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The Bacchus-lor (mais juste la finale parce que j'avais pas le temps)

Summary:

Iruma se retrouve à choisir sa future compagne du semestre dans un espèce de show à la The Bachelor devant toute l'école. C'est la finale, Clara contre Ameli ! Il ne reste qu'une seule rose, qui va-t-il choisir ?

(Bon y'a 0 suspens vu le ship tag, mais on va faire comme si le twist était surprenant)

Notes:

J'ai eu cette idée random de fic dans un rêve après avoir marathonné les deux premières saisons en parallèle d'une semaine chargée au taff. Depuis j'ai un peu avancé sur la série mais du coup ça va pas très loin dans le lore.

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Sur la scène du hall de l’école se tenait la finale de l’émission tant attendue des Babyls : la fin de The Bacchus-lor avec Iruma Suzuki ! Le légendaire Iruma, qui avait charmé quasiment toutes les filles du bahut, s’était retrouvé malgré lui dans une compétition où il devait choisir sa bien-aimée pour la fin du semestre (ou plus, si affinité). Cela faisait un mois que la compétition avait commencé et aujourd’hui c’était la finale. Les compétitrices avaient affronté moultes quiz, rencards et épreuves physiques. Il n’en restait désormais plus que deux : Clara Valac et Ameli Azazel. Prévisible.

Quasiment toute l’école était dans le public, incluant le personnel et même le professeur Kalego avait été traîné dans cette histoire. Dès qu’il essayait de se lever, un autre professeur, souvent Robin, le retenait sur sa chaise. Il n’avait que faire des amourettes de ses élèves et finit par sortir un carnet, ouvert sur ses genoux, pour travailler. Les autres professeurs étaient partagés entre suivre cette émission qui les avait distrait depuis 1 mois et discuter entre eux d’affaires de l’école. Par contre chez les élèves il n’y avait aucun doute, c’était dévi-demment l’évènement de l’année scolaire.

La star du jour était autant fatiguée que gênée. Iruma était au centre de l’attention depuis un long mois et il n’avait plus la foi de continuer les épreuves et encore moins le coeur à dire “au revoir” aux filles qui, là, étaient de surcroît ses meilleures amies.

Sur le podium, tremblant, les mains jouant avec un de ses boutons de manchette, il attendait que cela se termine… mais au vu des enjeux, il savait que c’était plutôt la fin du début, et cela le stressait encore plus.

Asmodeus posa une main sur l’épaule de son ami. “Maître Iruma…”. Alors qu’il l’appelait, il fut vite interrompu par une voix, probablement du club de radio de l’école.

“Devant Iruma se tiennent Clara et la présidente du BDE, Ameli.” Éclata la voix à travers les hauts-parleurs de la salle. “Il ne tiendra désormais qu’une seule et unique rose. À qui va-t-il la donner ? Le suspens est à son comble !”

Asmodeus remis la rose à Iruma, bien qu’avec un peu de réticence. Difficile de cerner si c’était parce qu’Iruma semblait bien trop stressé pour y prêter attention ou si Asmodeus était hésitant à lui remettre.

Iruma pris une grande inspiration et se tourna vers Asmodeus, sa main tendue vers la sienne.

“Maître Iruma.” Rappela son ami. “Ne vous inquiétez pas pour la décision que vous prendrez, elle n’est pas définitive.”

“Oui mais… je veux pas leur briser le coeur… J’ai déjà brisé des coeurs et je me sens si mal pour elles.”

“Maître Iruma, si je peux me permettre…” Iruma laissa Asmodeus continuer. “Si la situation était inversée, et que l’on vous avait brisé le coeur, comment vous vous sentirierez ?”

“…” Il réfléchit un peu. “Je me dirais que ce n’est pas grave et essayerais d’aller de l’avant” Il inspira avant de reprendre “Mais ce sont mes amies, Clara est notre amie. Je ne veux pas briser ça…”

Asmodeus hésita un moment, il jeta un oeil à Clara qui avait perdu patience et s’étais mise à dessiner, sous le regard circonspect d’Ameli qui essayait tant bien que mal de maîtriser son propre stress et sa gêne. Puis il se retourna vers son ami et répondit, de son air habituel. “Vous êtes tellement un gentleman, Maître Iruma !” Ses yeux pétillèrent.

“Haha Az, t’exagères !”

“Quoi qu’il en soit, c’est tout autant être un gentleman que de prendre ses responsabilités. Vous ne pouvez pas fuir. Tout comme elles ont choisi de se présenter ici et d’assumer les responsabilités de ce qui en suivra.”

“Tu… tu as raison. Je ne peux pas les laisser dans l’incertitude.”

“Excellent, comme toujours Maître Iruma !” Il sourit, tendant la rose de plus belle. “Quelle que soit votre décision, je vous soutiendrais.”

Iruma acquiesca et pris la rose. “Merci, Az.”

“Si Valac et présidente Azazel ne la respectent pas, elles ne seront pas dignes d’être à vos côtés !”

“N’exagère pas Az…” Iruma sourit d’un air gêné.

On pouvait accorder à Asmodeus son pragmatisme dans cette situation. Il n’est pas du genre à confronter Iruma, toutefois, ici, c’était différent. Il savait que la décision d’Iruma aurait plus de conséquences que des rencards de fin de semestre. Il posa son regard sur Clara de nouveau avant de se concentrer. Il devait soutenir Iruma, coûte que coûte.

“Alors euh…” Iruma s’avança au milieu de la scène, la rose à la main, tremblant toujours. “Il… il est temps pour moi de prendre une… décision.” Il prit une grande inspiration et essaya de passer le stress. Il se tourna vers ses deux prétendantes qui étaient gonflées à bloc et le fixaient avec impatience. Elles portaient leurs uniformes habituels. En général on se mettrait sur son 31 pour une finale pareille mais Iruma était bien plus rassuré de les voir comme il les verrait tous les jours.

“Clara, Ameli…”

“PRENDS LES DEUX, IRUMA !” Cria Camui dans le public, agitant ses ailes.

“Il a raison !” Se firent entendre d’autres voix.

Iruma était plus que surpris, c’était une blague, non ?

“Az… c’est possible ça ?” Chuchota Iruma vers Asmodeus qui s’approcha furtivement.

“Bien sûr, Maître Iruma.” Son expression ne changea pas.

Ce n’était effectivement pas une blague.

“Je peux aller chercher une deuxième rose si vous voulez-”

“C-C’est pas la peine, merci Az !” Iruma était tout rouge.

“Entendu.” Asmodeus recula de quelques pas, ne décrochant jamais son regard d’Iruma.

Iruma se reconcentra après cette brève interruption qui lui avait toutefois permis de respirer un peu.

“Clara.” Appela-t-il doucement.

“Irumachou ! C’est bon ? J’ai gagné ?” Répondit Clara avec un grand sourire. Cela ne manqua pas de faire sursauter Ameli.

“Ah ! Non ! Enfin ! Euh… j’ai pas décidé encore !”

“D’accord !” Quelques secondes après elle fit la moue. Ameli tenta tant bien de mal de cacher un soupir de soulagement.

Iruma entrouva ses lèvres mais il ne se résolut pas à ajouter quoi que ce soit.

En effet, il ne savait pas quoi leur dire. Cela faisait un mois qu’il leur racontait à quel point il tenait à elles, et que pouvait-il leur demander? Ce n’était pas comme si une question pouvait influencer sa décision.

Mais quelle décision ? Il avait été embarqué dans ce jeu ne sachant pas trop quoi faire et était plus préoccupé par le stress d’être sur le devant de la scène une fois de plus. Ce n’est qu’au fur et à mesure, en ayant vu Keroli le coeur brisé la semaine dernière, et lors de son dernier “date” avec Clara hier qu’il avait mesuré l’impact de ce jeu. Il ne souhaitait pas que son premier amour se décide ainsi, mais il était en face des deux filles avec qui il avait le plus d’affinité. Mais les voyait-il vraiment ainsi ? Est-ce qu’il avait déjà vu Clara ou Ameli comme une petite amie potentielle ?

Il se souvint des paroles d’Ari, pour qui c’était si évident qu’elles avaient le béguin pour lui, alors qu’il avait à peine découvert le sens véritable de cette implication lors de sa sortie avec Ameli à l’aquarium. Les relations amoureuses lui semblaient si floues et si distantes qu’il avait préféré ignorer le sujet jusqu’à aujourd’hui. Mais comment pouvait-il se permettre de ne pas y avoir songé alors qu’elles avaient fait des pas vers lui à multiples reprises et qu’elles attendent une réponse depuis si longtemps ?

Iruma s’en voulait de ne pas avoir pu leur dire plus tôt, et s’en voulait de rester planté sur cette scène avec cette rose à la main à ne rien dire. Devant un public qui n’est probablement là que pour le divertissement.

D’un côté, Clara est sa meilleure amie, elle est toujours très directe et affectueuse. Il aime passer du temps avec elle. Elle est toujours surprenante et drôle. Jouer avec elle était fantastique, elle est tellement pleine d’énergie. Mais est-ce que son affection est romantique ?

De l’autre, Ameli l’intimidait au début mais leurs séances de lectures de Mémoires d’un premier amour il avait découvert son second visage si fier, déterminé et attendrissant. En plus de cela elle était vraiment belle. Mais est-ce que c’est vraiment de l’amour et pas simplement de l’admiration ?

Alors qu’il s’était progressivement détaché de son objectif, il ne pouvait s’empêcher de penser à sa survie en se cachant des autres. Il avait découvert tellement de choses depuis son arrivée en Enfer, mais, malgré tout, l’idée lui était inconcevable.

C’était peut-être pour cela qu’Iruma avait renié autant le sujet. Il avait des personnes en qui il pouvait se sentir plus libre car c’était des démons déjà au courant du fait qu’il était humain et ne lui feraient aucun mal. D’un autre côté, durant ce mois d’épreuves, il avait le sentiment que l’amour impliquait une forme de vulnérabilité. Comment pouvait-il espérer que l’on lui fasse confiance le jour où son secret sera inévitablement percé ? Qu’on le comprenne ? Comment pouvait-il espérer que cela ne se retourne pas contre lui ?

Il ne trouva aucune réponse à ses questions, le regard du public, de Clara, d’Ameli, était de plus en plus pesant. Il se tourna pour voir si Asmodeus était toujours derrière lui. Iruma ne s’était pas rendu compte qu’il avait reculé depuis la suggestion d’apporter une seconde rose. C’est alors qu’Iruma eu un flash.

“Clara, Ameli.” Il se tourna vers elles. “Je… je suis désolé.”

Clara trouvait cela louche qu’Iruma soit aussi indécis depuis on ne sait combien de temps. Elle le regarda d’un air interrogé. Ça avait l’air de vouloir dire que l’attente interminable s’était enfin tue, mais elle ne pouvait pas exactement comprendre quel était ce sentiment de doute en elle.

Ameli, elle, ne voyait pas le temps passer. Pour elle dès qu’Iruma prononçait un mot c’était comme si une seconde passait. Ses pensées étaient envahies par toutes les possibilités de la décision d’Iruma, elle repensait à comment son père prendrait la nouvelle, et elle repensait à des passages de Mémoires d’un premier amour.

“Est-ce que ce serait possible…” demanda Iruma, d’un ton hésitant. “Que nous restions amis malgré ma décision ? Clara ? Ameli ?”

“Bien sûr, Irumachou !” S’extasia Clara. Dans sa tête, si elle gagnait elle serait son amoureuse en plus d’être son amie. Si elle perdait, Iruma était toujours son ami, pourquoi cela changerait-il ? Même si la perspective de perdre lui prenait à la gorge.

Ameli ne répondit pas aussi vite. Qu’est-ce que cela voulait bien dire ? Iruma a toujours été quelqu’un de très gentil, c’est évident qu’il ne voudrait pas laisser une histoire de coeur briser son amitié. Et est-ce que la question lui était vraiment destinée à elle ? Ameli supposait qu’effectivement elle apparaissait comme son amie mais voulait plus que cela. Mais elle empathisait avec sa situation, il était en train de choisir entre sa meilleure amie et elle, c’est évident qu’elle devait lui répondre. Elle reprit ses esprits et répondit d’un ton ferme :

“Iruma, dans ce jeu il n’est pas question de retourner en arrière. Ta décision aura forcément des conséquences sur ta relation avec Clara, et ta relation avec moi.”

Iruma s’en doutait mais il avait tellement peur de les perdre.

“Toutefois.” Reprit Ameli, ce qui manqua pas de faire sursauter l’intéressé car tiré de ses pensées encore une fois. “Ne t’inquiètes pas, je ne te lâcherais pas tant que nos réunions ne seront pas terminées.” Elle sourit fièrement. Elle n’était pas sûre de si elle allait vraiment tenir parole mais elle ferait bonne figure comme elle a toujours fait.

Iruma sourit. Il était un peu plus rassuré.

Il serra un peu la rose.

Et se tourna. Vers Asmodeus.

“Az.” Il lui rendit la rose.

“Hein ?” Fit la foule.

“Maître Iruma, vous avez décidé de… ne pas choisir ?” Demanda Asmodeus.

“Non…” Iruma entoura la main qui tenait la rose des siennes et leva la tête. “J’ai choisi, toi, Az.”

“HEIN ?” La foule répéta.

Dans ce monde impitoyable où règne la loi du plus fort, Iruma s’était entouré de personnes sur qui il pouvait compter. Mais, parmis elles, Asmodeus était le plus intelligent et le plus perceptif. S’il a à moultes reprises vu les inconsistences dans le rôle que tenait Iruma, il se chargeait de suite de les réinterpréter. Ce n’était pas du déni, sa foi en Iruma était simplement plus forte que ses doutes.

Quand Asmodeus lui avait prêté allégiance à leur première rencontre, Iruma était dubitatif, il trouvait ses manières complètement exagérées. Mais quand Iruma présentait des failles, Asmodeus était le premier à savoir comment les combler. Au-delà de la loi hiérarchique des démons, Asmodeus admirait et aimait sincèrement Iruma. Iruma se disait même qu’Az serait également le premier à le comprendre et le défendre si la vérité éclatait. Peut-être que son instinct de survie avait pris le dessus sur sa capacité à définir l’amour, mais Iruma croyait en ses sentiments.

S’il n’aurait jamais conçu ressentir ce genre de choses pour un garçon, il se voyait rester à ses côtés, et c’est ce qui importait pour lui.

Asmodeus était plus que confus. Il essaya de garder sa posture, mais le regard d’Iruma, ses mains, la rose, la situation devenait surréelle. Sa vision se troublait, il sentait les larmes lui monter. Son corps avait réagit avant ses pensées, avant que ses pensées et ses sentiments qu’il avait refoulé au plus profond de son coeur ne ressurgissent.

“M… M-M-Maître Iruma…” Il était tout rouge, ses lèvres tremblaient.

Les jeunes filles dans la salle qui admiraient Asmodeus et ne suivaient que vaguement les évènements venaient de tomber sous le choc.

“Ohlala” s’exclama Dosanko. “L’amour est pourtant si imprévisible. Mais même moi je dois admettre que je suis étonnée.” Cette relation inattendue ne manquait cependant pas de l’intéresser. Elle était prête à compléter sa collection de couples.

Et puis Iruma réalisa que c’était effectivement trop soudain. La honte lui refroidit le crâne mais il ne pouvait pas juste revenir sur le choix qu’il venait de faire. Il devait assumer ses sentiments même si Asmodeus les refusait. Bien que ce serait vraiment la honte devant toute l’école de se faire plaquer comme ça, au moins il serait dans le même panier qu’Ameli et Clara.

D’ailleurs personne ne les avait regardées depuis ce retournement de situation. Clara était juste en état de choc. Elle qui les connaissait si bien était la première à ne s’être doutée de rien. Mais vraiment rien.

Ameli était tombée sur ses genoux, ses rêves étaient complètement brisés. Mais elle avait déconnecté quand Iruma avait rendu la rose, il lui restait à affronter avec qui Iruma avait l’intention de sortir.

“Quel retournement de situation !” Annonça la voix-off, du club de radio. “Iruma décide de donner sa rose à Asmodeus… attends, il a le droit de faire ça ? C’était pas un candidat-”

“OUI BIEN SÛR QUE OUI !” Interrompit Asmodeus qui avait visiblement repris ses esprits et avait placé son autre main sur celle d’Iruma. Il le fixait comme si sa propre vie en dépendait. “Il a parfaitement le droit, Maître Iruma a parfaitement le droit de faire ça, Maître Iruma peut faire ce qu’il veut, ce qu’il veut du jeu, ce qu’il veut de moi, ce jeu n’avait aucun sens de toute façon y’avait des candidates éliminées qui revenaient pour des évènements spéciaux, alors Maître Iruma peut tout à fait… Maître Iruma…” Il s’arrêta en plein milieu de son jabotage et se baissa pour être à la hauteur de son Iruma, leurs mains étaient toujours jointes, avec la rose au milieu. “Maître Iruma, je vous aime tellement !” Un large sourire se dessina sur ses lèvres.

Iruma sourit en retour. Il était soulagé, pendant un instant tout son stress était retombé.

Et puis il entendit les applaudissements et des sifflements encourageants du public. Iruma avait juste envie de courrir se cacher quelque part. Il serra ses mains par frustration. Asmodeus cligna réflexivement des yeux parce qu’il venait de se piquer avec une des épines de la rose, Iruma se rendant compte de cela retira ses mains en vitesse en s’excusant. Asmodeus sourit et rangea la rose dans la poche avant de sa veste, sous sa petite cape d’épaule.

Professeur Kalego, au fond du public, referma son cahier et se leva. “Félicitations à vous deux mais j’ai du travail à faire.” Dit-il nonchalament dans le vide. Cette fois-ci, aucun autre professeur n’y prêta attention pour l’empêcher de quitter la salle.

Asmodeus se tenait aux côtés Iruma, sa poitrine touchant presque son épaule. Sentir cette présence réchauffa son coeur mais il ne pouvait s’empêcher de regarder en direction de Clara. Celle-ci venait d’essuyer une larme et s’approcha, d’abord d’un pas hésitant puis tellement rapide qu’Iruma n’avait rien vu. Elle avait surgit par derrière, entre lui et Asmodeus, et les enlaça.

“Irumachou ! Az Az !”

Ils n’avaient pas eu le temps de réagir.

“Cachotiers, huhu ! Vous allez fricotter tous les deux et me laisser seule c’est ça ?”

“O-On va pas te laisser seule Clara voyons !” Répondit immédiatement Iruma. “Quoiqu’il arrive on restera tous les 3 ensemble ! T’es notre amie après tout.” Essaya de rassurer Iruma, bien qu’encore gêné par toute cette situation.

Elle était particulièrement enjouée. “Az Az” appela-t-elle. “Je viens de te voler ton titre de meilleur ami numéro 1, jaloux ?”

“Extrêmement.” répondit Asmodeus en plaisantant, bien qu’il avait l’air quand même un peu frustré. Ce titre restait-il si important pour lui alors qu’il était désormais passé à amoureux numéro 1 ?

Hilare, Clara reparti en les saluant d’un clin d’oeil. Elle ramassa Ameli, encore désorientée, sur son trajet.

La voix-off profita que les applaudissements s’étaient estompés pour reprendre son annonce. “C’est vraiment beaucoup trop d’émotion. C’est ainsi qu’après ce long mois notre édition de The Bacchus-lor s’achève sur ce nouveau couple ! Et maintenant le moment qu’on attend tous…”

Iruma et Asmodeus eurent un mauvais présage par rapport à la suite de cette annonce. Celui-ci fut confirmé quand ils entendirent à travers toute la salle, avec grande énergie et anticipation : “Le bisou ! Le bisou !”, qui se répétait presque inlassablement.

L’envie d’Iruma de prendre la main d’Asmodeus et fuir s’amplifia. Il le regarda, Asmodeus le regardait en retour, ses yeux écarquillés, rouge comme une tomate et essayant de tout son être de ne pas paniquer. Iruma était à la fois rassuré… et peu rassuré qu’Asmodeus ressente la même chose que lui.

“Faites pas vos timides” cria une voix familière, mais en l’était Iruma était incapable de se souvenir de qui.

“Allez montrez à Babyls que les princes de la classe problématique ne sont pas des poules mouillées !” cria une autre.

Asmodeus ferma les yeux, essayant de se concentrer. Puis il demanda à Iruma s’il pouvait le prendre dans ses bras, ce qu’Iruma ne refusa pas, avant de reculer instinctivement dans la seconde qui suivait car ayant peur qu’Asmodeus l’embrasse. Asmodeus inclina la tête sur un côté, ne comprenant pas ce refus soudain. Mais Iruma gêné par le fait de lui avoir fichu un vent se jeta dans ses bras.

Iruma senti les bras d’Asmodeus se refermer sur ses épaules. Le public se tut, avant qu’un finisse par lâcher un “ils sont pas chiches !”. Mais cette remarque ne les atteignirent pas. Ils restèrent ainsi quelques secondes avant qu’Asmodeus dessère sa prise pour chuchoter à son oreille, sa voix tremblant légèrement : “Maître Iruma, j’ai une idée. Faisons cela, mais pour de faux.”

“Ah ?” Iruma ne savait pas trop quoi répondre. Il n’allait pas refuser si cela pouvait les sortir de cette situation. Mais il y avait deux dilemmes : 1, la perspective d’être littéralement nez à nez avec son (petit) ami, 2, qui plus est, devant toute l’école.

“Je vous demanderais de me faire confiance. Et de fermer les yeux… et de faire comme si on le faisait vraiment.” Sa voix était posée et plus grave. Iruma était un peu plus rassuré. Il ne pouvait pas savoir quelle expression Asmodeus arborait sur son visage, peut-être était-ce pour le mieux.

“…” Iruma avait comme le trac, il serra Asmodeus contre lui et finit par hocher la tête. “Mn.”

Ils relâchèrent leurs épaules, Iruma ferma les yeux avant qu’il puisse regarder le visage d’Asmodeus. Ce dernier comprit que c’était le moment.

Asmodeus posa délicatement ses mains sur les joues d’Iruma, caressant d’un doigt le bas d’une pomette. Iruma fronca un peu les sourcils, surpris par le geste, mais ne protesta pas. Il lui faisait confiance. C’est alors qu’il sentit leurs visages se rapprocher, très brièvement, le front d’Asmodeus contre le siens.

Ils s’embrassèrent, ou du moins c’est ce que le public compris car Asmodeus avait fait particulièrement attention à l’angle de ses mains. Ils entendirent des flashs de caméra mais ils s’y attendaient.

Ils auraient pu en rester là mais Asmodeus inclina légèrement Iruma vers l’arrière. Un frisson parcoura un instant le corps de ce dernier. Instinctivement, il se tint à là où il pouvait, à savoir la taille de son ami. Mais cela les firent se rapprocher encore plus et leurs lèvres se frôlèrent. Les cheveux d’Asmodeus cachaient subtilement le peu d’espace qui les séparaient, il en profita pour baisser sa main et caresser la nuque de son partenaire. Iruma se sentait un peu bizarre de rester là à rien faire et se dit qu’il allait caresser Asmodeus en retour, ses mains remontant jusqu’à ses épaules.

Asmodeus releva Iruma et éloigna un peu sa tête, et mis sa mèche derrière son oreille. Iruma réouvrit les yeux devant son visage souriant et doux. D’un léger revers de pouce sur le coin de la joue d’Iruma, Asmodeus fit comme pour retirer quelque chose, ce qui ne manqua pas de faire crier certaines filles d’excitation. Le coeur d’Iruma battait la chamade. Même si c’était pour de faux, Asmodeus était surprenament très doué. Il se souvint qu’il avait un sang froid sans pareil quand il s’agissait de jouer son rôle de gentleman. Qui plus est un très TRÈS charmant gentleman. Iruma pris dans ce jeu lui sourit tendrement, plongé dans ses yeux d’un rose intense.

Il commençait à regretter de ne pas l’avoir embrassé pour de vrai.

Ils se regardèrent quelques instants. Les applaudissements, cris et sifflement retentirent dans la salle. Le public était conquis.


Iruma et Asmodeus étaient enfin sortis de la scène. Quelques élèves étaient restés dans la grande salle pour discuter de choses et d’autres alors qu’au moins la moitié était repartie.

Clara sautilla vers les “coulisses” où étaient présumément ses deux amis. Quelle fut sa surprise quand elle vit Asmodeus étalé au sol et Iruma paniqué à essayer de le réveiller.

Elle pensa un temps qu’il lui était arrivé quelque chose mais vu l’expression sur le visage d’Iruma, elle ne pouvait pas s’empêcher de rire.

“C-Clara ?” Iruma ne l’avait pas vue arriver.

“Bah alors il a quoi Az Az ?”

“Ah… Juste après qu’on soit sortis de la scène il avait l’air tout désorienté et… s’est évanoui…”

Iruma, en ayant vu Asmodeus si confiant pendant leur petit jeu, était admiratif de son sang froid. Mais il comprit qu’en réalité il avait pris sur lui et qu’une fois le stress retombé il était… tombé, aussi.

“Je t’aide à le porter ?”

“Porter où ? Si on nous voit je sais pas comment je vais expliquer ça…” Iruma était à genoux, la tête d’Asmodeus posée sur ses cuisses.

“Oh.” Clara s’accroupit devant Asmodeus. “Az Az ?” Elle appuya sur sa joue d’un doigt. “Réveille toi ton amoureux s’inquiète !”

“T-T’étais obligée Clara !?” Iruma s’était à peine remis de ses émotions qu’il se faisait une fois de plus charrier.

“C’est marrant vous avez été super intense à vous bisouter sur la scène et maintenant je vous revois comme… bah comme tous les jours, haha !”

“Ha… ha… oh, euh, l’adrénaline, tout ça…” Il aurait trop honte de lui dire la vérité. “Au fait, Clara, j’espère que ça va pour toi…”

“Pourquoi ça n’irait pas ?”

“Je…” Il savait que Clara avait, et aurait peut-être encore, des sentiments pour lui. Il ne voulait pas en rajouter. Toutefois, elle avait l’air d’aller bien et ce n’était pas judicieux de reprendre le sujet. “Non rien. Je suis assez confus avec tout ce qui s’est passé aujourd’hui.”

Asmodeus fini par reprendre ses esprits. Il vit les visages d’Iruma et de Clara à son réveil. “Maître Iruma… Valac…”

“Az ! Ça va mieux ?”

Le concerné se releva, les deux étaient à genoux, se regardant. “C’est… c’est le plus beau jour de ma vie.” Il prit soudainement les mains d’Iruma, ses yeux pétillaient.

Ils finirent par rire tous les trois.


La journée de classe était terminée, Iruma, Asmodeus et Clara prirent leurs chemins du retour comme à leur habitude.

Le lendemain ils se retrouvèrent sur le chemin de l’école comme à leur habitude.

C’était comme si rien n’avait changé, mais à partir d’aujourd’hui Iruma marchait un peu plus près d’Asmodeus.

Notes:

J'avoue j'aurais pas assumé de rendre cette fic publique si ça tombait pas un premier avril. Malgré tout j'ai des idées pour un chapitre 2 mais je verrais si j'aurais la foi de le faire.