadec se décomposer, Morgane s’apprêtait à ressortir de sa chambre lorsque la voix du commandant la retint.

- Morgane. Épouse moi.

Prise au dépourvu, la rousse pivota sur elle-même, tombant directement dans le regard assuré du commandant. Évidemment, il était sûr et certain qu’elle dirait non. Déjà c’était la pire demande en mariage possible, ensuite, ils n’en avaient jamais discuté, et enfin, ça lui donnerait raison et concluerait la discussion sur une nouvelle victoire du commandant. Hors, Morgane était une très mauvaise perdante. Une très très très mauvaise perdante. Alors elle adressa un sourire radieux à Karadec, s’approchant de lui jusqu’à presque pouvoir frôler ses lèvres, avant de lâcher dans un souffle.

- Bien sûr mon amour… mais je veux qu’on se marie avant la Saint Valentin…

Cette fois, le sourire du commandant retomba, et il se tut quelques secondes, avant de murmurer d’une voix hésitante

- Morgane… c’est dans six mois…
- Et alors, tu te dégonfles ? Oh tu sais, c’est pas grave hein… on est pas obligés de se marier…

Les yeux de la rousse pétillaient d’amusement, ses lèvres vermeilles étirées en un sourire qui n’appartenait qu’à elle, qu’à lui, qu’à eux. Sourire qui se figea lorsque le commandant lança d’un ton plus assuré qu’elle ne l’aurait cru.

- Très bien. Tu seras ma femme avant la Saint Valentin.

 

Alors qu’ils se dévisageaient l’un l’autre, chacun attendant que l’autre éclate de rire dans le silence pesant de la chambre, Eliott débarqua en trombe, enlevant sa mère pour qu’elle l’aide à résoudre un problème d’algèbre et la discussion en resta là. Seulement voilà, à cet instant précis, la rouquine venait de s’embarquer dans des problèmes hautement plus graves que la fuite dans la baignoire de M. Gérard mais, ce type de problème, on n’apprenait pas à les résoudre en cours de maths… Dans les jours qui suivirent, on aurait presque pu croire que cette fameuse demande en mariage n’avait pas eu lieu. La vie continuait comme avant, ni Morgane ni Karadec n’avaient remis le sujet sur le tapis et surtout, aucun des deux n’avaient envie de relancer le débat qui se solderait forcément par l’aveu d’une des deux parties qu’ils avaient eu tort et qu’ils ne voulaient effectivement pas se marier mais, aucun des deux employés de la DIPJ ne semblait prêt à faire cette concession. Les jours étaient passés, puis une semaine, puis deux, et cette histoire sembla oubliée. Mais c’était sans compter sur Gilles qui un peu plus de deux semaines après la conversation entre les deux tourtereaux remit, sans même le savoir, de l’huile sur le feu. Alors qu’ils discutaient de tout et de rien, la conversation avait dévié sans que Morgane ne sache trop pourquoi de leur enquête à la Saint Valentin et, lorsque le jeune lieutenant lui avait demandé avec des airs de conspirateurs si elle savait déjà ce qu’ils feraient avec Karadec ce jour là. Alors qu’elle s’apprêtait à répondre que non, le commandant passa à côté d’eux, lui lançant un petit sourire qu’elle interpréta comme un défi. C’est donc dans le plus grand des calmes, sans lâcher Karadec du regard, qu’elle avait annoncé à Gilles, et Céline, Daphné étant aux toilettes, qu’ils se marieraient pour la St Valentin. Passé le premier moment de surprise, ses collègues s’étaient vus ravis de la nouvelle, surtout après qu’elle leur ait assuré qu’ils avaient pensé à eux en premier comme témoins. Suite à cette discussion, leurs trois collègues et amis s’étaient fait un devoir de les aider dans les préparatifs de mariage et tout s’était enchaîné trop vite pour que Morgane puisse faire quoi que ce soit. Et maintenant, elle était là, devant cet autel, le jour de la Saint Valentin, pendue aux lèvres du commandant, le cœur battant dans sa poitrine si fort qu’elle avait l’impression qu’il cherchait à en sortir, se demandant encore comment elle en était arrivée là. Karadec, qui avait entrouvert les lèvres, les referma et parut se perdre dans la contemplation du visage de la belle rousse devant lui, sans donner de réponse au maire qui attendait toujours de pouvoir poursuivre la cérémonie. Dans la salle, on pouvait entendre les mouches voler. Et pourtant, il y en avait du monde : les parents des mariés, les enfants de Morgane, leurs collègues de la DIPJ, des cousins et cousines venus d’un peu partout du côté de Karadec, Henri, et, enfin, Sofiane. Toussotant, le maire s’adressa à nouveau au commandant qui semblait à présent sur une autre planète.

- Monsieur Karadec ? Voulez vous…
- Non.

Un murmure de surprise parcourait la foule alors que le maire se figeait, complètement interdit. Que faisait donc ce type devant lui s'il ne voulait pas se marier ? Morgane quant à elle sentit des larmes lui monter aux yeux. Non pas des larmes de tristesse, elle ne se sentait absolument pas triste : elle se sentait soulagée. Ce simple “non” lui avait enlevé un poids énorme des épaules et, à présent, elle était là, face à Karadec, les yeux embués, et, avant que le maire n’ait eu le temps de se remettre de ses émotions, le commandant fondit sur elle pour l’embrasser, comme si, devant cet autel, il avait fait d’elle sa femme. Mais en mieux. Morgane répondit à son baiser avec fougue, jusqu'à ce qu'elle sente son souffle lui manquer. Lorsqu’ils se séparèrent enfin de quelques millimètres, la rousse jeta un bref coup d'œil dans la salle et au maire. Toutes les personnes de l’assemblée paraissaient avoir perdu leur voix et les fixaient avec des yeux ronds comme des soucoupes, ne comprenant visiblement rien à ce qu’il se passait. Alors que la foule commençait doucement à reprendre ses esprits, Morgane reporta sur Karadec et prise d’une envie soudaine, lança :

- Et si on s’enfuyait ? Juste tous les deux ?

Elle n’eut droit qu’à un sourire lumineux pour toute réponse, alors que Karadec lui attrapait la main et se mettait à courir avec elle le long de l’allée centrale, oubliant leurs invités, oubliant ce mariage débile, oubliant le maire qui, toujours planté devant l’autel les regardait partir en ayant l’air de se demander sérieusement qui lui avait fichu deux hurluberlus pareils dans sa mairie, la bouche grande ouverte, les yeux ronds. Au dehors, alors qu’ils sortaient de la mairie sous une pluie de pétales de roses, le rire de Morgane retentit aux oreilles de Karadec, faisant chavirer son coeur une nouvelle fois alors qu’ils s’engouffraient tous les deux dans la voiture du commandant garée sur le parking. Leur Saint Valentin à eux, ne faisait que commencer…

Notes:

Hellooo ! Et voilà ! Un petit OS en guise de cadeau pour vous tou.te.s pour la Saint Valentin, j'espère qu'il vous a plus ! Ah... attendez... on me souffle dans l'oreillette qu'une partie 2 va arriver très bientôt pour conclure cette mini fic en beauté. On se retrouve au prochain chapitre alors ! Des bisous <3 !