Chapter Text
12h04.
L'open space commençait à se vider, bien trop lentement à leur goût. Elle ne put s'empêcher de jeter des coups d'œil pas très discrets vers l'homme qu'elle aimait, toujours concentré sur son ordinateur, enfin c'est ce qu'il laissait croire.
Une semaine.
Une semaine depuis qu'ils étaient devenus indécollables, de nuit mais aussi de jour. Ils étaient clairement dépendants physiquement l'un de l'autre.
La journée étant le plus difficile pour eux, puisque, cachant leur relation à leurs collègues et amis, ils attendaient toujours des petits instants seuls durant la journée pour s'embrasser et avoir juste un infime contact de l'autre.
Impatiente de retrouver son commandant à elle seule, elle lui jetait des petits sourires pas très discrets depuis son spot tandis que l'open space se vidait, signifiant qu'ils allaient enfin avoir du temps à rien qu'à eux.
Comme tous les midis, une fois la pièce vide, elle jeta un dernier coup d'œil inutile dans la pièce tandis que Karadec se ruait pour récupérer les sandwichs dans le réfrigérateur.
Lorsqu'il revenait vers son bureau, il la voyait toujours déplacer tout et n'importe quoi dessus, même ce qui ne lui aurait pas dérangé pour s'asseoir mais qu'elle fit tout de même, ce qui ne l'empêcha pas à chaque fois de lever les yeux en l'air, un peu agacé mais surtout amusé.
Une fois assis sur sa chaise, Karadec posait toujours aussi naturellement sa main libre sur son genou, son pouce caressant délicatement sa peau à travers ses collants mauve imprimés léopard tout en faisant pivoter sa propre chaise, à l'aide de ses pieds, pour se trouver un peu plus face à elle.
— Oh purée, j'avais trop la dalle ! Elle exclama tout en mangeant son sandwich. Ch'avais mon ventre qui gargouillait depuis 9h, ch'était trop chiant.
— Peut-être que vous n'auriez pas eu faim si vous aviez pris un petit déjeuner, comme le reste de la maison.
— Ouais bah excusez-moi si j'étais encore à la bourre, monsieur « Encore quelques minutes, on a le temps ». Quelques minutes, mouais... Mytho, va !
Amusé, Karadec haussa les épaules tout en esquivant un sourire. Il était vrai qu'il avait de plus en plus de mal à se lever le matin maintenant qu'il avait la femme qu'il aimait dans ses bras à son réveil.
Alors oui, il préférait largement être en retard mais avoir eu sa dose de câlins de Morgane Alvaro avant de commencer la journée, même si ce n'était jamais assez à son goût.
— Ça, c'est parce que vous commencez à déteindre sur moi. Il la taquina tout en la désignant avec son sandwich.
— C'est tellement simple de toujours mettre l'entière faute sur moi, Karadec ! Se défendit-t-elle faussement en colère mais clairement fière d'elle, elle se mit à tapoter la main de Karadec toujours sur son genou. Et pis, c'est pas une mauvaise chose, ça vous décoince un peu.
Karadec se mit à rire, ce qui la fit sourire puis elle pencha légèrement et amoureusement la tête sur le coôté, réalisant à peine ce qu'ils vivaient depuis une semaine.
Une semaine.
Une semaine qu'ils vivaient ce dont ils avaient rêvé depuis des années.
Ils n'avaient pas vraiment mis de mots sur ce qu'ils étaient mais si c'était la clé pour faire fonctionner quelque chose entre eux, alors ça leur allait.
Elle ne put empêcher ses yeux de dévier brièvement vers ses lèvres avant de se pencher vers lui, s'arrêta au milieu de son mouvement, se tournant pour vérifier la pièce du regard s'ils étaient bien seuls, le regard de Karadec suivant le sien.
— On est seuls Morgane. Se moqua Karadec, un sourire en coin tout en se redressant sur sa chaise pour se rapprocher d'elle, ayant qu'une chose en tête.
Il ne se lassait pas de la manière dont elle se penchait vers lui, assise sur son bureau. Ses yeux bleus se posèrent sur son visage, il pouvait y lire un mélange de tendresse et de désir contenue.
Comme à son habitude, elle posa sa main libre sur sa joue, son pouce lui caressant tendrement sa barbe tandis qu'il lui répondit par un sourire empreint de tendresse qui faisait battre le cœur de Morgane beaucoup trop vite.
Elle se pencha de nouveau, réduisant la distance entre eux pour déposer un doux et chaste baiser sur les siennes pour le taquiner. Alors qu'elle se redressait tout en le regardant d'un air espiègle, la main de Karadec quitta son genou pour la poser sur sa joue afin de l'attirer de nouveau vers lui pour l'embrasser langoureusement. Morgane positionna ses avant-bras sur les épaules d'Adam afin de se maintenir tandis que ses doigts glissèrent dans sa chevelure sombre et bouclée, ce qui le fit soupirer de plénitude.
C'était dans ces moments-là que les doutes s'effacèrent un instant, laissant place qu'aux sentiments et à la douceur du moment.
C'était à ces moments-là où ils savaient comment communiquer, parce que chaque baiser échangé valait bien plus que mille mots.
Alors qu'ils se séparèrent après de longues secondes, le souffle saccadé et les cheveux légèrement en bataille, Morgane passa plusieurs fois son pouce sur les lèvres gonflées de Karadec qui étaient maintenant teintes d'un rouge à lèvres couleur rose bonbon.
— Je vous ai toujours dit que le rose était une couleur qui vous allait bien. Murmura-t-elle, concentrée à effacer toute trace de leur bécotage tandis que Karadec ne la quittait pas des yeux, l'observant d'une attention fiévreuse.
Une fois terminé, elle se rassit correctement sur le bureau tout en se tortillant de manière exagérée, toujours sous le regard de Karadec qui avait maintenant l'arrière de son crâne qui reposait contre le dossier de sa chaise, encore un peu sonné du baiser tandis qu'il la dévorait des yeux.
Elle attrapa le sandwich d'Adam qu'il avait abandonné sur le bureau avant leur session de roulage de pelles.
— Il est meilleur vot' sandwich. Râla Morgane tout en mâchant.
— C'est exactement le même, Morgane.
— Y a vachement plus de mayonnaise dans le vôtre.
Elle aperçut une lueur d'amusement dans son regard tandis qu'il se redressa, s'avançant sur le bord de sa chaise avant de reposer sa main sur le genou imprimé léopard, ayant déjà manqué son contact.
À ce geste, Morgane se mit à effleurer le dos de la main du bout de ses doigts sans jamais le quitter des yeux.
— Dites plutôt que vous adorez me voler des trucs.
— Ouais, j'avoue, mais là, je déconne pas Kara, je déconne jamais avec la bouffe.
Elle jeta un bref coup d'œil vers l'horloge au mur derrière elle, Karadec l'imita.
12h30.
Ils restaient un peu moins de 20 minutes avant que leurs collègues reviennent de leur pause déjeuner.
À cette pensée, Adam serra un peu plus son genou. Comprenant ce qu'il se passait dans sa tête, Morgane entrelaça alors leurs doigts tout en lui faisant un doux sourire, voulant lui faire comprendre qu'elle aussi ne voulait pas quitter leur petite bulle.
Soudainement, les yeux de la consultante s'illuminèrent, elle secoua frénétiquement sa main en l'air tandis qu'il pouvait lire une excitation sur son visage. Il savait parfaitement ce que cela signifiait. Il se mit directement à sourire avant même qu'un seul mot sorte de sa bouche.
Ce qu'Adam n'avouera jamais, c'est qu'il adorait les sessions gossip avec Morgane. Enfin, c'était surtout elle qui lui racontait les ragots sur tout et n'importe qui tout en faisant de grands gestes, et lui, l'écoutait parler d'une expression captivée, suspendues à ses mots.
C'était devenu leur rituel en fin de pause déjeuner, auquel il appréciait beaucoup, il se surprenait parfois à lui raconter des ragots dont il était au courant, au plus grand plaisir de Morgane.
— Oh putain ! Je vous ai pas raconté ! S'exclama Morgane, toute excitée en tapant ses mains sur les cuisses.
