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Deuxième Chance

Summary:

"Assis sur un tatami presqu’à fleur de lumière, l’homme était assis en position de méditation, les yeux fermés, apparemment serein derrière sa barrière."

ou une rencontre qui aurait dû avoir lieu en de meilleures circonstances.

Notes:

Petit point de contexte : Dooku décide d'écouter ses doutes et de faire confiance aux appels de la Force, et épargne maître Yaddle sur Geonosis à la fin de l'épisode 04 de Tales of The Jedi. Il retourne sa lame contre Sidious et le décapite. Yaddle et lui ramène le Corps de Sidious sur Coruscant et Dooku se rend aux autorités (l'Ordre Jedi).

(Oui, cet épisode m'a énervée)

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

La cellule était plutôt spacieuse et éclairée par un habile jeu de miroirs, formant un puits de lumière naturelle toujours fixe au centre. Plus qu’à une cellule, ça ressemblait à une chambre de chevalier tout à fait ordinaire. La sienne serait-elle identique ?

Assis sur un tatami presqu’à fleur de lumière, l’homme était en position de méditation, les yeux fermés, apparemment serein derrière sa barrière. 

Il s‘approcha les mains dans les manches, ses émotions petit à petit domptées par sa volonté et l’aide de la Force. Il ne savait pas vraiment pourquoi il était là. Mais quelque chose lui disait de venir, d’essayer de comprendre, de poser les questions. 

Il s’installa en position de méditation à son tour devant la barrière et attendit. 

— Une patience douce et sans faille, prononça lentement la voix grave, au bout de quelques minutes.

Obi-Wan ouvrit les yeux et croisa le regard sombre. Il semblait si calme pour quelqu’un dont on sentait le trouble malgré les boucliers et les précautions mécaniques. 

— J’aurai aimé te rencontrer dans d’autres circonstances, Obi-Wan. 

— Moi aussi, Grand-Maître. 

L’homme se releva de sa position, contourna la lumière pour venir s’asseoir face à lui, Obi-Wan s’installa en tailleur. Il reconnaissait en Dooku la même sérénité qu’il voyait en Qui-Gon, celle qui les avait fait paraître calmes, indifférents, même un brin arrogants. Pourtant, la flamme de la colère, de la frustration avait brûlé en eux. 

À cet instant, les yeux semblaient éteints, fatigués. 

— Que me vaut l’honneur de ta visite ?

Obi-Wan prit une longue inspiration et posa les mains sur ses genoux. 

— Je suis… tiraillé et j’ai besoin de conseils. 

La surprise sur le visage du maître était discrète.

— Penses-tu que ce soit sage aux vues de mes circonstances ? interrogea Dooku en désignant sa cellule.

— Vous êtes celui qui a le mieux connu mon maître, déclara Obi-Wan comme une évidence. 

Il y eut une pause, mais l’homme finit par acquiescer. 

— Maître Qui-Gon était proche de la Force Vivante, il en a étudié les limites et les prophéties. Lors d’un de nos récents voyages, il a rencontré un jeune garçon qu’il souhaitait prendre comme padawan. 

Obi-Wan vit un tressaillement secouer le visage de Dooku. 

— Il m’a fait promettre d’entraîner le garçon avant de rejoindre la Force. J’aimerais savoir ce que vous pensez de cette requête. 

Le regard du Jedi déchu se perdit dans le vide un moment. Il croisa les bras. Obi-Wan avait fait une promesse, le Conseil était d’accord et pourtant il doutait. Il doutait de sa capacité à faire honneur à maître Qui-Gon, à enseigner à Anakin comme il le méritait, lui qui portait encore sa tresse et dont la cérémonie était en attente. 

— Ton maître, comme le sien avant lui, est une personne avec beaucoup d’ego et qui, malheureusement ne voit que ce qu’il veut voir. C’est probablement la raison pour laquelle il est reparti dans la Force et que je suis là. 

Obi-Wan sentait qu’il n’avait pas fini, que malgré les paroles posées et murement réfléchies, il y avait de l’amertume, de la rancœur. 

— Le fait que tu te poses des questions fait de toi un bien meilleur Jedi que nous, reprit Dooku. 

— Mais cela doit-il compter dans les décisions que je dois prendre dans ce cas précis ? Il ne s’agit pas de moi.

— Pourquoi cela ? 

Ce fut au tour d’Obi-Wan d’être surpris. Il s’agissait bien sûr d’Anakin, de faire honneur à Qui-Gon, à sa parole. 

— L’abnégation des Jedis est surement l’une de leurs plus grandes forces mais aussi leur plus grande faiblesse. Ne pas penser à soi ou aux siens nous rend faible, nous aveugle face à des prises de positions qui devraient être fortes et implacables.

— Maître Yaddle est en train de travailler sur des réformes pour notre ordre. Nous savons apprendre de nos erreurs.

— Mais combien en faut-il ? rétorqua Dooku. 

Obi-Wan y réfléchit. Pendant ses longues nuits d’insomnies depuis les événements de Naboo, il avait lu les rapports. Il avait vu les alertes de Dooku dans les rapports du Conseil, au sujet de la corruption du Sénat, donnant des exemples de Jedi qui avaient succombé malgré les préceptes et les apprentissages ou bien encore des remarques de Qui-Gon Jinn. Il y avait fait face en chair et en os.

— Te mettre de côté n’entraînera que des décisions de piètre qualité et aux conséquences longues et désastreuses. Alors la question ne devrait pas être « que dois-tu » mais « que veux-tu ».

Obi-Wan déglutit, la gorge serrée par des larmes qu’il n’avait pas senti monter depuis bien longtemps. Que voulait-il ? 

— Je ne veux pas que mon Padawan perde son maître, répondit-il.

Dooku acquiesça.

— Alors tu dois prendre le temps de devenir le maître que ton Padawan mérite. 

Obi-Wan hocha la tête et prit une grande inspiration. Il avait l’impression qu’un peu du poids sur ses épaules s’était envolé. 

— Merci de vos conseils, maître. 

Dooku se releva et s’approcha de la barrière et Obi-Wan l’imita. Il avait l’impression d’être scruté par un scanner d’identification mais n’était étrangement pas mal à l’aise.

— J’ai apprécié notre discussion. D’un grand-maître à son petit-apprenti, d’un pourfendeur de Sith à un autre. J’espère que tu reviendras me rendre visite. 

— Avec plaisir. 

Dooku hocha la tête et repartit mais cette fois, il s’installa dans le rond de lumière et commença sa méditation. Obi-Wan quitta les couloirs de l’espace carcéral résolument vide du temple en direction du Grand Hall. 

Anakin l’attendait à l’entrée, traçant les nervures du marbre sur le sol du bout du doigt. Obi-Wan reprit courage et projeta sa signature vers lui. Le garçon se releva d’un bond et lui sourit en le rejoignant à grand pas. 

— Obi-Wan ! Ah pardon, Maître Obi-Wan. Kenobi ! Maître Kenobi.

Il posa les mains sur les épaules du jeune garçon.

— Anakin, du calme. 

Anakin prit visiblement sur lui pour contenir son embarras. Obi-Wan pouvait sentir la tempête d’émotions dans le petit corps. Il le guida dans une cour du Temple sous un grand arbre aux feuilles jaunissantes. Il s’assit dessous et fit signe à Anakin de le rejoindre.

— Anakin, personne ne te chassera du Temple. Pas même si tu ne t’adresses pas à eux comme tu le devrais. 

Il observa le garçon se renfrogner, frustré.

— Tu es membre de l’Ordre Jedi et personne d’autre que toi ne peut changer ça. 

— Pour de vrai ? 

L’enfant leva des yeux humides de larmes vers lui. Il était perdu et semblait si seul. Dooku avait raison sur un point, Obi-Wan n’était pas à la hauteur de la tâche. 

— Oui, pour de vrai, acquiesça Obi-Wan avec un sourire. Cependant, quelque chose est clair aujourd’hui. 

— Quoi ? 

Il se frotta le menton, comment pouvait-il amener ça sans paniquer le jeune novice. 

— J’ai promis que tu serais un Jedi et je tiens toujours mes promesses. 

— Je te crois. 

— Mais je n’ai pas promis en combien de temps.

Anakin fronça les sourcils, méfiant. 

— Anakin, je ne suis pas encore digne d’être ton maître…

— C’est pas vrai ça ! Tu m’as déjà appris des choses! l’interrompit-il avec véhémence.

Obi-Wan haussa un sourcil et attendit. Anakin fit la moue et se rassit. 

— Comme je le disais, je manque d’entraînement et de connaissances pour t’apporter tout ce dont tu as besoin. Par conséquent, j’aimerais qu’on passe un accord. 

— Un accord ? 

— Oui, vois ça comme une première leçon si tu préfères. 

— Quel genre de leçon ? 

— La patience. 

— Comment ça ? 

— Donne-moi trois ans. Pendant trois ans, je te promets de tout faire pour devenir digne d’être ton maître. 

— Et moi ? Je fais quoi en attendant ? 

— Tu rejoindrais les autres initiés à la crèche. 

— Je suis pas un bébé !

Obi-Wan s’autorisa un rire devant la mine renfrognée de son Padawan.

— Non, clairement. La crèche du Temple, c’est l’école des Jedi, là où l’on apprend les bases de la Force, le maniement du sabre-laser et les leçons importantes pour tout Jedi. 

— Sans toi ? 

— Sans moi, acquiesça Obi-Wan, mais pas seul. Je viendrai te rendre visite et tu pourras me contacter. Tu vivrais avec les autres initiés et moi j’apprendrais ce qui me manque. 

— Et tu promets de ne pas m’oublier ? 

— Je ne pourrai jamais t’oublier, Anakin. Je peux te promettre que jamais je ne choisirai de te laisser, que je ferai tout pour que tu ne sois pas seul. Je ne peux malheureusement pas te promettre plus que ça. 

Anakin sembla réfléchir un moment. Avait-il fait le bon choix ?

— D’accord, dit-il en lui tendant la main. 

Obi-Wan lui sourit. 

— Marché conclu, promit Obi-Wan. 

Le reste du poids sur ses épaules avait soudainement disparu. Il se leva, prit la main d’Anakin et le ramena à l’intérieur. 

— D'abord, nous allons parler à maître Yoda.

— Urgh…

— Nous allons parler à maître Yoda, répéta-t-il avec insistance.

— Super, lança Anakin avec tout le sarcasme d’un enfant de neuf ans, ce qui n’était pas peu dire..

— Et ensuite, nous irons visiter la crèche. 

Anakin opina de la tête et déjà, il le sentait moins méfiant, plus ouvert. Obi-Wan avait bon espoir pour leur avenir à tous les deux. 

Fin

Notes:

May the 4th be with you :D