Work Text:
Quand on y pense, tout est de la faute de Francis Scott Fitzgerald.
Voilà comment ça a commencé:
***
“Eh bah, c’était déprimant,” dit Sirius en refermant le livre que Mary lui avait prêté quelques jours auparavant.
Lily se penche pour jeter un œil à la couverture. “Oh, Gatsby le Magnifique , Mary? Vraiment?”
Mary hausse les épaules. “Bah, c’est un classique. Un classique américain, mais quand même. T’as aimé?”
“Non, pas vraiment.” Sirius fronçe les sourcils. “L’histoire d’amour est un peu bizarre, et à la fin du livre tous les gentils sont soit morts, soit malheureux.”
“Je suis pas sûre que Gatsby compte comme un gentil. Il est au mieux un personnage ambigu.”
“J’imagine.” Sirius réfléchit pendant un moment. “N’empêche, ce gars sait faire la fête. Vous avez déjà été à une pool party?”
“Je peux pas dire ça,non,” dit Mary, avec ironie.
“Je pense que Pétunia y a été, une fois, enfaite. Moi jamais.”
Sirius les regarde toutes les deux avec curiosité. “Pourquoi pas? Ça à l’air trop bien. Si j’étais un Moldu, j’en ferais tout le temps.”
Mary et Lily échangent un regard las. “Là je peux pas,” dit Mary. “ Tu lui expliques.”
Lily regarde Sirius comme on regarderait un petit enfant qui essayerait de bien faire, mais qui serait totalement incompétent. “Sirius, l’intérêt de Gatsby c’est qu’il est riche. Obscènement riche, en fait. Toi-et-Potter-niveaux de richesse. Mary et moi… on l’est pas. La famille de Mary vit dans un appart, et la seule piscine qu’on pourrait loger dans mon jardin c’est une piscine pour enfant. Et c’est pareil pour tous mes amis Moldus. Je sais vraiment pas où, ou quand j’aurais pû aller à une pool party.”
“Oh. Pardon,” murmure Sirius, ayant l’air tellement embarrassé que c’est difficile d’être fâché contre lui. “Je voulais pas être, heu…”
“Insensible? Détaché de la réalité?” Offre Mary avec un sourire.
“Ouais, tout ça.”
Lily tapota sa main dans un geste à mi chemin entre le réconfort et la condescendance. “Bah, quand tu deviendras un briseur de sort riche et célèbre tu construiras une piscine et tu nous invitera tout le temps. On te pardonnera peut-être.”
“Ou, tu sais, tu pourrais faire une pool party ici. Dans la salle de bain des préfets, par exemple. Ça serait sympa.”
Les yeux de Lily sortent de leurs orbites. “Mary! Lui donne pas d'idées!” siffle-t-elle entre ses dents.
Sirius rit. “Ouais, le prend pas mal MacDonald, mais je pense pas qu’une baignoire serait à la hauteur, même avec un sortilège d'extension très puissant.”
“C’est pas vraiment une baignoire, si? C’est plutôt une piscine, quand on y pense. Et y’a tous ces différents robinets et bulles et eaux parfumées… Je dis juste, ça a du potentiel.”
Lily grogna de désespoir. Sirius s’agita avec indignation.
“Attend, pourquoi les préfets ont le droit d’avoir ce genre de luxe? Et pourquoi je viens de l’apprendre? Et pourquoi vous avez l’air de tout savoir?”
“Lily me l’a dit,” Mary haussa les épaules. “Je pensais vraiment que tu savais. Vous êtes pas censés avoir cartographié toute l’école?”
“Presque toute l’école, apparemment,” murmure Sirius, les yeux dans le vague. “J’arrive pas à y croire… tellement de possibilités…”
Il sort de sa transe, plaque un baiser sur le front de Mary (“T’es un génie, MacDonald! Merci pour le tuyau!”) et partit en courant hors de la salle commune avant que les filles ne puissent dire quoi que ce soit.
“T’as vu ce que t’as fait?” Gémit Lily en se pinçant l’arrête du nez. “Tu lui as donné une idée, et quand Sirius a une idée il est comme un chien avec un os. Je t’assure que quand il en aura fini tout ce qu’on aura gagné c’est une heure de colle, du vieillissement prématuré et la perte des privilèges de salle de bain des préfets.”
“Ouais, mais on se sera amusées entre temps”, conta Mary avec son sourire le plus enjôleur. Ce n'est pas fair play. Elle sait que Lily est sans défense face à ce sourire.
***
Sirius trottine jusqu’à la bibliothèque, certain d’y trouver Remus plongé dans ses devoirs. Et en effet, il est là, caché dans son coin habituel, avec la panoplie complète de chemise froissée, sourcils froncés et joue tachée d’encre.
“Hey.”
Remus lève la tête et lui fait le sourire dont Sirius aime penser qu’il n’est que pour lui. Chaleureux, malicieux, plein de promesses et fait sur-mesure pour faire battre son cœur.
“Coucou Pads. Je te féliciterais bien pour ta décision de venir étudier, mais je vois que t’as amené aucun matériel.”
Sirius lève les yeux au ciel et s’assoit en face de lui. “Peut-être que j’avais l'intention de t’emprunter le tien. Pourquoi t’as besoin de tellement de livres de toute façon?” Il enroule son pied autour de la cheville de Remus. “Ou peut-être que je voulais juste te voir.”
Remus lance un regard aux alentours et trouve la bibliothèque avantageusement vide. Il se détend, caressant le pied de Sirius avec le sien. “Mmmh. Je pourrais faire une pause.”
“C’est une chance que je sois là pour te distraire alors. D’ailleurs je viens d’apprendre quelque chose de très intéressant.”
“Ah bon?”
“Oui. Apparemment la salle de bain des préfets est incroyable et je suis en train de rater ça. Si seulement je connaissais un préfet qui aurait pu me le dire il y a des lustres!”
“Et bien, t’as peut-être remarqué que je l’utilise presque pas. Je préfère notre salle de bain.”
“Moony, vu comment Mary a parlé de la salle de bain des préfets - et bien, elle l’a décrit comme ce paradis chaud, parfumé et plein de bulles. Notre salle d’eau fait 10 mètres carrés et sent les chaussettes de Prongs. Comment ça peut être mieux?”
“Je pense pas que tu comprennes, Padfoot. La salle de bain des préfets est genre de l’autre côté du château. Tu dois porter tes affaires en pleine vue pendant tout le long; et la moitié du temps quand t’arrives là bas tu te rends compte que t’as oublié ton shampoing ou ton pantalon; et quand t’as fini ton bain et que t’es bien au chaud et relaxé et somnolent, tu veux rien d’autres que tu veux rien d’autre que te jeter dans ton lit mais non , tu dois refaire tout le trajet ce qui signifie grimper cinq escaliers ( cinq , Padfoot!) et le temps que tu sois arrivé t’es plus du tout relaxé et t’as perdu la moitié de ta soirée!”
“Wow. Je savais pas que ça t’énervais autant,” pouffe Sirius, parce que Remus agacé est juste adorable. “C’est vraiment que pour ça?”
“Et bien. J’ai peut-être eu une expérience plutôt marquante dans cette salle de bain,” murmure Remus.
“Tu sais que tu vas devoir me le dire maintenant, pas vrai?”
“Ouais. Ça m'aiderait peut-être de vider mon sac.”
Remus soupire. “Je vais pas te demander de pas rire, je sais reconnaître une cause perdue quand j’en vois une. Okay, voilà: l’année dernière j’avais décidé de prendre un bain après la pleine lune, tu sais, muscles endoloris et tout ça. J’ai fait la totale, j’ai pris un livre avec moi, j’ai même enchanté des bougies, et puis… En vrai j’aurais dû le voir venir, honnêtement; je me suis endormi.”
“Okay, pour l’instant tout va bien.”
“Non, tout ne va pas bien, parce qu' au bout d’un moment quelqu’un d’autre a essayé d’utiliser la salle de bain. J'étais tellement endormi que j’ai pas entendu les coups sur la porte et la personne a paniqué, j'imagine, et pensé que quelqu’un s’était évanoui ou un truc du genre…”
“Et elle a déboulé, pendant que tu dormais à poil dans la baignoire?” Sirius fait un effort remarquable pour ne pas rire.
“Non plus, parce que la salle de bain des préfets est comme les bureaux des professeurs, tu peux pas juste jeter Alohomora. Une fois que c’est fermé, t'as besoin d’un prof pour l’ouvrir.”
“Non!” exclame Sirius, horrifié. “Qui?”
“McGonagall.” Remus se frotte le visage comme dans l’espoir que ça efface le souvenir. Ça ne marche pas. Il a besoin d’une pensine, pense-t-il distraitement. Une grande pensine de la taille d’une piscine, pour y ranger tous ses souvenirs mortifiants.
“Par les couilles de Merlin, est-ce que Minnie t’as vraiment vu dans ton plus simple appareil? ”
“Elle a pas - elle a rien vu, d'accord?” supplie presque Remus. “Rien du tout - y’avait des bulles, plein de bulles. Mais c’était quand même extrêmement traumatisant .”
“Okay, mais je dois savoir: est-ce qu’elle t’as regardé droit dans les yeux et t’as réprimandé pendant que tu étais dans le bain? Ou est-ce qu’elle a attendu dehors et ensuite elle t’as réprimandé?”
“Aucun de deux. J’ai juste dit un truc du genre ‘Pardon Professeur, je me suis endormi, j’ai eu une nuit difficile’ et je pense qu’elle a réalisé que c’était après la pleine lune parce qu' elle a laissé passé. Elle m’a juste demandé que je fasse attention à ne pas me noyer - mais honnêtement à ce moment-là je voulais un peu.”
“J’arrive pas à croire que tu nous a caché ça pendant un an,” dit Sirius, mi-amusé, mi-impressionné.
“Ouais, bah. J’imagine que c’est bon, tu connais tous mes secrets les plus sombres. “
“C’est une bonne chose que j’ai de l’affection pour toi alors,” murmure Sirius, caressant le petit doigt de Remus avec le sien. “Mais tu sais qu’on peut pas te laisser comme ça, pas vrai? On doit te dé-traumatiser.”
“Encore une fois: je sais reconnaître une cause perdue quand j’en vois une, Pads. Oublie, je ne poserait plus jamais le pied dans cette salle de bain.”
“Mais je voulais que tu m’y emmènes,” boude Sirius. Il ajoute rapidement: “on a pas besoin de faire… ça, on pourrait juste, tu sais, se détendre ensemble. On pourrait y aller après une pleine lune, et je te promets que je te laisserait pas t’endormir.”
“Je pense pas que ce soit une bonne idée, Pads.”
“Mais… Les bulles! Et l’eau parfumée! Et juste nous deux.” La voix de Sirius est timide quand il entrelace leurs doigts, leurs mains habilement cachés derrière Le livre des sorts et enchantements , volumes 1 à 6.
Remus se mord la lèvre inférieure. Il sait ce que Sirius est vraiment en train de demander.
Des murmures étouffés dans la bibliothèque, des baisers rapides dans les placard à balais avec la peur constante d’être pris, des frôlements de mains, de genoux, d’épaules qui s'écartent soudainement aussitôt que James ou Peter entrent dans leur dortoir - c’est loin d’être assez, pourtant déjà bien plus que ce qu’ils peuvent se permettrent.
Ce que Sirius est vraiment en train de demander c’est du temps, et de l’espace. Rien qu’une petite bulle; juste quelques heures volées, juste une pièce; pour qu’ils puissent s’offrir le privilège de parler et de s’embrasser et de découvrir ces nouveaux sentiments à leur manière, en sécurité et sans se presser.
“Okay,” dit Remus dans une expiration. “Ouais, okay.”
“Vraiment?”
“Oui. Mais je refuse d’être vu en train de te laisser rentrer en douce, donc on va devoir emprunter la cape de James. On devrait trouver une bonne excuse aussi, sinon il voudra venir avec nous.”
“Merci, Moony. J’ai très hâte.” Quand Sirius sourit comme ça, tendrement et brillamment, c’est comme si la lumière se déversait de lui, enveloppant Remus dans un halo de chaleur. Remus sourit tendrement.
“Oh, et aussi, il se peut que j’ai des plans de faire une pool party dans cette salle de bain un jour.”
“ QUOI?! ”
“Shhh! Crie pas, Moony, on est dans une bibliothèque.”
***
La pleine lune de février tombe un vendredi, ce qui signifie que les Maraudeurs n’ont aucun scrupule à se prélasser dans leurs lits toute la journée le lendemain. Peter, James et Sirius sont endormis dans leurs lits longtemps avant que Remus n’ai le droit de sortir de l'infirmerie et de retourner au dortoir, mais ils se font pardonner en le laissant dormir et en entassant une quantité ridicule de nourriture à ramener pour lui des cuisines.
“J’ai encore raté le déjeuner?” demande Remus, à moitié endormi quand ils reviennent au dortoir.
“Oui, mais on t'a ramené à manger, parce qu’on est les meilleurs amis que tu pourrais espérer. Et les Elfes de Maison on mit un peu plus de pudding. C’est dégueulasse à quel point ils sont biaisés envers toi, Moony,” dit joyeusement Peter.
“Et dire que tout ce qu’il faut pour avoir un peu plus de pudding c’est mettre tes vêtements sales dans le panier,” baille Remus. “Merci, Pete.”
Remus est entrain de manger son troisième sandwich quand Sirius vient s'asseoir à côté de lui, lui vole quelques frites et l'entraîne dans une conversation entièrement chuchotée. Ils ont beaucoup fait ça dernièrement. Pete s’en fiche, c’est une grande amélioration par rapport à quand ils se disputaient sans arrêt.
A un moment donné, Sirius sourit malicieusement et passe du lit de Remus à celui de James d’un pas nonchalant. “Ça va Prongs? T’as des trucs de prévus cet après-midi? Entraînement de Quidditch, peut-être?”
“Heu. Non, j’ai annulé ça. Donc juste des devoirs, j’imagine.”
“Tu penses que je peux emprunter la Cape?”
“Ah! Hem. Et bien j’en avais un peu besoin, en fait.”
“Quoi, pour faire tes devoirs? Des devoirs invisibles?”
“Oui. Enfin non, c’est juste… juste au cas où, tu vois?”
Sirius plissa les yeux. “James Potter, es-tu en train de planifier un prank sans moi?”
“No. Es- tu en train de planifier un prank sans moi?”
“Non.”
“Bien.”
“Bien. Je peux avoir la Cape du coup?”
“Non.”
Remus profite bien du spectacle et mange ses frites comme si c’était du pop corn. Ça aurait pu durer longtemps, si Peter n’était pas intervenu.
“S’il vous plait, Messieurs, nous savons tous comment ça va finir, donc passez directement à ça.”
“Ah ouais? Comment ça va finir alors?”
“Et bien James pourrait facilement gagner en rappelant quand la cape est à lui et que donc qu’il a le droit de l’avoir. Mais il est trop honorable pour suivre cette voie, donc à la place ça va être une lutte de volontés. Sirius est de loin le plus têtu d’entre nous, et il gagne toujours les luttes de volontés.”
“HA! Merci, Pete!” s’écrie Sirius pendant qu’un James vaincu lui donne la Cape.
“Pour info, je pense que vous êtes tous les deux des idiots. Vous êtes évidemment tous les deux en train de planifier des pranks secrets, même si vous devriez tous les deux savoir maintenant qu’on se fait prendre à chaque fois qu’on planifie quelque chose sans Remus. Mais quand même, Sirius est avantagé parce qu’il a la Cape, donc James devrait avoir la Carte. Bonne chance et profitez bien de vos heures de colle.”
“Bravo, Pete,” rigole Remus pendant que James et Sirius essayent de rassembler ce qui leur reste de dignité.
Éventuellement James part, livres sous le bras et Carte dans la poche, ‘pour faire mes devoirs à la bibliothèque, puisque c’est impossible de me concentrer avec vous dans la pièce, bande de cons.’
Sirius lui laisse une belle longueur d’avance avant de sortir avec la Cape ‘pour aller aux cuisines, ce pudding était super bon et j’ai encore faim.’
Éventuellement, Remus doit avoir décidé d’aller prendre un bon bain parce qu’il commence à regrouper ses affaires de toilette et des vêtements de rechange. Peter n’y réfléchit pas trop.
***
Remus atteint la statue de Boris le Hagard sans aucun problème - Sirius lui serre la main pour faire connaître sa présence. “Je suis là. J’ai vu personne entrer ou sortir, je pense qu’on devrait être tranquilles.”
Remus hoche la tête et va ouvrir la porte. La porte reste fermée.
“Sérieusement? Il est 16h, qui de sensé prend un bain à 16h?”
“Et bien qui que ce soit à été ici au moins trente minutes donc ça devrait pas prendre longtemps, si?”
“Donc on attend?”
“Si t’as envie.”
D’un côté, Remus est fatigué et il n’y a nulle part où s'asseoir à part la pierre froide dans le couloir peut accueillant.
De l’autre côté… Des jets d’eau chaude et des bulles et Sirius en maillot de bain.
“Ouais,” dit ferment Remus, “ça me dérange pas d’attendre.”
Ils s’affalent contre le mur, la tête invisible de Sirius poussée sur l’épaule de Remus et leurs cuisses collées ensembles. C’est pas si inconfortable après tout.
Sirius avait raison. Ils n’ont pas besoin d’attendre longtemps avant que la porte de la salle de bain ne s’ouvre pour révéler un James Potter relaxé, aux cheveux mouillés et au grand sourire.
“Prongs?!”
“Remus!?”
“Qu’est-ce que tu fais là?”
“Qu’est-ce que tu fais là?”
“Bah, je vais prendre un bain.” Remus met son paquet de vêtements en évidence.
“Ouais, c’est ce que j’ai fait aussi.”
“T’allais pas à la bibliothèque?”
“J’ai changé d’avis.”
“Est-ce que t’as même le droit d’être là?”
James lève les yeux au ciel et s’appuie sur l’encadrement de la porte, bloquant efficacement l’entrée. “Oui Remus, j’ai le droit d’être là. Je suis peut-être pas un préfet mais je suis Capitaine de l’équipe de Quidditch, tu te rappelle?
“C’est vrai. Alors si t’as fini je peux y aller?”
James jette un regard prudent à la porte derrière lui. “Heu. Vaut mieux pas, en fait.”
Remus soupire. Tant pis pour l'après-midi relaxante. “James, est-ce que t’as mis des boules puantes ou tout autre artefact douteux dans la salle de bain des préfets?”
“Oui! Oui, c’est exactement ce que j’ai fait. C’est pour ça que j'avais besoin de la Cape, pour empuantir la salle de bain des préfets. Je savais pas que tu voulais l’utiliser et je suis désolé, mais maintenant c’est fait, donc on devrait peut-être y aller. En fait, on devrait donner beaucoup d'espace à ce couloir, parce que l’odeur va être vraiment horrible.”
Remus envoie un regard désespéré dans la direction générale de Sirius, ce qui est stupide puisqu’il ne peut pas voir sa reaction de toute manière. Il est sur le point de faire demi-tour et d'abandonner quand quelque chose de très bizarre se produit.
La porte - la porte de la salle de bain supposément puante mais vide - s’ouvre rien qu’un tout petit peu et James est tiré à l'intérieur, apparemment contre sa volonté. La première réaction de Remus est de lui courir après mais la porte est déjà refermée à clef.
“Putain mais qu’est ce qui se passe?” demande Sirius, se levant et abandonnant complètement la Cape.
“Je pense… Je pense que James est dans la salle de bain avec quelqu’un ”, laisse échapper Remus.
“Mais… qui? Par Merlin et Morgane, tu crois que c’est Lily?”
“Je pense pas. J’imagine pas Lily se cacher dans une salle de bain, et toi?”
“Bah, y’a qu’une manière de le savoir,” dit Sirius avec un sourire malfaisant, en se rasseyant.
“Sirius, tu peux pas les forcer à sortir. T’es peut-être le plus tétu, mais James est beaucoup plus patient.”
“Plus patient que moi, mais pas plus patient que toi .”
Remus grogne. Pourquoi sa vie a-t-elle besoin d’être si compliquée, bordel? Tout ce qu’il voulait c’était un bon bain moussant avec Sirius. Il se laisse glisser sur le sol avec un énorme soupir.
***
De l’autre côté de la porte, James est en train de paniquer.
“Je suis désolé, Reg, je sais que j'étais censé partir il y a des plombes mais Remus était juste devant la porte quand je suis sorti je savais pas quoi faire! Je l’ai presque convaincu de partir mais je pense que c’est hors de question maintenant. Putain, on fait quoi?”
Regulus prend une grande inspiration. Inspire, expire, inspire, expire…
Celui qui a dit que les bains moussants étaient relaxants, Regulus l’étripera un jour. Il se sent très loin de relaxé.
“James, je veux pas t’alarmer mais on a des problèmes pires que Lupin tout de suite.”
James est très alarmé. “Ah bon?”
“Oui, parce que mon frère est actuellement à 3 mètres de la porte.”
James fronce les sourcils. “Non il y est pas, y’a que Remus.”
“Oh. Alors j'imagine que la Carte est un peu détraquée.”
“Quoi? La Carte n'est pas détraquée. La Carte est parfaite.”
“Regarde toi-même.”
James se penche sur la carte, sur laquelle Regulus pointe un doigt délicat vers une paire d'empreintes bien distinctes marquées ‘Sirius Black’.
“Je comprend pas. La carte n’a jamais tord, mais je suis sûr que Remus était seul!”
Regulus comprend en premier. “James. Ta Cape. Tu lui a donné ta Cape.”
James palit. “Je lui ai donné ma Cape.”
Regulus tire ses cheveux par désespoir. “Pourquoi tu lui a donné la Cape? Pourquoi il en a besoin de toute façon?”
“Je sais pas, des mauvais tours, j’ai imaginé!”
“Bah apparemment sa définition de mauvais tour c’est de se faufiler à l'extérieur de la salle de bain des préfets avec Lupin!” Regulus est coupé dans son élan, se rendant compte de ce qu’il vient de dire. “Attends. Attends attend attend attend. Pourquoi il ferait ça? Pourquoi il se faufilerait dans une salle de bain avec Lupin? Sirius est… Est-ce que Sirius et Lupin… Lupin c’est le… de Sirius?”
James le fixe, les yeux sur le point de sortir de leurs orbites.
“Ils sont ensemble, James?”
James balbutie. “Non, je veux dire, je pense pas, je sais pas!”
“Tu sais pas? Comment tu peut pas savoir? Vous vivez ensemble !”
James prend une grande inspiration. Inspire, expire, inspire, expire… “J’ai juste pas la capacité mentale tout de suite. On se concentre sur comment sortir d’ici, okay?”
Regulus gémit, les yeux toujours fixés sur la carte. “Ils bougent pas. Pourquoi ils bougent pas?”
“Parce qu’ils ont réalisé que je suis pas seul, et ils veulent savoir qui est ici avec moi. Ils essayent de nous forcer à sortir.”
“Et bien ça devrait nous favoriser en fait, parce que Sirius à la capacité de concentration d’un enfant de trois ans.”
“Oui, mais pas Remus.”
“Putain. James, je t’aime mais y’a pas moyen que je sorte de cette salle de bain avec toi devant mon frère.”
“Ouaip, pas d’objection. Donc… des alternatives?”
Regulus regarde autour de lui d’un air fou. La salle de bain consiste en une baignoire géante, une douche de plafond, et pas grand chose d’autre. Autant qu’il puisse dire, la seule autre sortie est un petit vitrail rond dépeignant une sirène qui a passé les cinq dernières minutes à se moquer d’eux. La fenêtre ouvre sur une chute de 15 mètres au-dessus du Lac.
“James, t’es sensé connaître ce château par coeur, c’est genre votre marque de fabrique. S’il te plait dis moi qu’il y a un passage secret qui même hors de cette salle de bain.”
James secoue la tête. “Nope, si on avait trouvé un passage ici il serait sur la carte. Tu serais pas secrètement un Animagus oiseau, par hasard?”
Regulus le fixe. “Bien sûr que non. Je suis flatté, mais tu penses vraiment qu’un élève de 5ème année pourrait réalistiquement être un Animagus non enregistré?”
“Oh, et bien, ça valait le coup de demander,” murmure James. “Et si juste on… partait pas? On peut peut-être toujours les battre au jeu de l’attente.”
James pense honnêtement que c’est la solution la plus sûre, mais Regulus hausse les épaules. “Quelqu’un a essayé ça une fois. Enfin, l’histoire varie; Dorcas dit qu’un élève a essayé de se cacher ici, Longbottom dit que c’était juste un préfet qui s’est endormi, mais tout préfet sait et craint ce qui arrive ensuite.”
“Qu’est ce qui arrive ensuite?”
Regulus le regarde sombrement. “Un des profs - On m’a dit que c’était ton propre Directeur de Maison, en fait - à dû finir par forcer la porte, et entra alors que l’élève était nu . Donc sauf si tu veux risquer d’être trouvé par Slughorn ou Mcgonagall…”
C’est au tour de James de frissonner. “Par Merlin, non.”
Regulus ferme les yeux. “Donc c’est tout. Je vais devoir faire face à mon frère - et apparemment son petit ami secret aussi - quand on sortira de cette salle de bain ensemble.”
Il a l’air tellement désemparé que James ne peut pas s'empêcher de rigoler un peu. “Viens là.” Il encercle gentillement la taille de Regulus de ses bras, traçant des cercles rassurants sur son dos. “C’est vraiment la pire chose qui pourrait arriver?”
Regulus souffle sur son épaule. “Oui. Littéralement le pire. Continue à me caresser le dos, s’il te plait.”
James obéit avec plaisir, détendant le dos et les épaules de Regulus et plantant des petits bisous sur la tête de son petit ami.
“Tu sais, je pense qu’on peut utiliser cette histoire de Remus-Sirius à notre avantage, si on joue bien nos cartes.”
“Vraiment?”
Regulus penche sa tête en arrière pour le regarder, et James en profite pour placer un petit bisous sur son nez. Et son front. Et ses deux pommettes. “Vraiment,” promet-il. “Tu me fais confiance, Reg?”
Les yeux de Regulus s'adoucissent. “Oui,” chuchote-t-il contre les lèvres de James. “Plus que quiconque d’autre.”
“Bien. Donc on va jouer de nos atouts. Je vais essayer de négocier, et si j’y arrive pas tu devra juste mentir et gaslight pour te sortir de là.”
“Et si ça marche pas?”
“Alors j’aurais eu le privilège de t’avoir rencontré avant de mourir,” déclare James, toujours dramatique, cet idiot.
***
La porte s’ouvre en grinçant et Sirius se dépêcha d’attraper la Cape, réussissant à se recouvrir in extremis avant que la tête de James ne dépasse dans l’embrasure de la porte.
“Je viens avec des négociations de paix,” dit-il a Remus.
Remus pouffe. “James, y’a pas de place pour des négociations ici. Je sais que quelqu’un est là dedans avec toi, et j’ai rien de mieux à faire de mon weekend que d’attendre.”
James l’ignore complètement. “Voici mon offre: tu me donnes la Cape et tu t’en vas tout de suite, et je te promets de ne jamais te demander pourquoi tu essayais de faire rentrer Sirius en douce ici.”
Remus manque de s’étouffer avec sa propre salive. “Je vois pas de quoi tu parles.”
“Remus, je sais qu’il est là.”
Merde. “Peter t’a donné la Carte.”
“Peter m’a donné la Carte,” confirme James.
C’est un développement imprévu et plutôt cataclysmique. Remus serre la main de Sirius à travers la Cape. “Est-ce que je peux te répondre dans quelques minutes?”
“Bien sûr. Je bouge pas.”
***
“Alors?” demande Regulus dès que James réapparaît.
“Il en parle avec Sirius et ils vont nous répondre après.”
“Donc on attend.”
“Oui.”
Il ne se passe pas longtemps avant qu’ils n’entendent des coups à la porte, et James ouvre juste assez pour passer sa tête à l'extérieur.
“Alors?”
Remus répond: “Contre-proposition non-négociable: on vous donne la Cape et on part, mais vous devez nous donner la Carte.”
“Je dois en discuter avec mon… associé.”
“Bien sûr. Je bouge pas non plus.”
James ferme la porte et pousse un soupir de frustration. “On est foutus. Même si tu utilises la Cape pour sortir en douce, ça servira à rien puisqu’ils peuvent juste trouver ton nom sur la Carte. qu’est-ce qu’on fait, Regulus?”
Ça a duré trop longtemps. Regulus est un sorcier, héritier d’une des plus grandes familles de sorciers, et la fierté et l’honneur de la Maison de Serpentard. il ne sera pas pourchassé comme un lapin. Regulus lève la tête bien haut. “On sort de la salle de bain, James. Ou du placard, j’imagine.”
James hoche la tête solennellement. “Okay, mon coeur. Je suis prêt quand tu le seras.”
***
James a annulé l’habituel entraînement de Quidditch du samedi après-midi pour… des raisons personnelles quelles qu'elles soient.
Normalement ça n'affecterait pas Lily le moins du monde, à part le fait que Marlene se retrouve dans leur dortoir au lieu de sur le terrain de Quidditch. Et Lily s'était habituée aux absences hebdomadaires de Marlene. non pas qu’elle n’ aime pas Marlene, bien sûr. Elle l’adore, en fait; Marlene est l’une de ses meilleures amies.
C’est juste que sa présence rend beaucoup plus difficile d’embrasser son autre-meilleure-amie-devenue-petite-amie-secrète. Ce que Lily aimerait bien être en train de faire tout de suite.
“Je pense que je vais prendre un bain,” annonce-t-elle à la cantonade.
“Il est quatre heure et quart,” pouffe Marlene. “Qui prend un bain au milieu d’un samedi après-midi?”
“Moi, des fois. Quand t’es à l'entraînement de Quidditch.”
“Okay. Bah fais ce que tu veux.”
“Merci. A plus.” Elle salue Marlene, lève un sourcil vers Mary et descend les escaliers délibérément doucement.
Mary la rattrape juste devant la salle commune. “C’est marrant comme j’ai une soudaine envie d’aller étudier à la bibliothèque.”
“Ah bon?”
“Oui, je veux vraiment étudier maintenant.”
“Bah, tu sais, je pense que la salle de bain des préfets et la bibliothèque sont dans la même direction.”
“Oui, je pense que t’as raison. Ce serait très logique qu’on y aille ensemble.”
“Très logique.”
Il s’avère, que le chemin jusqu’à la bibliothèque slash salle de bain est plein de placards, alcôves, et derrière de tapestries vides que certains élèves désobéissants pourraient utiliser pour des activités illicites du type bisous. Lily les pointe sur leur chemin, expliquant comment ses fonctions de préfète l’on amenée à découvrir chacun de ces recoins. Sans aucun rapport, elles mettent très longtemps à arriver à destination.
“Je m’en veux d’avoir menti à Marlene,” murmure Mary contre la tempe de Lily.
Lily soupire. “Ouais, moi aussi. On doit vraiment trouver un bon moment pour lui parler.”
“Maintenant ça aurait été un bon moment, tu sais.”
“Vrai, mais alors j’aurais pas pû faire ça,” murmure Lily avant de presser ses lèvres sur cet endroit très sensible entre le cou et l’épaule de Mary.
“Salle de bain des préfets? Maintenant?” demande Mary à bout de souffle.
“Oui s’il te plait. On doit en profiter temps qu’on peut, je suis pas sûre qu’elle soit encore entière quand Sirius en aura fini avec elle. Je te pardonnerai jamais pour ça, tu sais.”
“Bah alors je vais essayer très fort de me faire pardonner,” dit Mary, ses pupilles noires et dilatées.
Lily oublie toute prudence alors, attrapant la main de Mary quand elles courent en dehors de l’alcôve et referment la distance qui les séparent de la salle de bain.
Apparemment, il y a un peu de queue.
Juste devant elles - juste devant la porte de la salle de bain, en fait - sont Sirius, Remus, James et aussi, pour une certaine raison, Regulus Black. Leur conversation semble… intéressante.
“Mon meilleur ami, non, mon frère! Avec mon… bah, mon autre frère! C’est basiquement de l’inceste, je vous ferait savoir!” mugit Sirius;
“Non s’en est pas,” contre son frère (biologique) platement. “Ça n'a aucun sens. T’as une commotion cérébrale? Peut-être que t’es en train de tout halluciner.”
“C’est ça le truc, on est deux, et je suis sûr que je suis pas en train d’halluciner.” dit fermement Remus.
James intervint: “Et bien, t’as pas beaucoup dormi la nuit dernière, pas vrai? Peut-être que t’es juste fatigué. En fait, on est tous fatigués. Peut-être qu’on devrait juste… ajourner la réunion?”
Regulus regarde Remus avec un intérêt poli. “Oh, je suis désolé d'entendre que t’as pas bien dormi la nuit dernière, Lupin. Est-ce que c’est parce que t’étais trop occupé à baiser mon frère?”
Remus pouffe. “t’es sûr que tu veux aller par là, Regulus? Parce que je pense que tes activités avec James dans cette salle de bain étaient pas si innocentes non plus!”
James tousse violemment. “Sirius, je te promets que mes intentions envers ton frère sont entièrement innocentes!”
“Non elles le sont pas. Pas les miennes, en tout cas.” dit Regulus, impassible.
“Je suis pas sûr que je peux survivre à ça. Peut-être que je suis déjà mort et que je suis en enfer? L’Enfer Moldu? Oh, j’ai besoin de m'allonger.” Sirius à l’air vide et épuisé.
“Si tu te sens mal, je crois que y’a des sels là dedans,” ricane Regulus.
Inexplicablement, Sirius commence aussi à rigoler. Le regard de James passe d’un frère Black à l’autre, incertain, Remus glousse nerveusement, et tout le monde arrête de crier. La crise à l’air évitée pour l’instant.
Ce qui signifie que c’est un bon moment pour Lily et Mary pour détacher leurs mains et repartir doucement et sans aucun bruit. Malheureusement, Sirius les remarque avant qu’elles ne puissent même y penser.
“Et qu’est ce que vous faites ici? Vous savez que c’est mon propre enfer personnel?”
“Heu,” commence Lily avec éloquence, sa main toujours fermement serrée à celle de Mary.
“On allait juste aux toilettes. Des choses de filles, vous savez.” dit Mary avec aplomb.
“Ensemble?” Remus lève un sourcil sceptique.
“Ouais, synchronisation, ça existe,” explique Lily.
“En plus, tout le monde sait que les filles vont aux toilettes en groupe. Par sécurité. Je veux dire, Mimi Geignarde est allée aux toilettes seule, et regarde ce qui lui est arrivé!”
“Ouais, d’ailleurs, qu’est ce qui lui est arrivé?” demande James.
“Personne ne sait,” répond Regulus. “Ce que je sais c’est que vous deux” - il montre Lily et Mary du doigt - “êtres de très mauvaises menteuses.”
“Excuse moi, je suis une excellente menteuse!”
“Donc tu assumes, tu mentais?”
“Heu,” balbutie Mary.
Lily soupire. Elle sait quand elle a perdu. “Bref, puisqu’on est tous là et qu’on est presque samedi soir… une pool party, ça vous tente?”
***
Marlene ingurgite sa bièraubeurre, ajuste ses lunettes de soleil et envoie sa bouée donut vers Peter.
“Pete, qu’est ce qui se passe? Ça fait combien de temps que Sirius et Lily ont organisé ça? Qui est Gatsby? Et plus important, pourquoi tout le monde embrasse tout le monde? Je suis devenu folle?”
Peter ouvre un nouveau robinet et de l’eau chaude, rose, à la rose les éclabousse tous les deux. “Honnêtement, j’ai arrêté d'essayer de comprendre. Je suis juste là pour me détendre et profiter des bulles.”
