Work Text:
Ils s'assoiraient côté à côté et boiraient, boiraient, boiraient ; une bouteille ne leur suffisait jamais. Ils feraient de leur mieux pour oublier, pour s'échapper de leur esprit et de leur corps. Ils chercheraient le réconfort dans les bras de l'un l'autre, leurs corps pécheurs s'écrasant l'un contre l'autre comme des vagues — quoiqu'ils n'en aient jamais vu — parfois violentes, mais d'autres aussi douces qu'une caresse.
Mais le sable ne fournit aucun repos ; le désert est impitoyable. Le confort ne s’y trouve pas en dessous de la surface non plus, dans une tombe creusée par un hors-la-loi pour un autre. Et il n’y a pas de réconfort pour une âme meurtrie au corps abîmé et éternel, allongé sur un lit vide, sans personne qu’il n’a qu’à tendre la main pour toucher, pour se faire rappeler sa propre chair inhumaine.
Et alors, ils reposent, froids et solitaires, chacun seul à nouveau.
