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Language:
Français
Stats:
Published:
2025-04-14
Words:
9,360
Chapters:
1/1
Kudos:
1
Hits:
30

Tamora Jean Calhoun

Summary:

(Y/N) ne se plait pas dans son jeux, elle cherche à se ressourcer en partant en vacances dans un autre jeux. Pas de chance pour elle, elle se retrouve piegée dans un jeux bugé. Tout semble perdu jusqu'à ce qu'elle fasse une rencontre... étonnante.

Notes:

Juste ca na aucun sens que Calhoun se marie avec Felix fin juste ca na aucun sens

Work Text:

.

Je regarde mes pieds.
Je regarde autour de mes pieds.
Il y a de la terre sèche, presque du sable.
Quelques pousses qui se battent contre le terrain aride.
Des fleurs. Sûrement quelques insectes. Je les distingue mal, il fait nuit. Je regarde mes pieds et elle marche de long en large. Je regarde mes pieds et je regrette la minute d’avant où elle était assise à mes côtés. Commandant Calhoun, à la tête de l’escouade 12, cheffe des soldats de Hero’s duty. Désormais destituée, déserteuse, déboussolée.
Je regarde mes pieds et le paysage change. La terre, précédemment sèche, mourante, se fonce et perle. Calhoun a craché. Elle a raté mes pieds de quelques centimètres. Je dis raté mais peut-être n’était-ce pas son intention. Le paysage a changé, le sable à mes pieds est mouillé.

 

— Qu’est-ce que tu attends, hein ?

 

Bien que son langage corporel et son crachat confirment sa rage, son ton la trahit. Sa voix tremble. À peine plus forte que le fleuve qui gronde non loin.

 

— Faut bouger, poulette. L’avenir de la Sugar Mountain© en dépend.

 

Ce qui m’a tout de suite plu chez Calhoun c’est son côté brute de décoffrage. Vieux marin. Un poil macho. Un penchant inavouable. Un péché pas mignon. Malgré moi, le fait qu’elle me voit comme un poids, une incapable, me donne envie de l’être.

 

— C’est pas le salon de beauté ici, va falloir s’y faire poupée. Allez, debout !

 

Elle attrape ma main et me voilà sur pieds.Comme si je ne pesais rien. Elle ne me regarde pas. Je n’ai pas le souvenir de ses yeux croisant les miens. Tout comme son armure en plastique, elle est impénétrable. Pourtant le destin, les étoiles, Dieu ?? nous a rendu indispensable l’une à l’autre.

 

— Il faut trouver la source de ce raffut !

 

La Sugar Rush Mountain© est menacée. Des Cyberbugs se sont immiscées dans le code du jeu et grignotent ses écritures binaires. Calhoun, soldat médaillée est la seule à pouvoir désamorcer la situation. Par souci de contexte, je rappelle que sans son intervention, la Sugar Rush Mountain© disparaîtra. Calhoun vient de Hero’s duty . Je viens de Dance Revolution. Elle est les muscles, le charisme, l’expertise. Je suis là par hasard.

 

Ces derniers temps Dance Revolution© est peu sollicité. Le tapis clignote au fond de l’arcade. Et ne lui répondent que le vacarme des autres jeux en service. Je suis parmi les personnages secondaires alors je commence à envisager mes premières vacances. Étonnamment un character peut simplement s’absenter et quitter l’écran de sélection. C’est simple, il me suffit d’aller au bureau du RH, de signaler la durée de mon absence et de demander le panneaux “point d’interrogation”. Ensuite je vais le déposer sur ma case et voilà, je suis un “locked character”. Les plus intrépides ne respectent pas la procédure et font bugger le jeux mais pas moi, moi j’ai toujours suivi les règles. J’ai donc posé mes jours, pris mon sac et suis partie pour Sugar Rush Mountain©. SRM est une destination de voyage très populaire au sein de notre arcade, on y retrouve des trails magnifiques, des plages de sucre fin, même une piste de ski chantilly. J’aurais aimé partir avec une amie mais je n’en ai pas.

Après mon passage par la “Outlet douane”, je passe la gate de SRM en fin d’après-midi. Malgré le jour déclinant je ne peux m’empêcher de remarquer une faible affluence au camping que j’ai choisi. C’était la première fois que je venais dans ce jeu mais il était réputé pour ses nombreux passages, ses paysages attiraient beaucoup de personnages des autres bornes d’arcades. Paradoxalement, c’était le jeu le moins populaire de la salle d’arcade. Avec le succès de CandyCrush© à télécharger sur son smartphone personne ne trouvait d’intérêt à payer pour y jouer sur une borne datée et poussiéreuse. Le jeu était donc à l’abandon, ce qui était un vrai bonheur pour les characters des autres machines. Ils avaient tout les décors pour eux et les personnages de SRM étaient très accueillants et ravis de ce tourisme.
Je m’installais tout de même pour la nuit malgré l’étrangeté de ce camping vide. J’étais très
excitée à l’idée de vivre mes premières vacances. Après quelques jours de treks, l’alarme à été sonnée. Je comprenais alors tout de suite mieux pourquoi tout était désert, il y avait du avoir une rumeur de bug imminent.
Malheureusement, comme j’interagis peu avec mes collègues, je n’ai pas été mise au courant. Là, c’est officiel. Le jeu est buggé et doit être mit en quarantaine. Il s’avère qu’il est totalement infesté de Cyber-bugs. Lorsque l’alerte est lancée, les visiteurs, usagers ou résidents ont peu de temps pour évacuer car on veut éviter que le bug emprunte la sortie et communique avec les autres jeux. Quitte à faire des sacrifices. Je dévale la montagne que j’avais grimpé, de toutes mes forces mais arrive trop tard. J’ai passée des heures à marteler la gate mais rien n’y a fait. Le code c’est strict. Tout le monde sait qu’une fois que les Cyber-bugs sont là le temps est compté. J’ai pleuré au pied de la gate espérant dieu sait quoi. J’ai pensé à toutes mes collègues de Dance Revolution©, aux morceaux que je n’entendrais plus. À mes pas de danse condamnés. Aux raves after work quand l’arcade fermait. Mais en voyant mon code défiler devant mes yeux j’ai réalisé quelque chose. J’ai senti que je ne sentais rien. Je ne ressentais rien à l’idée de tout perdre. Comme si finalement je n’avais jamais rien eu. Je me retrouvais alors essoufflée. Etouffée par un vide sans fond à genoux devant la gate. Ma respiration seulement troublée par de légers grésillements. À mesure que mon souffle se calmait, le grésillement se faisait de plus en plus clair. Je n’avais jamais vu de Cyberbug mais tout programme reconnait une bug quand iel en voit une. C’était monstrueux, terrifiant. Une masse immense, informe et vorace s’avançait vers moi. Affamée de chiffres, je n’étais plus que des 0 et 1 pour elle. Toujours à genou, je me résignais. Je n’avais pas de regret, plus d’envies. La cyber-bug à quelques pattes de moi, je me recroqueville et mets la tête dans mes bras, je sens son souffle dans mon dos. Puis plus rien. Emergency shut down.

Je me réveille dans le ciel.
Un vrombissement assourdissant. Et je suis attachée. Je suis dans un vaisseau de Hero’s Duty©. Je n’avais jamais visité ce jeu mais c’est de la culture G. On m’a sauvé et la Cyber-bug a perdu.

 

—T’es réveillée Tutu?”

 

Une voix ténor rocailleuse. Dure et très accentuée. Une voix comme jamais entendue, comme jamais parlée. Une voix qui me saisit au code. Une voix plus bouleversante que la plus bouleversante chanson de Dance revolution. Je leva la tête et l’auteure de cette voix me court circuita. Une montagne d’armure à la taille de guêpe. Une armoire à glace. Des épaules qui avaient une âme et dont l’armure satinée éclatait à la lumière comme un tissus de soie. Ces épaules étaient partagées par une raie le long de laquelle coula mon regard. Je me haussais toute palpitante pour voir le corsage, complètement fascinée par une gorge chastement couverte d’un plastron mais dont les globes azurés et d’une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de metal forgés. Les plus légers détails de cette tête furent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies. Le brillant des cheveux lissés, carré plongeant teint de blond au dessus d’un cou velouté où mon imagination couru comme en de frais sentiers. Tout me fit perdre l’esprit.

 

— C’est pas passé loin, parole de soldat!”

 

Je me surprends à la regarder bouche bée. Elle tourne la tête et m’adresse un petit sourire de défi. Le vaisseau s’ébranle, nous sommes arrivées. Calhoun nous a déposé au sommet du mont Sugar Rush©.

 

— Qu’est ce qui vous amène ici...Calhoun? Vous ne devriez pas être à Hero’s Duty en plein après-midi? »

 

Calhoun serre les poings.

 

— C’est commandant Calhoun pour vous, mademoiselle. Et ma mission comprend l’anéantissement des Cyber-bugs. Je ne fais que mon travail. »

 

Je m’apprête à répondre mais voyant son regard noir, me ravise. Tout jeu possède son service des débugisation, certes peu performant mais Calhoun était donc en train de faire des heures supp. Et j’avais vraiment envie de savoir pourquoi. Pourquoi et surtout par quelle chance avait-elle était mise sur mon chemin. Je l’aida à décharger le vaisseau en silence et nous installâmes le camp. Toutes sortes de tourelles, de mitraillettes et de sac de sable. Une tente et deux lits. D’ici la fin de l’agencement la nuit était tombée sur la montagne.

 

— Alors qu’est-ce qui t’amène sur le champ
de bataille Buttercup? »

 

Je lui explique mon ennui, suivi de malchance, puis de mésaventures, le tout entrecoupé de récits de danses, de chants et de soirées. Étrangement à chaque mention de festivité, la commandante se raidie. Je mentionne un dernier souvenir de déhanché auquel elle coupe court, m’adresse un bonne nuit sec et zip sa tente.
Je regarde le ciel éclairé par les constellations de Lucky Charms. Je suis inquiète. Elle ne m’a pas aimé. Je me couche, et m’enveloppe de sentiments contraires. Excitée de cohabiter avec la femme la plus envoutante de tout les programmes, tourmentée à l’idée de ne pas lui plaire.

 

*

 

Je suis réveillée par des coups de feu et des hurlements. Il fait encore sombre, sûrement proche de la tombée du jour. Ce ne sont pas seulement des coups de feu mais des rafales de tir. Calhoun se sert de la tourelle. Je me lève tant bien que mal, secouée par la surprise. Je sors la tête de la tente. Et là c’est comme dans un film. Calhoun encerclée par des cyber-bugs. Elles arrivent de partout. Il en arrive du ciel, des cotés, des flans du Mont Sugar Rush©. Et pourtant, There she was, plus belle que jamais, explosant les cyberbugs en plein vol, n’en loupant aucune. Son visage dur, ses cheveux ondulant au rythme des détonations. Des coeurs dans les yeux, je voyais la scène au ralenti. Ne ressentant ni peur, ni détresse. Calhoun me protégeait. Rien ne l’y oblige, elle me protège hors de ses heures de travail. Je pense qu’elle senti ma présence derrière elle car elle se retourna, et
articula quelque chose que je ne compris pas à cause du ralenti. La minute d’après, je fus ramenée brutalement à la réalité par quelque chose agrippant fermement mes épaules et me tirant vers le bord du Mont Rush. Une
cyber-bug évidemment. Cette vile créature me privait de la contemplation qui donnait enfin un sens à ma misérable vie. Après quelques secondes, une détonation. Calhoun qui court à mes côtés.

 

— Je t’avais dit de rester dans la tente idiote !

 

L’abandon de poste au bras de la tourelle bouleversa violemment le rythme d’élimination des bugs. Si bien que le temps que la commandante s’agenouille auprès de moi, nous étions déjà submergées. Calhoun m’agrippa comme si j’étais un sac de plume et me balança dans la tente. Je l’entendis retourner à son poste en grognant. À travers le nylon, je la devine en train de lutter pour regagner la tourelle, elle est obligée d’éliminer l’essaim de Bugs, s’étant posé sur le Mont, au handgun et à la machette. Ses grognements me font tout drôle. CLEAR. J’entends à nouveau les détonations puissantes et régulières de la tourelle. Soudain un son de gâchette. Plus de munitions. Hors de Hero’s Duty© pas de munitions max, pas de bonus de dégâts etc, on n’a ce qu’on a. Vu le nombres de Bugs que j’ai vu affluer en sortant de la tente une première fois, je sais que Calhoun et ses quelques armes d’assaut ne feront pas le poids. J’attends quelques minutes, anxieuse, j’écoute attentivement. Ses grognements se transforment en cris de guerrière. Je sors la tête de la tente. Les Bugs se rapprochent dangereusement
d’elle, qui perd doucement le dessus. Je mets un pied dehors mais suis frappée par la peur et retourne à plat ventre dans la tente, les mains sur la tête. Les cris de guerrières tournent aux cris de détresse. Je dois sortir de la tente, il faut que je sorte. Ma douce Calhoun, il faut que je sorte. Je pense au stress d’avant Play, au trac précédent chaque partie. Je respire profondément comme à mon habitude avant un Start et me lance hors de la tente face au danger. Vas-t-en ! me crie Calhoun d’une voix anxieuse.

ANCHOR STEP
TRIPLE STEP,
j’écrase une bug.
BALL CROSS,
APPLE JACK,
je lui arrache une pâte, puis la tête.
CABRIOLE,
je transperce le coeur. J’approche de Calhoun mais ça ne suffit pas. Elle résiste tant bien que mal mais à déjà un genou à terre, le deuxième va bientôt suivre. Je n’ai plus le choix, il faut que je tente le combo le plus dangereux de Dance Revolution. Si je réussi, je provoquerai une déflagration suffisante pour sauver Calhoun. Je tremble. Les plus courageux.se ou désespéré.es s’y étant tenté y ont perdu des membres.

_.Le DYNAMITE HEADBANG..._
_://[RIGHT/
LEFT/
RIGHT/
RIGHT/
LEFT/
SLIDE/
JUMP/
REVERSE/
JUMP]._
Une aura bleu commence à m’entourer.
J’aurai bientôt rempli la jauge de flux nécessaire au
DYNAMITE.
_[--TRIPLE JUMP, HARD RIGHT,
REVERSE/ FLIP/
AND DOUBLE BACKFLIP AND BOOM-].
J’ai réussi. je m’entends souffler avant de perdre connaissance. Je suis à moitié consciente, dans une sorte de flou, les oreilles qui sifflent. J’entends Calhoun, crier mon nom. Je sens un bras dans mon dos et un autre sous mes genoux qui me soulève.

 

— (Y/N) ! Ton bras! »

 

Je ne sens plus rien alors qui sait ce qu’il en ai de mon bras. Je me sens tout de même hisser dans le vaisseau. Quelques dernières détonations puis plus rien.

J’entends le clapotis de l’eau. J’entends les grillons au chocolat frotter leur ailes en sucre. Ça sent la vanille. Je ne connais que très mal Sugar Rush Mountain© mais je devine avoir été couchée sur le lit de la rivièreGrenadine.

 

— Dis donc toi t’as la fâcheuse habitude de t’évanouir! Je commence à en avoir marre de devoir te porter. »

 

Je ne le prends pas mal. De ce que j’ai vu d’elle, je déduis que cette brimade ne fait que traduire sa gène d’avoir été secourue par une danseuse de Dance Revolution©. Je suis d’une manière attendrie par cet aveu de
“faiblesse”. Je me surprends à espérer que mon élan de bravoure saura lui faire oublier la veille au soir où elle m’avait claqué la tente au nez. Mes rêveries sont interrompues par une douleur vive à mon bras droit. Je tente tant bien que mal de tourner la tête malgré de très fortes courbatures et suit face à mon bras entièrement bandé. Ma main y est encore accroché, c’est un soulagement.

 

— Je sais pas ce que tu nous a fait tout à l’heure mais... Tu m’a sauver les miches. Alors.. Euh... Merci Swan Lake. »

 

Un ballet? Comment un.e personnage de Hero’s Duty peut-iel connaître un ballet. Je me décide enfin à parler et surtout à demander. Après tout, je viens de risquer ma vie, je mérite de savoir.

 

— Qu’est-ce-que tu fais vraiment là Calhou- euh commandante? »

 

Calhoun plutôt taquine depuis mon réveil se raidit. Le regard noir. Nous restons en silence plusieurs minutes. Un silence pesant plein de regret pour ma part, ayant l’impression d’avoir encore porté atteinte à notre rencontre fleurissante. Un silence de dilemme. Je vois derrière les yeux de Calhoun l’ombre du choix, dire ou ne pas dire. Après une éternité, Calhoun se lève et me tourne le dos. Sans doute pour accentuer le Pathos de ce qu’elle s’apprête à dire.

 

— J’étais mariée il y a bien longtemps. Ma femme était une scientifique de renom qui étudiait les cyberbugs. Elle avait pour but de guérir tout les jeux vidéo. Elle était timide, peureuse mais enjouée. Terriblement enjouée. Elle aimait la vie comme personne.”

Malgré le fait qu’elle me tournait le dos, j’entendais les larmes dans sa voix.

 

— Elle adorait la fête. Elle adorait danser, chanter. Elle visitait souvent le Dance Revolution de l’ancienne arcade où nous étions branchées. Elle parvenait parfois à m’y trainer, ce n’était pas trop mon genre mais j’y allais pour lui faire plaisir. Rien ne me rendait plus heureuse que de la voir sourire, rire et danser. Le jour de notre mariage, j’étais la commandante la plus heureuse de tout les escadrons. Ce jour là, ma chère et tendre avait réussi à me convaincre de confier la responsabilité de patrouille à mes collègues. J’voulais vraiment profiter de ce jour qu’on appelle le plus beau de sa vie. Malheureusement j’ai été programmé pour être la meilleure exterminatrice de zombies, aliens, militaire ennemis, cyber-bugs, t’as compris quoi. Ironie du sort, un petit groupe de cyber-bugs passaient par là, attirées par le bruit des cloches, elles ne firent qu’une bouchée des invités... et...de ma femme...”

 

Calhoun marqua une longue pose. Le regard fixé sur l’horizon, le visage fermé et la machoire serrée.

— Pour moi, c’est comme si j’avais tué ma femme. Des mois durant, je ne parvenais pas à me le pardonner. J’avais la bouteille facile. J’enchainais les Game Over, on a bien faillit se faire débrancher par ma faute. Puis un jour elle m’est apparue dans un rêve. On m’a pris pour une cinglée mais j’ai eu envie d’y croire. Elle m’a dit de me ressaisir. De continuer ce qu’elle avait commencé et de ne pas laissé les cyber-bugs gagner. Elle voulait un monde de paix où le budget, l’ancienneté ou la popularité des jeux ne les rendait pas en proie au violence des cyberbugs. Depuis ce jour, j’ai repris le flambeau, je me rends partout où il y a des infestions et je fais le ménage. Dans l’espoir de faire honneur à ma femme”.

 

Je ne me serais jamais attendu à une explication aussi complexe et personnelle. Calhoun avait connu l’amour. Un amour si fort qu’il était maître du reste de ses jours, même dans l’absence de l’être aimée. Calhoun avait connu le deuil. Bien que profondément bouleversée par ce récit, je ne pouvais m’empêcher de ressentir une pointe de jalousie. Avant leur jour funeste, elles avaient pu jouir de sentiments que j’avais du mal à seulement imaginer. Je chassais rapidement ce mau- vais sentiment, il fallait répondre.

 

— Je suis désolée Commandante... Je trouve votre mission honorable... et euh... Je suis sure que votre femme serait fière”.

 

— Te bile pas va. C’est le passé tout ça. Je me pose plus de questions, je tue les bugs, c’est tout.”

 

Nous restâmes assise comme ça au bord du fleuve pendant un long moment. Regardant le soleil oeuf au plat se coucher. C’était un silence agréable. Un silence de repos. Et surtout de renouveau. Je sentais que la confession de Calhoun l’avait soulagée d’un poids. Il y avait une légère brise chargée d’odeur de fraise et citron. C’était très agréable. Nous restâmes comme ça, jusqu’à la nuit noire. Nous aurions du nous lever tôt ou tard pour poser le camp, mais tout l’équipement avait été sacrifié lors de notre fuite de ce matin. Alors il n’y avait rien a faire d’autre que de profiter de ce moment de répit. De profiter de la présence l’une de l’autre. Il y avait quelque chose de
réconfortant dans l’alliance d’une femme ayant tout perdu à une femme n’ayant jamais rien eu. Une étreinte d’empathie qui apaisait les blessures du coeur.

 

*

 

La majorité de la nuit se passa sans encombre. Pas l’ombre d’une bug. Nous fûmes toute de même réveillée avant de finir notre nuit, un peu avant l’aube. Je fus tirée de mon sommeil par une odeur très chargée. Une odeur qui prend à la gorge. Difficile à d’écrire. On y retrouvait globalement des notes sucrées, trop sucrées. Ça y est. Le jeux commençait à pourrir. C’est comme tout et partout, si quelque chose est trop longtemps délaissé, ça pourrit, ça moisit, ça casse, ça rouille. La rivière Grenadine s’était transformée en rivière menthe à l’eau... Les arbres guimauves étaient tout sec et recroquevillés. Le champ de Scoobidoos avait fondu, et les nounours de la forêt de churros étaient tous morts. Le paysage était désolant et l’odeur difficile à supporter. Heureusement, Calhoun avait quelques masques à bonbonnes dans le coffre. Equipées et reposées nous entamions une nouvelle journée d’extermination. Il semblerait que j’avais officiellement joint Calhoun dans sa mission. Ça c’était fait naturellement, sans rien dire. J’avais pris ma décision à l’issue de son histoire. J’avais trouvé son dessein vraiment noble et à vrai dire, je n’étais pas prête à me séparer d’elle. Mon bras guérit vite et nous continuâmes le travail de Calhoun ainsi plusieurs jours. Je l’aidais comme je pouvais. Nous tuions quelques centaines de bugs par jours mais elles continuaient d’affluer. J’essayais de ne pas être un poids. J’avoue avoir eu peur plusieurs fois, qu’elle ne se ravise et s’en aille sans rien dire. J’avais alors décidé de tenter une approche plus personnelle. Les dances moves étaient efficaces, mais je sentais bien que le combat était le propre de Calhoun et que mes petites victoires éparses n’apportaient que peu à notre besogne.

 

— Qu’est-ce-que tu fais au juste?

 

Au campement de ce soir, j’avais installer tant bien que mal une petite table en cracker et j’écrivais sur des Fruit roll ups.

 

— J’essaye de recenser un maximum d’informations pratiques sur les cyber-bugs, histoire de comprendre un peu mieux leur comportement. Je pense que ça pourrait nous aider pour mieux chorégraphier nos assauts. »

— Pas bête grosse tête!

J’ai planché toute la nuit. Pour l’instant ma stratégie n’est surement pas parfaite mais je pense qu’on pourrait gagner en efficacité. Aujourd’hui on attaque par les souterrains. Calhoun grogne un peu au début, c’est vrai que ce
n’est pas idéal. Les galeries inférieures de Sugar Rush sont inondées de chocolat et caramel. J’imagine qu’ avant l’infection, ils étaient sous forme rocheuses mais avec les fortes chaleur et dérèglements que subit le jeux tout s’effondre. Pourtant je suis heureuse. Calhoun n’est plus aussi mutique et résignée. Je nous surprends de plus en plus souvent à rire toutes les deux. Je vois dans son regard qu’elle respecte mes efforts. Je suis déterminée à l’impressionner avec mes plans tactiques. Ça fait maintenant quelques heures que l’on marche et nous n’avons toujours pas croisé d’ennemis. Pourtant les vrombissements sont bien présent et s’intensifie à chaque pas. Je pense qu’on est sur une grosse percée. Nos sacs sont remplis d’explosifs en tout genre. Si j’ai bien étudié leur comportement cette opération pourrait s’avouer décisive. Mais elle est aussi très risquée. Nous sommes toutes proches, ça se sent. Je commence à regretter ma proposition, faute de courage. Il ne faut absolument pas que ma peur transparaisse. Je continue la tête haute. J’ai à peine le temps de comprendre ce qui m’arrive que je me retrouve pendu au dessus du vide, agrippée au rebord d’un trou dans lequel je viens de tomber. Calhoun m’en sort sans peine. C’est une Travel Breach, une brèche de voyage. Pourquoi n’y avais je pas pensé plus tôt! Tout jeux en possède une. C’est une sorte de sortie de secours lorsque la gate ne peut pas être empruntée. J’ai à peine le temps de digérer cette découverte qu’un brouhaha assourdissant se fait entendre. Le cri que j’ai poussé en tombant dans la brèche à du les alerter. Les yeux brillant des Cyberbugs, activées au loin, éclairent la cavité et révèlent leur nid. Elles sont innombrables, des millions, des milliards? Bien assez pour me décourager en tout cas.

 

— Calhoun, empruntons la brèche! C’est beaucoup trop dangereux ! »

Elle ne bouge pas.

— Tu m’entends? Faut bouger! On reviendra finir le boulot avec une meilleure stratégie, d’autres armes d’Hero’s Duty je sais pas, en tout cas faut y’aller! »

— Je ne peux pas.

— Ecoute je sais que c’est important pour toi, l’honneur de ta femme etc. mais la on va y passer!

Calhoun semble réfléchir quelques secondes avant de continuer. On dirait qu’elle cache quelque chose.

— Non. Ce n’est pas ça. Ecoute, je ne peux pas passer par la breach parce que je ne peux pas retourner à Hero’s Duty. À force de quitter mes fonctions pour chasser les bugs à tout va, tout s’est fait la male, le jeux ne tournait plus alors on s’est fait débranché.es. Je suis gameless [Y/N]... Une criminelle. Une rien du tout condamnée à errer entre les jeux. J’voulais pas t’le dire pour pas que tu me vois différemment. Mais si je rentre maintenant, je n’ai plus rien. La cheffe de l’inter game Central me fait une fleur en me laissant exercer ma mission parce que ça l’arrange bien aussi. Mais j’ai commis une faute grave et je n’ai pas le droit à l’erreur. Je ne peux pas rentrer avec toi, je suis désolée.”

J’avoue avoir été choquée par les aveux de Calhoun. Elle avait tué son jeux. Une erreur impardonnable dans la game sphère. Sa réputation l’avait sauvé. Je ne sais pas comment j’aurais réagit en l’apprenant d’entrer de jeux mais aujourd’hui j’étais touchée par son histoire et ne lui en voulais pas. Je savais tout ce qu’elle avait traversé. Ce petit instant émotion n’empêchait pas les bugs d’affluer. Ils en arrivait par milliers.

 

— Prend la breach [Y/N], t’en fais pas pour moi.”

 

Elle me sourit tristement et me dit “ J’crois que tu vas me manquer ” avant de me pousser dans le trou sans que je ne puisse l’en empêcher. Non! Ça ne pouvait pas se passer comme ça. Je ne pouvais pas la quitter. Pas comme ça. J’avais trop à lui dire, trop à ressentir! C’est moi qui avait fait les sacs. Je savais donc que le mien contenait un grappin. Et oui on est dans un jeu vidéo après tout. J’avais quelques secondes avant de pénétrer dans le travel space. Je dégaine, je tire, ça mord. Je remonta alors le tunnel de lumière de toutes mes forces, le plus vite possible et atteignis le sommet au moment fatidique. J’eu à peine le temps de dégoupiller une grenade que je me fis emporter par une mer de Cyber-bugs. J’étais encore agrippée à la corde du grappin ce qui me permis de garder pied malgré la violence du flow de bugs. J’entendais non loin un concert de détonations. Calhoun avait mit le plan en marche. Ce que je n’avais pas prévu était la fuite des bugs. Finalement elle avait bien fait de me pousser dans le trou car j’étais dans le couloir d’évacuation de leur nid. Je jeta la grenade, que j’avais dégoupiller juste avant, de toute mes forces dans le but de créer un éboulement leur barrant la route. Elles furent obligées de rebrousser chemin et de retourner dans leur nid. Dans la panique, elles ne me remarquaient même pas. Je retourna donc sans encombre rejoindre Calhoun en aval du nid. Je lui fit une tape sur l’épaule pour lui signifier ma présence. Elle sursauta, sur ses gardes, surprise. Son regard me transperça le coeur. Je lisais dans ses yeux humides une reconnaissance rare. C’était le regard d’une femme qui n’avait plu connu les doux égards d’un.e ami.e depuis bien trop longtemps.

 

— C’est le moment Calhoun. »

Pas le temps de me remercier Je ne sais même pas si elle l’aurait fait. Mais son regard m’avait suffit. Il était temps de perforer le plafond du nid et de larguer les explosifs. Calhoun activa son jetpack. Jeux vidéo l’oblige. Et s’envola, perforeuse à la main. Une fois, toutes deux en haut, nous larguâmes la cargaison et attendîmes que le calme se fassent. Après plusieurs minutes d’agonie, nous descendîmes dans le nid pour inspecter. Elles étaient toutes mortes. Mères et filles.

 

*

 

Ce spectacle était difficile à supporter. Même en tant qu’ennemies mortelles, tout ces cadavres offraient une vision épouvantable. Calhoun se signa passa sa main sous mes genoux et autour de mes épaules et nous nous envolâmes rapidement en jetpack. Elle me serrait dans ses bras, les yeux sur la route. Nous ne savions pas vraiment où aller, toutes deux lessivées par ce combat. Ce que je venais de voir m’avait profondément marqué, pourtant, je ne parvenais à penser qu’à une seule chose: “Je crois que tu vas me manquer”. Je regardais les terres désolées sans vraiment les voir, le sourire aux lèvres. Je lui aurais manqué. Au bout d’environ une demi heure, le jetpack manqua de gaz et nous dûmes nous poser. Au pied du fleuve 7Up. Cette région de Sugar Rush© étant assez excentrée, elle n’était pas encore ravagée par la pourriture. L’air était doux et chargé d’une odeur de vanille. Les lourdes chaleurs étaient retombées, et le clapotis de l’eau très apaisant. Il faisait bon vivre sur cette berge. Dans ma hâte de m’installer confortablement au bord de l’eau, je trébucha et m’étala de tout mon long. Il y eu un petit silence puis nous éclatâmes toutes deux d’un fou rire libérateur qui dissipa l’atmosphère sinistre de tout à l’heure. Il était grand temps de se détendre. Après notre attaque explosive d’aujourd’hui nous devrions
au moins être tranquille jusqu’à demain. Avec le peu d’équipement restant dans notre sac, nous arrivâmes à installer un camp plutôt correct. En face d’une branche de réglisse faisant office de siège, Calhoun lança un feu, et moi avec quelques guimauves et des chutes de Fruit by the foot je nous fis deux lits confortables. Le courant passait bien entre nous ce soir. La discussion ne tarissait pas, même longtemps après la tombée de la nuit. L’ambiance était légère. Toutes deux momentanément débarrassées de nos douleurs respectives. Je me rendais compte que mes peines s’estompaient de plus en plus, à chaque journée passée avec Calhoun, leur souvenir devenait plus distant, plus flou. Une fois Calhoun lancée elle pouvait être vraiment drôle, elle enchainait blague sur blague, récit de combat raté, imitation. Je passais une soirée unique. Pendant un court instant, je m’arrêta
d’écouter ces glorieux récits de bataille et essaya de trouver en ma mémoire tampon, un souvenir aussi heureux que celui qui était en train de s’y graver ce soir. Je fus tirée de ma rêverie:

 

— [Y/N]! J’ai beaucoup parlé de moi ce soir tu m’en excusera. Ou remerciera, après tout qui peut refuser le récit des exploits de la grande commandante Calhoun hahaha! Mais je suis curieuse, raconte moi donc tes high scores à toi. Après tout, je ne sais pas grand chose de ton personnage de Dance Revolution. C’est comme si tu en avais honte. »

 

Oh si elle savait... Si elle savait comme je n’avais pas une seule seconde penser à y retourner. Comme une simple note de ces affreuses chansons, toujours les mêmes, résonnant dans ma tête pouvait me terrasser. Une chose me manquait tout de même. Danser. Danser sur les chansons que j’avais dans ma tête, danser sur des rythmes imaginaires, danser des pas qui m’étaient propres dans l’intimité de ma loge.

 

— À vrai dire, je me demande parfois si j’ai été programmée correctement. T’entendre te remémorer ton jeu si tendrement... Je n’ai jamais ressentie ça. Voir ces gens se débattre de l’autre côté de l’écran ne me fait ni chaud ni froid. Je ne comprends pas mes collègues et je m’ennuie aux fêtes de fermeture car je n’aies personne avec qui les partager. Pourtant, j’adore danser, rien ne m’amuse plus que de danser.”

 

Calhoun me regardait attentivement. Pour la première fois je me sentais entendue. Et surtout écoutée. Je m’apprêtai à écourter mon récit car après tout qu’y avait-il à dire de plus, lorsque qu’un étrange son se fit entendre. C’était à la fois distant et omniprésent, ça nous entourait toutes entières et le volume ne faisait qu’augmenter. C’était un des morceaux de la soundtrack du jeu de Sugar Rush Mountain©. Il s’était déclenché sans raison. Ça devait surement être un autre syndrome du bug généralisé. Le morceau était étonnamment beau, très doux et mélodieux, on y entendait une harpe analogique accompagnée de piano 8-bit. Le rythme me plaisait et la stéréo était immaculée grâce au décor complètement vide autour de nous, pas un seul bruit parasite. Cela créait une ambiance à la fois étrange et magique. Comme moi et Calhoun ça n’avait pas beaucoup de sens et pourtant ça avait quelque chose de complet et de parfait, comme une évidence. Sortant de mon hébètement, avant Calhoun qui avait, elle, toujours la bouche bée, je me décidais à parler;

 

— Et si je te montrais?”
Dis-je les yeux baissés, n’osant pas la regarder. Je ne pensais pas pouvoir oser devant elle. Et pourtant n’est ce pas finalement la seule devant qui j’oserais. Je commençais d’un pas hésitant. Puis au fur à mesure que je me mouvais je sentais émaner de moi une ferveur inexplicable. La musique retranscrivait parfaitement les sentiments que j’éprouvais à cet instant T. Plus la musique s’intensifiait plus j’avais l’impression d’entendre Calhoun fredonner. Je surpris ses yeux sur moi qui me firent un instant hésiter. J’avais du mal à déchiffrer son regard. Elle finit par se lever ne pouvant échapper à cette mélodie surprenante et à danser. C’était assez drôle, elle n’avait pas du tout de rythme. Mais elle était sincère et c’était touchant. Doucement nous nous rapprochions. Nous finîmes par danser l’une contre l’autre dans une étreinte qui me fit presque disjoncter. Je n’avais jamais sentie une chaleur pareille. Une peau si douce contre mon cou. L’odeur de ses cheveux. Le cuir de son uniforme. Ses bras forts enveloppés de métal embrassant mes épaules. Nous swayons comme ça quelques minutes, que j’aurais voulu éternelles, jusqu’à trébucher sur la branche de réglisse, nous faisant tomber l’une sur l’autre. Nous nous redressons immédiatement. Je m’apprêtais à m’excuser mais le regard de Calhoun me coupa net. Un regard sur et dur mais tendre et craintif à la fois. Un regard avide mais patient. Un regard amoureux.
L’espace nous séparant semblait aussi infini que minuscule et le traverser paru une éternité comme une seconde. Mes lèvres devancèrent ma pensée, elles se posèrent sur les siennes avant que je ne puisse me l’avouer. Mon code ne fit qu’un tour. J’oubliais tout ce que j’avais connu. Il n’y avait plus qu’elle. Ma bouche sur la sienne fit naître une temporalité dans ma vie éternelle. Il y avait maintenant un avant et un après. Un passé qui commençait à ce baiser et un futur implorant le suivant. Calhoun bondit sur ces pieds.
Ce contact m’ayant rendu phœnix incandescent n’avait en réalité duré que quelques secondes. Elle m’avait embrassée en retour, ça ne faisait aucun doute. Elle avait agrippé ma nuque, j’avais compris qu’elle me voulait encore plus proche. Pourtant, maintenant loin de moi, son expression avait changé. Presque en colère. Je reconnaissais dans son regard, et celui de plus tôt lorsque je dansais, un trouble, une frustration. La terre trembla. Encore sous le choc, je pensais rêver. Pourtant la terre trembla à nouveau.

 

— Qu’est-ce que t’attends, hein?”

Au regard grave de Calhoun, je compris qu’il ne servait à rien d’attendre qu’elle se jette à nouveau dans mes bras.

— Faut bouger, poulette. L’avenir de la Sugar Mountain© en dépend. »

Elle me parlait comme à une étrangère. Ces détonations que l’on entendait au loin lui avait donner le parfait prétexte pour courir loin de moi. J’aurais pu me morfondre, attendre la mort près d’un nid de bug ou me jeter dans la rivière 7Up, pourtant quelque chose en moi s’était apaisé. Je sentais que ce baiser n’était pas une erreur. J’en étais certaine. Calhoun n’était pas prête et je l’acceptais. La terre trembla à nouveau et je dus me résoudre à arrêter de psychoter.

 

— Oh [Y/N]! T’es là? Faut y’aller ma grande! Y’en a un paquet qui arrivent et elles ont pas l’air contentes!»

Nous plions bagage en deux temps trois mouvement et commençons à courir. Plus de vaisseau, plus de jetpack, plus rien que nos pieds et nos jambes.

— On va pas tenir comme ça longtemps! Elles gagnent du terrain...»

— Là regarde!”

Encore amarré, un petit bateau à moteur fait de ré- glisse et autre sucreries attendait de nous secourir. Nous sautons à bord. Le moteur peine un peu et nous
voilà lancées. Nous naviguâmes paisiblement pendant un court instant, jusqu’à arriver au bord d’une cascade nous offrant une vue imprenable sur la Map de la Sugar Rush Mountain©. Nous restâmes en silence, estomaquées par le spectacle qui s’offrait à nous. Les champs, les vallées et collines étaient noires de bugs. Même toutes les armées de Hero’s Duty n’aurai pas pu en venir à bout. Pourtant je voyais toujours briller au fond des yeux de Calhoun, l’espoir et l’anticipation de la bataille.

 

— Bon alors. C’est quoi le plan ma puce?”

Elle était en train de délirer. Aveugler par sa mission. Je voyais dans son regard une certaine démence qui m’était encore inconnue. Peut-être était-ce notre rapprochement qui l’avait perturbée. Peut-être de voir la bataille perdu d’avance l’avait fait perdre la raison.

 

— Le plan c’est: on retrouve la breach et on se casse Calhoun! Tant pis pour le Game Central on trouvera bien quelque chose à leur dire. »

 

Même regard. Impénétrable, terriblement lointain et surtout assoiffé de sang. Le soulagement que j’avais ressenti au bord du feu de camp c’était soudainement dissipé. — Alors Ciao bella!”. Et avec le rictus de celle qui n’a plus rien à perdre, elle sauta du bateau dans la cascade pour atterrir sur un nuages rebondissant un peu plus bas. C’était maintenant que tout se jouait. Soit je sauvais ma peau en essayant tant bien que mal de regagner la Breach soit je prenais le risque qu’elle m’entraîne dans sa chute. Je sautais sans hésiter sur le nuage que Calhoun venait d’emprunter. Avec mon agilité près programmée, je la rattrapa sans trop de mal.

 

— Qu’est-ce-que tu fous? »

— J’viens t’aider. Faut bien au moins un cerveau dans cette opération.”

J’essayais de détendre la situation avec une petite raillerie, de la ramener parmi nous. Pas un sourire. Calhoun continua de sauter de nuage en nuage comme si je n’étais pas là. Je la suivi de près. Pas question de la laisser courir à une mort certaine. Après une descente aux enfers qui se fit dans un silence glacial. Nous atterrîmes sur une plaine déserte. Les bugs avait évoluées. Elles se cachaient à notre arrivée. Cela rendait l’atmosphère encore plus étouffant.

 

— Sortez de votre cachette enflures de bugs!! J’vais vous crever parole de Calhoun!!!”

— Mais tais toi ! »

 

Je me jetais sur elle mettre ma main sur sa bouche. Elle para et me fit une clé de bras. S’en était trop pour moi. J’avais tout fait pour elle et elle n’était pas foutu de le voir. Qui plus est, elle allait nous faire tuer. ELBOW TWIST, SIDE STEP. //: La guerre était déclarée. Elle répliqua d’un coup de poing que j’esquiva enchainant avec un chassé. Elle me poussa violemment et je tomba au sol l’entrainant dans ma chute. Nous lutâmes comme ça un temps, décochant quelques coups chacune jusqu’à entendre un craquement. Le silence ce fit un court instant. D’un seul coup le sol se déroba sous nos corps entrelacés. La chute fut douloureuse. On tomba l’une à côté de l’autre sur le dos. Le souffle coupé je pris quelques secondes à reprendre mes esprits avant de remarquer que nous étions atterries dans les souterrains et que nous étions de ce fait entourées de bugs endormies. Calhoun tenta de me cogner à nouveau mais je bloquais son coup, le doigt sur la bouche, lui montrant les bugs endormies autour de nous. Nous commençâmes à marcher le plus silencieusement possible vers une sortie. Je n’osais pas respirer, l’atmosphère était insoutenable. Nous devions marcher sur la pointe des pieds autour de centaines de bugs endormies. Calhoun ne faisait aucun effort. Je ne sais pas par quel miracle les bugs ne s’activaient pas mais en plus de taper des pieds elle leur marchait carrément dessus. La grotte dans laquelle toutes les bugs sommeillaient débouchait sur une plus petite galerie, celle ci, vide de bug. Je distinguais une lueur plus loin dans le tunnel et hâta le pas. Là je fus propulsée en avant par le souffle d’une explosion. Calhoun venait de jeter une grenade dans la cavité. Elle passa en courant devant moi et s’installa un peu plus loin dans la galerie. Elle se positionna il militare
( à la militaire ) fusil à l’épaule attendant l’ennemi. Ça ne pouvait plus durer. Je courus la rejoindre malgré mes blessures empoignant son fusil.

 

— Calhoun c’est de la folie!!T’as vu combien elles sont on peut pas gagner !”

— Ecoute moi Calhoun, t’as disjoncté là! »

— Dégage de mon chemin [Y/N]! ”

Elle me poussa violemment derrière elle. Je ne savais plus quoi faire. Je n’avais plus d’autre choix que de me résoudre à aller vers la lumière, avec ou sans elle. Je lança petitement par dessus mon épaule.

— Ça ne fera pas revenir ta femme tu sais.”

Enfin, elle réagit et courut vers moi pour m’empoignerpar le col.

— Tu parles pas de ma femme t’as compris!

Les pieds au dessus du sol, la regardant avec défi. Je tentais le tout pour le tout voyant les bugs débouler derrière elle.

— Ta femme Calhoun, elle a été supprimée et elle ne reviendra jamais. »

Une lueur étrange s’alluma dans son regard. Etonamment, j’avais l’impression que mes paroles crues la ramenait dans le réel. Il fallait continuer même si c’était dur. C’était peut-être ce qu’elle avait secrètement envie d’entendre.

— C’est pas en tuant des bugs que tu la ramènera et surtout pas en mourant toi aussi. Tu t’es perdue dans ta mission commandante. Je pense que ce n’est pas un hasard si elle s’arrête ici. Ta promesse à ta femme t’empêche de vivre Calhoun réalise le. »

Son étreinte autour de mon cou se resserra d’un cran, je peinais à respirer mais je voyais derrière ses yeux renaître toutes les nuances, émotions et contradictions qui faisait de Calhoun, Calhoun. Elle regardait le sol, les sourcils froncés, de nouveau face au fantôme de sa femme.

— Ta manière de faire ton deuil, ta mission. Ça t’a rendu tout plus facile, un bon compromis. D’une manière elle était encore là, maintenue dans tes pensées par ton devoir envers elle. Ça t’as paru bien au début, un peu comme ici, un royaume de rêve et bonbons où tout va bien et personne ne souffre. Mais regarde toi! Regarde autour de toi! Ton royaume est devenu une prison, un cauchemar. Il faut passer à autr-»

 

Calhoun me lâcha. Pas par bonté de coeur mais parce qu’une bug lui avait sauté sur le dos. Il était trop tard. Je lui arracha la tête d’un coup de DYNAMITE HEADBANG, attrapa Calhoun par la ceinture et nous entraîna à toute vitesse vers la lumière. Dieu soit loué! C’était la Breach! J’aurais voulu nous y plonger dans la foulée mais Calhoun résistait encore et les bugs nous encerclaient. Elle vidait chargeur sur chargeur en hurlant, tirant tout autour de nous comme si il avait encore était possible de remplir sa mission en brave soldat.

— Calhoun...

— [Y/N]... T’as raison... Dit-elle dans un souffle.

Je continuais à tirer sur sa ceinture mais elle ne bougeait pas. Alleeez!

— Laisse moi une seconde veux-tu.”

Malgré les bugs s’approchant dangereusement Calhoun s’agenouilla et se mit à parler tout bas. Elle dégoupilla une dernière grenade se signa et nous poussa toute deux dans la breach. Laissant derrière elle le souvenir d’une explosion lourde de sens.

 

*

 

Le voyage dans la Breach se fit en silence. Toutes deux sous le choc de cette bataille finale. La tête pleine de scénarios catastrophes quant à notre arrivée au Game Central. L’atterrissage se fit en douceur dans un espace qu’on pourrait comparer à un terminal d’aéroport. Pas un personnage aux alentours, c’était complètement vide ce qui est étonnant pour un tel lieu de transit. Nous avançâmes vers la sortie pour regagner Main Street et décider de la suite mais la porte ne s’ouvrit pas. Calhoun essaya celle d’à côté, verrouillée aussi. Un bruit de téléportation se fit entendre derrière nous. C’était la présidente du game central entourée d’une tripotée de soldat.es. Nous sommes mises en joue. Nous n’avions même pas eu le temps de nous échanger un mot depuis Rush Mountain que nous étions en danger à nouveau.

 

— Commandante Calhoun, quel plaisir de vous revoir!"

Entonna la présidente les bras ouvert, un grand sourire aux lèvres.

— Nous avons suivi vos exploits à la Sugar Rush© et laissez moi vous dire qu’ils furent plus que prometteurs.”

Nous étions sans voix. Calhoun m’avait pourtant dit qu’elle risquait la suppression si elle rentrait perdante. Elle semblait tout aussi surprise que moi.

— Nous n’avions pas mesuré le danger que représentait l’infection de la Rush, quel bonheur de vous voir revenir, saine et sauve.”

Calhoun posa un genou à terre avant de répondre, surement une vieille habitude de soldate.

— C’est avec honneur que j’accepte vos louanges. Néanmoins sachez madame la présidente que je n’aurais pas pu accomplir un tel nettoyage sans l’aide de [Y/N].”

Je rougis à l’entendre dire mon nom. Dire mon nom à la présidente. À ses côtés j’avais comme oublié que j’existais. Et surtout que j’existais aux yeux de Calhoun. Je m’inclinais à mon tour.

— Oui, oui. Nous avons pu voir tout ça. Merci jeune fille.”

Ses remerciements furent expéditifs et accompagnés d’un sourire forcé. Je regardais Calhoun pour confirmer cette impression. Elle rayonnait, ravie d’avoirsatisfait la présidente. Surement encore une déformation de soldate. Ce besoin d’être au service de.

— Maintenant Calhoun, il faudrait que nous veillions à vous remercier comme il se doit. Si vous voulez bien me suivre. Vous pourrez retrouver cette... Um... Ce personnage secondaire plus tard. Je m’apprêtais à ouvrir la bouche pour contester mais Calhoun me devança. Les poings serrés.

— Sauf le respect que je vous dois Madame, [Y/N], de son nom, et moi aimerions, avant toute chose, aller nous reposer quelques temps suite à cette rude aventure. Et si je venais à être récompensée, elle devrait l’être aussi.”

Une colère noire passa sur le visage de la présidente qui n’avait surement pas l’habitude d’être contredite mais disparu aussi tôt. Elle fit un signe de tête à sa garde qui s’approcha de nous. Je sentais monter en moi une peur nouvelle. Plus grande encore que face aux bugs.

 

— Ce ne sera pas long.

Dit-elle en souriant avant de hocher la tête. À ce signal Calhoun disparu avec tout.es les autres. Iels s’étaient téléporté.es, me laissant seule au hub de Breachs. J’étais à bout de nerfs, épuisée et désespérée. J’avais peine à digérer tout ce que nous avions traversé et je n’avais même pas pu profiter d’un moment de calme avec Calhoun. J’avais l’impression de ne plus avoir assez de stamina pour courir après elle une nouvelle fois. Pourtant après un long soupir je me mis en route. Après tout, elle m’avait elle même sauvé à plus de reprises qu’elle ne puisse l’imaginer et j’avais besoin d’elle. Les portes avaient été déverrouillées par leur départs et je fonçais hors du terminal et vers le Game Central HQ. J’avais un mauvais pressentiment. Calhoun avait beaucoup de qualités mais le discernement n’en était pas un. Le bâtiment se situait en plein milieu du server. Il ne fut pas compliqué de le rejoindre ni d’y entrer. Il y avait énormément de passage, me rendant d’autant plus invisible. Il y avait des ascenseurs partout, des couloirs à perte de vue. Mais d’un pas décidé je m’engageais dans chacun d’eux, ne doutant pas du chemin que j’empruntais. En effet je sentais dans ma poitrine comme une boussole m’indiquant le chemin. Une boussole dont le nord était Calhoun. Je finis par déboucher sur un couloir désert.Le premier depuis mon arrivée dans le Game Central HQ. Mon coeur battait à m’en rompre le torse. C’était par là, j’en étais sure. Je traversais le couloir à pas de loup. Deux portes s’offraient à moi, une à droite, une à gauche. Ma boussole m’indiquait la droite, pour- tant celle de gauche retint mon attention. Elle était entrouverte et des voix se faisaient entendre. J’activa mon stealth mode que je ne savais même pas avoir. Le temps passé avec Calhoun avait surement déverrouillé de nouveaux skills dans ma programmation. Imperceptible à travers la porte, j’écoutais tout mon soul. Deux hommes en blouse blanche discutaient.

 

— C’est quand même génial qu’on ai pu récupérer la grande Calhoun. C’était sa meilleure performance depuis la mort de sa femme. On dirait bien qu’elle a récupéré toutes ses capacités.”

Jusque là rien d’anormal.

— Mais qui aurait pu prévoir que Calhoun la veuve la plus connue de la game sphère tombe à nouveau amoureuse! Quel coup de théâtre! Ça donne encore une couche de subtilité au personnage. C’est dommage, les gamers auraient adoré.

Amoureuse!
De moi?!
Mais pourquoi était-ce dommage?

— Quand je pense à tout ce qu’on va pouvoir faire avec son code... La présidente est vraiment forte. Je n’aurais jamais pensé à surinfecter un jeux pourri pour que Calhoun débloque à nouveau toutes ses capacités. »

— Ouais... Je sais pas toi mais j’ai un peu du mal à me dire qu’iels vont la formater. J’crois que je suis pas très à l’aise avec ça. Elle ne serait plus jamais la même. Plus rien qu’une killing machine et un.e autre de ces personnages cheater que les gamers adorent mais qui ne sont rien qu’une coquille vide. »

— Roh mais t’es vraiment trop sentimental.”

 

Iels vont formater Calhoun! Je n’en revenais pas. Tout ce que nous venions de vivre, la mission de Calhoun envers sa femme. Tout cela n’était qu’un plan orchestré par la présidente? Et pour quoi? Pour former un nouveau personnage surpuissant que les players choisiront toustes. J’en étais malade. C’était surement pour cela que la présidente avait semblé si agacée de me voir. J’avais ralentie son plan et adoucie Calhoun. Je partie en trombe dans le couloir, toujours portée par les sursauts de ma poitrine. J’étais toute proche je le sentais. C’était derrière cette porte. Je l’enfonça prête à me battre mais n’y trouva que Calhoun seule. Elle était torse nu, en train d’enfiler une blouse d’hôpital. Elle mis une seconde à réaliser que c’était bien moi et à ma grande surprise se jeta dans mes bras. Enlaçant mon corps tout entier de ses bras nus. Je me perdis dans cette étreinte. Oubliant tout de l’urgence, de son destin tragique, de mon plan de fuite. Je devins toute molle, glissant presque entre ses doigts. Je la sentis elle aussi se détendre au contact de mes mains dans son dos nu. Nous restâmes comme ça assez longtemps pour guérir notre séparation causée par la présidente. Calhoun lâcha la première. Dépourvue de la chaleur de son buste la mémoire me revînt.

 

— Calhoun il faut ...

— J’ai une excellente nouvelle à t’annoncer [Y/N]! Je vais être restituée! La présidente dit qu’un jeu populaire en ce moment à encore un personnage à débloquer et que je pourrais prendre sa place! C’est pas génial! Elle m’a même promis qu’elle te trouverait aussi un jeu à ta convenance! »

Elle semblait si heureuse d’avoir un nouveau un rôle. De pouvoir être jouée. Avoir un jeu rien qu’à elle. Je savais à quel point elle avait souffert de la perte d’Hero’s Duty. Pourtant, il fallait bien que je l’en avertisse. Ou étais-ce égoïste de ma part? Peut-être n’avait-elle que faire de ses souvenirs, elle pourrait enfin oublier sa femme. Ainsi que moi par la même occasion...

 

— Tu ne dis rien (Y/N). Je pensais que tu serais heureuse. On pourra se retrouver à chaque fermeture. Tu aurais un petit coin chez moi et moi chez toi et on jouera toute la journée en attendant de se retrouver le soir! C’est pas génial! »

Elle envisageait un futur avec moi. Depuis notre baiser au bord du feu, elle n’avait rien laissé paraitre. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’elle aurait prévu tout ça pour nous. J’en avais les larmes aux yeux. Cette femme que j’avais rencontré il y a de ça un mois. Cette femme que j’avais tout de suite aimé à en perdre la tête. Cette femme qui m’avait barré la route du désespoir. Elle envisageait pour nous des soirées d’amour à n’en plus finir. Je n’avais plus le choix. Il fallait lui dire.

 

— Calhoun... Iels vont te formater. J’ai entendu les médecins parler et tu oublieras tout ce que tu as vécu depuis ta création. »

Elle trembla. Mais ne dit rien.

— Tu sais je comprendrais si tu choisissais de le faire quand même. Je sais à point le jeu te tient à coeur. ”

Je dis ça à contre coeur mais comme toute bonne amante je ne voulais que son bonheur. Je regardais mes pieds quand soudain deux mains puissantes m’encadrèrent le visage et Calhoun m’embrassa. Une deuxième fois. La porte s’ouvrit, révélant la présidente, affichant un sourire sadique.

— Je t’ai sous estimée [Y/N]. Ou du moins j’ai sous estimé le coeur d’artichaut de notre chère Calhoun. Néanmoins je sais que ma vieille amie ne reculera devant la proposition d’un nouveau jeu. N’est-ce-pas? »

 

Calhoun m’adressa un regard coupable et hocha la tête. Je ne pouvais pas y croire. Après ce nouveau baiser plus bavard encore que le premier elle allait m’oublier, à tout jamais. J’étais éreintée par tout les efforts que
’avais fait pour rester près d’elle. Aujourd’hui, j’étais résolue. C’était fini. La présidente se tourna en direction de la porte et dit:

 

— Les médecins sont prêts. Veuillez me suivre commandante. »

Le regarde dans le vide, j’avais abandonné tout espoir. Je devinais Calhoun à côté de moi rassemblant ses affaires pour aller au bloc. “Pas si vite.” Calhoun avait attrapé son fusil et le pointait sur la présidente qui n’en revenait pas. En effet, le code de soldat de Calhoun comprenait une fidélité sans faille à l’autorité. Il aurait donc été logique de penser que celle-ci fut incapable de menacer la présidente. Pourtant, elle était bel et bien solide sur ses appuies, le doigt sur la gâchette. La présidente s’approcha, incrédule, et tendit la main vers le fusil de Calhoun qui tira une balle juste au dessus de sa tête. Celle-ci compris alors que ce n’était pas une mauvaise blague et qu’elle était réellement en danger.

 

— Voyons Calhoun, pas la peine d’user de violence. Nous pouvons discuter. »

Elle tentait de garder sa contenance pourtant sa voix tremblante la trahissait.

— Nous pouvons surement nous arranger avec les médecins pour que vous gardiez une partie de vos souvenirs au moins.

Calhoun s’approcha plus menaçante que jamais. Surplombant la présidente de plus de deux têtes.

— Vous pensez vraiment que je vais vous croire après tout vos sales coups? J’étais aveuglée par mon code depuis toutes ces années mais là c’est la goutte de trop. Alors je vous explique ce qui va se passer madame la reine. Vous allez contacter vos troupes, leur dire de nous préparer un sas de téléportation et de pas nous suivre, c’est bien compris? »

 

La présidente semblait désespérée. Prête à tout, elle tomba à genou.

 

— Calhoun, commandante. Je n’ai jamais essayé de vous duper. Je ne pensais qu’à l’intérêt de l’arcade. Les shoot them ups se meurent. L’arcade n’est même plus remplie à ses plus beaux jours. Seule toi peut rehausser tout ces jeux de seconde zone. J’ai besoin d’une battante comme toi.

— Si vous arrêtiez de bugisez tout jeu de “seconde zone” peut-être que l’arcade serait moins vide, madame la présidente. Maintenant, faites ce que je vous dis avant que j’vous en foute une entre les deux yeux.”

 

Calhoun me pris la main et m’entraîna hors de la salle de réveil. La présidente ne respecta évidemment pas la demande de Calhoun et ses gardes tentèrent de nous arrêter par tout les moyens. Malheureusement pour eux, Calhoun était le personnage le plus puissant du Game Central et iels ne pouvaient rien contre elle. Nous arrivâmes au sas de téléportation sans trop d’encombres. Calhoun nous y enferma, prêtes à décoller. Notre code se décomposa en un rien de temps, j’allais quitter tout ce que j’avais connu depuis mon activation. C’était vertigineux mais avec Calhoun à mes côtés je me sentais capable de refaire le monde. Un grésillement se fit entendre
puis rien, [Y/N] et Calhoun n’était plus de ce monde, ne laissant derrière elles comme seule preuve de leur passage, leurs armes à feu.

 

— On va où ma belle?

 

— J’ai ma petite idée.”