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Johnny claqua la porte, laissant tomber son sac dans l'entrée et n'enleva même pas ses chaussures. Il marchait rapidement en direction de la salle de bain, saisissant sa brossé à dent et le dentifrice. Il se leva ensuite les dents en fixant son reflet fatigué. Dongyoung avait toujours dit qu'il était beau en costume. Sexy. Johnny voyait pourquoi, mais pas ce soir.
Il se sentait étouffé dans cette chemise un peu froissée, cette veste carrée et ce pantalon trop serré. Il se rinça la bouche et commença à retirer sa cravate, se dirigeant vers sa chambre. Quand il passa le pas de la porte, il s'arrêta, comme chaque soir.
Sa chambre était la seule pièce avec l'odeur de Dongyoung. Parfois le week-end il utilisait son diffuseur et il répandait l'odeur de son partenaire dans son appartement. Coquelicot et bambou. Fleuri et boisé.
Johnny l'aimait beaucoup.
L'alpha retira finalement sa cravate et la lança sur la commode. Il retira sa veste et la mit sur le dossier de sa chaise. Il regarda l'heure sur la double horloge de son bureau.
Vingt-deux heures cinquante et une.
Il était tard pour Johnny. Pas pour Dongyoung. L'alpha commençait tôt le lendemain. Il avait besoin de la moindre minute de sommeil. Pourtant, quand il eut fini de retirer sa chemise et son pantalon, il ouvrit Messenger.
D'une main il retira ses chaussettes alors que de l'autre il appelait le bêta. Une sonnerie se fit entendre et Johnny se mordit la lèvre. Peut-être Dongyoung était-il à l'école ?
Il se rappela soudainement qu'on était samedi en Corée. Et qu'il était encore vendredi chez lui.
— Johnny ?
Enfin. Le corps de l'alpha se détendit instantanément quand il entendit la voix du bêta. Johnny retira sa deuxième chaussette et s'allongea, uniquement en boxer, dans les draps à l'odeur de coquelicot et de bambou.
— Bonjour toi. Fit gentiment l'alpha.
— Johnny. Pourquoi tu m'appelles maintenant ? Il est tard chez toi, non ? Attends-je n'ai pas d'horloge sous la main, Jisung touche pas aux gâteaux ! Mmh... Ah. C'est bon. Vingt-trois heures ?! Johnny. Je te jure que je vais raccrocher.
L'alpha eut un sourire fatigué pour lui-même.
— On sait très bien tous les deux que tu ne vas pas le faire. Je t'ai trop manqué.
— Mais je veux que tu dormes. Demain c'est samedi pour toi, tu auras tout le temps de m'appeler. Je serais encore en week-end.
— Demain j'ai une réception que je dois en partie préparer qui va durer jusqu'à au moins dix-sept heures. Répliqua l'alpha.
— C'est compter comme des heures supplémentaires ça ? Est-ce que tu as un cachet en plus ou quoi ?
— Calme-toi mon petit avocat. Je vais bien avoir une prime pour cette réception.
— Oh. Cool.
Dongyoung mit sa caméra et Johnny put voir le visage de son aimé, ce suis le fit sourire. Il semblait songeur.
— Combien il te manque ?
— Presque douze mille dollars. Ça veut dire-
— Encore quelques mois. Le coupa Dongyoung avec un soupir.
Le bêta regarda droit dans l'objectif, droit dans l'âme de Johnny.
— Tu me manques hyung.
— Je sais darling. Je sais. Moi aussi. Très fort. Je suis impatient de te retrouver. Mes suppressants me rendent fous. Commenta Johnny avec un sourire.
Dongyoung pinça les lèvres, et si Johnny avait été à portée, le bêta n'aurait pas hésité à le pincer.
— Tu as choisis l'emplacement de notre future maison ? Demanda Johnny pour changer l'expression de Doyoung.
Cela fonctionna, et comme à chaque fois qu'il abordait leur futur, les yeux du bêta s'illuminèrent.
— Oui ! Côté extérieur de la meute, le plus près possible de l'école tout en restant près des autres. Et aussi près de la rivière.
— De la rivière, hum ? Répéta Johnny en levant un sourcil joueur.
Dongyoung ne le vit pas mais le devina.
— Tais-toi, pervers. C'est juste agréable l'été.
— Et bien moi ça me rappelle des souvenirs. Répliqua l'alpha en fermant les yeux.
— Tu es proche de tes ruts ou quoi ?
— Peut être.
— Vraiment ?
— Peut être.
— Johnny !
— Ok. Oui. Je suis en pré-ruts. Elles vont sûrement me frapper dimanche. Je prendrais mes suppressants.
— Tu ne peux pas obtenir ton lundi ?
— Je ne sais pas si je peux me permettre. Je ne crois pas qu'il me reste de congés payés.
— Mais tu es un alpha. Joue de ça.
— Je vais essayer. Répondit Johnny avec lassitude.
— Tiens-moi au courant.
— Ouais. Si ça te fait plaisir. Fit l'alpha en ponctuant sa phrase d'un bâillement.
— Je te laisse dormir. Bonne nuit mon alpha !
— Bonne nuit Young-ie.
Dongyoung raccrocha et Johnny eut un peu de mal à arrêter de fixer la photo de profil de Dongyoung.
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Johnny revint de sa réception particulièrement énervée. Il n'était pas vraiment énervé contre l'oméga qui était entré en chaleur durant la cérémonie de fermeture.
Il était surtout énervé contre lui-même, contre son corps bouillonnant qui ne voulait qu'une seule chose, qui se trouvait si loin de lui.
Il claqua la porte de son appartement quand il rentra chez lui, lança, mal en plus, sa sacoche sur le canapé et alla droit dans la salle de bain. Il avait besoin d'une bonne douche pour se remettre les idées en place.
Il en sortit une vingtaine de minutes plus tard, seulement pour découvrir que Dongyoung ne répondait ni à ses appels, ni à ses messages. Il semblait occupé.
Johnny lui avait expliqué qu'il allait peut-être entrer en rut plus tôt, et Monsieur se mettait en indisponible. L'alpha ne voulait pas être ce genre de compagnon qui s'énervait pour un rien.
Mais la distance rendait tout difficile, et l'alpha avait vraiment d'avoir son bêta au moins en appel pour ne pas devenir chèvre. Déjà qu'il l'avait laissé en Corée sans même le marquer.
L'alpha alla se coucher boudeur, il n'était que dix-sept heures, mais il avait déjà les muscles tendus d'appréhension. Et il avait l'alpha à cran.
Pourquoi Dongyoung ne répondait pas, bon sang !
Johnny n'était pas souvent jaloux. Il savait que Dongyoung l'aimait inconditionnellement. Mais ainsi au bord des ruts et si loin de son âme-soeur, la jalousie commençait à le ronger doucement.
Pourquoi Dongyoung ne l'appelait-il pas ? Que faisait-il ? Avec qui était-il ?
L'alpha finit par s'endormir, ronger par ses mauvaises pensées. Il se réveilla quelques heures plus tard. Il avait chaud, il avait mal aux muscles, et il sentait les ruts au tournant de la rue.
Il devait se lever prendre ses suppressants. Il se redressa sur ses coudes avant de rouler sur le ventre et tendre sa main pour chercher à l'aveuglette dans le tiroir de sa table de chevet.
Une main saisit son poignet.
— Qu'est-ce que tu crois que tu fais. Commenta une douce voix en éloignant sa main du tiroir.
— Do-Dongyoung ? Fit l'alpha en ouvrant les yeux.
— Salut beau gosse. Salua le bêta en s'asseyant sur le lit.
Jamais Johnny avait été si heureux de sentir le matelas s'affaisser.
— Tu es venu... Murmura l'alpha en s'empressant de venir poser sa tête sur les cuisses de son partenaire.
Dongyoung sourit et caressa les joues chaudes de l'alpha avec tendresse.
— Tu es en ruts. Bien sûr que j'allais venir. Et au moins, comme ça, tu as une bonne raison de prendre un lundi de congé.
— Merde, oui, il faut que je prévienne le patron. Marmonna Johnny en cherchant son téléphone des yeux.
— Bah besoin, je lui ai déjà envoyé quelques messages. Tu n'as pas à t'inquiéter alpha... Ronronna Dongyoung en caressant le visage de Johnny.
L’alpha fondit dans les mains du bêta, et Dongyoung passa de longues minutes à lui caresser le visage pour le rassurer et lui prouver sa présence.
Puis finement, le bêta parla.
— J'ai pris un avion tôt le dimanche en Corée pour arriver tard le samedi au Canada... Je t'avoue que je souffre un peu du décalage horaire. Expliqua Dongyoung en tombant en arrière.
Johnny s'empressa de se déplacer pour prendre le bêta à bras le corps, le serrant fort contre lui. Il inspirait l'odeur de coquelicot et de bambou à plein poumon,
Son alpha se calma quelque peu une fois que Johnny se fut empli de l'odeur de son partenaire. La bouche de l'alpha vint trouver le cou du bêta, ses dents se refermèrent sur le cou de Dongyoung.
Sur ses glandes.
Le bêta le laissa faire, ce n'était pas une marque de revendication, juste un moyen pour l'alpha de se rassurer que Dongyoung était à lui.
Et Dongyoung n'allait pas se mentir, il aimait ça. Cela lui avait terriblement manqué. Ils avaient du temps à récupérer.
