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Characters:
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Language:
Français
Collections:
Le Petit Sancho d'Ecriture
Stats:
Published:
2024-12-25
Words:
973
Chapters:
1/1
Comments:
2
Kudos:
19
Bookmarks:
4
Hits:
147

Chenilles et papillons

Summary:

So'lek observe les Sarentu et les admire.

Work Text:

Quand So’lek aide la Résistance à sauver les petits Sarentu, il craint que les enfants n’aient été corrompus par les humains, qu’ils n’aient plus la moindre chance de se lier à Eywa et à leur héritage. Il peut voir l’ombre des sawtute dans leurs regards, dans leur façon de parler et même de bouger, et il s’attend à ce que Pandora les rejette, que la Grande Mère les considère comme des étrangers, comme une menace.

Le temps passe et So’lek réalise à quel point il a eu tort.

Bien sûr, les Sarentu qu’il a connus ont disparu à jamais et les rares qui restent ne sont que le souvenir de ce qui fut un jour la grandeur de ce clan, mais ils ont quelque chose en eux, une force, une capacité à s’adapter que So’lek trouve admirable.

 

Ri’nela, par exemple, qui ne tarde pas à s’affirmer en tant que Tsahik et Olo’eykte. Elle est jeune et pourtant, il ne lui faut que quelques mois pour renouer avec ses racines et apprendre à écouter la voix d’Eywa.

So’lek lui conseille tout de même de trouver un mentor et l’envoie chez les Kame’tire, où Atufi l’accueille à bras ouverts. Là-bas, Ri’nela s’épanouit comme une fleur au soleil. Au sein des Gorges, elle découvre et affine ses talents de guérisseuse, mais aussi de cheffe spirituelle. Elle apprend à se lier à la nature, à ce qui l’entoure, à faire confiance à son instinct. Les Kame’tire sont le clan idéal pour elle, leur amour du monde qui les entoure et leur calme en font les guides parfaits. Quand Ri’nela revient de son voyage, la jeune Na’vi timide a laissé la place à une adulte sûre d’elle, compétente et indépendante. Désormais, ses gestes sont confiants, ses conseils sont précis. Elle commence même à réciter ses premières prophéties et à chanter pour son peuple, pour Eywa et pour Pandora toute entière.

So’lek la trouve radieuse ainsi, rayonnante de vie.

 

Nor est un garçon colérique, rongé par l’amertume et la rancœur. Il a de la rage à revendre, une fureur qui ne demande qu’à être assouvie, peu importe comment, peu importe sur qui. Après le meurtre de l’avatar d’Alma, So’lek réussit à le convaincre d’aller chez les Zeswa. Puisque Nor tient tant à se battre, le mieux est de l’envoyer chez un peuple de guerriers. Une fois de plus, l’intuition de So’lek se trouve être la bonne.

Nor revient transformé de son périple, plus serein, en paix avec lui-même. La colère brûle toujours dans ses yeux mais ses flammes, autrefois si féroces, ne sont plus que des braises. So’lek apprendra plus tard que Nor a donné du fil à retordre à leurs alliés, toujours prompt à rester prostré dans un coin ou rechigner à la moindre tâche. C’est finalement Nesim qui aura raison de sa carapace, ne laissant d’autre choix à son cadet que de lui obéir et d’accepter son aide. Du maniement des armes aux soins des zakrus, Nor aura appris la patience, la retenue et la précision. Les Zeswa lui auront offert de nombreux cadeaux, dont un qui fait toute la différence: l’amour.

Ils l’auront aimé comme un des leurs, l’auront traité comme un de leurs enfants, l’auront accueilli, embrassé. Nor aura enfin laissé libre cours à ses larmes dans les bras de Nesim, aura accepté sa part d’ombre, aura étreint Eywa jusqu’à ce que sa soif de sang s’éteigne.

Quand il revient, il sourit et remercie So’lek.

Ce dernier le trouve beau ainsi, plein d’une nouvelle rage, celle de s’aimer.

 

Teylan… Teylan est plus compliqué. Il est timide, maladroit et apeuré par tout ce qui concerne Pandora. So’lek l’entend parfois marmonner pour lui-même qu’il aurait préféré être un humain, que cette planète n’est pas pour lui.

Son cœur saigne d’entendre un Sarentu dire de telles choses, mais il se garde de tout commentaire.

A la place, il accompagne Teylan chez les Aranahe, malgré les protestations et les regards effrayés de son cadet.

Contre toute attente, Teylan finit par aimer ce clan d’artistes qui lui montrent comment teindre la soie et créer de nouvelles choses. D’après le jeune Na’vi, c’est comme de la tech, mais un peu différente. So’lek sait qu’il ne se sent bien que quand il peut construire et améliorer des gadgets, il est heureux de voir que finalement, le fait que lesdits gadgets soient purement Na’vi n’est pas un frein pour son protégé, au contraire. Teylan découvre ainsi qu’il est doué de ses mains dans des domaines dont il ne soupçonnait même pas l’existence. Il développe sa créativité, apprend à aimer Pandora et les trésors qu’elle a à lui offrir. 

Conscient des difficultés à s’intégrer que ressent Teylan, So’lek reste avec lui un moment avant de le quitter, et ce qu’il voit fait chanter son cœur.

Teylan rit, Teylan danse, Teylan crée.

Sous les enseignements de Nefika, il coud des vêtements, taille des bijoux, ose s’aventurer de plus en plus loin dehors… En résumé, il renaît des cendres de la RDA, délaissant peu à peu ses craintes et ses complexes derrière lui. Même sa casquette finit décorée de perles et de plumes.

So’lek le trouve merveilleux ainsi, les bras tout enduits de peinture multicolore.

 

Oui, les petits Sarentu sont différents de tous les autres Na’vi. Il y aura toujours une part d’humain en eux, un morceau de Mercer, comme une tâche d’encre qu’on ne peut pas effacer totalement. 

Mais ils n’en restent pas moins des Na’vi, héritiers d’un clan disparu qu’ils comptent bien faire renaître et prospérer.

Ri’nela, Nor et Teylan.

L’esprit, la guerre et la création, réunis dans un seul tissage, béni par la Grande Mère. Les enfants qu’ils étaient, terrorisés, manipulés et dont l’identité a été spoliée commencent peu à peu à disparaître, remplacés par des adultes désireux d’apprendre, de devenir ce qu’ils étaient destinés à être.

Et So’lek les trouve magnifiques ainsi.