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Akashi serra une dernière fois la main de Furihata dans la sienne et le brun lui sourit, faisant rater un battement à son coeur. Il était 23h50 et comme tous les samedis soirs, il ramenait celui qui était depuis peu son petit-ami chez ses parents, toujours réticent à le quitter.
- Merci encore de me déposer à chaque fois.
Akashi se contenta d'acquiescer. S'il pouvait savourer chaque instant en sa compagnie, il le ferait avec grand plaisir. En fait, s'il le pouvait, il ramènerait même Furihata chez lui et le séquestrerait dans sa chambre jusqu'à ce qu'ils meurent de vieillesse ensemble, enlacés dans ses draps et cachés de tous. Quand il avait ce genre de cheminement Kuroko lui reprochait d'être un grand malade mais qu'est-ce qu'il y connaissait à l'amour, lui qui se contentait d'un être aussi stupide et insipide que Kagami. Akashi voulait cacher Furihata loin du regard des autres pas pour le torturer, mais parce qu'il savait bien que si les gens s'attardaient un peu sur lui ils tomberaient eux aussi sous le charme et il devrait alors les éliminer.
Il ne préciserait pas comment, mais il était bien évidemment prêt si cette éventualité se présentait.
- On se voit la semaine prochaine ? demanda Furihata, le tirant hors de ses pensées.
Il regrettait amèrement ne pas habiter plus proche, il souhaitait plus que tout pouvoir passer ses journées en compagnie de Furihata, mais son père avait catégoriquement refusé qu'il change d'école (et surtout qu'il déménage !) avant d'avoir obtenu son diplôme... il se mettait clairement entre Furihata et lui, peut-être qu'il devrait lui aussi l'éliminer.
- Bien évidemment. Je viendrai te chercher à la même heure.
- Ça m'embête de te forcer à faire toute cette route juste pour me voir, tu sais, dit Furihata en baissant la tête. Si tu as un empêchement ou si tu en as marre, je pourrais peut-être venir un week-end à la place ?
Akashi imagina Furihata venir chez lui, découvrir le lieu où il passait ses soirées, où il mangeait, où il regardait la télévision, où il s'entraînait, où il dormait- Furihata dans sa chambre, sur son lit, sans ses vêt-
- Je viens avec plaisir, s'empressa-t-il de dire pour stopper ses pensées. Je regrette juste qu'on doive se quitter aussi tôt.
Comme une princesse voyant son carrosse redevenir citrouille à minuit, Furihata avait interdiction de revenir plus tard chez lui. Ses parents le laissaient sortir autant qu'il le voulait, mais s'il tardait ils n'hésiteraient pas à se montrer plus stricts et il ne cherchait pas à les inquiéter. Akashi le ramenait toujours à l'heure, triste de devoir se séparer de lui, mais bien conscient que s'il voulait que leur relation perdure il devait se montrer irréprochable auprès de ses parents.
Furihata finit par lui lâcher la main et Akashi regretta immédiatement la chaleur de ses doigts entrelacés aux siens. Il cacha cependant sa déception, il voulait garder un minimum de dignité pour le moment. Peut-être qu'après quelques années (ou mois... voire quelques semaines. Ou jours. Oui, après quelques jours) il se permettrait de montrer plus facilement ses sentiments, son adoration et son envie de rester constamment avec lui, mais pour l'instant il préférait rester sobre et se contenir un peu. Le brun fit volte-face pour rentrer chez lui, posant la main sur la poignée de la porte d'entrée avant de s'arrêter. Il hésita quelques secondes avant de se retourner et, posant une main timide sur la joue d'Akashi, il s'approcha rapidement de lui pour l'embrasser, les yeux fermés et les joues rouges.
Ce n'était pas la première fois qu'ils s'embrassaient, mais c'était la première fois que Furihata initiait ce contact- et juste devant chez lui ! N'importe qui pourrait les voir : ses parents, son frère, des voisins ! Mais il prenait le risque et Akashi... Akashi se laissa fondre contre lui, passant la main dans ses cheveux bruns ébouriffés et savourant ce baiser tremblant et rapide. Le souffle de Furihata contre sa peau, ses lèvres un peu trop sèches et sa main qui était tombée sur son épaule l'ennivraient. Il suffisait d'un rien, d'un simple geste ou même d'un mot, pour que Furihata lui fasse perdre la tête et étrangement, alors qu'il ne contrôlait ni son corps, ni ses émotions, chose dont il n'avait pas l'habitude, il trouvait cela incroyable. Après quelques secondes Furihata s'éloigna de lui et marmonna un rapide "au revoir" avant de rentrer précipitamment chez lui, laissant Akashi sur le pas de la porte, le souffle coupé.
Il était hors de question que quelqu'un d'autre que lui ne remarque à quel point Furihata était adorable. Peut-être... peut-être qu'il le laisserait finalement venir chez lui et le séquestrerait réellement dans sa chambre pour le reste de sa vie.
