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L'Affaire Crystal Palace - UA

Summary:

Et si Edwin n’était pas un fantôme mais un daemon ? Est-ce que la série changerait fondamentalement ? Et si le Cat King était lui aussi modifié pour être un chien un peu particulier au lieu d’un chat ? Dead Boy Détectives était un bon prétexte pour tester une idée que j’avais depuis un moment, donc bienvenue dans cet univers alternatif assez proche des évènements de la série.

Chapter 1: Londres, Angleterre

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

Londres, Angleterre :
Dans les rues calmes de Londres, les cloches de Big Ben résonnent dans la nuit, annonçant minuit, l’heure du crime. Alors que la majorité des londoniens dorment ou sont chez eux, des hurlements retentissent autour du British Museum, brisant la tranquillité des lieux. Deux adolescents en sont les responsables, l’air d’avoir plongés par l’une des fenêtres, dont le verre n’explose pourtant pas à leur passage. Le premier atterrit lourdement sur le pavé avec un simple grognement d’effort et une roulade pour amortir le choc. Il se redresse immédiatement et détale à toute vitesse, en levant la tête pour localiser son camarade. Le second, ailes noires de chauve-souris déployées dans le dos, glisse dans le vent et reste un peu au-dessus de son ami, couvrant sa fuite. Un hurlement retentit derrière eux, les informant que leur poursuivant est toujours sur leur piste. Le fantôme ne peut s’empêcher de se retourner pour tenter de le voir, et demande à celui qui est à peine quelques mètres au-dessus de sa tête :
« -Ok… Si ce gars hante le musée, pourquoi il nous poursuit jusque dans la rue ?
-Nous essayons de lui venir en aide. Selon ses cris, j’en déduis qu’il n’en veut pas, Charles.
-T’as trouvé ça tout seul ? »
Ignorant le sarcasme de son camarade, le daemon fait quelques cercles au-dessus de sa tête, cherchant à repérer l’auteur des hurlements, qui les poursuit toujours :
« -Le masque à gaz qu’il porte doit être maudit. Il nous suffit de le détruire, et il sera libre d’avancer vers l’Au-Delà.
-Génial, Ed. Et comment tu comptes t’y prendre, exactement ?
-Il va falloir le lui arracher. »
Arrivés à un croisement, les garçons s’arrêtent pour mettre leur plan à exécution. Charles s’agenouille pour fouiller dans son sac sans fond, couvert par Edwin en train d’atterrir dans son dos, et le fantôme ne tarde pas à en sortir un couteau en précisant bien :
« -Lame en fer. Ça va le brûler s’il tente quoi que ce soit. Moi je dis : on arrache le masque, on le détruit, il est libéré, affaire conclue. T’as de quoi faire du feu ?
-J’aurais besoin de Arcanes Mineures vol. 4 vu les circonstances… »
En entendant la demande, Charles plonge immédiatement le bras dans son sac pendant que Edwin précise :
« -C’est le petit livre violet. Il contient le sort de feu.
-Heu… »
Puisqu’il ne trouve rien qui corresponde à la description, Charles déglutit et avoue :
« -Juste un petit souci, mec… Je l’ai laissé au bureau… »
Incrédule, Edwin l’observe, tentant de savoir si son acolyte le fait marcher :
« -Charles, tu possèdes un sac sans fond…
-Je ne savais pas qu’on en aurait besoin ! »
Les hurlements de leur agresseur s’intensifient et se rapprochent, et l’homme atterrit près d’eux après un puissant saut. Il se redresse dès la fin de sa propre roulade et sort lui aussi un couteau de combat, déterminé à se débarrasser du duo. Edwin lève les yeux au ciel et bouscule Charles pour le faire bouger, en attendant d’avoir une meilleure idée.
« -Tirons-nous d’ici ! »
La course-poursuite continue dans les rues presque désertes de Londres. Au bout de quelques minutes effrénées, Edwin avise un miroir que deux travailleurs sont en train de déplacer soigneusement et décide d’en profiter :
« -Par-là !! Ici ! On a besoin de retourner au bureau !! »
Le daemon, étant le plus rapide grâce aux coups d’ailes qui l’aident à se propulser, atteint le miroir en premier et tente de se concentrer pour trouver leur bureau sans se perdre. Il saute du miroir et atterrit sur ses pieds, un peu surpris par l’environnement imprévu. Il est dans un couloir richement décoré, et une femme y fait le ménage, chantonnant doucement avec ses écouteurs sur les oreilles.
Le hurlement de Charles informe le corné de son arrivée, et le jeune homme s’écrase lourdement au sol, moins gracieusement qu’un quart d’heure plus tôt. Il grogne sous le choc et se redresse tout en observant lui aussi son lieu d’atterrissage, arrivant à la même conclusion que le daemon :
« -Ce n’est pas notre bureau, mec.
-C’est difficile de se concentrer sur les sauts de miroir tout en étant poursuivi !
-Espérons que ce fantôme de la Première Guerre Mondiale aie autant de problème d’orientation… »
Essoufflés, ils tendent l’oreille quelques instants, espérant avoir semé leur poursuivant fantomatique. Leur répit est de courte durée : rapidement, un rugissement se fait entendre, venant du miroir qu’ils viennent de traverser. Edwin et Charles échangent un regard et déguerpissent dans le couloir de l’hôtel, sans demander leur reste. Dans leur dos, à l’endroit précis où se tenait Charles à peine deux secondes plus tôt, le soldat de la Première Guerre Mondiale atterrit sur ses pieds et observe autour de lui, cherchant ses proies. Le cri de surprise de la femme de ménage, qui vient de voir son chariot bouger violemment tout seul, le met sur la piste et il s’élance instinctivement dans cette direction. A peine quelques dizaines de mètres plus loin, les garçons accélèrent et Edwin halète, tentant de se défendre :
« -Pour être honnête, la cliente aurait pu être un peu plus spécifique… »

** Flash Back **
Un peu plus tôt dans la journée, une infirmière du début du 20ième siècle veut les engager pour cette même affaire, et est assise face à Edwin, présentant son problème. Charles, comme à son habitude, prépare la fiche de l’enquête pendant que son équipier parle avec la cliente pour tenter d’avoir le plus d’informations utiles possible :
« -La nouvelle exposition du musée est sur la Grande Guerre, et elle attire des esprits toujours tourmentés, qui ne peuvent pas se libérer.
-Ceux qui ne peuvent pas oublier…
-Exactement. J’essaye de les aider, c’est mon travail non terminé. »
Charles sourit et hoche la tête, comprenant parfaitement le point de vue de la « jeune » femme :
« -Je suis dans le même cas. Un fantôme qui aide les autres à accepter leur mort, hein…
-C’est exact. Je suis venue vous voir parce que l’un des fantômes est… devenu fou… J’aimerais vous engager pour améliorer sa situation. Je peux gérer les autres, mais celui-là… »
L’infirmière soupire et secoue la tête, désolée de ne pas pouvoir aider ce fantôme par ses propres moyens :
« -J’ai entendu dire que vous êtes les meilleurs… »
Ravis du compliment, les deux amis échangent un regard empli de fierté.
** Fin du flash-back **

Face à la flatterie de l’infirmière, aucun des deux garçons n’a pu refuser de résoudre son problème, et c’est à cause de ça qu’ils entrent désormais dans une chambre d’hôtel au hasard, heureusement vide. Estimant avoir le temps de se concentrer avant que leur poursuivant ne les rejoignent, Edwin ferme les yeux, abandonnant l’idée de retourner au bureau. Son calcul n’est pas parfait, le fantôme surgit plus tôt que prévu, donnant immédiatement un coup de couteau en direction des deux jeunes. Charles, le plus proche, se baisse de justesse pour l’éviter, tombant dans le piège de son adversaire, qui l’attrape par la gorge et serre. Le fantôme n’a pas besoin de respirer et n’est donc pas gêné dans ses mouvements, ce que constate rapidement son adversaire, qui change de tactique. Attrapant l’adolescent, il le renverse sur le lit et lève son bras armé pour en finir avec lui d’un coup décisif. Charles ne se laisse pas faire, se débattant comme un beau diable, sans grand succès. La voix agacée de Edwin retentit au-dessus des grognements d’effort des deux combattants :
« -Charles, le masque…
-Désolé, mon gars… Ce masque a une emprise sur toi… Donc j’ai besoin de l’attraper ! »
Tout en maintenant le couteau loin de lui d’une main, l’adolescent a retrouvé son propre couteau, lâché en tombant sur le lit, et il le glisse entre le visage du soldat et son masque. L’objet se détache de son porteur sans grande difficulté grâce au fer contenu dans la lame. Charles s’en empare vivement et le lance à Edwin, qui l’attrape et se met immédiatement à psalmodier en latin :
"- Flammam voca, spiritum expelle, incende obiectum coram nobis*. »
Toujours dans la prise du soldat, Charles grimace en voyant le visage brûlé et abimé de son adversaire. L’homme ouvre la bouche en hurlant, du sang coule et arrose le brun toujours sur le lit. Dégouté, Charles grogne :
« -Ed !! »
L’incantation du daemon arrive à son terme, embrasant le masque sans toucher la main qui le tient, et détruisant la malédiction. Les hurlements du soldat se transforment peu à peu en gémissements, et son visage reprend un aspect plus normal, sa peau à vif redevenant intacte maintenant qu’il n’est plus victime du masque.

Désorienté et perdu, le soldat de la Première Guerre Mondiale relâche sa prise autour de la gorge de Charles et observe autour de lui. Tout en se redressant, Charles tente de le rassurer comme il peut :
« -Oh, heu… Tout va bien, mon gars… Tu as gagné la guerre. Les gosses l’apprennent dans des livres à l’école, ok ? Tu t’es bien débrouillé, promis. »
Edwin s’assure que le masque ait bien fini de brûler avant d’attraper son ami par le bras.
« -Rentrons, avant que la Mort ne t’attrape. »
Charles hoche la tête et se laisse entrainer vers le miroir. N’étant plus dans l’urgence, Edwin n’a aucun mal à naviguer dans les miroirs et trouve leur bureau largement à temps. Une fois au calme, le blond conclue l’affaire :
« -C’était du bon travail.
-Je suis plutôt fier de moi sur ce coup-là… Sauf quand il m’a étranglé… »
Le duo est parti depuis une bonne minute lorsque la Mort arrive enfin dans un grand flash bleu apaisant pour emporter le soldat de la Première Guerre Mondiale. En souriant, elle se rapproche du soldat toujours prostré au sol :
« -Bonsoir, Wilfried. »
Le soldat renifle, embarrassé :
« -Heu… Désolé, est-ce que je vous connais ?
-On s’est déjà rencontré, oui.
-Oh… Ça va me revenir… »
Loin de s’offusquer du trou de mémoire de l’âme devant elle, Mort sourit et lui explique :
« -Tu te bats dans une vieille guerre depuis trop longtemps, Wilfried. Tu es mort depuis plus de 100 ans. Je suis venu à ce moment, mais… Tu étais très confus… Rempli de rage et de haine… Tu sembles aller beaucoup mieux, maintenant. »
L’homme hoche la tête, embarrassé, mais la Mort le regarde avec compassion :
« -Tu es prêt ?
-Où est-ce… Où est-ce qu’on va ? Quand j’étais en Inde, ils parlaient de réincarnation… Il y a un poème que j’ai… j’ai lu, de Kipling, je crois… « Ils vont revenir, encore et encore, aussi longtemps que la Terre rouge tourne… »
La Mort hoche la tête et complète la citation :
« - « Il ne gâche ni une feuille, ni un arbre. Tu penses qu’Il gaspillerait une âme ? »
-Oui, c’est ça ! Exactement… C’est ce qui va m’arriver ?
-C’est maintenant que tu le découvres. »
La Mort aide Wilfried à se redresser et écarte les bras, l’invitant dans un câlin. Une lueur bleue s’échappe de nouveau d’elle alors qu’elle absorbe l’âme, et la Mort disparait, sa tâche accomplie.

A l’abri chez eux, Edwin s’étire de tout son long et Charles lâche son sac sans fond au sol en soupirant :
« -Tu as déjà pensé à ce qui se passerait, si la Mort me rattrapait ? Elle me forcera à avancer et à nous séparer…
-Détends-toi, Charles. Je ne la laisserai évidemment pas faire. »
Un peu rassuré par la confiance qu’exulte son ami daemon, Charles hoche la tête et lui sourit, reconnaissant de son soutien. La sonnette de leur bureau retentissant leur fait prendre une façade plus professionnelle, et ils accueillent leur nouvelle cliente, prêts à enchainer sur une autre affaire.

Notes:

* Flammam voca, spiritum expelle, incende obiectum coram nobis : « Appelle la flamme, bannis l’esprit, incendie l’objet en notre présence » en latin