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Français
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Published:
2025-05-30
Words:
2,606
Chapters:
1/1
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10
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28
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512

Une Grosse Connerie

Summary:

Adam regrette l'échange matinal qu'il a eu avec Morgane après leur nuit mouvementée.

Se passe pendant le 5x02. Pas de spoilers. Canon-divergence.

Notes:

...
...

JE SUIS DE RETOUUUUUR AVEC UN PETIT OS !

Je tenais à m'excuser pour mon absence ; entre les partiels et le stress engendré par ces derniers entre autres, j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer et surtout à trouver du temps pour écrire. Enfin bref, je vous annonce quelques petits trucs : j'ai quelques OS en cours d'écriture et qui sont plutôt bien avancés et parmi eux des post-éps de la saison 5. Donc j'espère pouvoir reprendre le rythme que j'avais, ou au moins poster un peu plus souvent.

Bref, comme je le disais, voici un petit OS pour remettre un pied dans l'étrier, on va dire, qui se passe juste après la scène de l'explication de Morgane sur le canapé dans le 5x02.

Un gros merci à ma bêta Pixiehood pour la relecture, pour ses conseils et surtout pour m'avoir sauvée la vie (moi ? exagérer ? ABSOLUMENT PAS) ! ♥️

Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que ce petit OS vous plaira !

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

– Céline va envoyer une équipe pour interpeller Barbara Sellam. Je l’interrogerai demain.

Appuyée contre le mur, luttant, tant bien que mal, contre le sommeil, Morgane acquiesça. Elle bailla ostensiblement, sans prendre la peine de mettre la main devant sa bouche. Adam ne sut comment il avait fait pour ne pas l’imiter.

Lorsqu’ils s’étaient aperçus qu’exposer tout ce qu’ils avaient compris prendrait plus que cinq minutes, Morgane et lui s’étaient rendus à l’étage, alors que les enfants de cette dernière commençaient doucement à succomber aux appels du sommeil.

D’un accord tacite, ils étaient restés dans le couloir, comme si, tous les deux redoutaient ce qu’il se passerait s’ils retournaient dans la chambre de Morgane. Adam s’était forcé à ne pas regarder en direction de la porte de celle-ci, craignant que les souvenirs de la nuit précédente reviennent l’assaillir, comme ils l’avaient fait durant la journée.

Morgane se détacha du mur et se redressa lentement. Il la suivit du regard tandis qu’elle s’approchait, d’un pas fatigué, de la porte de sa chambre. Il était évident qu’elle finirait par se laisser tomber sur son lit et dormir enfin, à peine aurait-elle franchi le seuil. Il s’en voulait d’avoir pensé qu’ils pourraient, peut-être…

Le préservatif dans sa poche sembla s’alourdir.

Non, s’intima-t-il, alors qu’il continuait de la regarder. Il secoua la tête avant de se diriger, à son tour, vers sa propre chambre.

– Bonne nuit, Kara, l’entendit-il dire tandis qu’il posait la main sur la poignée.

Il leva la tête vers elle et ne put s’empêcher de lui renvoyer un sourire en voyant le sien étirer les lèvres, même s’il était plus lasse qu’autre chose.

Son regard, au moins, trahissait la sincérité de ses mots. Il acquiesça.

– Bonne nuit, Morgane, répondit-il doucement.

Le sourire de cette dernière sembla s’agrandir un peu plus. Adam ne savait pas si c’était son imagination qui lui jouait des tours, mais il se plut à penser que non.

Habituellement, ils n’avaient aucun mal à aller dans leurs chambres respectives, mais là, il avait l’impression qu’il leur était difficile de détacher leurs regards l’un de l’autre. La fatigue, sûrement, se raisonna-t-il, avant que la voix de Morgane, lui demandant s’ils avaient fait une connerie, résonne dans son esprit.

Il secoua la tête et Morgane cligna des paupières. Il vit dans ses yeux sa résolution à rompre enfin le lien visuel qui les empêchait d’aller dormir. Adam se redressa et se racla la gorge, avant d’ouvrir un peu plus grand la porte, suffisamment pour voir que Léo ne s’était pas réveillé.

Enfin, pensa-t-il, son fils dormait plus d’une heure.

– Au fait, qu’est-ce que vous vouliez, tout à l’heure ?

Adam se figea et se tourna vers elle. Elle avait les sourcils froncés, de la même façon qu’ils faisaient lorsqu’elle était tracassée. Son regard était tout aussi intrigué, légèrement pétillant. Et puis, elle avait un petit sourire en coin, qui ne laissa aucun doute à Adam sur le fait qu’elle avait une idée de la réponse, qu’elle le défiait presque de la lui dire. Il sentit ses joues s’empourprer.

– Quand ça ? demanda-t-il.

Morgane soupira avant de se décaler légèrement de la trajectoire de la porte, puis de se redresser.

– Tout à l’heure, quand j’ai compris pour Barbara, clarifia-t-elle. Vous étiez devant la porte de ma chambre. C’était pourquoi ?

Merde.

– Hum… je…

Chaque seconde qu’il passait à essayer de trouver une réponse qui ne serait pas “j’avais pensé qu’on pourrait coucher ensemble” semblait amuser Morgane.

– Pour la tétine de Léo, hein ? suggéra-t-elle.

Adam avait soudainement l’impression d’être un cerf pris dans les faisceaux des phares d’une voiture, alors que Morgane s’approchait de lui, les bras croisés. Il y avait quelque chose d’assuré dans ses pas qui lui confirma qu’elle connaissait la raison. Lorsqu’elle fut si près de lui qu’il pouvait sentir son parfum vanillé, il se redressa, tout en essayant d’ignorer la façon dont le rythme de son cœur augmenter.

– Ou parce que j’avais raison ?

Même si tout lui criait de faire un pas un arrière, il ne le fit pas et la toisa, ignorant la sensation de plaisir qui parcourait tout son corps en entendant le ton qu’elle avait choisi.

– Raison par rapport à quoi, Morgane ? rétorqua-t-il, d’un air faussement innocent.

Elle roula des yeux.

– Faîtes pas semblant de pas comprendre, Karadec.

Elle voulait jouer à ce jeu-là, alors, ils allaient être deux. Avec un petit sourire, il se pencha légèrement vers elle. Morgane continua de le fixer, mais il voyait très bien qu’elle hésitait entre reculer ou rester là où elle était.

– Rappelez-moi qui a pensé que je voulais venir dans votre chambre pour autre chose que Léo ?

Elle cligna des paupières avant de tourner la tête.

– Pfff, fit-elle en riant. N’importe quoi ! C’est juste que j’ai compris votre petit jeu !
– Quel petit jeu ? demanda-t-il. Je voulais juste m’assurer que—
– Bon, écoutez, Karadec, on était d’accord, non, ce matin ? coupa-t-elle soudainement. C’était une connerie, ce qu’il s’est passé hier et vous avez même dit que c’en était une grosse !

Il la regarda, hébété. Pourquoi avait-il attendu qu’elle soit celle qui brise le silence en premier ? Pourquoi avait-il acquiescé lorsqu’elle avait dit ça ? Pire, pourquoi avait-il renchéri ? Il avait su, dès le moment où les mots avaient quitté sa bouche, que ce n’était pas une connerie. Lorsqu’il s’était vu dans le miroir, avait laissé son regard glisser sur les traces de leurs ébats, des baisers de Morgane qui semblaient vouloir s’imprimer sur sa peau, de ses ongles ancrés dans sa chair alors que le plaisir les avait submergés tous les deux, il avait eu la confirmation que ce n’était pas une connerie. C’était l’expression de tout ce qu’ils s’étaient empêchés de ressentir pendant toutes ses années. En tout cas, Adam savait qu’il n’aurait pas pris autant de temps à l’adorer, elle, et son corps si cela avait été une erreur.

De toute façon, les quelques heures pendant lesquelles il avait été séparé de Morgane plus tôt avaient suffi à faire taire le peu de doute qu’il avait. Il avait senti les secondes s’écouler une à une, comme des journées interminables. Il avait tenté de se concentrer, et par moment, il y était arrivé, mais ses pensées revenaient constamment vers elle, vers ce qu’il s’était passé entre eux. Ce n’était pas que pour le plaisir charnel ; c’était, surtout, pour tout l’amour qu’il avait cherché à lui montrer.

– Oui ou non ? insista-t-elle, tout en le tirant de ses pensées.

Peut-être que c’était le moment de lui dire, songea-t-il, en détournant son regard d’elle. Il avait pensé à le faire, lorsqu’il était rentré, au même moment où le silence anormal l’avait inquiété et pensé qu’elle était partie. Cette crainte, il avait su qu’elle était irraisonnable. Il avait vu la voiture de Morgane garée un peu plus haut ; elle ne serait jamais partie sans. Pourtant, il n’avait pas réussi à faire taire cette petite voix qui lui murmurait que si, et pire encore, que ce qu’il ressentait pour Morgane n’était pas réciproque.

Cette voix avait probablement raison, maintenant qu’il y pensait. Morgane n’aurait pas suggéré qu’ils oublient leur nuit d’amour—parce que pour Adam, c’était ce que c’était—si elle ressentait la même chose que lui. Il eut l’impression qu’un poignard venait de lui être planté dans le cœur et il sentit les yeux lui piquer.

Il s’apprêtait à renoncer à ce qu’il voulait dire quand il perçut un élan de courage monter en lui. Si fort qu’il ne pouvait pas le repousser.

Il inspira, puis planta son regard dans celui de Morgane.

– Vous croyez vraiment que c’en était une, Morgane ?

Morgane eut un léger mouvement de recul et cligna rapidement des paupières, comme si elle ne s’attendait pas à cette réponse. Des fois, il adorait la surprendre ; là, il n’était pas sûr que ce soit le cas.

– Bah… oui, répondit-elle finalement.

Elle semblait désarçonnée, bien plus qu’il n’aurait pu penser qu’elle puisse l’être. Une nouvelle fois, la petite voix lui chuchota que Morgane était ainsi parce que, pour elle, ce n’était rien d’autre qu’une erreur, comme avait pu l'être cette nuit sous LSD, qui leur avait amené le plus beau des cadeaux.

Le courage commença lentement à se dissiper face à la réaction de sa co-parent tandis que le poignard s’amusa à bouger dans son cœur. Quelque part, tapie dans un coin de son esprit, il sentait la petite voix être satisfaite qu’il ne soit plus si sûr de lui. Adam s’efforça de la contredire.

– On était crevés, on a cru qu’on allait mourir, on était à côté l’un de l’autre, bon… bah, ça arrive à tout le monde, reprit-elle.

Cherchait-elle à le faire souffrir ? Il eut envie de lui demander si elle pensait que ce qu’il s’était passé entre eux serait arrivé avec n’importe qui d’autre.

– Et puis, bon, je pense qu’on en avait tous les deux besoin, hein… non ? ajouta-t-elle avec un rire nerveux.

C’était ce “non ?”, dit d’une manière un peu hésitante et d’une voix si faible, qui fit taire, au moins pendant quelques secondes, la douleur qui s’était répandue dans son cœur. Adam osa espérer un instant.

– Donc… on oublie, comme on l’a dit et basta ! continua-t-elle, profitant de son silence. Okay ? Allez, bonne nuit !

Il vit quelque chose dans son regard qui lui fit encore plus regretter leur échange du matin. Son cœur se serra.

Je ne pense plus que c’était une connerie, aurait-il voulu dire. Au lieu de ça, sans savoir pourquoi, ni comment, il s’entendit lui souhaiter à son tour bonne nuit.

Elle acquiesça, tout en continuant de le regarder. Cette fois, il crut voir dans ses yeux un peu de déception, mais qui disparût aussitôt qu’elle cligna des paupières.

Une nouvelle fois, il l’observa se diriger vers la porte de sa chambre d’un pas lent, comme si elle s’attendait à ce qu’il dise quelque chose en plus et les coups d’œil qu’elle jetait en sa direction n’aidaient pas à faire disparaître ses doutes.

Il attendit qu’elle ferme la porte, lentement, avant de regagner sa chambre.

*

“Sarah Rosa l’observait d’un coin de la salle, certaine qu’elle n’arriverait à aucun résultat…”

C’était au moins la sixième fois qu’Adam lisait cette phrase, et environ une heure qu’il essayait de se concentrer sur ce bouquin, sans y parvenir. Il savait parfaitement pourquoi il n’y arrivait pas.

Peu importait ce qu’il faisait, il ne cessait de repenser à l’échange que Morgane et lui avaient eu le matin. Chaque seconde qui l’en éloignait lui faisait regretter un peu plus ce qu’il avait dit. Alors, inconsciemment, pour se distraire, son esprit ramenait sur le devant de la scène les souvenirs de la nuit que Morgane et lui avaient passé ensemble.

Lorsque les images revinrent une nouvelle fois, il soupira, plaça le marque-page et leva les yeux vers le berceau.

Depuis qu’il avait rejoint la chambre, deux heures auparavant, après que Morgane ait disparu derrière la porte de la sienne, Léo n’avait pas bronché.

Adam posa le livre à côté de lui, repoussa la couverture avant de sortir du lit et de se diriger vers le bébé. Ce dernier continuait de dormir paisiblement, ses petits poings s’ouvrant et se fermant presque au rythme de sa respiration mesurée. Il prit une de ses mains dans la sienne et la caressa du pouce tout doucement. Le bébé inspira profondément mais ne se réveilla pas. Alors qu’il s’apprêtait à vérifier que toutes les peluches étaient hors d’atteintes, il entendit son téléphone lui notifier l’arrivée d’un message. À cette heure-ci, il n’y avait que très peu de personnes qui pouvaient le contacter. Un sourire étira ses lèvres tandis qu’il s’éloigna du berceau pour saisir l’appareil.

– Vous dormez ? put-il lire.

“On… on a fait une connerie, non ?” entendit-il soudainement résonner dans son esprit tandis qu’il commençait à tapoter une réponse.

Non, répondit-il dans ses pensées avant de tout effacer. Une connerie, on la regrettait et il n’arrivait pas à ce que cela soit le cas.

Il sentit, à nouveau, cet élan de courage. Cette fois, il avait plus l’impression qu’il s’apparentait à un tsunami, inévitable et prêt à tout détruire sur son passage. Pendant quelques instants, il essaya, tout de même, de le repousser. Lorsqu’il se dirigea vers la porte, l’ouvrit, il concéda sa défaite.

Morgane ne sembla pas aussi surprise qu’il aurait pu le penser de le voir une nouvelle fois devant elle. Elle avait même l’air… heureuse. C’était comme si elle l’attendait. Son regard pétillait et elle souriait. Elle s’appuya contre le chambranle, le toisa.

Le tsunami en lui continua son chemin.

– Vous voulez la vérité, Morgane ?

Elle haussa les sourcils, mais quelque chose dans le ton qu’il avait utilisé l’alerta du sérieux car son sourire disparût. Elle se redressa, comme si elle se préparait à une réponse qui ne lui plairait pas.

Peut-être que ce serait le cas, lui susurra la petite voix qu’il avait réussi à faire taire quelques heures. Cette dernière était un peu trop heureuse à l’idée.

– J’aurais pas dû dire que c’était une connerie, ce qu’il s’est passé entre nous, la nuit dernière, Morgane.

Le regard de Morgane changea et elle croisa les bras contre sa poitrine.

– Alors pourquoi vous l’avez dit, hein ?
– Parce que vous, vous aviez dit que c’était une connerie !
– Je l’ai fait parce que je savais que vous alliez le dire ! Ah !
– Depuis quand vous lisez dans les pensées, Morgane ?

Elle ouvrit la bouche puis la ferma, l’air offusqué, avant de s’avancer vers lui.

– J’ai pas besoin de le faire parce que vous faîtes ça tout le temps avec moi !
– Faire quoi, Morgane ?
– Faire ce genre de trucs et dire—

Elle s’interrompit, se racla la gorge, puis d’une voix comiquement grave, reprit :

– “Je sais pas ce qui m’a pris, Morgane, c’était une erreur.

Elle avait accompagné son imitation avec la gestuelle et Adam ignora s’il devait en rire ou en être offusqué.

– J’ai dit ça quand ?
– Tout le temps ! s’exclama-t-elle. Donc ouais, cette fois, je vous ai coupé l’herbe sous le pied ! Et puis, hein, vous auriez pu me contredire au lieu de—

Il avait capturé ses lèvres entre les siennes avant qu’elle ne puisse terminer ses protestations. Pendant quelques secondes, néanmoins, elle essaya de le faire avant de finalement céder et de répondre au baiser. Adam se permit de sourire, le fit un peu plus lorsqu’il sentit l’enthousiasme avec lequel elle y répondit.

Soudainement, alors qu’elle l’attirait vers son lit, elle rompit le baiser et le regarda curieusement.

– Pouce ! fit-elle, essoufflée. Si c’était pas une connerie, c’était quoi, alors ?

N’étant ni aidé par Morgane partiellement dénudée sous lui, ni par son excitation grandissante causée par cette vue, Adam mit plusieurs secondes avant que les mots arrivent enfin à son cerveau. Quand ce fut le cas, il lui fallut encore quelques instants avant d’y mettre un sens et il se figea.

S’il avait envie de lui dire tout ce qu’il ressentait pour elle, pire qu’il en était à deux doigts d’exploser, et même si Morgane le regardait avec beaucoup de patience, haussant les sourcils comme pour l’inciter à répondre, il doutait que ce soit le moment idéal pour le faire. Alors, il se pencha vers elle et l’embrassa tendrement.

Quand il détacha ses lèvres des siennes et qu’il plongea son regard dans le sien, il vit dans les yeux de Morgane la même tendresse qu’il avait vu le soir qui les avait menés jusqu’ici. Comment aurait-il pu regretter, un seul instant, d’avoir cédé à son amour pour elle la veille ? 

– Une décision sensée, lui répondit-il, doucement, avant, qu’à nouveau, leurs bouches s’unissent dans un baiser.

Et cette fois, lorsqu’il lui fit l’amour, il veilla à lui faire comprendre que là non plus, ce n’était pas une connerie et surtout que ce ne serait jamais le cas.

Notes:

La citation du livre que Kara lit dans cette fic est tirée du roman Le Chuchoteur de Donato Carrisi.