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Il était une fois, sept Gryffondors qui se reposaient dans leur salle commune, riant, parlant et riant des chamallows au coin du feu. Remus Lupin lisait tranquillement dans l’un des sofas, et pensa en son fort intérieur que ça ne le dérangerait pas si la joyeuse cacophonie de discussions, de rires et d’espièglerie générale qui avait lieu autour de lui, devait rester la bande son de sa vie pour toujours.
Hélas! Tous les contes de fée doivent avoir un élément déclencheur - sans quoi il n’y aurait pas d’histoire à lire au coin du feu pour les jeunes hommes.
“Sirius,” dit Lily Evans, et Remus fut inconsciemment distrait de son livre, “t’as fini de lire le livre de contes Moldus que je t’ai prêté?”
“Presque. Je pensais, heu, le relire avec Remus” marmonna Black
“Oh?” dit encore Lily, et Remus n’était pas sûr d’aimer le ton de sa voix et garda sa tête résolument penché sur son livre, “pour une raison en particulier?”
“Et bien, tu vois, je suis pas sûr de tout comprendre, et j’ai besoin de notre Remus ici présent pour m’expliquer certaines des histoires.”
Sirius avait passé un bras au-dessus des épaules de Remus en parlant, et Remus dû forcer son visage à la neutralité, son coeur à la non-tachycardie, et sa voix à un ton traînant et sarcastique. “Ces histoires on été faites pour des petits enfants, Sirius, je suis sûr qu’elles correspondent à ton niveau de lecture - aussi bas qu’il soit.”
Sirius soupira dramatiquement. “Tu me blesses, Moony! Je t’informe que mon niveau de lecture est entièrement satisfaisant. Malheureusement j’ai bien peur de manquer du bagage culturel pour tout comprendre, tu sais, je ne suis qu’un sang-pur snob et inutile.”
Remus commit l’erreur de le regarder à ce moment-là. Le visage de Sirius était dangereusement proche du sien, et il arborait le demi-sourire qui signifiait regarde-moi, ne suis-je pas diaboliquement beau et terriblement charmant? Remus essaya de répondre avec son regard certifié tu n’es pas du tout aussi intelligent que tu ne le penses , et suspecta qu’il échoua spectaculairement.
“C’est vraiment pas si profond Sirius,” interpella Mary en distribuant des chamallows sur un bâton. “C’est juste des morales pour rendre les enfants sages en leur faisant peur. Le Petit Chaperon Rouge avertit les enfants de ne pas se promener seuls la nuit, Blanche-Neige leur dit de ne pas être vaniteux, Le garçon qui criait au loup de ne pas mentir, Le loup et les sept chevreaux de ne pas laisser entrer des inconnus…”
“Ça!” cria Sirius, à travers une bouchée de chamallows en agitant avec véhémence le bâton vers elle. “C’est quoi le problème des Moldus avec les loups? Les loups sont si dangereux dans le monde Moldu?”
Mary et Lily - les deux seules Nées Moldues de leur petit groupe - éclatèrent de rire.
“Le loup est une métaphore. Pour tout type de prédateurs,” expliqua Mary.
“Ou dans le cas du Petit Chaperon Rouge , pour le sexe. Les Moldus ne veulent pas que leurs filles aient des rapports sexuels. Tout ça est un peu sexiste, au fond.”
“Le loup c’est… le sexe?” demanda Sirius d’une voix légèrement étranglée.
Remus s’enfonça plus profondément dans les coussins du sofa, se préparant pour ce qui allait arriver.
“Bien sûr. C’est très logique,” dit James Potter, qui en savait autant sur les contes de fée Moldus que Remus en savait sur les feintes au Quidditch - c’est à dire, rien du tout. “Les loups sont des créatures très sexy.”
“Ouais,” ajouta Peter avec conviction, “tout le monde sait que les loups sont canon.”
“Si moi-même je n’était pas complètement amoureux de Lily,” continua James “Je suis sûr que je pourrais être persuadé d’embrasser un loup.”
“Tous ceux que je connais qui ont embrassé un loup se sont toujours déclarés satisfaits de l’expérience” dit Peter sagement.
Mary et Marlène les regardaient avec perplexité, Lily cachait son demi-sourire derrière sa main, et Remus leur lança un regard furieux de derrière son livre, mais ça ne semblait pas les dissuader.
“Et bien, je pense que c’est des conneries,” déclara fermement Sirius, à la surprise générale. “Les loups ne sont pas - ils ne sont pas - des prédateurs sexuels. Ce sont des animaux majestueux, qui - qui sont très grégaires, en fait, même s’ils ne le paraissent pas et qui - qui ne feraient pas de mal à une mouche.”
Sirius s’était éloigné de Remus en parlant et était assis très droit sur le canapé, bras croisés sur sa poitrine, fixant ses amis d’un air provocateur comme pour les mettre au défi de dire quoi que ce soit contre l’animal injustement calomnié.
Oh non, pensa Remus, vaguement, en regardant son ami serrer les dents obstinément. C’est au moins deux mois de progrès à la poubelle .
Vous voyez, il se trouve que Remus Lupin avait deux énormes, terribles secrets jalousement gardés. Le premier, bien-sûr, c’est qu’il était un loup-garou. Le deuxième, c'est qu’il était désespérément, irrémédiablement amoureux de son meilleur ami Sirius Black.
Il avait plus ou moins - parfois plutôt moins que plus - accepté le premier. Après tout, il avait eu plus de douze ans pour s’y habituer; et le soutien inébranlable de ses amis Lily, James, Peter et Sirius avait fait des merveilles pour l’aider à reconnaître qu’il n’était pas à blâmer s’il se transformait en un monstre assoiffé de sang tous les mois.
Cependant, il refusait absolument, résolument, définitivement d’admettre le second secret. Quel était le but de s’attarder sur un petit crush idiot qui allait rapidement disparaitre de toute manière?
Peu importe que cela face trois ans et qu’il ne soit toujours pas parti. Tous les quinze jours environ, Remus réussissait à se convaincre qu’il était bien en chemin d’oublier son ami. Il jetait un regard au bazar que Sirius laissait dans leur dortoir, ou il lui lançait un regard assassin quand il avait de meilleurs notes que lui en travaillant moitié moin, ou il le regardait avec dégoût quand il parlait la bouche pleine, et se réjouissait quand il sentait l’agacement remplacer la tendresse indésirable dans sa poitrine.
Et puis, tous les quinzes jours environs, Sirius faisait quelque chose de complètement héroïque , ou ridicule ou charmant - comme lui acheter une quantité irréaliste de chocolat de chez Honeydukes, ou lui passer des cours, écrits avec soin, pleins de petits dessins marrants et d’annotations utiles après une pleine lune, ou, par exemple, défendre haut et fort la réputation des loups - Remus se sentait retomber amoureux encore une fois.
“Bon,” dit Lily rapidement, brisant le silence abasourdi qui avait suivi l’éclat de Sirius, “je peux récupérer ce livre Sirius? Je voudrais le feuilleter pour trouver des idées de costumes pour Halloween.”
Merveilleuse, magnifique Lily, qui savait le premier secret de Remus depuis des années et qui attirait toujours l’attention loin des sujets sensibles comme les loups, la lune, et les maladies mystérieuses; qui le remplaçait dans ses patrouilles de Préfet; qui se relayait avec ses camarades de dortoir pour prendre des notes pour lui quand il était malade; qui n’était rien d’autre qu’un ange sur Terre.
“T’inquiètes pas,” ajouta-t-elle avec un sourire angélique dirigé vers Sirius, “je serai pas très longue avec. Je te le rendrai et toi et Remus pourrez le lire ensemble. Tu savais que c'était censé être des histoires du soir?”
Méchante, malfaisante Lily, qui savait l’autre secret de Remus avant que Remus ne le sache lui-même et qui faisait constamment des allusions à moitié dissimulés et des commentaires pas-si-innocents; qui sapait à plusieurs reprises les efforts de Remus pour oublier Sirius en montrant du doigt toutes les choses gentilles que Sirius faisait pour lui; qui inventait des manières de leur faire passer du temps tous seuls tous les deux; qui n’était rien qu’une traîtresse et une fauteuse de trouble.
“Je pense que je serais Cendrillon,” dit Lily distraitement en feuilletant le livre de contes que Sirius avait invoqué à contre-coeur depuis leur dortoir.
“Oh! Cendrillon a un prince pas vrai? Je peux être le prince?” demanda James avec excitation, se rapprochant de sa copine pour la contempler.
“Et - Et bien, tu peux être ce que tu veux, James. T’as pas besoin de ma permission,” murmura Lily, une rougeur délicate s’étirant sur ses joues.
“Ooooh, un déguisement de couple, trop chou,” la taquina Mary, faisant rougir Lily encore plus.
“Je veux faire ça moi aussi,” dit Marlène d’un air rêveur. “Je pense que Dorcas serait d’accord.”
“Désolée de te décevoir, Marls, mais je ne pense pas qu’il y ait des histoires lesbiennes là dedans,” dit Mary, soudain mécontente.
Marlene haussa juste les épaules. “Dorcas peur être une princesse ou ce qu’elle veut, et je serai le prince. Ou peu importe. ça me dérange pas.
“Ouais!” cria James avec excitation. “On sera tous les deux des princes!”
“Oh donc c’est un costume de groupe maintenant,” dit Lily avec ironie pendant que James et Marls faisaient un check compliqué perfectionné au cours de beaucoup d'entraînements de Quidditch.
“Okay, je le fais,” dit Mary. “Pete? Sirius?”
“D’accord,” dit Pete.
Okay, mais je veux aussi faire un déguisement de couple,” répondit lentement Sirius. “Moony, est-ce -”
“Non,” répondit Remus sans même lever le nez de son livre. Il mentirait s’il disait que son coeur n’avait pas fait un petit saut en entendant la suggestion, mais faire un costume de couple avec Sirius était plus que ce que sa santé mentale pouvait endurer. En plus, il était certain que Sirius voudrait que ce soit lui la princesse, et il n’avait pas envie de porter une robe. Il n’avait pas besoin de montrer toutes ces nombreuses cicatrices, merci bien.
“T’as même pas attendu de savoir ce que serait le déguisement!”
“Toujours pas,” dit-il fermement, et il tourna la page. (Le fait qu’il ai arrêté de prêter attention à son livre il y a trois pages n’était pas important.)
“Et bien, qu’est-ce que tu vas être, du coup, Rem?” demanda Lily.
Il leva la tête pour voir six visages pleins d’espoir le regarder. Il grommela. “Je suis obligé ?
“Oui,” dit James avec emphase. “Tout le monde va le faire!”
Remus lui lança un regard assassin, mais il savait qu’il ne fallait pas résister aux idées stupides de James. Il arracha le livre de contes de fée des mains de Lily avec un soupir de martyr. “ Okay . Je serai le narrateur. Je vous suivrais toute la soirée en narrant tout ce que vous faites, et vous vous en voudrez de m’avoir entraîné là dedans.”
Et, oh, le voici: l'Élément Déclencheur. Sans le savoir, Remus Lupin venait de devenir Narrateur, Entremetteur, et Protagoniste réticent de cette histoire.
~*~
La Petite Sirène
Nick Quasi-sans-tête dû regarder à deux fois, et faillit devenir Nick Complètement-sans-tête en le faisant, à cause d’un événement très rare qui était arrivé dans la très décorée salle commune de Gryffondor: Remus Lupin était en avance à une soirée.
Ne vous y trompez pas cher lecteur; cette ponctualité inhabituelle ne venait pas d’une hâte de la part de Remus.
Non, il était tout simplement le premier de ses amis à être prêt, car son déguisement consistait seulement de ses vêtements habituels et du petit livre de contes de fée qu’il avait calé sous son bras.
Il aurait été très content d’attendre dans son dortoir, mais Sirius l’avait chassé sous prétexte que son déguisement super-secret et mystérieux devait absolument rester super-secret jusqu’à la dernière minute. Remus n’avait fait absolument aucun effort pour découvrir ce que le déguisement était, parce que Sirius clamait haut et fort à qui voulait l’entendre, que, lui aussi, viendrait à la soirée en déguisement de couple. L’identité de sa partenaire restait inconnue de tous, mais Remus n’avait aucun doute qu’il avait trouvé quelqu’un pour se déguiser avec lui. En réalité, Remus était convaincu que la moitié des filles de leur année aurait été d’accord pour se déguiser en troll des montagnes si ça signifiait être le troll des montagnes de Sirius Black.
Donc Remus était là, dans son jean et son pull, boudant dans un fauteuil, quand les premiers invités arrivèrent.
“Remus! Comment tu trouves mon déguisement?” demanda avec excitation l’une des invités susmentionnés.
Remus, à demi éblouit, cligna des yeux devant l’éclatante, brillante, pailletée Dorcas Meadowes devant lui.
“Salut, Cas. Tu es… Tu es la Petite Sirène?”
“Oui! Par contre je suis pas sûre de à quoi les Moldus pensent que les sirènes ressemblent, et Pandora à insisté pour utiliser le plus de doré et de paillettes humainement possible, alors… t’en penses quoi?”
Dorcas portrait une sorte de brassière dorée à sequins qui couvrait sa poitrine et pas grand chose d’autre, et une jupe assortie qui serrait ses cuisses très étroitement avant de s’élargir en bas pour ressembler à des nageoires. Pandora savait évidemment ce qu’elle faisait. Les grands sequins étaient une asser bonne imitation des écailles d’une sirène, et le résultat avait définitivement l’air de quelque chose qui pourait suffisamment distraire un homme hétéro pour qu’il coule son bateau.
“Dorcas,” dit-il faiblement. “Est-ce que Marlène a déjà vu ce déguisement?”
“No, c’est une surprise! Tout ce que je lui ai dit c’est qu’elle devait être un prince, et de porter du doré. Pour qu’on soit assorties.”
“Et bien, c’est… Un très bon déguisement. Félicitations.”
“Merci.” Dorcas fronça les sourcils. “Où est ton déguisement?”
“Je suis le narrateur,” répondit Remus innocemment, levant son livre pour preuve.
Dorcas n’était pas impressionnée, et plissa les yeux. “Qu’est-ce qu’il te faut pour abandonner ce personnage studieux et innocent, Remus?”
“Je sais pas de quoi tu parles. Je suis studieux et innocent.”
“Je t'interdis d’insulter mon intelligence, Remus Lupin! Tu trompes peut-être la majorité de Poudlard, mais je sais que tu es le cerveau derrière la plupart des canulars de tes amis idiots. Et je réussirai à ce que tu te laisses aller ce soir même si c’est la dernière chose que je fais.”
“Oh regarde, Marlène est là!” s’exclama Remus, pointant du doigt derrière l’épaule de Dorcas.
Dorcas ricana, mais se retourna quand même. “Comme si une diversion si évidente allait marcher sur - oh .”
Oh, en effet. Marlène, Mary et Lily descendaient les escaliers de leur dortoir, bien que Remus était certain que Dorcas n’avait même pas remarqué les deux dernières.
Marlène portait un pantalon près du corps à taille haute, des bottes de cavalier en cuir, une chemise blanche bouffante qui était ouverte tellement bas que ça aurait été indécent même sur un homme, et un long manteau brodé d’or. Une mince couronne dorée reposait sur le dessus de ses cheveux blonds et courts.
“Gblrf,” dit Dorcas, de manière éloquente.
Et, après avoir repris ses esprits, doucement et scandalisée: “Remus. Je suis lesbienne . Pourquoi je trouve que ma copine habillée en homme est tellement sexy ?”
“Et bien, s’habiller comme le genre opposé c’est sexy, j’imagine,” dit Remus, de manière réconfortante. “Pas besoin d’avoir une crise d’identité à cause de ça.”
“Oh, salut,” dit Marlène, apparemment essoufflée après l'effort ardu de descendre quelques escaliers. “Tu… Heu. C’est… wow. En quoi tu es, heu, déguisée?”
“Je… Toi… aussi. Wow. Enfin…,” répondit Dorcas.
“Dorcas est la Petite Sirène. Ce qui explique pourquoi elle vient de perdre sa voix, j’imagine,” Remus ajouta à l’intention de Marlène. Quelqu’un devait faire la conversation. Avec de vrais mots.
“Quoi?” Marlène cligna des yeux, n’ayant apparemment remarqué sa présence que maintenant. Ou peut-être son existence. Ou peut-être l’existence de quoi que ce soit qui n’était pas Dorcas.
“Tu sais, la Petite Sirène? Qui a sacrifié sa voix pour être avec son prince?”
“Quoi?”
“Vous ne… connaissez pas l’histoire?”
“Apparemment pas,” dit ironiquement Mary derrière lui. “Eh bien, tu es le narrateur Remus. Vasy.”
Remus lui lança un regard mauvais, mais il ne pouvait pas nier qu’il l’avait cherché.
“Il était une fois,” soupira-t-il. “Une belle sirène nommée Dorcas, qui vit un très beau prince sur son bateau et tomba immédiatement amoureuse de lui. Peu après, il y eut une violente tempête; le bateau sombra, et Dorcas sauva le prince, l’amenant sur la berge pour qu’il ne se noie pas. Depuis ce jour, elle désirait ardemment le revoir; mais comment? Il ne pouvait pas vivre sous l’eau dans les cachots de Serpentard, et elle ne pouvait pas vivre sur les terres de Gryffondors. Elle décida donc d’aller chez - heu - le sorcier Slughorn, qui lui donna une potion contre sa magnifique voix.”
“Je veux pas qu’elle perde sa voix,” protesta Marlène. “C’est triste. Qu’est-ce qui arrive ensuite? Comment elle récupère sa voix?”
“Et bien.” Étrangement, Remus suspectait fortement que Elle ne la récupère pas, et regarde le prince épouser quelqu’un d’autre et meurt , ne serait pas une réponse très appréciée.
“Le beau prince - dont le nom était Marlène - tomba amoureux d’elle, lui apprit à marcher et à reparler, et il vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants,” mentit Remus.
“Oh c’est une assez belle histoire,” dit Marlène. “Je sais pas pourquoi je pensais que ces contes étaient effrayants.”
“Ça me dépasse,” répondit Remus avec légèreté.
“Donc comment j’apprend à Dorcas à parler et à marcher? Parce qu'elle m’a l’air encore un peu cassée.”
“pas cassée,” marmonna Dorcas, son regard perdu quelque part bien au-dessous des yeux de Marlène.
“Ah, je connais la réponse à ça, en fait,” dit Mary en souriant. Elle se mit sur la pointe des pieds pour chuchoter quelque chose à l’oreille de Marlène. Remus vit les yeux de Marlène s’agrandir, et ses joues devenir pourpres, et son regard se promener le long du déguisement de Dorcas.
“Okay,” dit-elle d’une voix légèrement rauque. “Ouais, je peux faire ça. Viens, Dorcas, on a besoin, heu - de l’antidote - dans mon dortoir - je veux dire, dans ma malle - ah, mais tu peux pas marcher - heu…”
Remus et Mary regardèrent le Prince Marlène prendre sa sirène de petite amie dans ses bras et la porter en haut des escaliers. Remus aurait juré qu’il vit Dorcas lever son pouce vers lui derrière le dos de Marlène.
“Et elles vécurent heureuses et s’embrassèrent beaucoup,” conclut joyeusement Mary.
~*~
Le Petit… (interrompu)
“Ah, bien, tout le monde est là,” approuva James quelque part derrière Remus.
Remus se retourna, mais il oublia immédiatement ce qu’il allait dire. à côté de James était Sirius, dans une robe blanche très courte à volants, des chaussettes hautes blanches à volants, et une cape à capuche rouge. Il souriait timidement et tenait un panier en osier avec les deux mains, il avait l’air presque réservé. Il était aussi incroyablement sexy.
“Salut,” dit-il presque timidement.
“Salut,” balbutia Remus.
“T’aimes mon déguisement, Moony?”
“Je,” commença Remus. Puis il se demanda brièvement si c’était lui qui avait bu une potion bizarre par accident, parce qu’il ne semblait pas capable de prononcer un mot de plus, même si sa vie en dépendait.
“Je… Dois y aller,” murmura-t-il enfin. “Peter - heu- là bas - a besoin de moi.”
Et, en s'échappant rapidement, il essaya de ne pas s'attarder sur les sourcils froncés et l’expression douloureuse de Sirius.
~*~
Hansel et Gretel
Remus trouva du soulagement, loin de Sirius, dans un coin de la salle commune où Peter réconfortait une invitée Serpentard qui avait l’air abattue.
“C’est embarrassant,” murmurait Desdemona. “Je savais pas qu’il y avait un dress code!”
“Il y en a pas vraiment un,” répondit Peter. “Mes amis et moi on a juste décidé de faire un déguisement de groupe et puis…”
“... Tout le monde a suivi,” conclut Desdemona, le regard se promenant dans la salle commune bondée où la plupart des élèves étaient déguisés en différents personnages de contes Moldus ou sorciers - ou, pour certains, un mélange bizarre des deux.
“Et bien, plein de contres Moldus ont des sorcières,” aida Remus. “Tu peux être l'une d'entre elles.”
“Oh, oui! D’ailleurs, je pense qu’il y a une sorcière dans mon histoire,” dit Petre en agitant un sucre d’orge. “Tu pourrais l’être.”
“T’es sensé être qui exactement, Pete?” s’enquit Remus.
Peter portrait, d’après ce qu’il pouvait voir, des vêtements normaux; il avait juste remplit ses poches avec autant de bonbons que possible (Remus suspectait qu’un sortilège d'extension particulièrement bien exécuté avait été utilisé) et il avait passé son temps à offrir des sucres d’orges et des chamallows à qui en voulait bien.
“Le gars dans le conte Allemand. Avec la maison en pain d’épice,” dit Peter en sortant fièrement une maison en pain d’épice de sa poche.
“Aaah, Hansel et Gretel.”
“Oui. Celle-là.”
“Ça à l’air intéressant. C’est quoi l’histoire?” demanda Desdemona en prenant la tuile en pain d’épice que Peter lui offrait gracieusement.
Elle et Peter se tournèrent vers Remus avec espoir.
“Oh, vraiment?” Grogna- t-il.
Puis, comme Peter et Desdemona hochaient tous les deux de la tête impatiemment et s'asseyaient confortablement sur le rebord de la fenêtre avec une réserve de sucres d’orge et un regard innocent:
“Bien. Il était une fois, un frère et une sœur nommés Hansel et Gretel qui furent abandonnés dans la Forêt Interdite. Comme ils avaient perdu leur chemin, ils marchèrent jusqu'à trouver une adorable petite maison faite entièrement de pain d'épices et de bonbons. Ils étaient affamés et étaient énormément soulagés de trouver la maison, qu'ils commencèrent immédiatement à manger. Malheureusement, la maison appartenait à une méchante sorcière -”
“Pourquoi la sorcière serait méchante?” dit Desdemona en fronçant les sourcils. “Oh, je vois. Juste parce que je suis à Serpentard. Typique.”
Peter lança un regard mauvais à Remus, qui revint sur ses mots de manière peu gracieuse: “Non, je veux dire, une - heu - sorcière normale.” Et, comme Desdemona boudait et Peter fronçait les sourcils: “Une très jolie, très gentille sorcière.”
“Qu’est-ce qu’elle a fait?”
“Et bien, au début elle était très fâchée contre Hansel et sa sœur - et avec raison - pour avoir mangé sa maison.”
“Oops,” murmura Peter avec un regard coupable vers la maison en pain d'épices à demi mangée.
Desdemona n'eut pas la même réserve, et cassa un morceau de mur sans gêne. “C’est vraiment très bon. T’as demandé aux Elfes de Maison de la faire?”
“Oh, non, je ferait jamais ça! Ils ont déjà suffisamment de travail comme ça. Non, je l’ai faite moi même. Ils me laissent utiliser la cuisine de temps en temps.”
“Oh, wow,” dit Desdemona en ouvrant de grands yeux impressionnés. Les joues de Peter prirent une délicate teinte de rose.
Remus commençait à se demander comment faire une sortie discrète quand elle se retourna vers lui et l’invita à continuer: “Alors, continue. Qu’est ce qui s’est passé? Elle lui a jeté un sort?”
“Heu… Non, elle et Hansel-Peter décidèrent de… heu… réparer la maison. Donc ils s’enfoncèrent plus profondément dans la forêt pour trouver plus de pain d'épices, qu’ils trouvèrent dans… les cuisines de Poudlard. Ils trouvèrent les Elfes de Maison, qui avait étés réduits en esclavage par une vraie méchante sorcière, et ils commencèrent un soulèvement. Puis Hansel, la sorcière et les Elfes de Maison construisirent un château en pain d’épice, et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.”
“Je savais pas qu’il y avait des Elfes de Maison dans les histoire Moldues,” commenta Peter distraitement.
“Et bien, j’ai fait quelques petits changements,” murmura Remus.
“Tu sais, je suis jamais allée aux cuisines,” dit Desdemona à personne en particulier.
La tête de Peter se tourna vivement vers elle. “Vraiment?”
“Bien sûr que non! Je suis une élève innocente qui suis le règlement,” répondit-elle en le regardant à travers ses longs cils.
“Et bien, on doit définitivement y remédier. On pourrait - heu - faire passer tout ce pain d’épices avec du chocolat chaud.”
“Ça à l’air merveilleux,” dit Desdemona rêveusement. “Mais, et si on se fait prendre?”
Peter se mordit la lèvre. “Tu crois que Prongs me laisserait emprunter la Cape?” chuchota-t-il à Remus.
Remus haussa les épaules. “Ça coute rien d’essayer.”
Peter était debout l’instant d’après. “Ne bouge pas,” dit-il à Desdemona. “Je reviens tout de suite!”
“Bien sûr,” répondit Desdemona, qui lui faisait les yeux doux.
Elle et Remus se retrouvèrent à attendre inconfortablement ensemble - ou plutôt, Remus était inconfortable; Desdemona avait l’air très heureuse et continuait de grignoter son sucre d’orge et puis se fendit d’un sourire malicieux qui n’avait rien à voir avec les sourires doux et innocents qu’elle faisait à Peter.
“Tu savais, Remus, que je suis une Sang-Mêlé?”
“Je… ne le savais pas.”
“Oui. Mon père - mon parent Moldu - me lisait des contes de fée tout le temps.” Elle haussa un sourcil de manière moqueuse. “C’est marrant, je me rappelle pas du tout que Hansel et Gretel étaient comme ça.
“Et bien.” Remus rougit un peu en étant pris la main dans le sac, puis plissa des yeux et la jaugea du regard. “Tu as l’intention d’utiliser les cuisines de Poudlard pour cuisiner et manger Pete?”
“Le cuisiner? Non. Le manger? Ça dépend de ta définition de manger. Et si il en a envie.”
“Oh mon Dieu,” murmura Remus, et il décida à ce moment-là qu'il en avait entendu plus qu'assez. Desdemona rit joyeusement en le voyant s’en aller, et il demanda rapidement à l’univer de protéger l’âme et la santé mentale de Peter - les sorcières étaient méchantes, conclut Remus.
~*~
Le Petit Chap… (interrompu encore)
Remus regarda - depuis une bonne distance - un Peter radieux prendre Desdemona par la main et l'emmener jusqu'au portrait de la Grosse Dame. James avait apparemment décidé d’être généreux avec sa cape, et Remus pensa qu’ils ne verraient plus ( ha ) Peter pour le reste de la soirée.
“C’est là que tu te caches,” grommela Sirius, le sortant de ses réflexions. “J’aurais bien aimé un peu d’aide avec la musique, Alice essayait de mettre du Joan Baez. Joan Baez, Remus! Ça casse trop l'ambiance!”
“Et bien, tu y a remédié apparemment,” dit Remus avec un sourire retenu. La musique en cours était The Sex Pistols.
“Pas grâce à toi,” marmonna Sirius. “Bref. Tu veux une clope?”
Remus hésita. Une clope signifiait quitter la sécurité relative de la salle commune pour trouver un endroit près d’une fenêtre ouverte; ce qui signifiait, probablement, être seule avec Sirius; ce qui signifiait, certainement, mourir d’une crise cardiaque causée par les vêtements féminins de Sirius.
“Tu devrais pas être avec ton date?” demanda-t-il, essayant de garder une voix naturelle.
Sirius eut l'air perplexe. “Quoi?”
“Quoi?” répondit Remus en retour.
Cette conversation brillante fut heureusement interrompue par un classique Lily ex machina .
~*~
Cendrillon
“Remus! Donne moi ton pull, vite!” dit une Lily salvatrice, déterminée, aux yeux brillants, en poussant Sirius sur le côté sans pitié.
“Quoi? Pourquoi? T’as froid?”
Remus la regarda de haut en bas suspicieusement. Elle portait une robe de bal vert bouteille dont Remus était presque sûr que c’était la même robe qu’elle avait porté au bal de Noël l’année précédente. Elle laissait ses bras découverts, et Lily aurait pu logiquement avoir froid dedans - s’ils n’étaient pas en ce moment même dans une salle commune fermée et bondée remplie de beaucoup trop de gens bourrés
“Non! Il est minuit, et ma robe est censée se transformer en haillons!”
“Est-ce que tu viens de traiter mon pull de haillons ?” s'indigna Remus.
“Steuplait?”
Remus grogna et souffla et grommela - et accepta, comme Lily savait qu’il ferait. Il la regarda passer son pull, qui était comiquement trop grand pour elle, et puis remonter sa robe pour enlever une de ses chaussures. Qui n’était pas une pantoufle de verre, remarqua Remus, mais une Converse.
“Où est James?”
“Heu. Là-bas,” dit-il, pointant du doigt vers la piste de danse où un James très peu coordonné essayait de faire tourner Mary sous son bras.
“Hé! Potter! Attrape!”
Le volume de la musique et des discussions n'aurait pas dû rendre possible à James - ou quiconque d’autre - de l’entendre; mais James Potter fonctionnait avec un radar à Lily Evans depuis des année, et il se tourna juste à temps pour utiliser ses réflexes de Poursuiveur pour attraper la chaussure que Lily lui avait lancée.
Remus pensa que c’était une utilisation de chaussures plutôt irresponsable et très peu Lily-esque, et il se tourna vers elle en désapprobation; mais elle lui avait déjà tourné le dos et montait les escaliers quatre à quatre.
James abandonna Mary sans vergogne et avança vers Remus, tournant la chaussure dans ses mains. Il avait depuis longtemps enlevé son manteau de prince et portait le même genre de chemise bouffante et de pantalon taille-haute que Marlène, ainsi qu’une couronne en équilibre précaire. Remus remarqua avec tendresse que la couronne était incrustée avec de fausses (ou c’est ce que Remus pensait, mais on ne pouvait jamais savoir avec James Potter) émeraudes qui auraient complété magnifiquement la robe et les yeux de Lily - si elle avait été à portée de vue.
“Heu. Je crois que Lily vient de me lancer sa chaussure.”
“Elle l’a fait,” confirma Remus avec résignation.
“Oh, c’est bien. Je deviens pas fou alors. Heu. Pourquoi elle a fait ça?”
“Bah, elle est Cendrillon, et t’es son prince?”
James le regarda d’un air penaud derrière ses lunettes. “Je pense que ça m’explique pas autant que tu le pense, Moony.”
Remus lui lança un regard mauvais. “Est-ce que personne n’a essayé d’en apprendre sur les personnages qu’ils incarnent?”
“Et bien, non. On a pas besoin, on a un narrateur pour tout nous expliquer, tu te rappelles?”
Reus ne fit même pas semblant de ne pas vouloir cette fois. Au lieu de ça , il chassa deux troisième années - qui auraient dû être au lit depuis longtemps de toute manière - et pris leur place dans le sofa le plus proche.
“D’accord. Il était une fois, une très jolie, très gentille jeune fille qui s'appelait Lily, et qui vivait sous la tyrannie de sa méchante belle-sœur Pétunia. Un jour, le prince - James - décida d’organiser un bal et invita toutes les femmes du royaume, avec l’intention de trouver une femme. Lily travailla très dûr pour fabriquer une magnifique robe à Pétunia, et s’en fabriqua aussi une à elle-même en secret. Malheureusement, Pétunia la vit dans sa robe, et vit que Lily était plus belle qu’elle. Elle détruit la robe le jour précédant le bal, laissant Lily pleurer pendant qu’elle s’amusait au bal.
James serra les dents. “Quelle pu-”
“MAIS,” Remus continua avec empressement, “la fée marraine de Lily, heu, Minnie McGonagall, métamorphosa ses haillons en une magnifique robe et sa citrouille en carrosse. Lily pouvait aller au bal, où elle et le Prince James se rencontrèrent, dansèrent, et tombèrent amoureux immédiatement.”
“Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants?”
“Pas encore. Tu vois, le sort de McGonagall ne devait durer que jusqu'à minuit. Quand la robe de Lily commença à se transformer, elle ne voulait pas que James la voit dans ses haillons habituels, et elle s’enfuit, laissant derrière elle une des ses pantoufles de verre.” Remus fit un geste envers la chaussure que James tenait toujours avec respect. “Le prince fit alors le tour de son royaume, faisant essayer la pantoufle à toutes les jeunes femmes jusqu'à ce qu’il trouve Lily, à qui la chaussure allait parfaitement. Ils se marièrent, et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.”
“Je comprends pas,” dit James en fronçant les sourcils. “Pourquoi le prince avait besoin d’une pantoufle? Il ne pouvait pas juste - la chercher d’une manière normale?”
“Et bien, il ne l’aurait pas reconnu autrement. Elle portait ses vêtements de servante.”
James leva les sourcils. “Quel sorte d’imbécile est-il s’il ne peut pas reconnaître l’amour de sa vie parce qu’elle a changé de vêtements?” demanda-t-il, incrédule.
“C’est… Un bon argument, en fait.”
“Et puis quoi encore? Je vais la retrouver, chaussure ou pas chaussure.”
James se mit debout sans ménagement sur le sofa, scannant la salle commune avec concentration, puis se rassit à côté de Remus. “Heu. T’as une idée de où elle est allée?”
“Assez sûr qu’elle est allée dans notre dortoir,” dit Remus sans grande conviction.
“Oh,” dit James, sourcils froncés.
Puis: “ Oh ,” dit James, les yeux pleins d’étoiles.
Puis: “Heu. Moony. Tu t’amuses bien? C’est une bonne soirée, pour toi?”
“En fait, ouais, je m’amuse pas mal,” répondit honnêtement Remus.
“Bien. Super. Parfait. Continue à apprécier la soirée, okay? Peut-être ne - ne monte pas tout de suite au dortoir?”
Remus leva les yeux au ciel, et s’enfonça plus profondément dans le canapé. Avec Marlène et James partis tous les deux, la soirée devrait logiquement se calmer, et peut-être se terminer bientôt.
~*~
Le Petit Chaperon… (interrompu pour la troisième fois)
“Siriuuus!” beugla une Mary apparemment un peu trop alcoolisée, et Remus de cacha derrière le dossier du canapé pour ne pas être remarqué.
“Pourquoi cette mine renfrognée? C’est une soirée!” disait Mary.
La voix de Sirius répondit. “Je suis presque sûr que Remus m’évite.”
Un soupir exaspéré. “Oh, Sirius. Qu’est-ce que t’as fait?”
“Je crois que mon déguisement l’a énervé.”
“Pourquoi?” demanda Emmeline Vance. “Je trouve ça mignon moi.”
“C’est… heu… compliqué.”
“C’était pas sensé être un déguisement de couple, d’ailleurs?” demanda Mary. “T’es venu avec qui?”
Remus resta gelé sur place. Il n’était pas sûr qu’il voulait entendre ça . Mais en même temps, il avait très envie de savoir. Et puis c’était pas comme s’il avait le choix, vraiment; c’était pas sa faute si Sirius, Mary et Emmeline étaient en train d’avoir cette conversation à quelques mètres de lui… Okay c’était peut être sa faute de s’être caché…
“Oh, j’adore cette chanson! Vient Mary, on va danser!” interrompit Emmeline en entendant les premières notes de Dancing Queen. Elles trébuchèrent vers la piste de danse improvisée, Sirius s’éloigna (peut être pour regagner le contrôle du tourne-disque), et Remus ne savait pas s’il était soulagé ou déçu.
~*~
La Princesse et le Dragon
“Par Merlin, Emmeline, c’est des vraies écailles de dragon?” demanda Remus quand Emmeline et Mary s’étalèrent dans le canapé à côté de lui, étourdies et essoufflées d’avoir dansé sans s'arrêter.
“Peut être qu’elles le sont, ou peut être qu’elles ne le sont pas,” répondit Emmeline mystérieusement avant de se lever pour tourner sur elle-même et battre des ailes. “Ne suis-je pas un dragon impressionnant?”
“Très impressionnant,” confirma Remus, observant le déguisement légèrement terrifiant. “Boutefeu chinois?”
“Exactement! Où est ton déguisement, d’ailleurs?”
“Je suis le narrateur,” répondit Remus d’un air hébété pour ce qui semblait être la millième fois de la soirée.
Mary pinça les lèvres. Elle avait rendu son aversion pour le déguisement de Remus - ou, selon elle, absence de déguisement - très claire au cours des derniers jours. “Oui, parce que c’est connu que les narrateurs à l’époque portaient des T-shirt Led Zeppelin,” remarqua-t-elle sèchement. “Où est ton pull?”
“Probablement en train d’être enlevé du corps de Lily par James en ce moment même,” murmura Remus, et il fit la note mentale de brûler le pull plus tard.
Les deux filles pouffèrent de rire, et Remus observa la robe à manches bouffantes de Mary avec attention. Elle était du même rouge cramoisi que les écailles de la robe d’Emmeline; la couleur leur allait à toutes les deux, faisant ressortir le teint sombre de Mary et se reflétant sur les cheveux noirs et brillants d’Emmeline. “T’es quelle princesse, Mary?”
“Oh, une princesse générique dans un conte générique. Juste une histoire normale de princesse et de dragon,” répondit Mary avec un regard rapide vers Emmeline que Remus ne sût pas exactement comment interpréter.
“C'est un déguisement de groupe alors? Où est le prince?”
Emmeline et Mary échangèrent un autre regard chargé et mystérieux. “En fait, tu sauras qu’il n’y a pas de prince dans cette histoire, Remus,” dit Emmeline avec légèreté.
“Oh. Oh ,” murmura Remus.
“Oui,” dit Mary, étrangement silencieuse et nerveuse.
“Oui,” dit Mary, étrangement silencieuse et nerveuse.
Remus lui fit un sourire radieux. “Ah, ça c’est une histoire que j’aimerai entendre. Ça a l’air beaucoup plus intéressant que toutes les autres histoires que j’ai entendues ce soir.”
“C’est toi le narrateur,” lui rappela Emmeline.
Remus se mordit la lèvre. Mary le regardait toujours incertainement; Emmeline regarda autour d’eux avant de poser sa tête sur l'épaule de Mary et lui fit signe de parler.
“Okay alors, je vais essayer.”
“Fait en sorte qu’elle soit bien,” chuchota Mary en posant sa tête sur celle d’Emmeline.
“Il était une fois, une magnifique princesse du nom de Mary. Étant une princesse, il était attendu d’elle qu’elle épouse un jour un beau prince, et qu’elle ai de magnifique enfants. Mais Mary ne voulait pas se marier. Elle préférait les livres, et les Sortilèges, et le Soin aux Créatures Magiques. Finalement elle devint zoologiste, et voyagea dans le monde entier à la recherche de dragons. Ses voyages l'emmenèrent jusqu'en haut de la tour de serdaigle à Poudlard, où elle rencontra une dragonne très inhabituelle.”
“Comment était-elle inhabituelle?” demanda Emmelie, sa curiosité piquée.
“Et bien, cette dragonne - qui s'appelait Em - se fichait de la compagnie des autres dragons; et au lieu d'amasser de l’or, elle amassait toute une bibliothèque de livres. Elle et Mary se rapprochèrent grâce à leur amour commun de la littérature, et tombèrent vite amoureuses.”
“C’est un peu ce qui s’est passé, en vrai,” dit Mary avec un petit rire timide.
“Hélas,” continua Remus solennellement, “la rumeur s’était répandue à Pré-au-Lard que la dragonne avait enlevé la princesse et la gardait en otage en haut de sa tour. Un tueur de dragons nommé - heu-”
“Mulciber,” fourni Emmeline d’un air sombre.
“Un tueur de dragons nommé Mulciber fut envoyé à la tour de Serdaigle pour battre la dragonne. Heureusement, il manquait d’esprit, et il ne put pas passer l’énigme. Mary et Em eurent le temps de préparer un plan pour riposter: elles métamorphosèrent les escaliers en un toboggan géant, et Mulciber glissa jusqu’aux donjons, où il pourrit encore à ce jour. Mary et Em restèrent dans leur tour, profitant de la compagnie de l’autre et lisant des livres, et elles vécurent heureuses et eurent beaucoup d’enfants.”
Le silence tomba autour d’eux, et Remus réalisa que la plupart de la salle commune était vide. Emmeline et Mary se tenaient maintenant la main et avaient l’air absolument adorables.
“C’était une merveilleuse histoire. Merci, Remus,” dit Emmeline, et elle se redressa pour lui planter un bisous sur la joue.
“Ton déguisement n’est peut être pas si mal après tout,” concéda Mary d’un ton bourru.
“Et bien, je pense que j’en ai fait un bon usage,” répondit Remus avec un clin d'œil.
~*~
Le Petit Chaperon Rouge
Mary et Emmeline partirent après l'aveu qu’elles n’étaient pas encore prêtes à rendre leur relation publique, et la promesse de Remus que leur secret était en sécurité avec lui. Il resta à siroter sa Bièraubeurre et à penser à l’épreuve qu’était avoir un camarade de dortoir dont la copine refusait de baiser dans des placard à balais et insistait pour accaparer leur dortoir.
“Pourquoi,” demanda Sirius avec légèreté, “t’es pas encore couché, et pourquoi j’ai vu James monter les escaliers de notre dortoir en courant comme si sa vie en dépendait?”
Remus leva les sourcils d’un air entendu. “Lily l’y attendait.”
“Oh,” Sirius rit. “On devrait prévenir Pete? On voudrait pas qu’il tombe sur quelque chose qui pourrait le traumatiser à vie.”
“Je pense pas qu’on ai besoin de s’inquiéter pour lui. Il s’est cassé dans les cuisines avec Desdemona il y a des lustres.”
“Oh, donc j’imagine que c’est juste toi et moi, Moony,” dit doucement Sirius. Il sautillait gauchement d’un pied sur l’autre, et se jetta finalement dans le canapé - le panier en osier faisant une barrière bienvenue entre eux. “Tu m’as jamais dit si t’aimais mon déguisement. T’as même pas demandé ce qu’il y avait dans mon panier.”
Remus lui fit un sourire fatigué plein de tendresse malgré lui. “Très bien. Y’a quoi dans ton panier, Sirius?”
“Des chocogrenouilles.”
Remus rit. “T’as apporté un panier rempli de chocogrenouilles?”
“Non, y’a aussi des fondants au chaudron, je suis pas un sauvage.”
“Oh, j'aimerais bien un fondant au chaudron là maintenant, en fait.”
“Je le savais,” dit Sirius avec arrogance et il ouvrit son panier. Remus mangea son fondant au chaudron, Sirius croqua la tête d’une grenouille, et tout était merveilleusement normal et parfaitement platonique et pas du tout gênant.
Et Remus garderait les choses normales et platoniques et pas gênantes, et ne pas questionner Sirius sur son date.
Premièrement, il s’en fichait.
En plus, c’était pas ses affaires. Il avait suffisamment joué les entremetteurs ce soir. Et alors qu’il avait été parfaitement heureux d’envoyer ses amis avec leurs copains, copines, et futurs partenaires de bécotage, il n’était pas sûr de vouloir faire la même chose avec Sirius.
C’est pour cela qu’il allait garder sa bouche bien fermée.
“Du coup où est ton chasseur?” lachat-il.
“Quoi?” demanda Sirius à travers une bouchée de chocolat.
Remus avait fait un choix, maintenant il devait en assumer les conséquences. “T’avais… T’avais pas dit que c’était un déguisement de couple?”
“Ben, j'espérais que ça le soit.” murmura Sirius.
“Alors… est-ce que l’autre personne est déguisée en chasseur?”
sirius le regarda comme s’il était l’être humain le plus stupide qu’il avait jamais eu la malchance de rencontrer. “ Pourquoi je voudrais sortir avec le chasseur?”
“Tu l’a lu, pas vrai? Le chasseur est le héros, il sauve le Petit Chaperon Rouge et sa grand-mère.”
“Remus,” dit Sirius avec emphase. La chocogrenouille qu’il venait d’ouvrir vit sa chance, fit un bon, et atterrit dans les cheveux de Remus. “Je déteste le chasseur! il tue le loup!”
Remus arracha la chocogrenouille de ses cheveux. Il pensa à la manger, mais sa gorge était soudainement nouée. “C’est juste une histoire, Sirius.”
Sirius lui laça un regard mauvais. “Donne-moi ton livre.”
“Quoi?”
“Le livre de contes de fée. Passe le moi.”
Remus obéit, et regarda Sirius lui prendre le livre et tourner quelques pages avec un peu plus d’agressivité que celle avec laquelle Remus préférait voir les livres manipulés. “Là. Le Petit Chaperon Rouge.”
Sirius s'éclaircit la gorge. “Il était une fois, un petit garçon dont la famille voulait le voir être rusé, et ambitieux, et porter du vert. Mais le garçon découvrit qu’il préférait être fort et courageux, et porter du rouge. Et c’est pour ça qu’il décida de s'appeler le Petit Chaperon Rouge.”
Sirius s’arrêta, et fit des gestes éloquents vers son déguisement puis vers la bannière de Gryffondor au-dessus d’eux, comme si Remus était trop bête pour comprendre l’analogie.
“Un jour, il fut envoyé amener du chocolat et des potions à la Guérisseuse Poppy Pomfresh, qui vivait à l’autre bout de la Forêt Interdite. Pendant qu’il traversait la Forêt, il rencontra un loup-garou.”
Sirius fit des gestes éloquents vers lui, ce que Remus trouva honnêtement un peu trop surjoué.
“Sa famille, et d’autres personnes stupides et intolérantes l’avaient mis en garde que le loup-garou était une bête dangereuse. Mais il se rendit compte que le loup était très doux et duveteux, et drôle, et un maître en planification de blagues même s’il pouvait être un vrai je-sais-tout quand il le voulait. Le Petit chaperon Rouge et le loup devinrent meilleurs amis, et le loup décida d’accompagner Chaperon Rouge chez Poppy sans quoi il serait blessé par un chasseur.”
“Hélas, un chasseur les trouva; un moche et stupide appelé Snivellus. Heureusement, Snivellus était nul en magie, et Chaperon Rouge et le loup le vainquirent facilement. Puis quand ils furent chez Poppy, ils mangèrent des tonnes de chocolat pendant qu’elle soignait leurs blessures.”
“C’est pas ça l’histoire,” dit faiblement Remus.
“Alors l’histoire est stupide,” répondit Sirius avec véhémence.
Vous devez le pardonner, cher lecteur. Il ne parlait pas de cette histoire qui s’écrivait pendant qu’il parlait, et qu’il aurait probablement aimé s’il en savait la fin - mais je m’avance. L’idée que Sirius essayait de défendre (et dont je suis sûr que vous êtes déjà convaincu) c’est que les histoires appartiennent aux lecteurs, et que les histoires mauvaises ou arriérées peuvent et devraient être ré-écrites.
Sirius évita son regard, abandonnant la prétention de lire le livre, et continua: “Vous pourriez penser qu'à ce moment là les sentiments du Chaperon Rouge pour le loup seraient évidents, mais le loup-garou ne se rendait tellement compte de rien que s’en était énervant. Donc le Petit Chaperon Rouge dû aller le voir et lui avouer qu’il était amoureux de lui, et attendu anxieusement pour voir s’il allait vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants.”
Remus tombait en chute libre. Ou peut-être que la Tour de Gryffondor avait soudainement été renversée. Ou peut-être que c’était le monde entier qui s'était retourné et avait commencé à tourner à l’envers.
“Tu…” sa voix n’était pas plus qu’un chuchotement. “Il est amoureux du loup?”
Les yeux de Sirius étaient pleins de douceur, et étrangement de tristesse, quand il répondit: “Bien sûr qu’il l’est, Moony. Dans ma version de l’histoire, il l’est.”
“Je crois que j’aime bien cette version,” chuchota Remus.
Les yeux de Sirius s'agrandirent. “Vraiment?”
“Oui. Je pense… Je pense que le loup est amoureux de lui depuis des lustres.”
Sirius tendit une main tremblante vers sa joue balafrée, et avant que Remus ai su qui s’était penché en premier, ils étaient en train de s’embrasser. C’était doux et lent; ça avait le goût du chocolat et donnait l’impression d’être à la maison.
Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.
~*~
FIN
