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Perdue en mère

Summary:

Shimy vient de naître - Shamira lui écrit une lettre et ouvre, peut-être un peu, son coeur d'ordinaire si bien gardé.

 

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J'avais prévu plusieurs chapitres/lettres mais pour l'instant c'est tout ce qu'il y a... On verra si jamais l'inspiration me frappe à nouveau

Notes:

on my way to add plus de contenu sur Shamira pour des raisons inconnues de tous, parce que c'est même pas un de mes personnages préférés but it is what it is

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Shimy, ma fille,

Voilà trois semaines que tu as été baignée dans les rayons du soleil d’Astria, ta terre natale qui t’a accueillie.
Tu vas bien, mais ce fut difficile pour moi. Ta venue fut longue et éprouvante, et une fois née et qu’on t’ait brièvement déposée sur moi afin que je te voie, il a fallu t’écarter pour s’occuper rapidement de moi. J’ai vu sur des champs de bataille des scènes d’opération moins sanglantes que la salle où tu es née.
Tu passes beaucoup de temps avec ton père : en dehors de tes repas, qui sont nos seuls moments ensemble, je dois encore finir de reprendre mes forces et me rétablir entièrement.
Mais je ne m’inquiète pas pour toi, Albion fait un père fantastique. Il passe chaque moment du jour avec toi, à te voir ouvrir les yeux et découvrir le monde. Je sais qu’il passe aussi beaucoup de moment de la nuit à te veiller, à s’assurer que tu ailles bien, à t’entourer, et je sais que ce sera toujours le cas.

Je ne sais pas si tu réaliseras un jour à quel point il est terrifiant d’avoir un enfant. Soudain arrive un petit être dans nos vies, bien que crois-moi, ma vie était déjà bousculée durant ces derniers mois… Mais le voila qui bouge, qui s’exprime, qui est devenu sa propre personne. Difficile de savoir quoi faire, comment faire, correctement faire.
Nous sommes lancés vers l’inconnu, et nous allons devoir le découvrir ensemble, avec l’équipage bien étrangement assorti que nous sommes - qu’est notre famille. Mais j’espère pouvoir le découvrir suffisamment tôt pour apprendre à te connaître, car déjà se rapproche le moment où je vais devoir repartir et quitter Albion à nouveau - vous quitter tous les deux, reprendre la mer, reprendre le commandement.
Je te l’ai dit, j’ai peur de ne pas savoir faire, et je ne sais pas si j’ai les qualités pour élever un enfant. Je ne suis pas une femme de sourires et de tranquillité ; je vis d’action, et mes journées sont dures. Nous sommes actuellement dans notre petite bulle de joie avec ta venue, ici dans notre archipel natal, loin du vacarme des armes.

Mais je ne peux pas ignorer le grondement de la guerre, à l’horizon ; je l’entends dans chaque songe la nuit, et je sais que d’ici quelques mois, je le sentirai à nouveau vibrer dans mes os et ébranler mon esprit. Je ne peux pas nier que, depuis que je sais que tu existes, j’ai craint de faire une erreur envers toi.
Ce n’est pas que je crains regretter t’avoir eue, j’ai le sentiment que c’est impossible ; mais je ne veux pas que tu aies à regretter de m’avoir eue moi. De m’avoir choisie moi, celle que je suis, avec les responsabilités que je portais déjà, et avec cette nouvelle responsabilité que je redoute. Et ces obligations contraires semblent désormais se promettre -et me promettre- de s’atteler à me déchirer de manière permanente.


Donc je m’inquiète du futur, celui que je vais te laisser, celui que je vais te construire, mais celui dans lequel je crains ne pas pouvoir exister à tes côtés. Dans quel monde est-ce que tu grandira ? Dans quelle sombre époque es-tu venue au monde ? Quelles seront les épreuves qui t’attendent, et est-ce que j’aurais réussi à chasser les obstacles de ton futur ? Est-ce que j’aurais réussi à chasser mes obstacles pour ton futur ?

 

Je sais que je suis peu enthousiaste. Je ne sais pas ce qu'il va se passer désormais, j'ai bien conscience des risques de mon métier. Peut-être que tu te retrouveras orpheline, seule avec ton père, d'ici quelques années car je serais tombée sur le champ de bataille, ou j'aurais succombé à une blessure à des milliers de kilomètres de mon île natale, et je m'effacerai de ta mémoire pour ne devenir qu'une silhouette anonyme.
Ecoute-moi parler ! Ton père se mettrait en colère, de la colère véritable de ses rares accents d'humeur, s'il savait que c'était à cela que je pensais de notre avenir. Mais je connais la réalité du terrain, le conflit ne s'apaise pas ; il ne s'apaise plus depuis de nombreuses années et Darkhell a beau l'âge d'être aux portes de la mort, le temps ne semble pas avoir d'emprise sur lui.
Cela fait presque dix ans qu'il ne mène plus en personne ses offensives ; les premiers mois, nous avions pensé à un aggravation de son état, mais nous avons vite dû conclure que non. Il semblerait surtout qu'il ait maintenant une raison de ne plus se risquer aux premières lignes, ce qui n'est pas rassurant, quoi que cela soit.


Mais je m'égare à nouveau dans ma morosité de militaire. Je suis dépassée, je pense, bien que je ne l'admettrais pas à qui que ce soit, ni même à toi. Ne suis-je pas la capitaine Shamira, le pilier, la force de décision, la voix de l'autorité ?
Je ne sais pas pourquoi je t'écris tout cela. Peut-être que tu trouveras cette lettre un jour, et que tu la lira, et peut-être tu me comprendras alors un peu mieux. Je sais que je ne suis pas facile à vivre. Je souhaite l'être plus avec toi, et que tu me permettes de devenir meilleure.
J'espère beaucoup, ces derniers temps ; je n'en ai pas l'habitude. Mais j'ai besoin de trouver un peu de force quelque part dans ces jours bien sombres.

 

Albion est optimiste, il l’a toujours été. J’espère qu’il le restera, que l’avenir lui donnera raison, et que tu grandiras dans une nation qui ignore la guerre avec tes parents pour t'accompagner. Maintenant que tu es là, ça ne me laisse plus beaucoup de temps pour vaincre Darkhell et lui arracher cette vie de famille qu'il tient hors de ma portée. Mais, maintenant que tu es bien là, j’ai cette chaleur dans mon coeur qui me ferait déplacer des montagnes pour l’affronter à mains nues s’il le fallait.
Peut-être que je comprends enfin ce que disaient les autres ; peut-être que j’ai finalement en moi ce qu’il faut pour être une mère.

Puisse le temps me donner cette réponse ; je ne peux pas lui demander de me donner raison.

Notes:

si vous avez trouvé ça un peu pertinent je veux bien le savoir svp parce que j'ai l'impression de nager dans l'OOC le plus total