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Work Text:

KATSUKI.

END OF THE LINE.

 


 

Là, avachi dans le divan qui trône au milieu de leur salon devant une émission des plus stupides en fond sonore, qui ne sert qu’à lui faire passer le temps, Katsuki Bakugo soupire lourdement. Il est dix-huit heures passées, un vendredi soir et il s’emmerde profondément. Il est si dégoûté d’avoir terminé sa journée paperasse de bonne heure … D’habitude, ce genre de boulot lui prend beaucoup plus de temps et d’énergie, ainsi il n’a pas le temps de se faire chier et de penser au fait, par exemple, que Deku lui manque, qu’il voudrait que Deku rentre vite , bordel. 

Maintenant, il espère juste être dérangé par personne et encore moins par Eijiro. Cet enfoiré serait capable de débarquer en grande pompe pour le faire sortir de force en prétextant une envie soudaine, utilisant la carte des yeux doux et l’excuse “Bro, Izuku est encore au travail et pour un moment …”, puisque son copain est en binôme avec Pikachu pour cette patrouille. Mais le cendré s’en moque complètement, aller faire la tournée des bars dans le but de faire passer le temps plus vite et, avec la chance qu’il a, croisé la tête d’autres héros qui sortent aussi de Yueï, pire encore, qui viennent tout droit de son ancienne classe ne l’intéresse pas. Vraiment pas.

Katsuki va, gentiment, attendre son petit copain, lui préparer à manger et passer la fin de soirée ainsi que toute sa nuit à l’emprisonner dans son étreinte et profiter de ses sourires éblouissants. Et il n’en a rien à foutre que quelqu’un vienne lui claquer qu’il s’est adouci, qu’il est devenu niais, qu’il est un foutu amoureux. C’est Deku

La sonnerie de son portable s’élève dans un coin du salon, lui indiquant à la fois l’entrée d’un appel mais aussi la position de l’objet, enfoui quelque part dans le canapé entre la masse de coussins et de plaids. Il avait pourtant bien dit à Izuku de ne pas en acheter autant lors de leur sortie au centre-commercial, ou récemment, de faire un putain de tri. Mais le nerd ne l’écoute jamais , a juste rigolé, moqueur et loin d’être convaincu par ce que l’explosif pouvait bien lui dire … Et Katsuki l’a juste embrassé, finalement pas tant dérangé que cela par les coussins. 

Quoiqu’il en soit, après avoir perdu plusieurs secondes à fouiller le divan, il arrive enfin à mettre la main sur ce stupide téléphone, tant convoité. Lorsqu’il voit le surnom de son copain s’y affichant et non pas celui de la tête de caillou, Katsuki affiche un sourire minuscule mais si brillant, transpirant de bonheur, dégoulinant d’amour. 

— Oï, Deku. 

Katsuki tente de cacher misérablement sa joie, même s’il sait pertinemment que c’est peine perdue. Le petit bout d’homme à l’autre bout du fil le connaît comme sa poche. Il est certain que le vert sait qu’il esquisse un sourire en coin en ce moment même, sait qu’il larve dans le canapé avec désespoir, sait qu’il ronge son frein en attendant son retour. 

Katchan.

Sa main, qui tient le petit appareil électronique, tremble automatiquement, un réflexe qui ne lui arrive que très rarement. Quelque chose se met à lui grignoter l’estomac d’une façon si désagréable et son sourire se fane tout aussi vite qu’il est venu lui manger le visage. Deku a un problème, il le sait, il le sent … Au son de sa voix, Katsuki comprend rapidement que le vert tente de lui dissimuler ce qu’il ressent. C’est imperceptible, mais l’explosif le connaît aussi bien que lui ne le connaît. Le vert l’a, semble-t-il, oublié. 

— Qu’est-ce qu’il se passe, Izuku ? 

Bordel. Il n’emploie que très rarement son prénom, tout simplement parce que c’est ce qu’ils ont silencieusement convenu depuis quelques années. Et puis Midoriya a toujours préféré son surnom à son prénom, parce qu’il montre son lien si spécial avec le cendré, qui malgré tous les obstacles, toutes les difficultés rencontrées, n’a pas cessé de lui offrir une place spécifique dans sa vie. “Izuku”, est pour les situations sérieuses, les disputes plus fortes que les autres, les moments d’amour plus intenses et ravageurs que d’autres. 

Rien, rien, Katchan.

En dépit des apparences, malgré les mensonges et même de loin, Izuku et lui ne se sont jamais lâchés, ont toujours veillé l’un sur l’autre. Mensonge sur mensonge, coups sur coups … Ils ont tenté de protéger l’autre à l’autre façon. Et pourtant … Pourtant, Katsuki pensait cette période révolue, ce stade dépassé, que désormais leur façon de se protéger est celle de l’honnêteté l’un envers l’autre, de la communication.

— Deku, tu me prends pour un putain d’idiot ! vocifére le blond, la colère teintant sa voix. 

Il lui ment. Izuku le prend pour un putain de con, pour un putain d’idiot, pour un putain d’abruti, pour le premier des crétins. Il remet le couvert, comme avant. 

Qu’est-ce que tu faisais ? 

Katsuki a l’horrible impression que le plus jeune peine à respirer, comme si quelque chose l’en empêchait, lui entravait la gorge, lui compressait sa cage thoracique. Dans quoi ce stupide nerd pouvait-il bien s’être fourré ? Est-ce qu’il est en danger ? Où est Pikachu ? Et pourquoi est-ce que ce con s’intéresse à ce qu’il a bien pu faire alors qu’il semble être au cœur d’un problème ? Qu’est-ce qu’il peut bien en avoir à foutre qu’il soit dans le canapé à faire semblant de suivre une émission débile, tout en maudissant le nombre de plaids et de coussins qui l’entourent, en priant silencieusement pour qu’il se dépêche de rentrer et espérant que Kirishima ne l’appelle pas, quand il semble en difficulté ? 

Mais il décide qu’il doit jouer le jeu, uniquement pour grappiller des informations et surtout pour gagner quelques minutes, une poignée de précieuses secondes. 

— Je suis dans le canapé, il commence, devant une stupide émission qui passe le temps. 

Le temps ? 

— Ouais. C’est trop long sans toi, donc j’passe le temps. J’attendais justement que tu m’appelles pour commencer à préparer la bouffe. Sûrement du katsudon, pour fêter le week-end.

Le rire de Izuku lui parvient à se frayer un chemin jusqu’à ses oreilles, agréable comme tout. 

Mignon, il entend entre deux gloussements. 

Katsuki grogne en guise de réponse, ce n’est pas le moment de rougir. Il espère que rien dans sa voix ne trahit son inquiétude, que l’agitation qui l’habite ne parvient pas jusqu’aux oreilles de son nerd, que son souffle court d’avoir enfilé ses chaussures à la hâte, attrapé un sweat pour couvrir son torse-nu et le fait d’être maintenant dans la rue à courir comme un malade en direction du secteur de patrouille ne divulgue rien de son état de panique. 

Comment a été ta journée, Katchan ?

— Journée paperasse, il répond le plus lentement possible. Alors t’imagines bien le bordel dans le bureau et mon état, et putain, j’ai quand même trouvé le moyen de terminer tôt, tu t’rends compte ? le cendré lâche le morceau d’une traite, tente de cacher qu’il peine à reprendre son souffle pendant sa course.

Katsuki éloigne le portable de son oreille d’un mouvement brusque et s’empresse d’activer le haut-parleur, désireux de ne pas louper une seule seconde de communication. Il trouve même le moyen d’envoyer un message à Eijiro et Denki, un truc taper en vitesse qui hurle au désespoir. “SOS, URGENT, DEKU, DANGER.”. Son corps passe en pilote automatique, il lui faut secourir Izuku. 

Je suis vraiment impressionnée que tu aies pu finir rapidement ta paperasse, siffle Deku, moqueur. 

— J’sais que tu te moques, stupide nerd ! 

Dynamight grogne, irrité que le vert puisse continuer de lui mentir si sereinement, en colère après lui de faire comme si de rien n’était. 

Pas mon genre, Katchan.

Izuku tousse douloureusement, et alors qu’il essaie encore et encore de localiser la position du vert grâce au partage de leur GPS, Katsuki percute quelqu’un. Il ne se retourne pas, lance à la va-vite des excuses que son copain ne peut même pas entendre parce qu’il est encore trop occupé à cracher ses poumons, sa gorge, le peu d’air qu’il semble lui rester dans son corps. L’inquiétude du cendré monte de trois crans supplémentaires … Il va exploser sous l’angoisse, mourir sous la peur qui le saisit. 

— Deku, ça va ? 

Au diable les cachotteries, il n’a plus le temps, Izuku n’a presque plus de temps. Katsuki s’en fiche désormais de laisser l’inquiétude transparaître dans sa voix et que le nerd crame qu’il est dans la rue à courir comme un stupide dératé, comme si sa vie en dépendait … Merde, Izuku est sa vie. Il est en danger, en danger de mort, putain. Sa respiration sifflante à l’autre bout du fil ne cesse de le lui hurler.  

— Tu vas m’dire ce qui t’arrive maintenant Deku, ou j’te jure que ça n’va pas l’faire ! Crache-le putain d’morceau ! 

Katsuki disjoncte.

Katsuki beugle.

Katsuki éclate. 

Son portable émet une notification qui le ramène à la réalité, qui lui fait reprendre pied avec la réalité. Une position et un “Vient vite !” glissé à la hâte. Il suit les indications, grognant et vociférant de plus en plus pour éviter de se laisser submerger par ses émotions parce qu’il en a déjà bien assez à gérer avec son coeur enrayé et ses yeux qui le brûlent dangereusement ; il ne peut pas se permettre d’éclater en plein milieu du chemin. D’abord, il faut qu’il s’assure que Izuku va bien. Il doit le voir, le toucher, sentir sous ses doigts son pouls. 

Ce n’est vraiment rien Katchan, tu t’en fais toujours trop quand ça me concerne, le vert rigole doucement. 

— Évidemment crétin, j’t’aime ! 

Peut-être que s’il se met à lui déclarer sa flamme, à énoncer à voix haute ses putains de sentiments, alors lui il donnera suffisamment de force à Deku pour tenir, pour l’attendre, pour ne pas définitivement partir. Putain. Katsuki aurait dû lui dire plus qu’il souvent qu’il l’aime à en crever, il aurait dû lui avouer plus tôt aussi parce que maintenant, alors que sa vie est en danger, il a la sensation de ne pas avoir suffisamment profité, de l’avoir mal protégé durant toutes ces années, de l’avoir mal aimé, pas assez, pas de la bonne façon. 

J’ai juste pas fait attention en voulant sauver quelqu’un …. la voix de Izuku craquèle, se disloque comme son cœur. Je voulais vraiment rentrer vite pour te voir, Katchan.

Le nerd renifle. 

Deku sanglote. 

Putain. Le palpitant de Katsuki se déchire. Il déteste entendre les pleurs du vert depuis toujours. Et cela fait bien longtemps qu’il ne l’avait plus entendu pleurer de douleur, de désespoir, de détresse. Le cendré n’arrive même plus à lui en vouloir de s’être précipité, de ne pas avoir été assez attentif. Deku reste Deku, avec son envie insupportable de bien faire, avec son désir proéminent de rendre tout le monde heureux, de sauver chaque personne dans le besoin …, et avec son envie, parfois, de faire les choses pour lui, comme ce soir. 

— C’est bon Deku, n’t’en fais pas. On va se voir, on va rentrer. 

Son GPS lui indique qu’il ne lui reste que deux minutes avant d’arriver à destination, avant d’attraper le nerd et de le secouer comme un prunier pour une frayeur pareille. Au prochain tournant à droite, Katsuki pourra enfin le voir et peut-être que finalement, ça ne sera rien, rien de grave, pas grand-chose. Rien qu’une poussière dans l'œil ou un bras cassé comme à l’usuel. 

Je suis vraiment désolé, Katchan. Vraiment, il respire difficilement, s’étrangle avec un sanglot. Tu m’as pourtant dit de faire attention, Deku poursuit sur un ton emprunt de regret, celui de ne pas avoir écouté plus, celui de ne pas avoir été assez vigilant. Tu me l’as redit, pas plus tard que ce matin.

— Ne t’excuse pas le nerd, respire d’accord ? Respire, c’est tout ce que je te demande. Fait juste ça et tout ira bien, l’explosif tente de le convaincre, et peut-être qu’il essaie de se persuader lui aussi, au passage.

Katsuki a aussi peine à parler, sa voix restant coincée au fond de sa gorge condamnée par l’émotion qui lui agrippe les cordes vocales. Pourvu que ça aille, qu’il tienne, que ça ne soit rien. Pourvu qu’il suffise à Deku de respirer pour arranger les choses. 

— J’suis là ! il s’égosille.

Le cendré vient de tourner dans la petite ruelle où la position du nerd clignote sur son téléphone et son souffle est pris en otage par la douleur qui lui tiraille le cœur. Oh bordel. Oh non. Izuku, Izuku, Izuku . Merde. Son portable lui échappe des mains, mais il ne l’entend même pas atteindre le sol. Une explosion dans le creux de ses mains le fait atterrir juste à côté de Deku. D’un coup d'œil, Katsuki regarde Kirishima reculer en vitesse le téléphone de l’oreille du vert, se lever et partir appeler à la hâte une ambulance et Denki qui s’efforce d’appuyer sur la plaie de son flanc droit, les mains tremblantes et les larmes aux yeux, paniqué et désolé. Ce n’est pas rien

— Bordel Deku ! Mais merde ! Merde ! Merde ! 

Il sent qu’il perd ses moyens devant la vision qui s’offre à lui. 

— Trois fois rien, Katchan … Heureusement que tu n’étais pas là pour voir quand Denki m’a enlevé la barre, ce n’était pas beau du tout à voir, rigole le vert en tournant la tête vers l’électrique. Ne chiale pas, Denki, ça va aller. 

— Tu parles comme le pétard mouillé, Izu … 

Le blondinet renifle et prend une grande inspiration. Sa remarque tire un rire au possesseur du One for All parce qu’il adore entendre Katsuki se faire appeler de cette façon. 

Pétard mouillé qui ne fait même pas attention à l’insulte et se concentre plutôt sur son meilleur-ami non loin d’eux, toujours en ligne avec le centre d’urgence. Il l’écoute hurler au téléphone, perdant son sang-froid au fil des secondes, vociférant des insultes à tout-va, car ils mettent trop de temps à intervenir. Nul doute que s’il avait eu le cœur à rire, Katsuki aurait franchement ri … Ce n’est pas tous les jours que le rouge s’énerve à la manière Bakugo.

— Écoute, reprend Izuku pour le blondinet, même Eijiro se transforme en Katchan.

Le cendré grogne et Denki rigole un petit peu, malgré ses larmes.

— Deku, j’t’entends trop, économise tes putains de forces.

— Et moi, je ne t’entends pas assez Katchan. 

— T’as qu’à être plus souvent à la maison au lieu de te prendre des barres en métal en plein milieu du bide, il tranche brusquement avec colère. Compresse Pikachu ! 

Doucement, le héros Dynamight pose sa main sur la joue du nerd. Ce dernier colle automatiquement sa joue tout contre la paume de son copain, cherche à se fondre à l’intérieur, à profiter de la chaleur qu’elle diffuse inconsciemment. Malgré sa fureur et l’angoisse, Katsuki ne peut empêcher son cœur de s’emballer face à l’action du vert ; même aux portes de la mort, ce petit con reste mignon. 

— Si tu m’épouses Katchan, je veux bien être plus souvent à la maison, articule péniblement Deku, les yeux fermés, un mince sourire aux lèvres. 

— Si ça, c’est ta demande, elle est naze le nerd ! Et bordel, ouvre les yeux si tu veux m’épouser ! Crève pas, crétin ! 

L’émotion lui serre la gorge, vraiment et trop. Ses yeux le démangent, le piquent affreusement sous la douleur et la surprise. Ce con de nerd est mourant, putain de mourant et il ose lui faire sa demande ? Rageusement, et surtout pour le forcer à lui dévoiler ses iris, il lui pince la joue. 

— Aïe Katchan ! On ne répond pas comme ça à une demande en mariage ! 

— On ne meurt pas pendant une demande en mariage, stupide nerd ! 

Les sirènes de l’ambulance se frayent un chemin jusqu’à ses oreilles et Kirishima, après avoir hurler de soulagement, s’empresse de leur sauter dessus pour les mener jusqu’à Izuku et leur expliqué rapidement toute la situation. Denki se fait remplacer sans plus de cérémonie par un professionnel après avoir été remercié d’un hochement de tête. 

— Salut tout le monde, sourit Deku avec toutes ses dents. 

Katsuki va le massacrer, il se le jure. Pourquoi est-ce que Izuku doit toujours être ainsi ? Toujours souriant, toujours avenant, toujours … Toujours trop lui. 

— Mais économise-toi, Izuku … Putain. 

Il n’en a plus rien à foutre de devoir paraître fort, il a bien trop peur, il est bien trop effrayé à l’idée de perdre Deku, de perdre son foutu nerd pour penser à masquer ses émotions. Sa voix a craqué sur la fin et ses larmes se déversent de ses yeux sans qu’il ne puisse rien y faire. 

— Si j’avais su que ma demande te ferait pleurer, alors je l’aurais faite bien plus tôt. 

La main libre du nerd qui repose sur sa cuisse, et à la façon qu’il a de la serrer, le cendré sait qu’il a mal, terriblement mal …, mais qu’il s’efforce de rester conscient, de le rassurer. Foutu nerd, c’est censé être l’inverse, ne veut-il pas le laisser accomplir son rôle rien qu’une putain de fois ? Ne veut-il pas le laisser être là pour lui dans ce bordel ? Katsuki se sent impuissant, mais Izuku est comme ça, ne fonctionnera jamais autrement. Et, c’est ce côté-là qu’il déteste le plus chez lui. 

Il arrête de se flageller mentalement, quand derrière des larmes, il distingue vaguement les paupières closes de son copain.

— Tes yeux, Deku ! Garde tes putains d'yeux ouverts ! 

— Oui, oui, Katchan …, il marmonne distraitement. 

— Te fous pas d’ma gueule, idiot. Ouvre-les vraiment, putain ! 

Izuku doit se concentrer de toutes ses forces, Katsuki le sait parce que sa mâchoire est contractée, ses joues crispées et ses sourcils froncés. Mais enfin …, enfin le blond peut de nouveau discerner ses deux billes émeraude. D’accord, elles brillaient moins qu’habituellement et oui, elles semblent ne refléter que la souffrance, mais ça va, n’est-ce pas ? D’un instant à l’autre, tout va s’arranger. 

Le vert presse sa main, comme s’il pouvait comprendre le cheminement de ses pensées, comprendre sa détresse, comprendre son désespoir. Et non , il ne le peut pas tout simplement car il n’est pas celui qui tient le corps tremblant, tâché de rouge du seul homme qu’il aime entre ses bras. 

— Katchan … Ta réponse ? 

— Ta gueule, Deku ! Vraiment, c’n’est pas le putain de moment ! il vocifère en bord du précipice du désespoir, trop proche de l’explosion. Contente-toi d’économiser tes forces, force toi à respirer, par pitié , accroche-toi à la vie. On t’embarque, d’accord ? J’te suis, j’te … J’te lâche pas putain, alors ne m’lâche pas ! 

Les ambulanciers l’ont contraint à lâcher la main de Izuku et tout ce qu’il peut entendre désormais sont les battements paniqués de son cœur, les hurlements emplis d’affliction de son cerveau et la faible voix du nerd qui scande son surnom, comme une prière. 

— Reprends-toi Kats, on y va nous aussi. Bouge-toi bordel, on les suit ! Eijiro le presse, les deux mains sur ses épaules. 

Son corps est comme pétrifié, il n’arrive pas à bouger un seul de ses muscles. Il ne sait même pas ce qu’il fiche debout, comment est-ce qu’il a réussi à se hisser sur ses jambes tremblantes. La main de Kirishima sur son poignet est chaude, lourde et impitoyable, elle le force à se traîner sur le trottoir et à rejoindre la voiture du bicolore. Et qu’est-ce qu’il fout ici ? 

— Vous avez besoin d’une voiture. Midoriya a besoin de toi. 

Katsuki hoche simplement la tête puis agrippe son sweat juste au niveau de son cœur qui n’arrête pas de battre plus fort, plus vite, plus douloureusement au rythme de la peur qui coule dans ses veines. Son esprit chauffe à mille à l’heure, les scénarios apocalyptiques s’enchaînent encore et encore. Là, dans la voiture à suivre de loin l’ambulance, il ne peut s’empêcher de perdre pied, ne peut s’empêcher d’imaginer le cœur de Izuku qui cesse de battre. 

— J’aurais dû dire oui, putain de merde, j’aurais dû dire oui, j’aurais dû dire oui …, il se met à chuchoter comme un dément.

Peut-être que lui dire oui l’aurait retenu, aurait empêché son cœur de se stopper, aurait donné envie à son cœur de battre et lui aurait offert la bravoure de s'opposer à la mort. Ou peut-être pas …? Peut-être que le fait de le laisser dans une insupportable attente, l'obligeait à se battre, l’obligeait à respirer, l’obligeait à vivre pour entendre sa réponse. 

Merde, qu’aurait-il dû faire ? 

Et pourquoi, putain, pourquoi Izuku s’était-il dépêché aussi ? Katsuki n’allait pas disparaître dans la soirée ou jamais ; qu’il soit rentré pour dix-neuf heures ou vingt-trois heures, Dynamight aurait été là, avachi nonchalamment comme un malheureux parmi leurs nombreux coussins et devant cette émission stupide. N’importe où et n’importe quand, il aurait été présent. Bien sûr qu’il l’aurait attendu avant de s’endormir, qu’il lui aurait fait à manger à pas d’heure et qu’il l’aurait serré dans ses bras, même s’il avait été trois heures du matin. 

Parce que Katsuki ne sait faire que ça, l’attendre

Et que maintenant, c’est ce foutu nerd qui risque de disparaître. 

 

*

 

Katsuki ne sait pas vraiment comment il en est arrivé là. 

Son smoking noir lui épouse parfaitement le corps, léger et doux, tandis que sa cravate lui comprime un peu trop la gorge. À moins que cela ne soit autre chose ? Sa main droite, qui passe distraitement dans ses cheveux, est le signe de sa nervosité et il ne sait pas non plus s’il fait ça pour redonner de l’ordre à sa tignasse ou pour effacer cette impression qu’il a d’être coiffé. Le cendré déteste férocement être coiffé, tout simplement car il sait à quel point Deku affectionne ses cheveux en désordre, plus que n’importe qui. 

Prononcer, même mentalement, le surnom de Izuku lui retourne violemment l’estomac, d’une façon qu’il n’apprécie pas tellement. Le cendré peut tirer un trait sur les papillons qui lui mangeaient souvent les entrailles, qui lui donnaient chaud à en paraître gêné et qui lui offraient la sensation de flotter loin de tout, rien qu’en pensant à son surnom. Rien qu’en pensant à lui. À présent, il ne lui reste que la sensation de sombrer au fond d’un gouffre sans fond, de toucher du bout des doigts le néant, de ne vivre que par la douleur qui le ronge depuis quelques jours. 

Sa main gauche s’enfonce dans une de ses poches du pantalon de smoking qu’il porte. Ses doigts glissent le long de la bague qu’il cache toujours précieusement sur lui ces derniers temps, le laissant reprendre pied avec la réalité, le laissant se reconnecter au bruit du monde extérieur qui l’entoure, qui continue d’avancer. Tout va bien. Tout aurait pu être différent, la situation dans laquelle il patauge, la tenue qu’il porte … Mais rien, seulement le stress qui lui grignote le ventre. Ce jour pourrait tellement ressembler à un autre, dans une autre vie peut-être, sûrement. 

— Katsuki, il entend à travers la porte en bois qui le sépare du reste du monde. C’est le moment. 

Le cendré sait que c’est Kirishima qui est venu le chercher. Eijiro qui s’est désigné d’office, depuis le début, comme son garant, sa sécurité … Et les autres ont naturellement acquiescé, parce que, qui d’autre aurait pu remplir ce rôle ? Après Deku, il est celui qui le comprend le mieux, qui sait y faire avec son caractère de merde et surtout qui n’a pas peur de lui dire les choses, jamais. Et quelque part, Katsuki est heureux qu’il soit là, de l’avoir avec lui depuis le lycée. Bien évidemment, il ne l’avouera jamais … Mais Eijiro est important pour lui. 

L’explosif se détourne de son reflet, lâche ses cheveux qu’il ne cesse de remuer sans raison particulière et sort la main de sa poche après une dernière caresse pour l’objet rond qui devait orner le doigt de Deku. Doucement, il ouvre la porte de sa chambre. Incertain, avec encore l’envie de croire qu’il est dans un rêve, dans un mauvais cauchemar ; qu’on le laisse dormir, d’un sommeil sans cauchemar … Ou bien, le rêve d’une autre vie. 

— Tout va bien se passer. 

Eijiro le rassure dès le moment où il passe un pied hors de la pièce. 

Et Katsuki aurait aimé lui répondre que tout allait bien, que tout allait bien se passer, que les choses iraient alors que la réalité est pourtant tout autre. Parce que rien ne va, rien n’allait aller et rien n’irait jamais. Tout ce qu’il souhaite maintenant est de se cacher dans un coin, rouler en boule afin de regarder tout ce qui l’entoure s’écrouler, s’effondrer. Bakugo a la désagréable sensation que sa vie s’efforce de foncer droit dans le mur, qu’elle prend un chemin auquel il n’aurait jamais pensé, un chemin dont il n’avait même pas connaissance et qu’il aurait préféré ne jamais connaître.

Eijiro attrape son bras et Katsuki sait qu’il ne le lâchera pas, plus. C’est le signal qu’il attendait pour se permettre de se reposer entièrement sur lui, laissant toute sa peine se libérer. Ses yeux se gorgent d’eau si vite et son menton se met à trembler de façon incontrôlable, sa bouche s’affaisse et ses joues le tirent ; la seconde d’après, il n’est qu’un amas de larmes et de sanglots. Le rouge ne détourne pas les yeux de son meilleur-ami, mais supporte difficilement la scène, encaisse difficilement l’image que lui renvoie le garçon qu’il a toujours soutenu et qui aujourd’hui ne sera plus jamais le même. 

Lentement, parce qu’ils leur faut avancer, Katsuki se laisse traîner hors de la maison et à travers la ville par le héros Red Riot. Eijiro le connaissant bien avec les années, sait donc qu’il est incapable de prendre la voiture et a dû passer le prendre plus tôt pour lui offrir la possibilité de profiter de cet instant de liberté, de calme dans les rues peu animées à cette heure-ci, pour qu’il puisse se vider doucement l’esprit. Sûrement aussi pour lui faire comprendre silencieusement qu’il est là, qu’il ne le lâche pas, jamais et qu’importe la situation, qu’il peut tout lui dire et tout lui montrer. Et Katsuki apprécie l’effort, apprécie le geste et n’a jamais douté de la présence de Kirishima à ses côtés. Le message est maintenant passé entre eux depuis un moment, mais il est toujours bon de le rappeler, toujours bon de le montrer. 

À l’horizon, se profile la forme des grilles immenses, majestueuses et si oppressantes. La vitesse de marche de Dynamight ralentit considérablement. S’il n’avait pas eu l’impression de devenir fou depuis quelques jours, il aurait presque pu dire que son cœur meurtri réduisait la cadence délibérément à la vue de l’endroit qui se dresse devant lui, endroit duquel il allait devenir un habitué. 

— Respire, Kirishima lui murmure de nouveau à ses côtés, les lèvres pincées et les yeux rivés en direction du ciel.

Il n’a même pas remarqué que l’oxygène peine à entrer dans sa gorge, à infiltrer ses poumons, à se frayer un passage dans son corps pour faire fonctionner sa carcasse. 

Les larmes qui dévalent les longs de ses joues et les sanglots qui secouent sa chair, ses membres, lui prouvent aussi bien à lui qu’à Eijiro que le barrage qu’il a tenté de mettre en place, qu’il a tenté de maintenir encore et encore, vient tout juste de lâcher et qu’il fait désormais face à ses sentiments à l’état brut. Katsuki s’est contenu depuis des jours, a tout fait pour ne pas craquer : il a rentré sa tête entre ses épaules, s’est tenu le dos droit alors que la nouvelle leur tombait sur la tête, n’a pas flanché pendant qu’ils organisaient les funérailles de l’homme qui a si longtemps partagé sa vie plutôt que leur mariage, est resté impassible devant Inko et sa douleur vibrante sans pour autant camoufler cette douleur qui réside au fond de ses iris carmin. Jusque dans leur lit, il n’a pas permis au désespoir de prendre l’ascendant sur lui, n’a pas fait céder la digue de la désolation que lui procure l’absence de Deku. Katsuki a tenu bon, autant qu’il a pu.

Jusqu’à aujourd’hui. 

Le jour où ils enterrent Izuku. 

Sans qu’ils ne le voient venir, les jambes de Katsuki lâchent et ses genoux rencontrent durement le sol. Heureusement qu’il ne pleut pas, ou du moins qu’uniquement depuis ses yeux …, sinon son smoking aurait été fichu. Et si Deku peut le voir de là où il est, il ne tient pas à lui faire plus honte que cela, ne tient pas à ne pas être présentable pour ce jour qui lui est à présent dédié. Il n’a pas le droit de se montrer si sale, alors qu’il est déjà au bord du désespoir et qu’il est persuadé que le nerd n’apprécierait pas de voir les larmes engloutir ses joues à toute vitesse, de sentir la tristesse qui l’enveloppe, qui s’échappe de lui par tous ses pores. 

Vaguement, parce qu’il est clairement dans un état second, il entend Eijiro fouiller dans les poches de son costard et juste après, il lui présente son portable, qu’il avait envoyé valser le jour où il a tout perdu. Ce jour-là, il se souvient avoir voulu s’en débarrasser, simplement parce qu’il ne souhaitait pas avoir l’objet près de lui alors qu’il contenait injustement leurs dernières conversations, alors qu’il abritait toutes les photos qu’ils avaient eues l'occasion de prendre ensemble et celles qu’il avait prises à l’insu du nerd. Katsuki, sur le moment, n’en voulait plus de cet objet et pensait l’avoir perdu. 

Visiblement, et encore une fois, il s’est trompé sur ça aussi. Kirishima a dû le ramasser dans la cohue et le garder précieusement, attendant sans aucun doute le moment propice pour lui remettre l’appareil électronique qui contient toute sa vie, après sa propre mémoire. 

Le cellulaire glisse devant lui et s’allume instantanément sur une photo qui le représente avec le vert, alors même qu’il n’est pourtant pas un grand romantique. Mais c’est Deku . Avec son sourire solaire qui lui mange la moitié du visage, ses tâches de rousseur disposées comme des étoiles, ses yeux étincelants qui oscillent entre l’adoration, l’amour et le bonheur. Avec son corps enroulé autour du sien et le regard braqué droit sur lui. Et les larmes qui s'étaient pourtant taries, jaillissent à nouveau de ses yeux qui le tirent douloureusement.

Katchan

La voix de Izuku résonne depuis le haut-parleur. 

Katsuki a l’impression de devenir fou, l’impression qu’on lui arrache une fois de plus le cœur. 

Je suis presque certain de devoir remercier Kirishima pour avoir récupéré ton portable. Pétard mouillé, va. Merci, Eijiro. 

Le rire étranglé du rouge résonne dans ses oreilles en même temps que celui de Deku. 

C’est dingue …, ça le scotche toujours autant que de constater que le nerd le connaît si bien. Il n’a pas besoin d’être là pour savoir comme il va agir et ça le rend toujours stupidement fier. Fier de savoir que Deku peut lire en lui comme dans un livre ouvert. Fier de pouvoir certifier qu’ils ne peuvent pas avoir de secret l’un pour l’autre, parce que l’autre est comme une part d’eux. 

Pétard mouillé, Izuku répète encore.

Bien que contre sa volonté, l’insulte qui date du lycée, a le don de lui tirer un sourire bien qu’un brin nostalgique. Un jour, pendant une dispute complètement stupide, qu’il avait très certaiment dû initier, à propos d’un tee-shirt, l’insulte avait glissé de la bouche du nerd. Sur le coup, il y avait eu un moment de flottement, la surprise les clouant tous les deux. Puis pour se venger, Katsuki avait fondu sur ses lèvres et ils avaient éclaté de rire à la fin du baiser. Depuis, à la place d’être une insulte, c’était devenu une sorte de code entre eux, une demande discrète qui signifiait que Izuku souhaitait un baiser. 

Tu peux pleurer Katchan … Parce que moi, Deku renifle un long moment et déglutit péniblement, moi, je ne me retiens pas. Je sais que je vais y passer, alors même que tu m’avais dit de faire attention. Dans une autre vie, je ferais plus attention, je t’écouterai plus attentivement, c’est promis. 

Le silence se fait, s’étire et s’éternise, à peine entrecoupé par les sanglots des trois hommes. 

Dans une autre vie, ce soir, je rentrerai à la maison.

La bouche de Katsuki s’ouvre légèrement, laissant échapper son souffle erratique et ses gémissements désespérés. La douleur s’empare de tout son être, érafle son âme parce qu’il n’y a pas d’autres vies pour lui … Uniquement cette insupportable réalité dans laquelle Izuku n’est désormais plus. 

Eijiro, accroupi à côté de lui, presse son épaule de sa main libre et leurs yeux se rencontrent. Autant gorgé d’eau pour l’un comme pour l’autre. 

Tu veux bien fouiller dans mes affaires ? Celles de notre armoire. Si tu cherches bien, tu trouveras la fameuse bague … , le nerd rigole alors que sa respiration ne cesse de devenir de plus en plus hachée, de plus en plus sifflante. 

Deku n’a pas eu besoin de lui dire, il a déjà fouiné quelques jours auparavant parce que la question de son copain le hantait, parce qu’il avait besoin d’en avoir le cœur net, besoin de savoir si la question était anodine, soufflée dans l’empressement du moment ou longuement réfléchi sans jamais avoir eu l’occasion d’être posé. Et il l’avait trouvé … La fameuse bague de la demande en mariage douteuse, réalisée par le nerd alors qu’il se vidait de son sang. 

Garde-la aussi longtemps que tu le voudras, parce que je sais que la réponse était “oui”, pas besoin de me mentir ou de me hurler dessus … Tes yeux parlent pour toi , Deku ricane et sans mal, Katsuki imagine, distingue nettement son sourire lumineux et ses yeux scintillants. Je te connais.

Eijiro lui entoure les épaules de son bras libre. Son corps est secoué de sanglots, passe du chaud au froid et il s’étrangle en essayant de reprendre sa respiration. Son estomac se noue et il peine à se retenir de vomir. Izuku, Izuku, Izuku.  

Mais …, le nerd inspire un grand coup et se jette à l’eau, si tu dois refaire ta vie un jour, ce que j’espère, range-la. Range-la et laisse-toi la chance d’avancer, Katchan.

— Putain d’nerd ! il exulte de colère, ses dents fermement plantées dans sa lèvre inférieure pour s’empêcher de hurler. 

Sur son putain de lit de mort, Deku l’encourage à refaire sa vie ? Jusqu’à la fin, il le pousse à avancer ; jusqu’à la fin, il lui prouve qu’il est là, à ses côtés, à le secouer, à le regarder. Qui pourrait bien réussir à se glisser une place après le passage du vert ? Qui pourrait bien se frayer un chemin et chasser tout l’amour qu’il possède pour le garçon qui l’a toujours poursuivi, qui l’a toujours fait passer en priorité, qui l’a toujours admiré, qui ne lui a jamais tourné le dos même quand il était le plus gros des connards ? Qui pourrait réussir à attendre ne serait-ce que la cheville de Izuku et le rendre aussi heureux, fier, épanoui et amoureux que ce fichu nerd ? 

Personne. Putain de personne. 

Je pars juste un peu avant toi. Sans grande envie, rassure-toi … marmonne la voix enrouée du successeur de All Might à travers le téléphone. 

— L’envie n’est pas grande ici aussi, ne peut s’empêcher de grogner mollement Katsuki, comme si son copain, fiancé – putain – pouvait l’entendre. 

Ne grogne pas.

Le cendré sent Eijiro sursauter brusquement en même temps que lui … Cela lui confirme qu’il n’est pas le seul à avoir eu la douloureuse impression que Izuku se tenait là, pour de vrai et non pas à l’autre bout de la ligne, à converser avec eux, à lui offrir ses dernières paroles, ses dernières inspiration et expiration teinté de sanglot qu’il ne peut plus réprimer et qui expriment toute la souffrance qui le traverse, qui le ronge. 

 Katsuki aurait souhaité que tout se passe autrement … 

Dans une autre vie, je sortirai de l’hôpital pour te dire que nous rentrons à la maison. Dans une autre vie, je t’épouserai et je porterai fièrement ton nom. Mais aujourd’hui, pour cette vie-là … Izuku fait une pause, le temps de reprendre une dernière bouffée d’air éprouvante, je t’aime et je reste là, à l’autre bout de la ligne.

Dans une autre vie, peut-être que tout sera différent pour eux.



Notes:

J'ai offert à cet OS une petite réécriture (bisous la plus grosse majorité de fautes, bisous les quelques incohérences) et le petit plus ... C'est qu'une deuxième partie arrive pour vous briser le cœur à nouveau.
Love.