Chapter Text
La nuit était tombée sur Sète, enveloppant la maison de Martin et Raphaëlle dans une douce quiétude. Après les tempêtes de la journée – une cliente trop insistante au cabinet pour elle, une course-poursuite rocambolesque pour lui – leur cocon, baigné d'une lumière chaude et tamisée, semblait suspendu hors du monde. Dans leur chambre, Raphaëlle, pieds nus, s'était glissée dans l'un des t-shirts de Martin. Trop grand pour elle, il retomba sur ses cuisses comme une robe douce et rassurante. Elle savait qu'il le remarquerait dès qu'il rentrerait de la salle de bain – et comme toujours, il ne ressemblerait à rien. Mais elle verrait le coin de sa bouche se relever légèrement. Il adorait la voir comme ça, même s'il faisait semblant de ne pas le montrer. Martin entra, torse nu, une serviette jetée négligemment sur l'épaule, encore tiède de la douche. Il s'arrête sur le pas de la porte et la contempla.
— Tu me le voles à chaque fois, murmura-t-il en désignant son t-shirt.
— C'est mon plaisir coupable, répondit-elle avec un sourire innocent en remontant ses jambes sur le lit.
Il éteint la lumière de la salle de bain et la rejoignit sans un mot, se glissant sous les draps en coton blanc. Aussitôt, Raphaëlle vint se blottir contre lui, sa tête trouvant naturellement sa place sur son torse. Il était chaud, vivant, solide. Elle ferme les yeux.
— Mmm… j'ai cru que cette journée ne finirait jamais, soupira-t-elle, ses doigts dessinant des cercles paresseux sur sa peau.
Martin pose une main dans ses cheveux et les caressa lentement.
— Tu es en sécurité maintenant. C'est fini pour aujourd'hui.
Ils restèrent ainsi de longues minutes, bercés par le silence, le rythme tranquille de sa respiration, les battements réguliers de son cœur. Elle adorait ça. Il le savait.
— Tu sais, dit-elle au bout d'un moment, je crois que ce que je préfère, c'est être ici. Juste ça. Ta peau contre la mienne. Rien à prouver. Rien à plaider.
— Même pas pour garder mon t-shirt ? plaisanta-t-il doucement.
— Là, j'avoue… je plaiderais coupable, murmura-t-elle en embrassant son torse du bout des lèvres.
Elle bougea légèrement et il comprit aussitôt. Dans un mouvement doux et complice, il roule sur le côté et pose sa tête sur ses genoux, refermant ses bras autour de sa taille. Raphaëlle glisse ses doigts dans ses cheveux encore humides. Elle adorait ce rituel secret, ce moment où il se laissait aller, vulnérable, entre ses mains.
— Tu me portes, dit-il, les yeux mi-clos.
— Toi aussi, tu me portes. En me laissant ce rôle-là. J'aime m'occuper de toi.
Elle lui fit de légères papouilles dans les cheveux, savourant la sensation, le contact, la confiance silencieuse. Il ferme les yeux, complètement détendus, un léger aux lèvres.
— Si on nous voyait là, murmura-t-il. Le commandant de police dans les bras de l'avocate en t-shirt volé, la tête sur ses genoux comme un chaton.
— C'est pour ça que personne ne nous voit, répondit-elle doucement. C'est à nous. À personne d'autre.
Il redressa la tête, la fixa un instant, puis se hissa pour l'embrasser. Longuement. Tendrement. Avec cette lenteur propre aux amours qui n'ont plus besoin de se presser. Ils s'allongèrent à nouveau, enlacés cette fois, dans le calme complice de leur nuit partagée.
Et dehors, la lune montait lentement, veillant sur eux comme une promesse de paix.
