Chapter Text
Quand Regina comprit ce qui venait de se passer, il était déjà trop tard.
Elle ne pouvait plus revenir en arrière, arranger les choses et elle ne put, impuissante, que contempler toute l’étendue de son échec.
Sa mère avait gagné et elle, elle avait perdu.
Comment ?
Comment avait-elle donc pu se faire avoir de cette manière, comment sa mère était-elle parvenue à comprendre ce qu’elle lui cachait, ce qu’elle dissimulait à ses yeux depuis qu’elles s’étaient retrouvées, comment avait-elle pu la démasquer ?
Elle aurait dû le savoir, depuis le début sans doute.
Si la reine de cœur était bien douée dans un domaine, c’était celui de la manipulation, et elle n’était pas du genre à se faire avoir si facilement.
Et elle avait retrouvé le parchemin, surtout, celui qui lui permettrait de lancer le sortilège du cœur vide.
Celui que Regina prétendait chercher sans relâche alors qu’en réalité elle avait toujours tout fait depuis le début pour le retrouver et le cacher à la rousse, faire en sorte que jamais elle ne mette la main dessus.
Malgré ça elle y était parvenue et tout ce qu’elle avait pu faire n’y avait rien changé, et la brune dût admettre la douloureuse et amère vérité.
Quoi qu’il arrive, elle ne pourrait jamais surpasser sa mère.
Elle avait le parchemin du sortilège, elle avait les ingrédients, et pire que tout elle avait un cœur dans sa main.
Le cœur de Blanche-Neige, et ce n’était qu’une question de temps avant que l’archère ne se trouve dans la même pièce qu’elles.
La méchante reine n’aurait pas dû s’en étonner, si sa mère avait encore la capacité de haïr quelqu’un malgré son absence de cœur, quelqu’un de vivant et qu’elle pouvait tuer, cela ne pouvait être que la princesse et personne d’autre, et avant, elle aurait été satisfaite.
Avant, ça aurait été ce qu’elle voulait le plus au monde.
Pourtant, alors qu’elle voyait ce cœur rouge sang palpiter dans la main de la fille du meunier, elle réalisa que ça lui donnait surtout envie de vomir.
Elle avait voulu ça, avant, la vengeance, la mort de Blanche-Neige et savoir que sa mère la haïssait tout comme elle, même si elle ne la détestait que parce qu'elle était la fille d'Eva, aurait dû la réconforter.
Ce n'était pas le cas.
Surtout pas en sachant ce qui allait arriver à Henry.
« Mère, commença-t-elle, et Cora lui envoya un regard glacial, hautain et dédaigneux.
- Tais-toi, lui intima-t-elle aussitôt. Tu pensais vraiment que je n'allais pas m'en rendre compte ? Que je ne verrais rien ? Me prends-tu pour une idiote ?
- Je ne vois pas du tout ce que vous voulez… Protesta-t-elle vainement.
Cora ne la laissa pas terminer.
- Bien sûr que si. Ne joue pas les innocentes, ça ne te sied guère.
- À qui la faute ? Lui rétorqua sa fille avec rancœur. Qu'est-ce que vous avez l'intention de faire ?
Cora se mit à sourire.
- Ce que j'aurais dû faire depuis le début, dès mon arrivée à Storybrooke, dès l'instant où j'ai compris que tu me mentais. Et il est hors de question que tu te mettes en travers de mon chemin. »
D'un geste de la main, elle utilisa sa magie pour la projeter à l'autre bout de la pièce, et alors que sa tête cognait contre le mur, Regina perdit connaissance.
En se réveillant, la première chose qu'elle vit fut le corps sans vie de son ancienne ennemie ainsi que le sourire exagérément grand de son fils.
Il n'aurait pas dû sourire, pas alors que sa grand-mère était là, morte, à deux pas de lui, et son regard n'aurait pas dû être aussi vide non plus.
Ce n'était pas normal.
Et Regina avait le sentiment que plus rien ne le serait jamais.
Le cœur avait disparu de la main de Cora, il n'en restait plus que des cendres et le parchemin du sortilège ainsi que les autres ingrédients n’étaient plus là non plus, et pendant quelques secondes son esprit refusa de comprendre.
Pourtant, elle ne put plus repousser bien longtemps l'inévitable.
Cora avait arraché le cœur de Blanche-Neige puis l'avait écrasé.
L'histoire se répétait, de la pire des manières, c’était comme regarder dans un miroir déformé.
Parce qu'elle avait aimé Daniel et avait haï Blanche et oh n'était-ce pas si ironique qu'elle obtienne finalement sa vengeance au moment même où elle ne la voulait plus ?
« Non, murmura-t-elle en courant en direction de son ancienne belle-fille, non, non, non, non.
Mais cette fois-ci il était réellement trop tard et aucun baiser ne pourrait réussir à la ramener à la vie.
Elle était morte et Henry…
Oh, Henry…
Son regard se posa sur sa mère.
- Comment avez-vous pu ? Hurla-t-elle, furieuse.
- Mais enfin Regina, s'exclama sa mère avec un air faussement innocent, n'est-ce pas ce que tu voulais ?
Non, songea-t-elle désespérée, ce n'est plus ce que je veux.
- Vous n'aviez pas le droit ! Vous…
- Et toi tu m'as menti. Je te félicite d'ailleurs, j'ai failli y croire. Tu étais très convaincante. Pas assez malheureusement. J'ai donc dû prendre des mesures.
Elle se rapprocha d'Henry, Henry qui aurait dû la haïr, avoir peur d'elle, fuir à toutes jambes.
Pourtant, rien.
Il lui souriait, même.
- Grand-mère ! S'écria-t-il avec de la joie et même de…
De l'amour dans la voix.
- Henry ? Es-tu heureux ? L'interrogea Cora avec délectation, et Regina sentit son estomac se nouer.
Quelque chose n’allait définitivement pas.
- Bien sûr grand-mère ! »
Sa voix était enthousiaste et tout ce qu'il disait semblait faux, sa voix ressemblait à celle d'un robot.
Oh…
Oh.
Quand elle réalisa pleinement la vérité, la jeune femme sentit son estomac se retourner.
Cora avait bel et bien lancé le sortilège du cœur vide sur Henry, comme elle l'avait prévu.
Sauf que ce n'était pas Regina qui était devenu l'objet de son affection inconditionnelle.
Mais la reine de cœur.
Au bout du compte, elle perdait sur toute la ligne, même si elle avait voulu ça, ce qui n’était pas le cas, elle n'aurait pas réussi à l'avoir parce que sa mère était une menteuse elle aussi.
Quant à Henry…
Henry était cassé.
Henry était brisé, détruit, en miettes, sans même en avoir conscience, son cœur était vide, à jamais, empli d'un amour faux, mensonger, plus jamais il ne serait lui-même.
Et c'était entièrement de sa faute, parce qu'elle n'avait pas été assez forte pour réussir à le protéger.
Henry serait du côté de Cora désormais, pour toujours et ils venaient de perdre pour de bon, même s'ils parvenaient à la vaincre, parce qu'ils avaient perdu le plus important.
Ils avaient perdu Henry.
Et Cora pourrait se servir de lui pour avoir ce qu'elle voulait, la dague du Ténébreux, tuer le sorcier, prendre sa place et ensuite tout réduire à néant.
Et Regina, le cœur en morceaux, avait le terrible sentiment que rien ni personne en ce monde ne serait capable de la stopper.
