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Français
Collections:
17.4SPIC
Stats:
Published:
2024-10-31
Words:
7,346
Chapters:
1/1
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4
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15
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213

Intimité capturée

Summary:

Lorsqu’une photo dévoile sa vie amoureuse à tout Poudlard, Harry et ses amis, accompagnés de certains Serpentard, enquêtent pour découvrir la vérité.

Notes:

Cet OS a été écrit dans le cadre du 4SPIC du serveur Potterfictions (rejoignez nous : https://discord.gg/862aSNBDk6), un défi d'écriture à quatre mains !

Nos contraintes sont les suivantes :
Trope : Collège / Lycée / Université / Études supérieures / Éducation / École
Personnage : Colin Crivey

Bonne lecture à vous

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

L’été avait été long et source de stress mais le trio était de retour dans le Poudlard Express, plus angoissé que jamais par le retour de celui dont on ne doit pas prononcer le nom. La fin du Tournoi et le décès de Cédric Diggory étaient encore ancrés profondément dans les mémoires. 

— J’ai hâte d’être au banquet, s’extasia Ron en regardant les paysages d’Ecosse qui défilaient à travers la vitre.

— Ronald, le réprimanda Hermione, tu pourrais arrêter quelques minutes de penser avec ton estomac.

— Mais quoi ? répondit-il surpris.

Harry leva les yeux en l’air, il n’avait pas parlé de tout le trajet. Les journaux le traitaient de menteur, de manipulateur. Ce poids sur ses épaules lui pesait comme une épée de Damoclès. Il se demandait chaque soir si on allait le croire un jour. 

— Harry, le secoua doucement Hermione. On est arrivé.

Il sortit de ses pensées et soupira.

— J’arrive, commencez à avancer sans moi.

Son amie lui rendit son sourire et partit avec Ron en direction des calèches.

— Alors Potter, enfin seul, ricana une voix que le brun ne connaissait que trop bien.

— Malefoy, taquina Harry, tu ne peux pas débarquer comme ça. Imagine que quelqu’un t’ait vu.

— J’ai vérifié avant, lui répondit le blond. Tout le monde est descendu du train. 

Harry souffla puis sourit. Il n’avait encore avoué à personne les sentiments réciproques qu’il éprouvait pour Drago.

—Tout va bien se passer, souffla Malefoy, personne ne nous verra.

—Tu sais que je crains que quelqu’un nous découvre. Imagine, ça fera le tour de Poudlard en quelques heures à peine.

—Et on se soutiendra, le rassura Drago en posant ses mains délicates sur les épaules de Harry.

Drago finit par glisser un baiser furtif dans le cou de son petit-ami avant de continuer son chemin.

— On se voit demain soir, dit Drago avec un rictus amusé.

Le cœur du Survivant battait la chamade et son cerveau disjonctait, les amours rendaient heureux et bête parfois. Harry rejoignit ses amis dans la calèche où ils firent la rencontre de Luna Lovegood, une blonde un peu extravagante par moments.

— Enfin, on va pouvoir manger, s’exclama Ron impatient en s’installant à la table des Gryffondor.

— Alors Potter, ricana quelqu’un derrière eux, toujours là ?

— Le menteur n’est pas encore mort, se moqua un autre élève.

— Ne les écoute pas, lui sourit Hermione avec compassion.

— Il a besoin de son garde du corps, plaisanta encore une autre voix.

Harry souffla et finit par se lever après son repas dans le brouhaha de la grande salle et le marasme de ses pensées.

— J’y vais, informa-t-il ses amis, on se retrouve dans la tour. 

Son intervention coupa Hermione de son intense réflexion. Il ne chercha pas plus à comprendre et partit rejoindre son dortoir. En chemin, il croisa un élève qui le regarda de travers mais ne s’en occupa pas. Il finit par s’assoupir dans son lit après avoir rangé une partie de sa malle puis nourri Hedwige.

— Harry ? le réveilla Ron le lendemain matin.

— Il est quelle heure ? demanda-t-il d’une voix endormie.

— Quasiment 7h15.

Harry n’eut pas le temps d’enregistrer l’information. Son corps s’était déjà mit en mode automatique. Il fonça vers la salle de bain et s’habilla de son uniforme puis mit sa robe de sorcier par-dessus avant de filer vers la grande salle pour avaler son petit-déjeuner. Il finit par arriver pile à l’heure dans sa classe sous le regard soucieux de Hermione et les chuchotis bruyants des autres.

— Calmez-vous, ordonna Minerva McGonagall d’une voix ferme en avançant vers le tableau.

Harry écouta le cours d'une oreille distraite, et il en fut de même toute la journée et les suivants.

— Harry, s’étonna Ron, tu pars encore ?

— Oui. J’ai besoin de faire un tour, mentit son ami.

— De toute façon, qui voudrait de toi ici ? cracha Seamus avec dédain.

Harry souffla mais ne dit rien. Il finit par sortir, sa cape d’invisibilité sous le bras, et se dirigea vers la tour d’astronomie. Là-bas, il trouva Drago et l’enlaça directement. Seul le souffle chaud et apaisant de son petit ami pouvait calmer les cris de son cœur. Son cœur qui souffrait des remarques qu’il avait essuyées toute la journée. Son cœur pleurait sous les mots à peine murmurés, et le mépris qu’il inspirait à nombre d’élèves. 

Son cœur qui souriait face à l’amour de ses proches.

— Je suis là, le rassura Drago, je serais toujours là pour toi. 

Harry ne répondit pas et prit les mots qu’il lui donnait. Il les prit, de façon égoïste, peut-être, mais il en avait besoin . Il en avait besoin pour vivre, aimer, se détendre et se préparer aux longs combats qui l’attendaient dans un futur plus ou moins proche. 

— Tout va bien ? demanda le blond. D’habitude, tu n’es tactile qu’après avoir discuté, comme si tu hésitais. Ce soir, tu es presque trop collant.

Cette dernière phrase fut ajoutée d’un ton taquin. Le blond aimait tellement embêter son petit-ami. 

— J’ai juste un besoin de câlins, soupira Harry avec un sourire de coin. Je n’ai pas le droit d’en avoir ?

— Bien sûr que si.

Le blond prit les devants et déposa tendrement ses lèvres sur celles du brun. La chaleur qui émana du corps en face le fit fondre et les deux se laissèrent aller dans cette étreinte. Lequel des deux en avait le plus besoin, nul ne le savait !

La soirée se passa dans cette ambiance douce et tamisée. Une ambiance unique pour un couple hors du commun.

L’heure de la séparation arriva bien trop vite à leur goût et Harry traversa le parc en traînant les pieds, l’air abbatu. 

— Harry ! cria Hermione à travers le couloir, je te cherchais. Ron m’a dit que tu étais parti sur le terrain de Quidditch avant lui.

— Je devais aller chercher mon pull dans le dortoir.

OoooO

Sans s’en rendre compte, le trio passa à proximité d’un groupe de Gryffondor plus jeunes. Parmi eux se tenait un garçon aux cheveux blonds, plus petit que les autres. Le passage du Survivant attira son attention. Il tenta de l’interpeller mais son intervention fut noyée dans le bruit ambiant.

Au lieu de ça, il suivit le Survivant du regard jusqu’à ce qu’il ne soit plus visible. Tout au long de la journée et au cours des semaines qui suivirent la rentrée, il essaya à plusieurs reprises de se rapprocher du Survivant mais sans grand succès. Ce dernier était toujours soit occupé, soit en train de discuter avec ses amis.

Un soir, à la fin du mois de septembre, il était en train d’étudier dans la salle commune quand un mouvement attira son son regard. Quelle ne fut alors pas sa surprise de voir Harry Potter regarder discrètement derrière lui, pour s’assurer qu’il était seul, et sortir de la pièce, à une heure où tout le monde dormait. 

Ce fut plus fort que lui et ses jambes agirent sans qu’il ne les contrôle : il se leva et suivit Harry. Il se fit le plus discret possible mais, au bout d’une dizaine de minutes, il perdit la trace du Survivant. L’adolescent, dépité, fit demi tour et regagna son dortoir.

Ce schéma se reproduisit tous les jours de la semaine jusqu’au moment où, enfin, il parvint à suivre le plus âgé jusqu’au bout. 

Ce qu’il vit à ce moment-là le laissa sans voix et un peu sous le choc. Il fit demi tour et retourna à son dortoir, l’image de Harry Potter embrassant Drago Malefoy imprimée au fer rouge dans son esprit.

Alors qu’il était en route, une autre image s’imposa dans sa tête : il était dans les bras de Harry, en lieu et place du Serpentard. À mesure que cette possibilité s’insinuait en lui, une certitude naissait dans son esprit : Harry était à lui. 

Après tout, deux Gryffondor ensembles, n’était-ce pas dans l’ordre naturel des choses ? Qu’irait faire le Survivant avec un Serpentard ? 

Surtout quelqu’un comme Malefoy, dont la famille était réputée pour soutenir Vous-Savez-Qui.

Au moment où il arriva à destination, une idée avait germé dans son cerveau. Il y avait une bonne raison au fait que Harry et Malefoy se cachaient. Il était sûr que le Serpentard mettrait fin à la relation si elle était découverte. Ces gens-là n'avaient qu’une chose en tête : leur réputation. Il allait montrer à Harry quel était le vrai visage de Malefoy.

Et ensuite, il serait là pour l’aider à se reconstruire…

OoooO

Il s’était écoulé près d’un mois depuis la rentrée. Les murmures sur son passage n’avaient pas diminué mais il avait appris à faire avec. Ils ne l’affectaient plus de la même façon. Et même si Dolores Ombrage ne l’aidait pas à aller mieux et que ses cours ne le préparaient pas à l’avenir, il avait toujours le soutien de ses meilleurs amis et de son petit-ami. 

Pourtant quelque chose d’autre le tracassait. Harry ne parvenait pas à mettre la main dessus mais quelque chose n’allait pas Cette angoisse était présente tout le temps, au repas, dans la salle commune, dans la bibliothèque. Elle le surmontait, planait au-dessus de lui comme un vif d’or qui ne se laissait pas attraper, l'effleurait délicatement et le suivait à la trace. Il fallait trouver ce qui lui causait cette peur. 

— Harry, reprit Hermione, est-ce que tu seras là, ce soir, pour travailler avec Ron et moi sur le devoir de potions ?

— Je ne sais pas, Hermione, souffla Harry.

La Gryffondor n’ajouta rien mais réfléchit activement.

— Tu es sûr que ça va Harry ? Je m’inquiète pour toi et, même si Ron ne le montre pas, lui aussi s’inquiète. Depuis la rentrée, tu es encore plus distant que d’habitude.

— Désolé, soupira le brun, j’ai la tête ailleurs en ce moment.

Les deux entrèrent dans la salle commune et Harry fit l’aller-retour dans son dortoir.

— Maintenant tu vas me dire ce qui ne va pas ! claqua Hermione plus violemment qu’elle ne l’aurait voulu.

— C’est juste les remarques, mentit Harry.

— On est là si tu as besoin d’en parler, lui sourit Hermione en soutien.

Le brun lui sourit également mais rejoignit son entraînement. La saison de Quidditch commençait doucement. 

— Que fait un Serpentard à observer notre entraînement ? demanda Ron.

Harry, que ses pensées volatiles avaient rendu inattentif, grommela une réponse presque inaudible. Son meilleur ami prit ça pour de l’ignorance et décida de ne pas se mêler de cette affaire plus que nécessaire. 

L'entraînement fut mitigé pour tout le monde. Quelques spectateurs n’étaient venu que pour huer Harry, Angelina Johnson dut à plusieurs reprises sévir et déconcentra ses partenaires poursuiveurs par la même occasion. Ron, qui n’excellait pas à son poste de gardien, eut du mal à tenir le rythme. Quant à Harry, qui pourtant était un des meilleurs attrapeurs, il faillit tomber à de nombreuses reprises de son balai. 

— Bon c’est fini pour aujourd’hui, finit par souffler Angelina. On se retrouve la semaine prochaine avec, cette fois-ci, plus de motivation. 

Tous se quittèrent pour se changer et Harry n’eut qu’une hâte, retrouver Drago pour que ses angoisses s’atténuent. Elles ne le quittaient pas pour autant mais elles étaient moindres.

— Potter, lui sourit Drago d’un sourire charmeur, enfin là.

Embrasse -moi, demanda Harry.

Drago ne se le fit pas dire deux fois. Il adorait les lèvres de son amoureux. Des lèvres qu’il connaissait par cœur à force. Chaque détail en passant des creux aux petits grains. Il savait où glisser sa langue pour le faire sourire encore plus. 

Mais aujourd’hui, même en usant de tout un tas de stratagèmes, ce fut un échec qu’il se prit en pleine face. Non pas que Harry n’avait pas envie de ce baiser, au contraire il le réclamait mais il était bien trop préoccupé pour réussir à se concentrer sur l’instant présent. 

Drago se détacha doucement de l’étreinte chaleureuse.

— Harry, tout va bien ? Je m’inquiète pour toi, tu n’es pas avec moi je le sens bien.

— Oui, mentit-il, tu sais… C’est les remarques des gens. Tout à l’heure, tu les as entendu à l'entraînement ?

— Tu m’as vu ? demanda Drago surpris.

Le brun émit un petit rire cristallin.

— Pas moi, finit-il par répondre, mais Ron oui. Je n’ai rien dit sur le pourquoi de ta présence. On s’est promis de ne rien dire pour l’instant.

Drago soupira donc et le poids qui s’était installé sur ses épaules s’envola. Il avait eu peur que quelqu’un ai découvert ses intentions. Si ce n’était que le rouquin, Harry pouvait inventer quelque chose.

— Bientôt, lui promit le blond, je te le jure.

Ils s'embrassèrent de nouveau. Mais même si le ciel paraissait clair au-dessus d’eux, dans la tête de Harry, c’était toujours la tempête. L’angoisse qu’il traînait depuis plusieurs jours et qui diminuait une fois dans les bras du blond était encore plus présente que d’habitude. Il avait l’impression qu’on le fixait, qu’on le regardait, qu’on l’observait, comme si des milliers d’yeux étaient braqués sur lui en permanence. 

Harry essaya de détourner son attention de ses angoisses en se concentrant sur Drago mais en vain. La peur, la crainte, l’angoisse, l’incertitude étaient des sentiments qu’il ne connaissait que trop bien maintenant. Mais là, ils étaient décuplés et même les doux bras remplis de chaleur ne l'aidaient pas à gérer cette crise d’émotions qui menaçait de le submerger. 

Son cœur se mit rapidement à battre à mille à l’heure et les questions affluaient à son cerveau par centaines à la seconde. Des doutes s’installèrent, il ne devait pas le montrer à Drago. Il se devait d’être fort, on ne lui faisait pas de cadeau, ni ne lui laissait de seconde chance. 

— Harry, s’inquiéta Drago en prenant son visage entre ses mains, tu trembles . Dis-moi ce qui ne va pas.

— Rien, mentit-il de nouveau, tout va bien, je te l’assure.

Tu trembles , répéta Drago, et ce n’est pas une question mais un fait.

— Je te l’ai dit, ce sont les remarques des gens qui me blessent, souffla Harry plus sec qu’il ne l’aurait voulu.

Drago n’en crut pas un mot mais garda ses craintes pour lui.

— Je suis là, l’entoura-t-il de ses bras menus, je serai toujours là pour toi.

Harry, bien que toujours tremblant, se calma légèrement. La soirée n’était pas comme il l’avait prévuemais elle lui fit quand même du bien. 

OoooO

Le lendemain, le plus jeune décida de suivre Harry à nouveau. Il voulait passer à l’action dès que possible. Cette fois, il prit avec lui son plus fidèle compagnon : son appareil photo. Il voulait avoir des preuves au cas où on lui demanderait ce qu’il fabriquait dans les couloirs après le couvre-feu. À chaque fois que Harry se retournait pour vérifier qu’il n’était pas suivi, il se cachait derrière un coin de mur en espérant de tout cœur ne pas être vu.

Au bout d’un moment, il arriva à destination et, comme la veille, depuis sa cachette, il observa le Survivant embrasser à pleine bouche le préfet de Serpentard. Il ne perdit pas de temps et prit plusieurs photos, jusqu’à ce que les deux autres se disent au revoir puis se séparent. 

Il attendit plusieurs minutes après le départ de Harry et Drago pour rejoindre, lui aussi, son dortoir. Il eut une idée sur le chemin du retour . Un sourire éclaira son visage. Le lendemain, Poudlard aurait une sacrée surprise. 

Il ne revint pas à son dortoir. Il rejoignit plutôt une petite salle qu’il avait aménagée en chambre noire pendant sa deuxième année.

La, il passa la nuit à développer les différentes photos qu’il avait prises. Au moment où le jour se levait, il avait entre les mains la meilleure photographie de sa courte carrière, dupliquée en plusieurs exemplaires.

Il les rangea dans une poche de sa robe et sortit discrètement dans les sombres couloirs. Sans faire le moindre bruit, il retourna à sa salle commune et donna le mot de passe au tableau qui en gardait l’entrée. 

Il récupéra ses affaires de cours dans son dortoir et rangea son appareil sous son lit puis, son précieux sésame dans la poche, repartit.

Quelques minutes plus tard, il se glissait dans la Grande Salle et déposait un exemplaire de la photo sur chaque table.

Il fit demi-tour au moment où la majorité des élèves arrivait. Il se glissa dans la masse mais nul ne remarqua sa présence.

OoooO

— Je vais retourner à mon dortoir, finit par dire Harry.

— A plus tard, beau brun, sourit Drago d’un ton charmeur.

Il le fit rire et les deux partirent dans des directions opposées. Le brun se glissa dans la salle commune puis son dortoir et finit dans son lit. Heureusement, l’heure tardive l’aidait à ne pas se faire prendre par les préfets ou par ses amis. Même si sa relation avec Drago allait bien, pour l’instant, il ne voulait pas que ça se sache. Pour son bien, pour celui de son petit-ami ou les deux, il ne savait pas. Ce qu’il savait en revanche, c’était qu’il voulait que cela reste un secret encore quelque temps. 

— Harry, tu es rentré tard hier soir, tout va bien ? demanda Hermione une fois installé à la table du petit-déjeuner. 

— Oui ‘mione, bailla le Survivant.

Son amie le regarda de haut mais ne dit rien. S’il voulait lui parler de quelque chose, elle savait qu’il le ferait en temps voulu. Les conversations allaient bon train en ce dimanche matin. Harry se perdit dans ses pensées, il repensa à sa crise d’angoisse de la veille, à cette impression toujours plus forte d’être suivi. Soudain, ce fut le calme plat dans la salle. Plus personne à  aucune table ne faisait de bruit. Même les tintements des couverts sur les bols ou les couteaux sur le pain grillé n’émettaient plus aucun son. 

— C’est vrai, mon pote ? demanda Ron incrédule.

— De quoi ? demande Harry en relevant la tête.

L’évidence lui apparut alors devant les yeux, par une photo de lui et de Drago Malefoy, qui s’embrassaient passionnément. Comment fut la première question qui lui traversa l’esprit ? Puis qui ? Quand ? ? Pourquoi ? Ses seuls moments de détente en compagnie de son petit-ami partaient en fumée. Quelle allait être la réaction de Drago ? Lui qui encore la vieille craignait que quelqu'un l’apprenne. 

— On ne te demandera pas plus d’explication, avança Hermione doucement, mais Ron a raison de demander si c’est vrai. Est-ce vrai ou bien c’est un canular. 

— Non, soupira Harry, c’est la réalité… Je vous retrouve dans le parc après le petit-déjeuner. Je me doute que vous avez des questions.

— En même temps, dit Ron mâchant à moitié ses mots au vu de la quantité de nourriture ingérée en une bouchée, tu embrasses Malefoy !

Harry sourit, ses amis ne changeraient jamais, il était content de pouvoir se reposer sur cette constante. Le Survivant finit alors par sortir dans le parc. Là-bas, il laissa ses pas le guider au gré du vent. Quelques larmes s’échappèrent du coin de son œil, ses peurs étaient de nouveau présentes en lui. Il avait l’impression d’avoir mal fait, mal agi, fais quelque chose de mal.  Au bout d’un temps qu’Harry n’arriva pas à définir, ses amis le rejoignirent et Hermione ouvrit ses bras pour lui proposer un câlin.

— Harry, l’entoura Hermione, on est là.

— Je ne sais pas réconforter mais ‘mione à raison, sourit Ron. On est là pour toi.

Harry leur sourit en retour et accepte le câlin. Cette étreinte le réchauffa au fond de lui. 

— Oui je sors avec Drago Malefoy, finit par soupirer Harry, depuis quelques mois déjà. C’était doux, romantique et ça ne devait surtout pas se savoir.

— On comprend mieux pourquoi il était là, hier, à l'entraînement, rigola Ron.

Hermione, pour cette remarque, le tua du regard sans pour autant ajouter quelque chose d’autre.

— On allait vous le dire, continua Harry un léger sourire aux lèvres, mais juste pas maintenant. On voulait continuer de profiter rien qu’à deux mais quelqu’un a fait circuler cette photo.

— On ne va pas te mentir, commença Hermione doucement, mais oui, la photo a circulé sur toutes les tables. 

Harry souffla, cette journée n’allait pas être simple et les suivantes risquaient de ne pas l’être non plus.

— Harry, finit par crier la voix de Drago au loin, tu es là !

Le blond était accompagné de Blaise Zabini et de Pansy Parkinson. Les deux amis du Serpentard avaient dû également se poser des questions. Harry ne se fit pas attendre et dès que son petit-ami eut atteint son espace personnel, il l’entoura de ses bras. Il avait encore plus besoin de cette étreinte réconfortante pour se sentir libéré du poids qui s’était installé sur ses épaules. 

— Maintenant qu’on a eu l’explication, finit par les couper Pansy, et que les deux amoureux se sont retrouvés. Qui a fait ça ? 

— Si tu oses juste penser que c’est nous, menaça Ron. 

— Oui j’ose, dit-elle en le toisant du regard.

— Et pourquoi ce ne serait pas vous ?

— Stop, finit par dire Hermione. Vu notre état, on s’est tous inquiété pour nos amis respectifs donc on sait que ce n’est aucun de nous. 

Drago et Harry à côté n’écoutèrent guère les avis de leurs amis et la conversation que ceux-ci entretenaient. Juste eux, le temps qu’ils avaient et le vent qui faisait tournoyer les feuilles d’arbres, importaient. Cela leur apportait un cadre bucolique et réconfortant après la tornade d’émotion du matin. 

— Potter, Drago, les interpella vivement Pansy, qui a fait ça ?

Les deux amoureux se retournèrent alors puis s’échangèrent de nouveau un regard, ils n’avaient aucune idée du coupable.

— On ne sait pas, soupira Harry.

— La personne va payer, fulmina Drago. On doit le retrouver.

Tous finirent par se regarder et conclurent que rien ne servait de s’énerver maintenant, il fallait juste attendre ou trouver qui avait fait fuiter cette photo.

— Vous n’avez rien remarqué quand vous vous retrouviez ? demanda Hermione. Des bruits, des traces, un sentiment d’être observé ?

Les deux répondirent par la négative et Harry garda sous silence qu’il avait l’impression d’être observé. Il avait cette impression même seul, cela ne servait à rien de s’en préoccuper maintenant.

— Bon, finit par couper Blaise, on peut rentrer et en parler à l’intérieur. Il fait froid et je n’ai pas envie de passer ma soirée à entendre Drago se plaindre que sa douce peau de bébé a subi le douloureux froid.

La dernière partie de la phrase fut dite sous un semblant d’imitation du blond qui se renfrogna sous les rires de son petit-ami. Mais le groupe comprit que derrière cette blague, il y avait une chose sérieuse et se mit en quête de rentrer.

C’est vrai ? fut la première question posée par la première personne qu’ils croisèrent. Et si le couple avait pu l’ esquiver , les dizaines suivantes furent compliquées à éviter. De nombreuses personnes à Poudlard connaissaient la relation pas vraiment amicale du héros de Gryffondor et du Serpentard. La haine entre les deux maisons ne s'était jamais autant intensifiée depuis leur entrée à Poudlard.

— Bon, dit Harry après une énième question évitée , ce n’est pas possible dans ces conditions. 

— On se sépare, continua Drago, faisant sourire Harry, et on se retrouve ce soir à notre endroit. Harry tu amèneras tes deux amis, je viendrai avec Pansy et Blaise.

Harry lui sourit et lui vola même un baiser furtif que le blond transforma en baiser. Maintenant que les deux n’avaient plus à se cacher, cela leur fit du bien. 

La journée passa rapidement, Harry resta dans sa chambre pour ne pas avoir à subir les questions par dizaines des autres élèves. Le soir, il finit par amener ses meilleurs amis dans la tour d’astronomie.

Drago, Blaise et Pansy étaient déjà là et le blond regardait par la fenêtre d’un air pensif. 

— On est là, souffla Ron.

Harry ne se sentait pas bien mais il n’arrivait pas à définir pourquoi. Ce n’était pas le même genre de sensation que d’habitude. Il ne ressentait ni la peur, ni l’angoisse mais une sorte d’appréhension qu’il eut du mal à définir. 

— Harry, dit Hermione, secouant sa main devant le visage de son ami, est-ce que tout va bien.

— C’est l’endroit, souffla Harry, il nous protégeait mais au final il nous a trahis.

— Tout va bien se passer, le rassura Drago.

Du côté de leurs amis, une discussion en grande pompe se jouait. Ils parlaient de cette fameuse photo. Aucun indice n’était apparent. La photo étant apparue d’un coup sur les différentes tables, le photographe mystère avait dû prévoir sa révélation en avance.

— Bon, souffla Hermione, si on n’a pas plus d’infos et que même vous, vous n’en avez pas, on va repartir.

— Comme on vous a dit, rétorqua Drago, hier nous n’avons rien vu et même avant. Et de mon côté personne ne m’a suivi.

— Moi non plus, je ne pense pas avoir été suivi, répondit distraitement Harry.

Sur ces paroles très peu aidantes, les deux groupes se séparèrent en ayant en tête leur lit et le sommeil qui les attendait. Sommeil réparateur ou non, tous en avaient quand même besoin. Les jours suivants furent compliqués. Leur recherche n’avancèrent guère et les vaines tentatives des élèves d’obtenir quelques potins n’aboutissèrent point. 

— Comment le grand Harry Potter peut-il sortir avec Drago Malefoy, demanda un élève en milieu de semaine. 

— Ça prouve bien son affiliation avec le côté sombre, répondit un autre.

Les deux rigolèrent et Harry souffla. Il avait pris l’habitude qu’on le dénigre depuis le début de l’année. C’était compliqué à encaisser mais il ne baissa pas la tête et continua son chemin.

— Pourquoi vous vous aimez ? demanda une élève de Gryffondor. Nous ne sommes pas censés détester les Serpentard ?

— En plus, c’est un garçon et toi aussi, remarqua sa voisine.

Harry, Ron et Hermione, à l’entente de cette question, se dirent que les rivalités entre les deux maisons étaient de plus en plus fréquentes. Les piques lancées par l’une ou par l’autre n'aidaient pas à baisser cette tension constante. De plus, les insultes ou murmures sur les passages de certains élèves ne firent qu’empirer les choses.

Quant à la question de pourquoi, ça, ni Harry, ni Drago ne le savaient. Pourquoi on aime ? Pourquoi on n’aime pas ? Pourquoi on finit avec cette personne et pas une autre ? Toutes ces questions restaient sans réponse pour la plupart des gens. La vie n’était pas un long fleuve tranquille et parfois, voire même souvent, elle draguait des gens qui pouvaient nous aider à la traverser ou non. 

Mais pourquoi Harry Potter aimait Drago Malefoy, aucun des deux ne le savait. La seule chose dont les deux amoureux étaient sûrs c’était qu’ils s’aimaient, pour le bien, pour le mal, pour les bonnes choses comme les plus mauvaises. Cet amour les aidait tous les deux à se dépasser et à surmonter toutes les épreuves qui les attendait. Et puis, savoir qu’ils étaient des garçons, c’était quelque chose qui n’aurait dû déranger personne. Non ?

Le dimanche arriva vite. Le groupe d'enquêteurs amateurs se réunit en cette nouvelle soirée, dans le but de continuer à chercher des indices sur le photographe mystère. Même si les indices et les preuves ne devaient se compter que sur les doigts d’une main, tous s’étaient fait la promesse de réussir à le retrouver pour, au moins, avoir des explications.

— Harry, demanda Ron pour la énième fois de la soirée, tu es avec nous ?

— Oui, oui, répondit Harry sur la défensive.

C’est faux et il le savait, toute cette semaine avait été rythmée par la peur et l’angoisse. Son impression d’être suivi grandissait de jour en jour. De plus, revenir sur les lieux de la photo le mettait mal à l’aise.

— Harry, soupira Drago, on voit bien que tu n’es pas avec nous.

Il hésita. Devait-il leur faire part de son impression ? Oui, c’était préférable, ils pourraient peut-être l’aider.

— Depuis la rentrée, commença à expliquer Harry hésitant, j’ai une impression constante d’être suivi. Tous les jours, dans toutes les salles où je vais. Les seuls moments où je suis libre, c’est quand je suis en cours. 

— Harry, l’engueula Hermione, ce n’était pas possible de nous donner cette information plus tôt ?

— Et à quoi vous aurait-elle servi ? demande le brun.

— Tu es sûr, Drago, que c’est l’homme de ta vie ? soupira Pansy.

— Malheureusement pour moi, je le crains, répondit le blond dans un rire.

Le Survivant ne comprit aucun mot, l’information n’allait en rien les aider dans leur quête du photographe mystère. N’est-ce pas ?

— Harry, soupira Hermione, c’est sûrement la personne qui te suit qui a pris cette photo . Elle a dû vous voir ici et vous a photographié.

— Pourquoi quelqu’un ferait ça ? demanda Harry perplexe.

Pour lui, prendre une photo de son couple ne pouvait pas être de mauvaise augure. Même s’il n’aimait pas et n’aurait jamais voulu que ce soit fait. C’était comme ça et il ne pouvait rien y changer. Aucun élève de l’école, même pas leur groupe, n’avait son mot à dire sur la situation et les professeurs n’étaient pas d’une grande aide non plus. Ils avaient juste rappelé le droit à une vie privée.

— Par vengeance, propose Blaise, tu as rejeté des gens récemment ?

— Ou juste des personnes qui ne peuvent pas te voir, dit Ron d’un éclair de lucidité. Tu n’es pas la personne la plus populaire en ce moment.

— C’est vrai aussi, dit Hermione. Après motif valide ou pas, ce n’était pas une raison de faire ça.

La tête de Drago devint toute rouge après cette explication.

— Aucune raison, fulmina-t-il, n’est une bonne raison pour faire ça. Les gens se mêlent toujours de ce qui ne les regarde pas. Et pour une fois, je suis d’accord avec Granger. Harry, t’as eu tort de ne pas nous en parler. Tu aurais au moins pu me le dire à moi.

Drago finit par s’asseoir sur l’appui de la fenêtre et bouder tel un enfant. Son propre petit-ami ne lui faisait pas assez confiance pour lui parler d’un sujet si important que ça. Il avait à faire à une personne qui le suivait, qui le traquait, c’était du harcèlement à ce niveau là. Et lui était là sans avoir pu l’aider ou déceler les raisons de ses fréquentes crises d’angoisse depuis la rentrée. Il ne pouvait le supporter. 

OoooO

Colin n’était pas idiot. Il avait bien remarqué que, depuis l’apparition de son chef-d’œuvre, Harry et ses amis étaient sur le qui-vive, tout comme le groupe de Serpentard. Mais cela ne l’avait pas empêché d’épier chacune de leurs réunions. S’ils étaient sur le point de le démasquer, il se devait d’être le premier à le savoir.

Il s’était, peu à peu, éloigné de ses amis et les avait repoussés chaque fois qu’ils avaient tenté de lui parler. Même son propre frère n’osait plus l’approcher, de peur d’être envoyé sur les roses.

La réunion qu’il venait d’entendre lui avait fait comprendre qu’il devait être plus discret s’il ne voulait pas se faire prendre. 

À compter de ce moment, il continua d’observer Harry sous toutes les coutures, mais ne le fit plus que dans la salle commune où lorsqu’il était absolument certain de ne pas être repéré.

Il fit une exception, ce soir-là, et resta regarder Harry et Drago. Une nouvelle fois, il se dit que Malefoy avait de la chance d’être aussi proche du Survivant. Il aurait donné tout ce qu’il avait pour être à sa place, pour être dans ses bras, sentir la chaleur de son corps à travers son uniforme, comme à chaque fois qu’il les observait. Il était sûr que s’il se regardait dans un miroir, ses yeux brilleraient de convoitise.

Il se détourna lorsqu’il les vit s’embrasser puis se lever pour partir. Pas qu’il ne voulait pas regarder, bien au contraire, mais il ne supportait pas de voir son Harry embrasser un autre homme. Un Serpentard, qui plus est. 

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Le groupe finit quand même par se séparer mais comme la nuit n’était que peu avancée, Harry et Drago restèrent un peu sous les lueurs de la nuit ensemble. Cela faisait une éternité, à peine une semaine, qu’ils n’étaient pas venus juste à deux, ici, pour avoir leur moment d’intimité. Ils avaient besoin d’être ensemble pour affronter l’épreuve de cette photo.

— Harry, finit par soupirer Drago après un long silence reposant, je suis là et je serais toujours là pour toi. Tu aurais dû me dire que tes crises d’angoisse venait de là.

— Elles ne viennent pas que de là, détourna Harry, mais de tout ce qu’il se passe depuis le début de l’année. J’ai peur, j’angoisse, je stresse de tout ce qu’on dit sur mon chemin.

— Et je serai là pour t’aider, le coupa Drago. Weasley et Granger aussi. Tu le sais, tu es entouré. Et mets toi ça dans ton crâne.

Harry ne répondit pas et se blottit davantage dans les bras chauds de son petit-ami. Il sentit l’amour dans ce câlin, la chaleur dans leur étreinte. Les caresses des mains de Drago sur sa peau lui redonnaient confiance. La tendresse qu’ils se témoignaient était la preuve de la solidité de leur relation. Et il en avait besoin pour s’apaiser et se détendre.

Les deux finirent quand même par se séparer après un baiser doux pour rejoindre leur dortoir. Le lendemain, les murmures sur son passage continuèrent encore et toujours et s’intensifièrent dans les semaines qui suivirent. Harry ne savait pas si c’était parce qu’il clamait le retour de Voldemort ou si c’était son couple qui était au cœur de toute cette pagaille. 

Le groupe d’amis nouvellement formé de Gryffondor et de Serpentard n’avança pas plus sur leurs recherches. Chaque élève avait quelque chose à reprocher à l’un ou à l’autre et ce n'étaient pas les maigres indices qu’ils avaient déniché qui pouvaient les aider à réussir à mettre la main sur le photographe mystère. Peu de temps avant Noël, Harry finit par leur révéler une nouvelle chose qui lui valut une autre engueulade de la part de Drago et Hermione.

— J’ai aussi cette impression d’être suivi dans la salle commune, révéla Harry au détour d’une conversation. Mais ça s’est diminué depuis un temps. C’est une bonne chose, non ? 

— Harry, soupira Hermione avec un sourire, tu as éliminé la plupart de Poudlard avec cette information. 

— Mais le révéler avant, c’était trop compliqué, ironisa Drago.

— Je ne savais pas que ça pouvait être utile, se défendit-il.

Deux soupirs agacés et quelques rires se firent entendre après la déclaration de Harry. La liste des suspects diminuait petit à petit. Les vacances de Noël aidèrent tout le monde à se détendre et même Harry prit du plaisir à retrouver les Weasley, son parrain, et ses amis au Square Grimmaurd. 

L’échange de cadeaux, le réveillon, la fête et les bonnes ondes le détendirent. De plus, il n’avait plus cette impression permanente d’être surveillé, traqué, espionné et cela l’aidait à plus sourire. 

Le retour à Poudlard se fit dans la bonne humeur et le mois de janvier passa rapidement. Au début du mois de février, Hermione émit l’idée que ce soit Seamus qui ait pris et balancé la photo à tous les élèves. Son altercation avec Harry en début d’année avait été violente, il n’aimait pas les Serpentard et les piques constantes à Harry étaient des indices intéressants. Malheureusement pour elle, cette information fut démentie quelques jours plus tard.

— Harry, fit Seamus un soir, je suis désolé. Tu as raison pour le retour de Voldemort et le fait que la Gazette mente.

— D’accord, fut la seule chose que Harry réussit à répondre.

— Et encore désolé pour ce que j’ai pu dire sur ton couple, continua-t-il à s’excuser. Personne n’avait le droit de prendre cette photo, encore moins de la partager. C’est ta vie, nous n’aurions pas dû nous en mêler.

Harry ne répondit pas et Seamus se retourna pour continuer les devoirs en cette soirée de fin d’hiver. Le feu brûlait tranquillement dans la cheminée, l’odeur des chocolats et des bonbons flottait dans l’air. L’année avançait à son rythme. Les enquêteurs en herbe étaient au point mort depuis des semaines, et épiaient chaque comportement suspect.

— Et si c’était Colin Crivey ?, proposa Drago, il a un appareil photo si j’ai bonne mémoire.

— Oui, répondit Hermione, c’est ça qui lui avait permis de ne pas être tué par le Basilic en deuxième année.

Un frisson parcouru le dos de Harry, il y avait déjà trois ans, il se battait contre le serpent géant et avait failli y laisser la vie. Il avait vécu tant d’épreuves depuis son entrée à Poudlard. Finalement, ce n’était peut-être qu’une épreuve supplémentaire le fait que son couple soit révélé. Épreuve ou non, cela restait une chose qu’il aurait préféré ne pas avoir à subir. Même cacher une relation, il n’en était pas capable.

— Pourquoi ferait-il ça, demanda alors Harry surpris, il est spécial et un peu collant mais c’est tout.

— Justement, répondit Ron en avalant sa chocogrenouille, il est dingue de toi. Pas au sens littéral mais il ferait tout pour toi. Il vous a peut-être vu un soir et cela lui a donné envie de le faire savoir.

— Il ne pensait peut-être pas à mal, supposa Hermione.

— Ses suppositions étaient mauvaises, souffla Drago sur la défensive.

Le groupe finit par se mettre d’accord sur le fait d’aller parler à Colin dans la semaine et se quitta tard dans la soirée en se mettant d’accord sur les choses à dire ou à ne pas dire à Colin. L’enquête finissait-elle enfin par toucher à sa fin ? Les deux amoureux pourraient-ils enfin être en paix ? Du moins, avoir l’esprit tranquille quant à qui les avait photographiés et qui espionnait Harry dans ses moindres faits et gestes. Tous se couchèrent avec une appréhension certaine, plus grande pour deux d’entre eux. 

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Quelques jours plus tard, Colin était en train de faire ses devoirs dans un coin de la salle commune. Il fut déconcentré par la voix de Harry, qui claqua à quelques mètres de lui : 

— Colin !

Ce dernier sursauta, surpris. Il leva la tête, le trio était planté devant lui et le fixait d’un air sévère. Il n’en revenait pas… Son idole était là, devant lui, et lui parlait. Il répondit, son excitation difficilement masquée : 

— Oui, Harry ?

— Il faut qu’on parle, répliqua le plus âgé sur un ton qui dissimulait mal la nervosité qui l’habitait et où perçait également une pointe de colère. 

Colin suivit le trio jusqu’à une salle de classe abandonnée où, à sa grande surprise, les attendaient Malefoy, Zabini et Parkinson. Quoiqu’en fait non, ce n’est pas surprenant, pensa-t-il. Après tout, le trio de Serpentard s’était beaucoup rapproché du trio de Gryffondor depuis qu’il avait dévoilé à tous les véritables penchants du Survivant. Il avait une pensée émue pour toutes les filles qui avaient déchanté à la publication de sa photo.

Il devait bien avouer, en revanche, que la réaction de Malefoy l’avait agréablement surpris. Il ne pensait pas que le Serpentard prendrait aussi bien la révélation forcée de sa liaison avec le Survivant. 

La voix de Malefoy le ramena à la réalité. 

— Oh ! Crivey !

Il sursauta et demanda : 

— Hein ? Quoi ?

L’autre blond souffla, exaspéré :

— Tu nous écoutes ?

— Pardon, j’étais perdu dans mes pensées, s’excusa le plus jeune, en apparence penaud. 

Malefoy leva les yeux au ciel puis répéta sa question : 

— Est-ce que c’est toi qui à pris cette fichue photo ? Oui ou non ?

Colin ne répondit pas tout de suite. Il était fier de sa photo et c’était son travail, en tant que photographe et futur journaliste, de faire éclater la vérité au grand jour. Mais il craignait de passer dans le bureau du directeur s’il assumait et il savait que, si ça devait arriver, il aurait beaucoup de mal à échapper à un renvoi définitif. Qu’allaient dire ses parents ? Et Dennis, son frère, qui l’admirait tant ?

Il finit par dire : 

— Oui. 

Il n’eut pas le temps de continuer qu’il fut incendié par Malefoy : 

— Non mais qu'est ce qu’il t’as pris, abruti !? Tu as pensé deux minutes aux conséquences de ton acte ? Imagine si cette photo était arrivée entre les mains de mon père ! 

Je savais qu’il ferait passer sa réputation avant tout le reste, triompha intérieurement le jeune Crivey.

Mais la suite lui donna tort : 

— Il aurait pu vouloir s’en prendre à Harry ! Tu y as pensé, à ça ? Où même d’autres élèves ! Tu es né moldu, Crivey. Tu sais bien que l’homosexualité n’est pas bien acceptée chez vous. Et même dans le monde magique, ce n’est pas encore ça ! 

Harry intervint lorsqu’il vit son petit ami prêt à sortir sa baguette. Il posa une main sur son bras et l’obligea à le baisser puis dit sur le ton de l’apaisement : 

— Laisse-le, je pense qu’il a compris la leçon. N’est-ce pas, Colin ?

Ce dernier s’empressa d’acquiescer. Il était tellement obsédé par l’idée de révéler la vérité et le véritable visage de Malefoy qu’il n’avait pas pensé aux conséquences, ni au fait que Harry pourrait en faire les frais. 

Le préfet lui jeta un regard suspicieux. Colin les supplia, les larmes aux yeux et la voix vacillante :

— S’il vous plaît, ne me dénoncez pas ! C’est bon, j’ai compris ! Je… Je vous promets que je recommencerai pas ! Je ferais tout ce que vous voudrez…

Malefoy réfléchit quelques instants puis tendit la main. Il dit d’un ton sec : 

— Ton appareil photo. 

— Quoi ?

— Donne. Moi. Ton. Appareil.

Colin hésita. Son appareil photo était ce qu’il avait de plus précieux au monde… Le préfet fut plus clair :

— Donne moi ce putain d’appareil, Crivey, si tu veux pas finir à l’infirmerie. Si tu refuses, j’hésiterais pas une seconde à prévenir McGonagall et Dumbledore. Qu'est ce que tu crois qu’ils diront, quand ils sauront que t’es qu’un sale petit fouineur qui ne sait pas se mêler de ses affaires ?

Ce fut un Colin tremblant comme une feuille qui donna son appareil photo. Sous ses yeux horrifiés, Drago Malefoy détruisit l’objet d’un geste assuré. 

Alors qu’il pensait que le Serpentard en avait fini avec lui et qu’il allait pouvoir repartir, ce dernier ajouta : 

— Maintenant je suis sûr que tu ne pourras plus nous nuire mais je ne te fais pas confiance… Il n’y a qu’un seul moyen d’être certain que tu ne puisse plus rien faire.

Le jeune Gryffondor se mit à craindre la suite… Qu’allait-il lui arriver ?

— Je… J’suis trop jeune pour mourir…, supplia-t-il son interlocuteur.

Ce dernier lui jeta un regard interloqué puis rétorqua : 

— Je ne vais pas te tuer, crétin. Je ne suis pas un monstre, enfin ! 

La minute d’après, sa voix lançait en direction de son cadet. 

Oubliettes !

Le regard de Colin se fît brumeux puis l’adolescent cligna des yeux. Il s’écria, paniqué. 

— Qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce qu’il s’est passé !?

Malefoy lui lança :

— Débarrasse le plancher, Crivey !

Colin s’exécuta, les restes fumants de son appareil photo sous le bras. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait mais son instinct lui disait qu’il valait mieux qu’il ne traîne pas dans les parages. 

Malefoy a dû détruire mon appareil pour le plaisir, ce serait bien son genre , pensa-t-il amer. Préoccupé par son appareil, qu’il allait devoir remplacer, il ne remarqua pas la présence du Trio d’or, ni celle des deux autres Serpentard. 

Qu’allait-il dire à ses parents ? Ils lui avaient offert cet appareil pour fêter son entrée dans l’équipe de rédaction du journal de Poudlard, au début de l’année précédente. Ils allaient le tuer. 

Sur cette pensée, il repartit en direction de sa salle commune, l’esprit tourné vers cette unique préoccupation, sans se douter une seconde qu’il lui manquait une partie de ses souvenirs.

— On a fini, souffla Harry, plus de photographe mystère.

— Et plus de secrets pour vos amis non plus ? questionna Hermione.

— C’est promis, lui sourit Harry en l’enlaçant. 

Cette étreinte fit du bien aux deux amis et très vite Ron les rejoignit. Le groupe finit par se séparer et Harry et Drago décidèrent de rester un peu ensemble.

— On n’est enfin plus obligés de se cacher, sourit Harry les yeux brillants, et cette histoire est finie.

— Oui mon chéri, l’embrasse Drago.

— En plus, ajoute Harry en se reculant, cette histoire a du positif.

— Ah bon ! Quoi ?

— Elle nous a rapproché de nos amis.

Le blond sourit alors, son petit-ami avait quand même raison. Leur groupe était plus soudé qu’au départ et maintenant ils pourront affronter le monde ensemble. En ces temps difficiles, c’est pour le meilleur.  Ils sont ensemble et rien ne pourra leur enlever la force qui les unis.

Notes:

On espère que vous avez appréciez votre lecture