Chapter Text
alors que tous les habitants rentraient petit à petit chez eux à la suite de la fin de leur journée de travail, billie en faisait partie. comme à son habitude, elle se trouvait vêtue d’une tenue entièrement noire, rien qui ne puisse changer de son quotidien, elle qui n’opte que pour la couleur rouge quand il s’agit d’éclairer ses tenues. son téléphone à la main tandis que l’autre tenait la rambarde du bus, elle s’imaginait déjà passer le palier de son appartement, ayant hâte de rentrer chez elle et de se reposer de cette journée éprouvante. son casque sur les oreilles, un morceau de “she wants revenge” passait pour l’énième fois, l’un de ses groupes préférés qu’elle ne cessait d’écouter en boucle malgré qu’on lui dit de changer, chose qu’elle refuse.
les minutes passèrent, son regard était rivé sur le paysage qui n’était pas digne de mère nature étant donné le nombre de bâtiment que la jeune femme voit défiler à la minute. elle pense, elle réfléchit à des choses diverse comme une bêtise qu’un collègue aurait pu lui dire la journée, quelque chose dans le genre. enfin, c’est sans importance. il y a plusieurs semaines, billie s’est faite plaisir en se commandant quelque chose qu’elle aimait, une chose sans beaucoup de valeur mais qu’elle apprécie fortement. le colis devait arriver aujourd’hui, et son application lui indiquait qu’il avait été livré, se trouvant en ce moment même dans sa boite aux lettres de ce que lui affirme l’interface. un sourire aux lèvres, le fait de revoir son furet et son canapé n’était pas sa seule motivation pour rentrer rapidement. la noiraude pourrait se montrer patiente et sans joie au vu qu’elle sait exactement ce qui l’attend, ce n’est pas comme si on lui offrait un cadeau de noël dont le contenu était inconnu. malheureusement, elle possède un tempérament impulsif et impatient qui la faisait presque passer pour une excentrique. dans le cas où elle se trouve dans un bus, elle était obligée d’attendre, ne pouvant en aucun cas faire aller le véhicule plus vite.
finalement, sa botte à grosse semelle rentra de nouveau en contact avec le bitume, souhaitant des aurevoirs au conducteur juste avant de quitter le moyen de transport. n’étant plus très loin de sa destination, elle marchait lentement. sa tête bougeait en rythme avec la musique, elle n’étant que la seule à l’entendre d’un point de vue extérieur. ses pensées divaguaient tandis que la jeune femme combattait, tant bien que mal, le vent qui créait des nœuds dans ses cheveux. c’était une chose qui l’agaçait fortement, serrant les dents et la mâchoire par accumulation du problème. heureusement, cette péripétie vint se terminer au moment où sa chaussure rencontre le carrelage de son hall d’entrée, n’ayant plus qu’à vérifier sa boîte aux lettres et prendre l’ascenseur pour être en paix.
mettant un pied devant l’autre, elle fouilla dans son sac à main noir pour en sentir d’un tintement ses clés décorés de porte-clé. ci-dessus, sa main ornée de longs ongles noirs attrapa la plus petite clé du trousseau avant de l’enfoncer dans la serrure de la boite en son nom. surprise, il n’y a rien dedans. aussitôt, billie grimace tandis que sa mâchoire se resserre. ce n’est pas la première fois qu’elle commandait sur internet et peut-être pas la dernière, mais elle avait déjà été confrontée à des oublis de colis et c’était un enfer à régler, peinant à obtenir un renvoi ou un remboursement. elle referma sa boîte aux lettres pour ensuite fouiller l’application et sa boite mail dans l’objectif de voir s’il y avait une information qu’elle n’avait pas aperçue, mais rien. billie passe une main dans ses cheveux en soupirant, observant son environnement. comme dernier espoir, elle décida de passer un œil sur les boîtes en métal de ses voisins et voisines, priant pour y voir son colis. malgré qu’elle ait persistée, elle partie dans l’ascenseur les mains vides.
le pied mou, la jeune femme baissa son casque à son cou et dégaina ses clés, appréhendant déjà le fait d’ouvrir la porte de chez elle. sur sa porte, il y avait un petit post-it jaune avec ci-dessus une inscription en italique, au stylo noir.
“je crois que votre colis a fini dans la mauvaise boîte aux lettres, vous n’avez qu’à venir le récupérer. ;) mme. vidal.”
en observant le message, cela énerva encore plus la jeune femme. dans un immeuble aussi grand, pourquoi cela devait finir dans sa boite aux lettres à elle ? c’était donc la question qu’elle se posait. furieuse, elle arracha le bout de papier de sa porte, pénétrant par la suite dans son logement.
les heures qui suivirent, elle n’avait pas bougé d’endroit, peut-être juste de tenue. la noiraude avait retiré son jean et son t-shirt moulant pour échanger contre un jogging large et un sweat. assise sur son canapé, il allait être vingt-et-une heure et elle n’y était toujours pas allée. comme une voisine normale, elle y serait allée dès qu’elle aurait déposé ses affaires, mais c’était plus complexe que ça en vérité.
depuis son arrivé au sein de l’immeuble, une certaine femme l’attirait terriblement. le teint un peu pâle, les yeux cernés et un sourire taquin pesant sur son visage, c’est ce qu’elle apparaissait. toutes les deux partagent le même palier, leur appartement en face de l’autre à seulement presque deux mètres. quasiment tous les jours, elles se croisent. billie sent à chaque fois le regard qui pèse sur elle lorsqu’elle est dans les environs, la façon dont elle la regarde. il est arrivé de nombreuses fois qu’elles finissent dans l’ascenseur ensemble, montant la moitié de l’immeuble dans un silence brisé par la fameuse madame vidal, qui ne se gênait guère pour converser et taquiner sa voisine. dans ces situations, billie n’arrivait plus à garder le contrôle sur elle-même, elle n’était plus à même de résister et ça l’énervait. être sous la dominance de quelqu’un n’était pas un plan dans sa vie, en général, elle a l’habitude que cela soit le contraire.
dans ces conditions, bien évidemment qu’elle redoutait de l’avoir en face d’elle. elle refusait de mourir de honte face à elle, de perdre ses moyens et qu’elle prenne le dessus. d’un côté, c’était un bon prétexte pour la revoir mais en même temps, elle appréhende ses mauvaises blagues se moquant librement de celle qui lui fera face.
⠀⠀« et puis merde! »
avait-elle fini par hurler dans le silence de son appartement. elle ôta son furet de ses genoux, venant le poser sur son canapé. billie enfila ses crocs de couleur rouge sur lesquels se trouvent des pins de franchise. pour juste quelques pas en intérieur, elle ne se voyait pas sortir le grand jeu.
il était vingt-et-une heures, le post-it à la main sur son propre palier mais cette fois-ci, devant la porte opposée à la sienne. comparé à elle, l’agent du fbi n’a pas de paillasson, ayant donc un contact à même avec le sol de l’immeuble. elle vient faire retentir deux coups contre la porte d’entrée, n’entendant qu’un bruit sourd au vu de la matière de cette dernière. plusieurs secondes d'attente, et voici que celle-ci s’ouvre.
dans l’encadrement de la porte se dessine une magnifique silhouette. comme décrit précédemment, une femme aux cheveux bruns et au visage cerné fit apparition. cette fois-ci, elle ne portait pas de chemise, ni de blazer comme d’habitude, vu l’heure, elle avait ôté ses habits professionnels. ses cheveux étaient encore une fois attaché mais de façon plus bordelique, habillée d’un t-shirt blanc à rayure rouge au niveau du col et des bras, ainsi que d’un bas long et ample. la femme en question scrutant qui venait de toquer à sa porte, elle exprime un large sourire.
⠀⠀« oh, hey. tu t’es enfin décidée à venir ? »
l’épaule de la brune se pose contre l’encadrement, alors qu’elle croise les bras en scrutant son interlocutrice comme si elle passait un interrogatoire. comparé au précédent post-it, l’hôte avait cessé de la vouvoyer, prenant son aise en lui parlant comme si elles étaient des amies de longue date. les sourcils de billie était froncés, elle marmonna dans sa barbe en commençant à se montrer impatiente.
⠀⠀« j’ai vu ton post-it. elle le lui montre. je viens récupérer ce qui m’appartient. »
l’intonation de la tatoueuse montrait sa frustration et sa colère non justifiées envers sa voisine qui ne voulait que l’aider. si elle l’avait désiré, madame vidal, aussi appelé rio, aurait pu le garder pour sa pomme bien que le contenu lui était inconnu. la brune rigole.
⠀⠀« allez , détends-toi, je n’ai fait que te rendre service, après tout. »
rio bascula d’un pied à l’autre pour reprendre appuis sur ses deux jambes, disparaissant dans son appartement pour aller chercher ce qu’elle attendait. par ses dires, l’allemande croisa les bras en levant les yeux au ciel, échappant un rictus. rapidement, la plus grande fit son retour pour le lui donner.
⠀⠀« et voici madame. aucune signature ne sera demandée, bien entendu. »
elle tenta de plaisanter, mais sa seule réponse fut un regard glaçant de son interlocutrice, s’apprêtant à saisir la boîte en carton.
⠀⠀« toujours le sens de l’humour de ce que je vois. »
au même instant qu’elle prononça ces termes, ses doigts s’accrochaient au paquet avant que sa voisine ne le ramène à elle.
⠀⠀« hey, je t’ai rendu service, tu peux au moins te comporter correctement, non ? »
bien qu’on aurait dit qu’elle la grondait, rio n’était jamais cent pour cent sérieuse avec sa voisine, elle passait son temps à jouer avec elle et la taquiner au point de la rendre folle, ayant conscience de l’impact qu’elle peut avoir sur elle. billie échappe un soupir tandis que l’agent du fbi continue de lui sourire de toutes ses dents. elle laisse peser un silence, reprenant finalement la parole.
⠀⠀« bien.. merci rio pour m’avoir récupéré mon colis. »
ses mots n’étaient en aucun cas sincères, mais plutôt purement forcés et ce n’était un secret pour qui que ce soit. elle lui répondit aussitôt d’un rire, lui tendant l’objet qui lui était destiné. d’une expression toujours aussi aimable, billie saisit la boîte. son regard parcouru une dernière fois l’agent, de la tête aux pieds, avant de faire demi-tour et rejoindre à nouveau son appartement. dos à sa voisine, la main sur la poignée, sa voix retentit une dernière fois avant de fermer sa porte.
⠀⠀« bonne nuit voisine ! »
volontairement, elle l’avait dit en parlant suffisamment fort pour que cela résonne dans la cage d’escalier, insupportant encore plus l’hybride. l’intonation était purement provocatrice, avec un aigu en fond visant à l’irriter encore plus qu’elle ne le faisait déjà.
violemment, la porte d’entrée de la jeune femme claque avant qu’un bruit rogne s’échappe de l’entrée, se valant des regards curieux de la petite bête blanche qui se balade dans l’appartement. elle retira ses chaussons en caoutchouc puis se dirigea près de la table de son salon où elle déposa le carton. ci-dessus, il y avait des banderoles “fragile”, correspondant bien à ce qui se trouvait dedans. à l’aide ses ongles, elle coupa le scotch, ouvrant celui-ci en l’espace de quelques secondes. mise à part le taux de papier kraft et papier bulle présent, elle y trouva la tasse en céramique qu’elle s’était commandée, enfin dans ses mains. elle la déposa sur le côté avant d’être alertée par quelque chose.
billie jeta un coup d'œil au fond du carton, un autre petit post-it était collé au fond, similaire à celui trouvé précédemment sur sa porte d’entrée. c’était la même écriture mais avec une série de chiffres.
“ce sera mieux pour communiquer plutôt que des post-it, n’est-ce pas ?”
à côté, un cœur noir y était dessiné. elle s’était faite avoir si facilement, sa voisine qu’elle détestait tant avait encore gagné.
