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L’année de 1976 avait bien commencé. Des hordes d’élèves étaient descendues par vagues désordonnées du Poudlard Express. Les amis s’étaient retrouvés comme si l’été ne les avait jamais séparés et avaient pris la direction des carrosses sans chevaux. Le château, qui resplendissait de mille feux, avait ouvert bien grand ses portes imposantes pour exprimer sa joie de retrouver ses occupants.
Les fantômes avaient fait perdurer leurs tradition d’effrayer les nouveaux arrivants, tandis que les élèves des années supérieures étaient en train de profiter du banquet offert par les elfes de maison.
Sirius avait été plus qu’heureux de retrouver ses amis, ses trois fidèles camarades, toujours là pour faire les quatre cent coups. Il s’était glissé aux côtés de James, qui fredonnait encore la chanson du Choixpeau, en face d’un Remus souriant.
Après le dîner qu’ils avaient passé à rire des pitreries de Peeves, ils s’étaient rendus dans leurs dortoirs. S’ils désiraient plus que tout profiter de ces retrouvailles pour jouer aux Cartes Explosives ou encore se raconter leur été, le ballet incessant des cours commençait le lendemain, à huit heures. Personne ne voulait être en retard au cours de McGonagall.
Cependant, Sirius voulait encore profiter de cet instant de flottement, où le silence les enveloppait comme une couverture chaude et où il pouvait entendre la respiration lourde et ensommeillée de ses camarades de chambrée.
- Tu ne dors pas ?
Le chuchotement de Remus le fit frissonner. Il se tourna vers le lit de son voisin.
- Pas plus que toi. Je suis trop excité. Demain, je vais ouvrir les yeux, et vous serez tous là. Je n’aurai pas à me disputer avec ma mère au-dessus du petit-déjeuner, je n’aurai pas à me battre avec Kreattur pour qu’il arrête de fouiller dans mes tiroirs… Je n’ai pas envie d’aller en cours, mais c’est chez moi ici, c’est le moment de l’année où je suis le plus heureux.
Le froissement des draps accompagna le mouvement de Remus alors qu’il se retournait.
- Je ne dors pas parce-que Peter ronfle trop fort. Si tu veux, on peut discuter jusqu’à ce que tu dormes ?
- Ça me va ! répondit Sirius avec un petit sourire.
- Tu sais, j’ai juste l’impression que d’ici décembre tu seras déjà en train de râler dès le matin, taquina Remus. Même si c’est ta maison.
- N’importe quoi, moi je crois que je vais tenir toute l’année sans râler.
Ils discutèrent toute la nuit. Leurs éclats de rire ne réveillèrent même pas leurs amis.
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Remus donna un petit coup de coude dans le tas de couvertures qui gisait sur le lit. Le début de décembre avait apporté son vent hivernal et les couettes étaient leurs seuls alliés contre le froid.
- Noooooon… émergea péniblement de sous le monticule.
- Sirius faut se lever.
Un grognement outré fit son chemin jusqu’aux oreilles de Remus, qui soupira.
- Je te garde de la tarte à la citrouille ?
Le couvertures glissèrent avec une lenteur extrême, pour découvrir le bout du nez plissé de Sirius.
- Et des muffins à la cannelle, s’il te plaît.
James envoya de toutes ses forces un oreiller dans la direction de Sirius, qui se rétracta aussitôt sous sa couette comme un escargot que l’on taquine.
Sirius arriva en retard au premier cours du mois de décembre, mais ne se laissa pas décontenancer par la réprimande de Minerva McGonagall.
Dès qu’elle fut trop occupée pour lui retirer plus de points qu’il n’y en avait dans la coupe, il se tourna vers ses camarades.
- Pourquoi tout le monde est aussi excité ? Il se passe un truc ?
James pouffa, Peter avec lui. Remus se pencha vers lui :
- Minnie vient d’ouvrir les inscriptions des couples pour le bal de Noël. C’est pour faire les tablées, expliqua-t-il devant l’air perdu de Sirius.
- Mais… C’était pas comme ça, l’an dernier, si ?
James poussa sa chaise en avant, de la malice au fond des yeux.
- L’an dernier, il y a deux couples qui se sont battus parce qu’ils pouvaient pas s’asseoir à côté. Ça a dégénéré en grosse bagarre, tu te souviens pas ?
Sirius ne mit qu’un instant à se rappeler de ce moment magique. Bien sûr que si, il se souvenait, enfin ! Il avait été aux premières loges pour voir deux couples de Serpentard de septième année s’écharper pour une histoire de sièges. Il avait été également aux premières loges pour les entendre hurler sus à l’ennemi dès qu’ils avaient vu un gros serpent coloré se diriger vers eux. Nul besoin n’était pour eux de savoir que c’était une guirlande transfigurée par Sirius ! Qu’est-ce qu’il avait ri !
Il retourna son regard espiègle à James. Puis, en profitant toujours de l’inattention de leur professeure, il esquissa un geste vers Peter.
- Tu sais déjà avec qui tu vas y aller ? Ou bien il faut qu’on t’aide à trouver l’âme soeur ? taquina-t-il en haussant suggestivement les sourcils.
Peter prit une teinte de tomate trop mûre et empêcha son plaisir d’étirer sa bouche. Sirius bascula sa chaise en arrière pour mieux l’asticoter.
- Mais nooon. Tu as déjà trouvé quelqu’un ? Dis-nous qui c’est, Don Juan !
Peter rougit de plus belle, mais alors qu’il allait prendre la parole, une gerbe d’eau aspergea Sirius.
- Monsieur Black, je vous prie de vous tenir droit et de porter attention à mon cours. Moins 10 points pour Gryffondor, sentencia-t-elle.
Sirius tint huit bonnes minutes, penché sur sa table, à faire semblant d’écouter le cours. Pas beaucoup plus, puisque Remus sentit son rire avant même de l’entendre.
- Et toi, mon loup, t’as trouvé quelqu’un ? chuchota-t-il.
Remus eut la grâce de lui offrir un sourire, ce qui ravit Sirius. Il était presque certain que son estomac venait de fondre pour s’échouer dans ses chaussettes.
- Non. Toi ? répondit-il toujours aussi bas.
Sirius se redressa aussitôt, fier comme un paon.
- Je n’ai encore trouvé personne à ma hauteur et je ne pense pas que j’en trouverai de sitôt !
Sa voix raisonna pendant quelques instants dans la salle et Mcgonagall lui jeta un regard noir. Il était possible qu’il ait oublié de chuchoter. Il était aussi possible qu’il veuille s’enterrer bien profond au fond de la Forêt Interdite. Est-ce qu’il venait vraiment de dire à Remus qu’il était un moins que rien ?
- Monsieur Black, vous me ferez le plaisir de venir me voir à la fin du cours.
Sirius soupira et s’enterra sous ses bras à défaut de mieux. Est-ce qu’il y avait pire que lui en matière de drague ? Il était censé demander à Remus de venir avec lui au bal, pas lui dire qu’il trouvait tout le monde nul.
Il était tellement occupé à se morfondre de son infortune, qu’il ne prit même pas le temps de s’énerver du rire agaçant de ses camarades derrière lui.
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- Pas de commentaire, prévint Sirius en s’affalant à côté de James sur le banc de la Grande Salle.
Peter avait encore un air suspicieusement amusé, mais il ne dit rien -encore heureux pour lui, la colère de Sirius pouvait être terrible !
Il balaya toute la longueur de la table du regard, mais rien qui ressemblait à un loup-garou sexy et en manque d’assurance n’attira son regard.
- Où est passé Remus ? Le déjeuner vient tout juste de commencer.
- Oh, il a pris de quoi grignoter dehors ! répondit Peter avant d’engloutir un petit pain entier.
Sirius ne laissa pas sa déception éclater sur son visage. Il aurait dû s’en douter, il avait tout ruiné !
Depuis la rentrée, sa relation avec Remus avait changé. Ils étaient plus proches. Même si Sirius était absolument ravi de ce fait, il aurait davantage aimé qu’ils soient proches d’une autre manière. Moins comme des amis, un peu plus comme… Autre chose. Il ne savait pas quoi, mais autre chose.
Soudain, un grand fracas attira son attention : Peeves voletait en caquetant au-dessus des tables, un grand seau de boue à la main. Derrière lui, Rusard courait, le visage rouge de colère, le pas vif - il était probable que ces deux traits soient dûs à l’énorme trace de boue qui maculait sa robe.
James et Peter éclatèrent de rire, Sirius les suivit et oublia sa déception.
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Sirius ferma les yeux quelques instants et se laissa emporter par l’odeur enivrante des cires pour balais et du bois verni. Il aimait beaucoup la réserve de Quidditch, surtout ces temps-ci. S’il était honnête avec lui-même, il dirait que cela lui permettait à la fois d’éviter toute interaction prolongée avec Remus et de se soustraire à son regard perçant qui semblait le suivre partout.
Mais Sirius était un Gryffondor, et les Gryffondor ne fuyaient pas ! Il astiqua un peu plus furieusement son balai.
Oh, bien sûr il n’évitait pas totalement Remus. Il lui parlait, mais à chaque fois qu’il souhaitait s’excuser, ou mieux, lui proposer de venir au Bal de Noël avec lui, les autres s’interposaient.
Le lendemain de sa sortie tout à fait mémorable, c’était James qui s’était disputé avec Lily. Il avait passé une heure à le consoler, à lui dire qu’il fallait juste qu’il lui demande pardon et que tout rentrerait dans l’ordre.
Le surlendemain, alors qu’ils étaient à la bibliothèque, Domaine du Silence de Madame Pince, une bagarre avait éclaté entre un Serdaigle de sixième année et un Serpentard de cinquième année. Ils avaient renversé une étagère entière de livres. Madame Pince avait décidé que tout le monde paierait pour les méfaits de certains d’entre eux et les élèves présents avaient dû ramasser, à la main et dans le silence, les livres tombés.
Le jour suivant, il avait osé ouvrir la bouche. Mais il avait été alpagué par le Professeur Flitwick pour décorer la Grande Salle. Il aurait difficilement pu refuser, étant donné que le Professeur lui avait offert d’oublier les trois heures de colles qu’il n’avait pas encore effectuées. C’est à contre-coeur qu’il avait abandonné son groupe d’amis pour rejoindre les volontaires (et autres punis) pour monter le sapin de Noël et les guirlandes.
Enfin, aujourd’hui. Oh, il aurait pu parler à Remus, mais il sentait qu’il aurait l’air ridicule de toute façon, alors à quoi bon tenter ?
Sa main glissa plus vigoureusement encore sur le manche en bois. Il n’arrêta de s’acharner que quand James entra dans la petite pièce encombrée, chargé de son balai et de son équipement de Quidditch. Sirius préférait voler pour sentir la liberté fouetter ses cheveux au gré du vent, que de voler pour attraper une balle. C’est pour cette raison qu’il avait quitté l’équipe.
James posa son balai sur un présentoir et commença à s'équiper, tout en discutant du prochain cadeau qu’il comptait offrir à Lily. Cela voulait probablement dire qu’il s’était réconcilié avec elle. Et que l’entraînement de l’équipe Gryffondor allait commencer.
Sirius écouta d’une oreille distraite ce que lui disait James et lui répondit encore plus distraitement. Si l’entraînement allait commencer, cela voulait dire que Peter était à la bibliothèque, il était trop frileux pour rester sur les tribunes balayées par les vents glacés de l’hiver. Lily serait forcément en bas, à encourager James, qui ferait des pirouettes sur le terrain. Enfin, peut-être qu’il y aurait quelques autres membres courageux des autres Maisons, mais pas de foule.
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- Il fait froid, aujourd’hui ! entama Sirius en se laissant tomber aux côtés de Remus, sur le banc gelé.
Aussitôt, son ami pointait sa baguette sur lui, et Sirius frissonna de bonheur sous l’effet du sort de chaleur.
Il réussit à se convaincre que ce n’était pas du tout parce qu’il pouvait enfin être proche de Remus. Qu’il pourrait, s’il bougeait juste la cuisse, toucher la sienne. Ou tendre la main, pour saisir ses doigts.
Au lieu de cela, il regarda ce qu’il se passait sur le terrain. L’équipe de Gryffondor était en train de décoller, Madame Bibine jouait du sifflet comme à son habitude.
Sirius aurait voulu ouvrir la bouche, mais maintenant qu’il avait l’occasion de parler avec Remus, juste eux, il ne savait plus quoi dire.
Le complimenter ? Non, cela sonnerait trop artificiel, peu importe à quel point Sirius trouvait que ce bonnet lui allait bien ou peu importe à quel point il trouvait que son dos était beau et qu’il serait encore plus beau recouvert de griffures…
Peut-être que ce n’était pas la bonne approche, tout compte fait. Aller droit au but lui semblait aussi surfait. Comment lui faire comprendre qu’il ne lui demandait pas simplement parce qu’il n’avait personne d’autre ? Pour cela, il pouvait remercier Peter, qui l’an dernier avait demandé à Remus d’aller au bal avec lui, en désespoir de cause… Quel fouteur de merde celui là.
Bon, quelque chose de simple et concis, alors. Pas de fioritures. Il pouvait dire à Remus qu’il l’appréciait énormément. En tant qu’amis. Et qu’il aimerait aller au Bal de Noël avec lui. Pas en tant qu’amis. Parfait ! Il se tourna vers Remus.
- Tu sais…
Remus se leva précipitamment, le doigt pointé vers le centre du terrain.
- James vient de tomber !
Sirius suivit la direction qu’il montrait. Un petit attroupement s’était formé au sol et il était impossible de distinguer de James ou de savoir s’il allait bien. Il fallait descendre.
Tout s’enchaîna très vite. Ils arrivèrent sur le terrain en même temps que Madame Pomfresh. Ils essayèrent tant bien que mal d’obtenir le droit de parler à James, mais il y avait trop de monde et Madame Bibine dispersa la foule d’élèves d’un coup de baguette furieux, accompagné d’un “laissez le respirer !” véhément. Quand le groupe se dispersa, ils purent atteindre Lily qui semblait plus agacée qu’inquiète. Elle leur expliqua rapidement que cet imbécile avait tenté de faire une pirouette et un clin d’oeil en même temps, qu’il avait mangé le cognard en pleine face et était tombé de son balai.
Quand elle se dirigea vers l’infirmerie, Remus se tourna vers Sirius :
- Qu’est-ce que tu voulais me dire ?
Sirius tenta de réfléchir. Il voulait lui dire qu’il voulait l’embrasser. Heu, non, qu’il voulait le prendre dans ses bras et se gorger de son odeur. Zut.
- Je sais plus, c’est que ça devait pas être important ! répondit-il en haussant les épaules.
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Sirius plissa les yeux. Oui, il y avait définitivement du vert dans cette teinture. A moins que ce ne soit la poussière accumulée sur le ciel de lit ?
Il tendit la main comme pour toucher le tissu, mais son bras retomba sans même l’avoir effleuré.
L’apathie l’avait saisi ce matin quand il s’était levé. Il ne lui restait plus que dix jours avant le bal de Noël et il était absolument incapable de demander à Remus de l’accompagner. Pourtant, il en crevait d’envie, de pouvoir danser avec lui sur des sons qui étaient à la mode quand McGonagall avait leur âge.
Il ferma les yeux quelques instants pour s’auto flageller sans voir la laideur de son ciel de lit.
- Les autres attendent déjà en bas pour Pré-au-Lard, tu veux y aller ?
Sirius ouvrit les yeux pour découvrir Remus, penché au-dessus de lui. Ses cheveux, qu’il n’avait pas coupé, tombaient un peu de chaque côté de son visage. S’il tendait la main, il pourrait y passer les doigts. L’attirer à lui, toucher ses lèvres des siennes.
Il se racla la gorge.
- Heu, je, oui ? Enfin, tu y vas ?
- Non, je pensais rester ici, répondit Remus en s’asseyant au bord du lit.
- Je vais rester avec toi, alors. Une partie de Bataille Explosive, ça te dit ?
Remus lui sourit et Sirius sentit son cerveau fondre pour lui couler par les oreilles.
Leur partie de cartes vit Sirius perdre coup sur coup. Il n’arrivait pas à se souvenir des règles, c’était probablement la faute de Remus, qui souriait et riait de tout son coeur.
Il lui racontait la bataille de boules de neige qui avait eu lieu dans le parc du château quand il était absent. Sirius aurait voulu lui demander de le raconter encore et encore si c’était pour pouvoir le voir sourire plus longtemps.
Après une cinquième défaite, Sirius se laissa tomber en arrière contre son le bord de son lit.
- Fais gaffe, à la prochaine partie, je prends ma revanche ! menaça-t-il sans véhémence, car après tout il lui importait peu de gagner s’il pouvait jouer avec Remus.
Cependant, Remus ne redistribua pas les cartes. Il les rangea dans leur boîte, s’assit sur ses talons et fixa Sirius d’un regard intense. Comme s’il savait ce qu’il ressentait.
- Qu’est-ce que tu voulais me demander, hier ?
Sirius haussa les épaules. Remus se pencha en avant. Il était beau ainsi, les joues rougies par le plaisir, l’oeil vif. Sa bouche s’étiraient légèrement vers le haut, comme s’il ne pouvait pas contenir un bonheur trop grand.
- Moi, je voulais te demander quelque chose…
Ses lèvres avaient aussi quelque chose qui l’attiraient. Elles étaient roses. Pâles, elles étaient d’autant plus jolies qu’elles étaient soulignées d’une petite cicatrice, mauvais souvenir d’une pleine lune turbulente. Il avait envie de l’embrasser.
Il leva les yeux, le coeur battant, pour lire de l’envie dans le regard de Remus. Et si lui aussi, en avait envie ?
Sirius se pencha et aboutit ses lèvres des siennes. Elles étaient douces, chaudes. Il flancha une seconde, l’esprit enragé, la poitrine en feu. Remus ne bougeait pas, trop surpris.
- Oh, merde, marmonna Sirius.
Son palpitant pulsait le sang dans ses tempes, rythmé par une panique grandissante. Il venait d’embrasser Remus sans lui avoir demandé avant.
- Heu, je, heu, je suis désolé. J’ai dû glisser, ou, quelque chose, pardon, marmonna-t-il en se levant dare-dare.
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Sirius tourna à l’angle d’un couloir, un peu perdu. II venait d’embrasser Remus, et c’était doux et chaud et agréable, et il avait envie de recommencer, et il avait aussi oublié de demander avant.
Il prit une grande inspiration. Non, ce n’était pas un problème, il fallait juste qu’il aille s’enterrer au fond de la Forêt Interdite, mais tout allait bien !
Alors qu’il allait continuer tout droit, il fit demi-tour. Remus était juste là, il ne l’avait pas encore vu, mais ça ne saurait tarder. Il accéléra le pas. Cela faisait dix minutes qu’il marchait pour essayer de trouver une solution à son problème : il n’avait pas demandé son consentement à Remus. Mais s’il voulait être seul, le château semblait avoir d’autres objectifs pour lui, puisqu’il le mettait sans cesse sur la route de son loup-garou préféré.
- Sirius !
Sirius décida à cet instant qu’il n’avait pas besoin de se confronter à ses problèmes et qu’il était atteint de surdité spontanée.
Au septième étage, cependant, son problème décida qu’il aimait la confrontation et qu’il n’aimait pas du tout les stratégies d’évitement.
-Oh, Remus ! Quelle surprise !
- Sirius… ça va faire vingt minutes que je te cours après. Donc tu vas arrêter de me faire tourner en bourrique, et donne moi trente secondes pour respirer.
Sirius regarda son ami prendre de profondes inspirations, comme s’il cherchait plus à calmer une émotion trop vive qu’un effort trop intense.
Il sentait l'appréhension lui nouer peu à peu les entrailles. Il aurait dû demander avant de l’embrasser, il le savait, mais il s’était laissé emporter. Il était fort probable que Remus décide de mettre fin à leur amitié de longue date. Mais il aurait aimé avoir dix minutes de plus pour se préparer à ça.
Quand son camarade de classe reprit son souffle, il se redressa :
- Est-ce que tu me trouves assez bien, pour accepter de m’accompagner au Bal de Noël ?
Sirius sentit son coeur exploser de bonheur.
