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Language:
Français
Stats:
Published:
2025-06-01
Completed:
2025-06-01
Words:
1,637
Chapters:
2/2
Comments:
1
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5
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132

Rencontre avec le questionnaire

Chapter Text

Le 10 août 1751,

 

Ce fut vers sept heures du matin que Charles-Henri accompagna son père pour se rendre et au Châtelet et à la Consiergerie pour réglier des problèmes bureaucratiques. 

Il faisait de son mieux pour suivre les deux hommes dans les rues étroites, sombres et tortueuses du coeur de Paris. Avec le soleil encore très à l'Est, il y faisait presqu'aussi sombre qu'une nuit de pleine lune en raison des encorbeillements des vieilles maisons, parfois celui des plus neuves malgré les nouvelles législations. Quand ce n'était pas les encorbeillement, c'était la hauteur des bâtiments combinés à l'exguité des rues ajoutait l'ombre. Encore une fois, les ministres des bâtiments faisaient de leur mieux pour interdir ces pratiques, mais face au manque d'espace, la police était impuissante à appliquer les interdits. Même les artisants les plus modestes possédaient des mirroirs, faute de quoi ils devaient travailler à l'aveuglette. Heureusement, pour éviter la foule les mardi à cette heure ci, il suffisait de se détourner des boulangeries. Les rares mendiants assez courageux pour errer si près du Châtelet les évitaient soigneusement. Ainsi, le voyage à pied se fit sans encombre. 

Le Châtelet était un château à l'architecture mi-médiévale, mi-classique. L'odeur des environs était nauséabonde. Il faut imaginer que la rue directement au Nord était celle de la Triperie et à l'Ouest la rue Pierre à Poisson, sans compter les émanations de la prison en elle-même. 

Charles-Henri suivit son père dans le monde pestilenciel les souterrains du Châtelet. Un monde d'eau croupie, de fiel, de pisse, de sang de porc pourri et de putréfaction humaine innondant des corridors sombres comme l'âme d'un démon. 

Heureusement, ils ne restèrent pas longtemps dans les étages inférieurs et montèrent pour atteindre l'étage des bureaux des grands personnages qu'étaient le lieutenant criminel, le lieutenant général de police et le conseiller général du Châtelet. Là, le mélange d'odeur y était plus faible et ils purent ensemble reprendre leur souffle. 

"Père, que faisons-nous ici ? demanda l'écolier, tous confus

-Obtenir la permission des autorités pour que tu puisse assister à la question préalable." répondit Jean-Baptiste d'un ton froid. 

Charles-Henri fit immédiatement en arrière avant de s'écrier : "Mais pourquoi, père. Vous m'aviez dit que vous m'envoyez à l'école pour devenir médecin !?" Il ne put entièrement réprimer l'impression de trahison. Jean-Baptiste regarda alors son fils droit dans les yeux. "Il nous faut un second plan en cas d'échec, alors tu obéis, Charles."

Charles-Henri continua de baisser des marches. Non, il n'allait pas assister à la question. Il avait déjà assez vu avec les opérations, le fouet, la marque au fer rouge, la pendaison...Et maintenant ça. Les peines s'était une chose, mais tourmenter lentement...L'idée seule lui donnait davantage la nausée que les miasmes des cachots. Il allait s'apprêtait à passer la porte quand il fut arrêté par le guichetier : "Qui êtes-vous, jeune homme ?

-Charles-Henri Sanson.

-Bien. Attendez-moi, je vais vérifier. Ne bougez pas, sinon je fais appel au commissaire et aux geôliers."

Le guichetier se mit à parcourir son registre d'écroux. Il eut à peine le temps de commencer quand Charles-Jean-Baptiste était déjà en bas et retrouva très bientôt son fils ainé. Charles-Henri regardait du coin de l'oeil son père s'approcher de plus en plus près, jusqu'à ce qu'il puisse sentir sa chaleur dans son dos. 

"Tout est en ordre, vous pouvez sortir, jeune homme." dit le guichetier en enlevant ses lunettes. 

Jean-Baptiste prit alors son fils par le bras, et répondit d'une voix neutreau guichetier. "Ledit jeune homme n'est malheureusement pas autorisé à sortir, car il doit se présenter au lieutenant de police, par ordre de son père."

"Monte" ordonna-t-il à son petit. 

Au pied de l'escalier, ils virent le questionnaire. C'était un assez bel homme, au visage parfaitement glabre dont les femmes envieraient les traits encadré d'abondantes boucles noires. Jean-Baptiste demanda avant de monter lui dit bonjour, d'un ton qu'il s'efforçait à garder le plus poli possible. "Ah, Monsieur de Paris...Encore un nouvel apprenti. Pour une procédure censée être secrète, vous l'avez rendue presque publique.-

-J'aimerai beaucoup rester ici pour écouter vos insultes, mais j'ai rendez-vous. Seulement, avez-vous du temps libre aujourd'hui et besoin d'argent ? répondit Jean-Baptiste

-En quoi cela vous cela vous concerne. 

-J'ai un patient à sauver, et mon fils a besoin d'une bonne correction une fois à la maison.

-J'accepte l'offre. À plus tard."

Soubise s'approcha de Charles-Henri pour lui pincer "affectueusement" les joues, mais son père le traina vers le haut. Charles-Henri protesta l'ascension, mais chaque petit geste de recult était réprimendé d'une petite tape ou d'un regard sévère. Bientôt ils furent à la porte. Charles-Jean-Baptiste plia légèrement les genoux pour pouvoir regarder son fils droit dans les yeux. "Charles-Henri, il en va du bien de notre clan. Je ne peux pas me permettre d'être coulant. Pas un mot, pas un regard de protestation quand je te présenterai au lieutenant de Police. Pas un pas en arrière, garde la bouche fermée sauf si l'on s'adresse à toi. S'il te donne une autorisation écrite, tu devras la mettre délicatement dans ta poche, compris. Me suis-je bien fait comprendre ?

-Oui, père."

Charles-Henri se tenait debout bien droit quand son père cogna à la porte. Derrière la porte, il eut une brève conversation innintelligible derrière le bois et la pierre qui les séparait, puis un domestique leur ouvrit. La pièce était un cabinet luxueux au milieux d'un enfer de calcaire. Il y flottait un subtil mélange de jacynthe et d'encens répendu par des brûle-parfums. Assis à son bureau de chêne massif orné de bronze se tenait Nicolas-René Berryer, en perruque et en robe de magistrat, l'air singulièrement agacé. Il ne daigna même pas lever le regard de sa feuille. 

"Bourreau, que viens-tu faire ici ?

-Vous n'avez donc reçut aucune lettre à ce sujet ? demanda Jean-Baptiste, un peu surpris par la question

-Bien sûr que si, sinon je ne vous aurait pas laisser entrer. Cet enfant, c'est bien ton fils ?

-Oui.

-Je dois lui poser quelques questions, alors sortez."

Charles-Henri baissa la tête. Il avait honte de la façon dont cet homme s'adressait à son père, et se senti vite perdu quand il fut laissé seul avec le grand officier. 

"Messieurs les juges ne tolérerons pas que le secret de la question soit bafoué par un apprenti bavard et maladroit. En divulger les détails te coûtera cher, me suis-je fais comprendre ? demanda Berryer avec sa "politesse" qu'il réservait aux bas officiers.

-Oui, monsieur." répondit Charles-Henri, un peu perdu. 

Berryer griffonna son autorisation et la laissa tomber au sol, pour forcer Charles-Henri à ramper devant lui pour la ramasser. Une fois le billet ramassé, il s'éclipsa le plus vite possible pour rejoindre son père avant de descendre. "Dépêchons-nous." ordonna Jean-Baptiste avant qu'ils ne partent pour la Conciergerie. Charles-Henri fit quelque gestes pour protester, mais il fut trop rapidement rattrapé.