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Rating:
Archive Warning:
Fandom:
Additional Tags:
Language:
Français
Stats:
Published:
2024-12-09
Words:
805
Chapters:
1/1
Kudos:
1
Hits:
18

Background Carmen Troublevent

Notes:

-----ATTENTION------

Ceci est un background d'un personnage de jeu de rôle, donc la fin reste volontairement ouverte pour me laisser en jeu un peu de marge dans mon rp et m'adapter à mes camarades, donc si ça paraît un peu abrupt c'est NORMAL

Work Text:

La vie n’offre que peu de cadeaux une fois la naissance passée : une fois que le Destin aura décidé où, quand et comment, il est à la fois difficile et simplissime de tout changer. Alors qu’une citadelle peut être imprenable pour des centaines d’années, une simple étincelle accidentelle dans une poudrière mal rangée peut lui créer un trou béant qui restera à jamais.

Carmen vivait en connaissance de cela. Elle savait déjà ce que la vie lui réserverait et elle lui paraissait trop longue. Hors de question de la raccourcir bien sûr ! Mais le temps refusait de passer. Pour passer le temps, rien de mieux que la compagnie, mais même ces relations se tarissaient et finissaient par avoir la même fadeur. Pour épicer les choses, garder son attention vivace, Carmen finit par trouver le mensonge comme solution efficace pour tuer cet infini ennui : prétendre, feinter, tromper, mentir, manipuler, arnaquer, voler, escroquer, duper…
Avant même de s’en rendre compte, le temps passa. Les années filèrent, Carmen vivait. Évidemment, c’était une vie de chapardise et de boniments, mais elle était concrète, différente tous les jours, les multiples masques de Carmen la gardaient toujours sur le qui-vive. Elle ne le faisait même plus pour survivre, elle n’était jamais dans le besoin, et ne le faisait pas non plus pour s’enrichir, cela n’attire que des problèmes, mais elle le faisait pour vivre, tout simplement. Elle prétendit être une autre, feinta les gens de confiance, trompait chacun des soupçonneux, mentit à des amants, manipula des familles, arnaqua des marchés entiers, vola sur tous les étals mal surveillés, escroqua des experts et dupa son monde. Rien de sa vie n’était vraiment réel ou tangible, mais elle l’aimait comme cela.

C’était une vie avec un équilibre certes précaire, mais elle n’eut jamais la gourmandise de faire le pas de trop qui la mènerait vers la rétribution de ses actions. Loin de payer les conséquences de ses actes, elle n’aurait échangé contre rien cette vie. Mais le Destin, lui, la poussa ailleurs.

Tandis que son activité favorite du moment était de faire boire les gens dans les tavernes pour ensuite les alléger de quelques objets, elle réussit un soir à s’emparer d’un petit sac. Elle ne savait même plus à qui elle l’avait volé, les visages ne marquaient plus vraiment son esprit dès qu’ils n’avaient plus d’utilité. Mais ce sac, elle s’en souvient encore. Dedans, rien de très précieux ou de vraiment cher à la revente : il n’y avait là qu’une simple lyre, accompagnée de partitions. Habituellement, elle n’aurait eu que faire de cela et l’aurait refourgué à quelques gamins des rues pour se dire qu’elle fait aussi le bien. Mais cette lyre semblait spéciale, une simple gravure dessous disait « joyeux anniversaire, que le Destin te sourit ». Carmen ne fêtait plus son anniversaire. Auparavant, cela lui semblait inutile et désormais elle n’y pensait plus. Mais ce cadeau entre ses mains, même s’il n’était pas pour elle, lui laissa un drôle de goût sur la conscience. Non pas parce qu’elle avait dépouillé un pauvre malheureux de son cadeau d’anniversaire, ça ce n’est qu’un détail, non. C’est plutôt de penser au sourire de ce Destin.

 

En offrant ceci, la personne voulait sûrement pousser le gaillard vers les arts et la musique, ce qui semblait marcher pour lui vu les quelques partitions à moitié rédigées, couvertes de notes et de ratures. Le Destin est dur et froid, il ne plie pas devant les supplications et les seuls miracles qu’il permet viennent du hasard. On ne le force pas, on n’en a pas les capacités. Cependant, ce qu’elle avait là, entre les mains, c’était en effet le Destin qui l’avait mis là. C’était le hasard le plus total, aucune intervention de personne n’aurait pu forcer cet enchaînement d’évènements ! On peut même retracer ce simple vol à la tire jusqu’au début du temps lui-même et à la naissance des dieux ! Et tout cet alignement d’évènements sans liens entre eux, toutes les guerres historiques, toutes les naissances imprévues, toutes les catastrophes naturelles, tous les choix de la vie de centaines, non de milliers de personnes nous rapportent là, à une simple elfe, dans une chambre, tenant une lyre entre ses mains, lui souhaitant indirectement un sourire du Destin. Elle s’essaya alors à la lyre.

Deux petites années après, Carmen avait changé. La petite étincelle explosa le mur de la forteresse qu’elle s’était bâtie. Elle avait appris les arts et la musique, maîtrisait désormais sa lyre et s’essaya même un temps à l’honnêteté, ce qu’elle n’apprécia que très peu et ne recommença pas. A présent, elle vivait de petites représentations au coin de la rue et même si elle changeait de nom autant qu’elle changeait d’interlocuteur, ses mélodies gardaient la même douceur, celle de quelqu’un qui aura trouvé de la douceur dans la vie, après y avoir mis tant d’épices.