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Craquer sous la pression

Summary:

"Anakin suivit les grésillements dans la Force jusqu’à la salle des machines. Leur volume allait crescendo à mesure que ses pas le guidaient. Ils en devenaient presque insupportables, il passa derrière l’hyperdrive et d’un claquement dans ses oreilles, les crépitements disparurent.

Le silence soudain fut assourdissant mais ce qu’il trouva caché là le déstabilisa encore plus."

Il suffit parfois de peu de choses pour vous faire revenir à la réalité.

Notes:

Canon Divergence L'Attaque des Clones. Le duel contre Dooku se passe différemment, Yoda intervient et gagne face à Dooku avant qu'Obi-Wan ne soit blessé. Anakin se prends quand même les éclairs et le mur parce qu'il le mérite XD

Merci à Shakeskp pour la béta.

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

La lumière blanche des couloirs du vaisseau l’aveugla dès qu’Anakin sortit de l’infirmerie. Le maître Jedi de garde l’avait soigné au mieux de son choc avec les éclairs de Force. Il n’avait plus mal mais il faudrait qu’il continue les méditations de soin pendant quelques jours par précaution. L’attaque l’avait assommé mais n’avait étrangement pas fait beaucoup de dégâts.

Padmé, elle, avait déjà rejoint le transport de la République, bien entourée d’une armée de clones et d’un personnel médical de premier ordre. Elle était entre de bonnes mains, même si elle était déjà loin.

S’il avait fui l’aile médicale, ce n’était pas juste parce qu’il ne voulait pas s’y attarder plus longtemps que nécessaire. Quelque chose avait aussi attiré son attention.

Anakin suivit les grésillements dans la Force jusqu’à la salle des machines. Leur volume allait crescendo à mesure que ses pas le guidaient. Ils en devenaient presque insupportables, il passa derrière l’hyperdrive et d’un claquement dans ses oreilles, les crépitements disparurent.

Le silence soudain fut assourdissant mais ce qu’il trouva caché là le déstabilisa encore plus.

Obi-Wan était assis sur une caisse, la tête baissée, le dos vouté, les bras ballants entre ses genoux. Une telle tristesse se dégageait de lui qu’Anakin en eut presque les jambes coupées. Jamais, pas même dans ses plus lointains souvenirs d’enfant, n’avait-il vu son maître dans un état pareil.

Il avança d’un pas et plissa les yeux. Les trop longues mèches rousses obscurcissaient complètement son visage, mais sa signature, elle, était tout à fait perceptible. La Force ondulait autour de son maître comme si elle cherchait à le réconforter. Pourquoi? Maître Yoda avait neutralisé Dooku avant même que le Sith ait brandi son sabre. Geonosis était sous contrôle, la République enfin prête à écouter et faire face à la menace. Pourquoi le fraîchement nommé Maître Kenobi, plus grand Jedi de sa génération aurait-il besoin de réconfort?

Son maître bougea enfin et se passa les mains sur les yeux, ramenant ensuite ses cheveux en arrière pour fixer le plafond, le visage dégagé. Le cœur d’Anakin se serra dans sa poitrine. Qu’est-ce qu’il se passait ? Obi-Wan tourna légèrement la tête vers lui, les yeux rougis. Était-il en train de pleurer, avant qu’Anakin n’arrive ?

Pour la première fois de sa vie, il voyait l’homme derrière le Jedi, las, triste et faillible comme il avait toujours voulu le voir. Pourtant à cet instant, cette détresse lui était intolérable. Anakin se précipita vers lui, se laissant tomber à genoux à ses pieds.

— Maître, qu’est-ce qui ne va pas ? s’enquit-il.

Obi-Wan baissa la tête vers lui, sans vraiment le voir, perdu dans ses pensées.

— Jamais d’histoire récente, autant de Jedi n’avaient quitté le temple pour aller se battre. Nous avons perdu tant d’amis aujourd’hui…

Il marqua une pause et son regard s’éclaircit un peu.

— Bien que Dooku et ses complices en soient responsables, j’ai également été l’instrument de leur disparition.
— Non, maître, ce n’est pas votre faute, s’empressa de déclarer Anakin.
— Oh, Padawan…

D’un sourire triste, Obi-Wan posa son front contre le sien, faisant bondir le cœur d’Anakin dans sa poitrine de bonheur et d’incertitude. Petit à petit, Anakin sentit la Force les envelopper et progressivement, la peine, les doutes, la culpabilité d’Obi-Wan s’estompèrent, comme s’il avait enfin trouvé le courage de faire cette offrande grâce à la présence de son padawan. Anakin déglutit, incrédule.

— J’avais… un peu de mal à me recentrer. Pardonne-moi, Anakin.

Qu’y avait-il à pardonner ? Il se redressa sur les genoux et prit son maître dans ses bras.

À cet instant, un voile se leva. Il avait l’impression de sortir la tête de l’eau sans savoir qu’il se noyait. Cette obsession focalisée sur Padmé, les cauchemars qui l’avaient submergé ces derniers mois, la rage qui l’avait envahi sur Tatooine, toutes ces émotions qui l’agressaient et le laissaient meurtri, à vif.

Cette barrière qui l’avait isolé des autres n’était plus et sa perception s’étendit jusqu’aux confins de la galaxie. La Force vivante, immense lui parut étrangement douce et mélancolique d’avoir retrouvé une partie de ses enfants, cherchant à toucher les survivants. Il y avait Padmé aussi, magnifique et étrangement lointaine, comme si l’incandescence de ses sentiments et de son désir s’était estompé.

Il revoyait les sourires et les piques d’Obi-Wan, mais de moqueuses, elles se firent tendres. L’expression qu’il avait cru désapprobatrice se changea en inquiétude. Leur lien rayonnait à nouveau, alors qu’il lui avait semblé si faible, étouffé par autre chose, quelque chose de sombre, lourd et poisseux qui cherchait à reprendre l’ascendant sur lui.

Il n’y a pas de chaos, il y a l’harmonie.

La couleur du sang, la rugosité du sable entre ses doigts.

Il n’y a pas d’émotions, il y a la paix.

L’odeur sucré du savon, la chaleur de sa peau contre la sienne.

Obi-Wan.

Il resserra sa prise sur son maître et déposa un baiser sur la chevelure rousse, pour se raccrocher au tangible.

— Anakin ? appela-t-il d’une voix rauque à son oreille.

Son maître s’écarta, alarmé. Comment Anakin avait-il pu rater tout ça ? Comment avait-il pu oublier ?

D’un geste presque désespéré, Anakin l’embrassa, maladroit et impatient.

Obi-Wan!

Ce dernier le laissa faire et l’espace d’une seconde, Anakin crut qu’il était sauvé, enfin complet. Mais d’une main sur la joue, Obi-Wan reprit de la distance et Anakin avait envie de hurler. Que lui arrivait-il ?

— Anakin, qu’est-ce qu’il y a?

Perdu, il enfouit la tête dans le cou de son maître.

— Maître, j’ai peur.

Les bras se refermèrent autour de lui, un chuchotement contre sa tempe.

— Ça va aller, Anakin. Je suis là.

Notes:

L'idée m'est venue un peu par hasard et ne m'a pas lâchée. L'Attaque des Clones est un énorme bordel à plusieurs niveaux et notamment cette espèce de trip à l'acide sous lequel sont Anakin(je veux bien que ce soit un ado colérique et plein d'hormones mais là c'est pas possible qu'il pète deux milles cables secondes sans influence) et Padmé (le cringe d'ado Anakin qui essayait de la séduire en mode malsain tout le film ne devrait pas la faire céder, ni aller aussi loin. Anakin est joli donc pourquoi pas le sexe tramatique mais de là à aller à l'amour éternel mariage en quinze secondes, non je suis désolée. Padmé est trop intelligente pour ce genre de conneries. C'est une femme politicienne de 25 ans pas une ado écervelée. BREF!)

Il fallait que ça sorte même si je ne sais pas trop où aller après ça. Shakes m'a dit que ça marchait bien tout seul donc j'ai entiérement confiance en son jugement.