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Premier contact

Summary:

Ao'nung rencontre sa fille pour la première fois, d'une certaine manière.

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

Neteyam sourit alors qu’il savoure la chaleur du soleil sur sa peau et le parfum des embruns dans son nez. Non loin de là où il est allongé aux abords de son marui, l’Omaticaya entend les ilus chanter et les enfants rire en chœur avec eux. Le clapotis des vagues sur les racines des arbres de la mangrove créent une douce musique qui le berce et le maintient dans une douce torpeur. 

Il se sent si bien ainsi, en paix avec le monde qui l’entoure.

Ses yeux se ferment tout seuls, ses muscles se détendent les uns après les autres, il se sent dériver de plus en plus loin…

Une cascade de gouttes d’eau lui tombe soudain dessus et le ramène à la réalité. Neteyam sursaute et essaie d’échapper à cette attaque surprise, en vain: deux bras s’enroulent autour de lui pour le ramener contre un corps familier et mouillé, arrachant un feulement ennuyé à l’Omaticaya.

-Skxawng! s’exclame-t-il sans méchanceté, en même temps qu’une bouche se pose dans son cou pour parsemer sa gorge de baisers en guise d’excuse.

-Moi aussi, je suis content de te voir, répond Ao’nung, hilare.

Neteyam fait mine de vouloir s’éloigner pendant une minute, avant de se laisser finalement aller à l’étreinte de son compagnon. 

-La pêche s’est bien passée? demande-t-il, une main posée dans la nuque d’Ao’nung, qu’il caresse du bout des doigts.

-Hm hm, ça a été. Lo’ak a encore fait des siennes.

Neteyam lève les yeux au ciel.

-Mais quelle surprise, marmonne-t-il d’un ton résigné.

Le rire d’Ao’nung vibre contre son dos en même temps que son compagnon le berce.

-Au moins, on ne s’est pas ennuyés, tempère le Metkayina sans trop y croire.

Il a raison: Neteyam se contente de secouer la tête avec un soupir désespéré. Un jour, il espère que son frère cessera de s’attirer des ennuis, mais il sait qu’Eywa ne répondra jamais à cette prière.

Tant pis, ça fait partie du charme de Lo’ak, en un sens.

Alors il n’insiste pas et préfère profiter de la proximité de son compagnon.

Le couple reste enlacé un moment en silence, le temps de se retrouver. Enfin, une des mains d’Ao’nung, celle qui est décorée des tatouages que Neteyam aime tant, se glisse le long de son corps, jusqu’à son ventre plein de vie.

-Bonjour à toi aussi, murmure le plus jeune, la bouche pressée contre l’arrière du crâne de son aîné.

Neteyam sourit et pose ses propres mains sur celle d’Ao’nung, laissant tout le loisir au Metkayina de profiter de l’instant.

-Elle a été agitée toute la matinée, murmure l’Omaticaya, les yeux de nouveau clos.

Aucun d’eux ne sait d’où lui vient la certitude que leur enfant sera une fille et Ao’nung espère secrètement que le pressentiment de Neteyam soit vrai. Son sourire s'accentue et il étire ses doigts pour couvrir un maximum l’abdomen arrondi de l’autre Na’vi.

-Vraiment? Tu penses que je pourrais la sentir, à présent? demande-t-il, les yeux pleins d’espoir.

-Tu peux toujours essayer, en tout cas, répond Neteyam avec un sourire. 

Ao’nung bouge alors, aidant son compagnon à se rallonger au sol. Puis il le contourne et s’agenouille devant lui. Comprenant ce qu’il attend, Neteyam écarte les jambes et laisse le Metkayina se glisser entre elles, jusqu’à ce que le bas de son dos repose sur les genoux de son compagnon.

Soutenu à la fois par les cuisses solides et par les mains du plus jeune, l’Omaticaya pousse un soupir de soulagement, tandis que le poids diminue sur ses hanches. Les longs doigts d’Ao’nung cajolent sa peau tendue, caressant et tâtant à la recherche de leur enfant.

Aucun d’eux ne parle, ils se contentent d’attendre, aussi impatients qu’excités. 

Neteyam finit par refermer les yeux, fredonnant une berceuse omaticaya, dans l’espoir de faire réagir la petite vie qui grandit en lui.

Quelques minutes passent ainsi dans un calme presque palpable, jusqu’à ce que Neteyam sente un mouvement sous sa peau. Ses paupières s’ouvrent, son regard croise celui d’Ao’nung.

Au sourire ébahi du Metkayina, Neteyam comprend qu’il l’a senti aussi.

-Elle a bougé, chuchote Ao’nung, comme s’il n’y croyait pas. ‘Teyam, elle a bougé contre ma main.

Neteyam sent son coeur se serrer dans sa poitrine quand il voit l'émotion briller dans les grands yeux bleus de son compagnon. C'est une chose de savoir qu'un enfant grandit en lui, c'en est une autre de le sentir, de le palper. Sa main effleure celle d'Ao'nung, leurs doigts s'enlacent au-dessus de leur fille.

-Elle est forte, confirme le plus vieux à voix basse. Aussi forte que son père.

Il frissonne quand une bouche se pose sur son nombril.

-Comme ses pères, rétorque Ao’nung. Tu es fort aussi.

Neteyam éclate de rire et étire ses bras loin derrière sa tête, laissant toute la place qu’il faut à son compagnon pour continuer de lui caresser le ventre.

-Je sais, je parlais de moi, rétorque-t-il et les doigts qui lui pincent soudain la hanche ne suffisent pas à lui faire regretter ses paroles.

Puis lesdits doigts se font à nouveau doux et aimants, ils recommencent à courir après leur fille, jusqu’à ce qu’elle bouge à nouveau. Son coup de pied est si vigoureux que Neteyam grimace.

-Même si je te l’accorde, elle tient plus de ta force brute, marmonne-t-il.

Cette fois, c’est Ao’nung qui rit. Une de ses paumes se pose à l’endroit que vient de frapper leur enfant et il murmure:

-Tsyeym, il faut que tu laisses ton père se reposer, il en a besoin. Tu veux bien faire ça pour moi, hm?

Neteyam émet un ronronnement enjoué quand les coups s’estompent pour ne devenir que de petits tapotements.

-Ta voix la calme, on dirait, chuchote-t-il.

-Ca veut dire qu’il va falloir que je reste avec toi en permanence, annonce Ao’nung avec un sourire taquin.

-On dirait bien. Quelle tragédie.

Nouveau pincement. Ce coup-ci, Neteyam retourne l’attaque en frappant le bras de son compagnon avec sa queue.

Entre eux, leur fille se remet à s’agiter, voulant apparemment participer à leurs chamailleries. Elle ne se calme que quand Ao’nung se remet à lui parler.

-Je confirme, à partir de maintenant, on ne bouge plus d’ici jusqu’à la naissance, déclare Neteyam d’un ton solennel.

Ao’nung s’esclaffe une nouvelle fois et presse un autre baiser sur son ventre, puis un autre, puis encore un autre…

Quand il s’arrête, Neteyam s’est assoupi, un bras sous la tête, l’autre posé au sommet de son abdomen.

Ao’nung sent son sourire s’adoucir à cette vision. Sans rien dire, il presse son oreille contre ce qu’il pense être la tête de sa fille.

-J’ai hâte de te rencontrer pour de vrai, murmure-t-il.

Une petite main se presse contre sa joue et le Metkayina ferme les yeux.

Puis il se met à chanter lui aussi une berceuse.

Une berceuse omaticaya.

Notes:

Tsyeym: trésor