Work Text:
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Il s'est noyé dans le regret
Ce que ses rêves présageaient, tout a fini par arriver
Il a coulé comme la pierre de basalte sous les couches d'océans
A prié pour un salut lointain, prières à peine formulée
Connait-il ses monstres ?
Les plus sauvages, les plus terribles
Il a vu des comètes, il les connait, il les a vu dans ses yeux à lui
Mais connait-il ses monstres ?
Les plus noirs, les plus floues
Il faut les connaître
Les disséquer
Les avouer
Les recracher
Les monstres de Crowley, c'est l'amour
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Oh, il avait connu bien pire.
Le long de sa longue vie d'être céleste, puis chthonien, puis terrestre, il avait connu les hauteurs des capitales détruites, les heures sombres de pénitences sans saveur et les enfants en terreur. Et une flopée d'injustices humaines aussi, qu'il avait observé d'un œil ébahi car aucun démon n'a pu faire assez de place dans son esprit torturé pour inventer ça.
Dachau. Par exemple.
Les pics anti SDF sur les bancs. Les métallophones.
Toutes les choses terribles et immondes qui le rende nauséeux et qu'il s'est efforcé durant de longs siècles à rendre invisibles aux yeux d'Aziraphale en les combattant discrètement.
Peut-être qu'il est sur Terre depuis trop longtemps. Peut-être que les pensées terriennes affectent les immortels passé une certaine date. Comme une date de péremption de sa raison, de son essence démonique. Aujourd'hui passé, disons à partir de onze heure, vous deviendrez un poil trop humain et vous serez déglingué. A la poubelle le prestige mystique, bye la classe du démon légendaire.
Il le sait, il est devenu un autre démon qui n'est plus tout à fait un démon, pas un ange non plus, pas plus réellement qu'un humain : un Crowley. La condition est particulièrement solitaire, bien sûr. Un Crowley.
Il n'aurait jamais dû écouter les humaines. Ce n'est jamais bon d'écouter les humains, surtout une bande de deux humaines pleines de bons sentiments. Comment peuvent-ils contenir dans une même racine d'humanité Dachau et les bons sentiments, c'est un puzzle pour les jours de torture que Crowley aime s'infliger à résoudre. Aujourd'hui est un jour de torture, demain et hier aussi ; tous les jours dans la vie d'un démon est un jour de torture. Note pour soi-même : ne pas écouter les humains. Note bis : être pardonné peut être une forme de torture très élaborée.
Il y avait une ironie décapante à se rendre compte que le tentateur de ce monde (avec un grand T) a lui-même (sans réfléchir une minute) basculé dans la tentation la plus destructrice (salvatrice). Inatteignable, interdite.
Crowley connait les choses interdites, les a collectionnées, les a choyées tout au long d'une quête incontrôlable jusqu'à l'achèvement : Il est devenu la chose interdite que l'on rejette.
Mauvais. Très mauvais. Maudit.
Et puis, dans un dernier sursaut de lèvres finalement : Dégoûtant.
Donc oui, objectivement, il avait vu, senti, écouté et reçu à la figure pire, merci beaucoup. Ce n'était ni la question, ni la réponse, mais une corde de survie.
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Il défile dans la Bentley, et défilent les voitures aux conducteurs affamés, solitaires. Lui aussi, il l'est. Certains relèvent les yeux, ils sont surpris par la vitesse, par la fumée, par la couleur plus noire que l'enfer, mais personne ne le voit lui. C'est bien mieux ainsi. Il faisait une tête, tu as peur.
Pire, les yeux anxieux. Pire, les doigts qui tremblent. Pire, le pardon. Je te pardonne. Et comme amnésié par des années à griller au soleil, son cerveau ne coopère plus, il boucle.
Il y a eu pire. Il y a eu pire. Il a été supplicié aux Enfers un moment, évidemment qu'un baiser appartient plus à la catégorie des choses agréables de sa vie. Une part de lui aurait toutefois préféré l'empalement, plus gore, plus expéditif et en un sens plus honnête.
Ah, c'est si facile de faire le grand saut. A l'époque, déjà. Dégringoler comme un fruit trop mur. C'en devient injuste. A l'époque déjà, il l'a dit, il le redit (et le redira cent fois si nécessaire), il n'avait pas choisi de tomber, pas vraiment. Il était maladroit sans doute, Crowley. D'une maladresse mortelle.
Plongé jusqu'au cœur dans l'insouciance des enfants, il ne se rend jamais compte qu'il est toujours trop tard. Il voudrait pourtant, aimerait être un terreau fertile sur lequel des enfants pourront courir et trébucher sans crainte. C'est lui pourtant, toujours qui court, toujours qui trébuche. Il pose les questions, parce que c'est naturel d'être curieux, parce que Dieu l'a ainsi fait. Dieu l'a voulu ainsi. Il est l'inventeur de l'émerveillement et de la curiosité puis il a porté ce pêché pour qu'aucun autre enfant ne soit puni après lui.
Peut-être qu'il était un peu Jésus-Christ avant qu'il ait un Jésus-Christ. Soyez bons, soyez curieux, soyez heureux !
Quelle différence, le châtiment est au bout.
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Un nuancier aux couleurs chatoyantes se frayait un chemin dans son esprit encombré.
Il voudrait voyager en lui et hors de lui puis comme avant, se recycler, se biodégrader, se faner. Avec des brassées d'imagination, pourquoi pas. Il pourrait se faire une place dans le compost infernal qu'il a crée pour les plantes récalcitrantes, celles qui ne l'ont pas assez craint, qui n'ont pas su assez bien écouter sa Voix.
Il sent une tâche se former sur ses feuilles à lui, près du cœur et tremble, chacun son tour, karma, blablabla.
Les plantes qui ont reçu son châtiment divin doivent rire à s'en éclater les racines aujourd'hui.
Il l'a voulu. Le baiser, il l'a voulu et le voilà teinté, pardonné, quel soulagement.
Lui, ne se pardonnera pas.
Pas demain la veille, jamais demain la veille. Il était loin d'être pimpant et il avait envie de se fusiller sur la place publique des Plantes de la Honte.
C'est sur la Bentley que sont apparues les premières tâches, tristes marques pour un triste démon. Mais il ne voulait pas en parler, il s'en rendrait malade.
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Il rentre chez lui, dans sa voiture tâchée qui décape le goudron, car son appartement est un luxe et il aime le luxe : Il a inventé le luxe.
La fatigue de s'abat pas comme tel est son rôle, elle aussi sera fusillée pour cette odieuse désertion. Malheureusement, pas de repos pour les démons au cœur fébrile. Son appartement était devenu un pandémonium en son absence, les cadavres de bouteilles de Foster's jonchaient un sol peu recommandable. De la fourrure jaune recouvrait le plafond et sur les murs des posters plus insipides les uns que les autres le toisaient.
Il se faisait pointer du doigt par le mauvais goût et la fadeur.
L'enfer était entré chez lui sous le nom de Shax et l'avait investi de la plus odieuse des manières : En éradiquant tout l'ADN de sophistication qu'il avait méticuleusement mis en place sur plusieurs décennies.
En constatant les dégâts, il n'était pas en colère, pas vraiment. Oh, il n'était pas vraiment triste non plus, il se sentait d'une humeur étrange et aurait seulement aimé pouvoir contempler du vide autour de lui. Avant Alpha Centuri, il y avait du vide dans l'Univers. Avant Shax, il y avait du vide dans cet appartement. Avant Aziraphale, il y avait du vide, point barre.
Le nuancier dans sa tête oscillait dangereusement entre le noir le plus effrayant et le blanc le moins pur.
Il ne savait plus s'il devait être en colère ou triste, ou dégouté, ou bien même déçu. Il avait perdu tous ses mots, tous les outils pour comprendre ce qu'il lui arrivait. C'est souvent comme ça, les chocs qui embourbent : ils font de l'esprit une molasse, des dents du coton, des bras des bâtons d'acier, des démons une fumée épaisse sans feu.
Dans son grand chez lui, il s'interroge, fait les mille pas.
Tout est jaune, gris, encombré d'immondices. Un cadre parfait pour ce qu'il s'apprête à faire, c'est-à-dire penser à ces vices-là, fichés au fond de son non-vaillant cœur. Il avait inventé le luxe, pas l'auto-apitoie ment mais il s'autorisait une petite minute de répit, juste une. Il espérait pouvoir rire jusqu'à l'étranglement grâce à l'alcool, tendre les bras à un enfer plutôt doux.
Il ramasse les Foster qui n'ont pas été vidées par ses anciens collègues et une à une les boit en faisant la grimace (ou bien était-ce devenu son visage petit à petit ? Froissé comme un brouillon, salé par l'abattement).
Il a été brillant dans sa longue vie, il a crée des miracles étourdissants, a une connaissance infinie de la vie et ce qu'elle a à offrir. Pourtant lui aussi face à l'amour s'est fait avoir comme un bleu, tient, bizutage de la vie !
Une journée les pieds dedans et il était devenu lui aussi un démon idiot. Jaloux du bonheur de Belzebub, manipulé par deux humaines, il finissait horrifié par son acte de désespoir (l'embrasser ! et puis après quoi, lui prendre les mains ? L'enlacer ? Il avait des frissons d'angoisse rien que d'y penser). Crowley en charrette nageait dans un bourbier et même le ciel ne le sauvera pas (Ah, merci La Fontaine ! ).
Alors c'est comme se faire du mal et c'est tout naturel pour sa nature démoniaque.
Il repense à l'esprit d'Aziraphale, pas trop loin mais loin tout de même. Sa voix réglée pour plaire, l'écho d'un la, les paumes larges, les épaules pas si frêles, les yeux pépins d'or. Il semble être l'être le plus loyal. Crowley a envié sa facilité à louer la vie et il s'en est inspiré pour ménager sa vie et le moins ostensiblement possible faire le bien autour de lui.
Ah, il a trouvé une métaphore.
Il s'est fait mangé par un ange, digéré longuement, puis recraché illico, en un démon qui sait faire éclore le bien autant qu'il sait faire fermenter le mal. Repu, l'ange qui épure le mal et grise le bien est parti avec un grand sourire vers ses pairs, ceux d'en haut.
Ce n'était pas une très bonne métaphore. Il aurait adoré être mangé par Aziraphale.
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On ira autre part dans les mondes et on ne se croisera plus
Tu y crois, toi ?
Tu as été égoïste, impitoyable, triste d'une façon insoutenable
Tu as traversé et grimpé même le ponton de Delphes
Tu as bousculé plus que tu ne fus bousculé
Tu n'as rien compris aux aléas; tu as subi en t'agitant comme une bête
Un monstre à cornes paumé dans un dédale, sans maître et affamé
Et enfin, avec peine, tu es tombé amoureux
Tu y crois, toi ?
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Crowley avait l'impression d'agoniser un petit peu, parce qu'il sait que c'est possible de mourir juste un peu.
Et c'est magique quand on y pense, c'est formidable ! Des millénaires dans les pattes, des vies multiples sous le feu des projecteurs et toutes les émotions n'avaient pas encore été explorées.
Aimer puis tenter un pas vers l'amour, attendre une réponse qui se résume à : Les flots c'est déjà beaucoup trop pour nous, je me contenterais du bord de mer.
Des siècles à apprendre à nager pour ça.
Ils avaient toujours cherché à se confondre dans la masse. L'importance de ne pas faire de vague, aucun remous, jamais. Sa vie n'est pas assez courte pour ces conneries de manichéisme, il l'avait appris rapidement. Il était devenu autre chose au cours des années, une créature forgée par la Terre, il a mué, encore et encore. Il a adopté des masques, des rides sous la jeunesse, des aveux avant même les mensonges ; il a été fait de toutes les façons.
Et tout ce qui a compté tout ce temps pour Aziraphale, ce sont les apparences.
Pas d'amitié, pas vraiment, ou bien en filigrane, de loin, avec des lunettes, dans le noir, sous un auvent, en murmure. Jamais en plein air, tout bas, sur un fil, planqué.
Deux James Bond de l'affection, c'est ce qu'ils ont été pendant presque six millénaires.
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Il faut qu'il se retrouve.
Il a perdu quelque chose en voulant être autre chose qu'un démon. Un peu trop humain.
Les yeux, les sens écarquillés sur le monde, la société, les odeurs, les nuances de gens.
Il se fera un collier serti de gouttes grenat, les petits bouts de son cœur chancelant sur sa poitrine, son giron et puis il y mettra le feu.
Il doit absolument redevenir un vrai démon, même si avant cette dernière mutation (ou plutôt est-ce un samsara ? Une mue de serpent ? Une transsubstantiation du looser vers le démon ? ) il se persuade d'une dernière mission pour le Bien.
Il ira sauver son ange parce qu'il a peur comme rarement il a eu peur. Au moins, au moment de l'annonce de la naissance de l'Antéchrist, ils étaient ensemble, dans un même camp. Un camps de deux personnes. Se retrouver seul était effrayant. Alors il trouvera une solution pour contrer la prochaine apocalypse, ou la prochaine guerre, ou peu importe ce qui a décidé Aziraphale de prendre un poste chez les crétins du haut. Plus important encore, il ne laissera pas trainer une perle de son cœur au passage, il le jure, il fera attention.
En récitant ce pieux mensonge, Crowley sait qu'il est à la fois victime et auteur de la demande de rançon.
Car après tout ça, un calvaire débutera. Les joies qui ne brillent pas, les rires qui ne sortent pas, les plis de la bouche qui doucement, doucement se plient vers le bas. Des calmes plus pensifs, des joues plus pâles. Arraché le cœur du démon, détruites les fibres grises du doux mélange de leur vie. Il sait, il sait qu'une fois sauvé du Paradis, c'est-à-dire une fois le Paradis réparé, plus rien ne le retiendra au sol, son ange.
Pourquoi rester plus bas que le Ciel lorsqu'il y fait bon vivre ?
Ce ne sera certainement pas pour lui, n'est-ce pas ?
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Dans le jardin d'Eden, lointain jardin
Des fleurs bleus poussaient sans cri
On aurait cru des pissenlits
Pas de mois de janvier, pas de gel pour engourdir les doigts
Amour
D'en bas je crains les marbrures et j'ai peur pour toi
Jure, jure-moi d'éradiquer toutes les tristesses de ces mondes
Pour que lentement on comprenne pourquoi on s'aime
Depuis le jardin d'Eden
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Bien sûr, Crowley croyait en l'amour.
Celui qui lie dans la compréhension et l'admiration, celui de Saint Laurent et Pierre Bergé ; celui qui implose sous la passion, qui fait de la fougue sa couverture, celui de Frida et Rivera. Il en connaît un paquet des amours. Du type inépuisable, du type lumineux, du type hargneux, ronchon, vague, pieux, cru ou creux.
Il n'ose pas y songer plus que ça désormais.
Il a rencontré l'amitié et mieux encore, celui qui a compris tout son être grâce à des détours de vies extraordinaires et hasardeux. Des silences contemplatifs, des paroles convaincantes, des rires interminables, des souffles de frustration, ils ont tout échangé. Ils riment ensemble, Crowley et Aziraphale, ils sont un joli couplet.
Un échange palpable, existentiel, fondamental et la fin du dialogue fut bouleversante.
Même les orages ont pris peur. Soudainement apparus dans le ciel de Mayfair le jour précédent, ils ont envahis le petit monde de Crowley. Depuis, il pleut.
Les éclairs se cachent en tonnant et les rossignols ont tous migrés précipitamment. Saleté.
Hier en rentrant chez lui, Crowley espérait encore une étincelle de plan, le plan parfait pour remettre la machine en route, le coup de crique précis pour le pneu de sa vie. (Il était poète comme ça des fois).
Il a pensé à son ange, à son bleu et n'a pas pu respirer pendant cent secondes, encerclé dans de souvenirs soigneusement enterrés. Beaux, étranges, dans la majorité des cas hilarants. Un chapeau mis comme ça, un gâteau mangé comme ci, un méfait, un miracle, des étincelles, des courses poursuites.
Il n'était pas le génie du duo de deux, il était là pour le charisme lui. Il y a toujours une belle gueule dans un groupe, voilà. Le seul plan qu'il a réussi à élaborer fut l'ingestion d'une quantité d'alcool absolument pas négligeable, pour mêler l'inutile au désagréable comme seul un vrai démon sait le faire. Il était un vrai démon.
Le sol fut rude en plus d'être collant, sa tombe bien basse, ses bras et son esprit bien lasses. Et du très bas où il s'est endormi il a cru voir très haut des silhouettes s'agiter, ce qui n'était pas très grave non plus.
L'épave coulée, le fond du puis bien entamé et malheur à celui qui touchera à ses sentiments sans mettre des gants en platine à l'avenir. Il faudrait penser à le panser, à le sauver de lui-même. Dieu ? Elle rit, elle pleure, elle est ineffable, comme aurait dû rester son affection. Il essaie de se persuader qu'un jour il en rira, oui, il a dérapé comme un con, il a voulu faire l'amour en deux temps, en silence et avec audace.
Le silence complet aurait été plus sage.
Ah, mais Crowley n'est pas sage. La sagesse, c'est de notoriété publique, est réservée aux anges.
Lui, il est audacieux, curieux, branleur, artiste et il a voulu dire : soyons nous un peu plus qu'eux.
L'inverse du sage, le sot.
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Dans la soirée, arrosé d'alcool et de honte, il a fini par accepter son échec. Il a compris l'absence diffuse.
Loin de lui, il imagine qu'Aziraphale a des préoccupations. Loin de lui, il imagine qu'Aziraphale a peur.
Ils se sont ratés de si peu à chaque coin de vie qu'il en pleurerait s'il avait pu pleurer.
Et lorsqu'il ira à lui, parce qu'il ira à lui, il faudra refréner les cris, la colère qui sera chronique. Quand tout sera fini, quand tout le monde aura eu son et ils vécurent heureux dans les trois mondes de ce monde, qu'il sera temps de vivre sans peur, il faudra bien tout oublier pour le laisser être un ange au Paradis.
Même ses lubies d'autres temps, même ses nuances de bleus, de l'orage au calme plat...A oublier.
Car il a conscience que ça n'arrangera pas leur cas.
Même ses mains qui griffonnent des idioties, même ses histoires sans fin qui l'ont ennuyé à mourir...A oublier.
Il n'existera pas le jour où ils pourront se confondre, respireront par la même bouche, peut-être même celui où ils oublieront leur voix partagées en un même souffle. Des draps doux, des murmures moites contre des mains gentilles. Des bras qui accueillent, libèrent de la place pour l'amour.
Des premiers bombardements, un Guernica intime : Il y a, ah, des sentiments qui crament les neurones, qui dérapent, font déraper, qui grésillent comme la radio, qui sont comme la pluie sur la mer.
Jamais vu un amour pareil.
Con comme un démon le Crowley, à s'imaginer de la passion quand l'objet de son affection ne l'accorde qu'à la chaste beauté.
Il se sentait aussi sot qu'un Roméo Montaigu.
Il décida alors de faire ce qu'il savait faire de mieux : Entrer le plus bruyamment possible dans une certaine librairie, dans un certain état d'ébriété, pour se sortir les doigts d'un certain endroit et être le chevalier servant d'une enfoiré de Juliette qui ne sait pas dans quel mascarade horrifique il a mis les pieds. Satan aux Trois couilles, il ne sait toujours pas comment, mais il fera en sorte de régler une bonne fois pour toute, de près ou de loin, le problème de la plus épaisse épine du plus gros pieds de l'Univers : le Paradis et les marioles qui le dirige.
La tristesse lui allait bien finalement, ça lui donnait du panache.
Les héros les plus mémorables sont ceux blessés par la vie, voilà : Il n'était pas triste mais cool, à deux pas du looser mais bien ancré encore dans la catégorie Bad boy mystérieux.
Ça, ça lui plaisait. Le mystère, la fanfare, la grande gueule aux crocs venimeux.
Tu y crois, toi ?
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