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Français
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Published:
2025-10-25
Words:
3,072
Chapters:
1/1
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5
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28
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434

Comme Une Évidence

Summary:

Après une longue journée de boulot, Adam retrouve Morgane et contemple ses sentiments envers elle.

Se passe quelques mois après le 5x07. Canon-divergence

Notes:

Me re... Ouais, non, je vais pas dire "me revoilà" parce que je le dis tout le temps et ça devient un peu chiant à la longue, non ? Alors euh... euh... euh... TADAAAAAAAAAAAAAAAAA !!! Je vous présente *roulement de tambour* ma première fic post-5x07 (oui, j'ignore l'existence du 5x08 sauf pour râler dessus parce que je suis une râleuse et rancunière en plus !)

Cet OS (potentiellement two-shot si j'arrive à mettre mes idées en ordre) vient d'une théorie un peu capillotractée mais qui a du sens pour moi concernant le 5x07. Je ne dirai rien pour ne pas spoiler la fic 😎 Enfin bref, c'est tout fluffy... je crois.

Un grand merci à mon extraordinaire bêta pixiehood et à niennanou et Steadfast_Whisper pour leurs corrections et les encouragements ! ❤️❤️

Sans plus tarder, je vous laisse à votre lecture et espère, comme toujours, que ça vous plaira !

Bonne lecture et à bientôt (et là, c'est vrai !) !

Work Text:

Adam referma doucement la porte derrière lui et sentit presque aussitôt la tension dans son corps se dissiper progressivement. La journée avait été particulièrement longue et difficile, encore plus depuis que Morgane était partie chercher Léo à la crèche. Il avait eu l’impression que les secondes s’étaient étirées en heures et que chacune d’entre elles avaient veillé à ce qu’il les ressente. Alors, il avait été plus qu’heureux lorsqu’il avait mis un point final au procès verbal quelques minutes plus tôt. Il allait enfin pouvoir la retrouver.

Il se débarrassa lentement et machinalement de ses affaires avant de froncer les sourcils. Habituellement, Morgane l’attendait quand elle finissait avant lui. Ça l’amusait de la voir prétexter des excuses pour éviter d’admettre qu’elle était restée debout pour lui. Mais cette fois, elle n’était pas là. La maison n’était pourtant pas plongée dans l’obscurité. Si Morgane était partie se coucher, comme il le soupçonnait par le fait qu’elle ne soit pas là comme à son habitude, elle avait visiblement été trop fatiguée jusqu’à en oublier d’éteindre la lumière. Adam sentit une petite vague de culpabilité. Il aurait peut-être pu finir ce procès verbal d’interrogatoire à la maison, avec Morgane à côté de lui.

Ce ne fut que lorsqu’il s’enfonça un peu plus dans la maison qu’il entendit le faible murmure de la télévision. Était-ce possible qu’elle soit encore éveillée ? Adam vérifia tout de même l’heure sur sa montre : une heure et quart du matin. Si elle l’avait attendu avant d’aller se coucher, pourquoi n’avait-elle pas fait comme d’habitude ? Ou encore entendu ? Il n’eut pas à attendre bien longtemps avant d’avoir la réponse.

Morgane était allongée de tout son long sur le canapé, un plaid hasardeusement posé sur elle, endormie. Adam s’en voulut pendant quelques instants : depuis sa libération, il veillait à rentrer avec Morgane ou une à deux heures après elle, jamais aussi tard. La première fois qu’il avait évoqué la possibilité qu’il ait à passer plus de temps au travail qu’elle, il avait vu, brièvement, la souffrance dans le regard de Morgane. Il avait regretté quasiment aussitôt ; la blessure était encore beaucoup trop fraîche et il ne pouvait pas lui en vouloir.

Cette fois, cependant, il n’avait pas eu le choix. L’interrogatoire s’était éternisé bien au-delà de leurs horaires habituels, et il s’était dit qu’il allait rédiger le procès verbal juste après. Morgane avait été mise au courant et il n’avait pas vu l’éclat dans ses yeux auquel il s’était préparé. Il lui avait assuré, tout de même, qu’il ne rentrerait pas tard. Il avait sous-estimé l’entêtement de leur suspect.

Ce ne fut que lorsqu’il se pencha au-dessus d’elle pour lui murmurer qu’il était là puis de déposer un baiser dans ses cheveux qu’il vit ce qu’elle tenait, ou plutôt serrait contre elle. Adam se figea un instant et sentit son cœur se gonfler si fortement qu’il crut durant quelques secondes qu’il allait finir par exploser.

Morgane serrait tout contre elle une de ses chemises, celle qu’elle adorait voir sur lui. C’était du moins ce qu’elle lui avait dit, quelques semaines plutôt, alors qu’elle l’attirait dans une salle isolée pour un petit écart à la PJ. Adam se sentit rougir. La dernière fois qu’il l’avait portée, deux jours auparavant, ils en avaient commis un autre.

Adam secoua la tête et contourna le canapé avant d’éteindre la télévision et de s’installer sur la petite table basse en face de Morgane. Cette dernière fronça les sourcils et amena la chemise un peu plus contre elle, comme si quelque chose—quelqu’un—la perturbait dans son rêve. Il eut envie de la réveiller, non seulement pour la sortir de ce qui la tracassait, mais aussi pour qu’elle soit dans un endroit plus confortable que le canapé. Il en avait passé des nuits dessus, suffisamment pour dire qu’il était impossible qu’elle puisse dormir convenablement.

Il se ravisa. Depuis que Léo commençait à faire ses dents, ni Morgane, ni Adam n’arrivaient à dormir plus de deux heures sans que les cris de douleur de leur fils ne les sortent de leur trop léger sommeil. Ils avaient l’impression d’être revenus des mois auparavant, lorsque Léo ne faisait pas encore ses nuits. Au moins, cela lui donnait l’occasion d’avoir Morgane et leur fils dans les bras, même si ce dernier criait.

L’expression de Morgane se détendit soudainement et elle relâcha légèrement son emprise sur la chemise, tout en la gardant proche d’elle. Adam se pencha et repoussa une mèche de cheveux qui était retombée sur son visage. Il vit un sourire s’étirer sur ses lèvres, comme si elle savait que c’était lui. Pendant quelques secondes, il se demanda si elle ne faisait pas semblant de dormir, mais Morgane inspira profondément et s’enfonça un peu plus dans son sommeil.

Il n’allait pas la réveiller, décréta-t-il.

Il songea ensuite à la porter jusqu’à la chambre, avant d’une nouvelle fois rayer cette idée. De toute façon, avec sa fatigue, il n’était pas sûr d’y arriver. Et puis, ce serait prendre le trop gros risque de la réveiller et elle avait grandement besoin de dormir. Mais l’éventualité de la laisser là, sur le canapé…

Adam était dans une impasse. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était attendre et espérer—bien qu’il ne veuille pas—qu’elle se réveille par elle-même.

Il devrait aller dormir, lui aussi, pensa-t-il tandis qu’il essayait vainement de retenir un bâillement. Mais cela impliquerait d’y aller seul et surtout de dormir sans Morgane.

C’était nouveau, ça. Jamais il n’avait eu autant besoin d’avoir quelqu’un auprès de lui et encore moins pour dormir. Cela ne l’avait pas dérangé auparavant mais depuis sa sortie de prison—non, depuis que Morgane et lui avaient franchi le pas, presque un an plus tôt, la pensée était devenue inenvisageable. Avant leur rupture, il n’avait pas été rare que Morgane le rejoigne au milieu de la nuit juste pour dormir avec lui. Ces moments-là, Adam les avait adorés—les adorait toujours. Alors, quand elle était partie de la maison, le canapé était devenu son nouveau lit, un où les souvenirs avec elle étaient beaucoup moins douloureux et dans lequel il ne cherchait pas la présence de Morgane à ses côtés.

Visiblement, il n’était pas le seul pour qui l’idée était déplaisante.

Comme si Morgane lisait dans ses pensées, elle rapprocha la chemise avant d’y enfouir son visage et d’expirer de contentement. Adam ne put s’empêcher de sourire, sentant cette vague—non, ce tsunami devenu familier envahir sa poitrine et qui faisait gonfler son cœur. C’était cette même sensation qui s’était emparée de lui quelques mois plus tôt, à Bruges, avant qu’il ne l’embrasse. La même aussi avant qu’il ne lui fasse promettre de réussir le concours de police, laissant enfin tomber les dernières barrières entre eux ou encore lorsqu’elle était venue, le regard brisé mais empli d’amour, au parloir, la première fois. La même encore qu’il ressentait quand il se réveillait le matin et qu’elle était là, blottie contre lui ou quand il se couchait dans ses bras.

Qu’est-ce qu’il aimait cette femme !

Cette pensée, aussi soudaine que vraie, lui donnait envie de crier son amour pour elle sur tous les toits. Qu’elle comprenne l’intensité de ce qu’il ressentait pour elle depuis des années, sans avoir été capable de le comprendre ou d’y mettre un mot dessus. Pendant longtemps, il avait essayé d’expliquer ça par quelque chose de moins fort—une amitié, un attachement inexpliqué—, mais quand elle était partie, il l’avait compris.

Il aimait Morgane.

Non. “Aimer” était trop faible pour décrire ce qu’il ressentait pour elle. Il fallait inventer un nouveau verbe, un nouveau nom, quelque chose de plus fort et il n’était pas certain que ça suffirait, s’il devait être honnête. C’était la première fois qu’il ressentait une chose pareille pour quelqu’un. Même avec Roxane, ça n’avait pas été aussi intense ; il n’avait pas eu l’impression de l’aimer un peu plus chaque jour comme c’était le cas pour Morgane.

Qui aurait cru que cette femme, aux antipodes de lui, finirait par être une des personnes qu’il aimait le plus au monde, sans qui il ne pouvait plus vivre ? Qui aurait cru qu’elle changerait sa vie aussi drastiquement ? Lui-même n’y aurait pas cru si quelqu’un lui avait dit, ce fameux jour de Novembre 2020. Même s’il avait senti quelque chose d’étrange, d’inconnu, quand ils avaient enfin compris comment leur suspecte avait réussi à les berner. Avec le recul, peut-être qu’il avait eu le coup de foudre pour elle, sans le savoir et surtout, sans savoir ce que c’était vraiment.

Morgane se mit à bouger et il se figea un instant. En quelques secondes, des dizaines de justifications se bousculèrent dans son esprit. Si elle le surprenait en train de la regarder dormir, les taquineries ne s’arrêteraient jamais.

À son grand soulagement, elle se rendormit, avec un sourire apaisé. Adam se détendit tandis que le tsunami revenait de plus belle, mais cette fois, plus fort encore. Peut-être que continuer à la contempler comme il le faisait n’était pas la meilleure idée. Pourtant, il n’arrivait pas à détacher son regard d’elle.

Il l’avait toujours trouvée magnifique, mais il la trouvait encore plus lorsqu’elle était naturelle, comme ici. Sans artifice. Il avait l’impression de voir une autre Morgane, une Morgane plus jeune, plus vulnérable, une Morgane qu’elle ne donnait à voir qu’à quelques personnes, dont lui.

Morgane s’agita encore, mais cette fois, il vit ses paupières papillonner avant que ses yeux ne s’ouvrent. Son regard encore embrumé par le sommeil scanna pendant quelques secondes les alentours avant de s’arrêter sur lui. Un sourire endormi se dessina sur ses lèvres et il ne put se retenir de lui rendre, tandis que son cœur se mit à battre de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il n’entende que lui.

Elle se redressa, encore ensommeillée, mais légèrement confuse par l’attitude d’Adam. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Là, à cet instant, il ne voyait qu’elle mais n’entendait que les battements effrénés de son cœur. Il voyait les lèvres de Morgane bouger sans comprendre ce qu’elle disait.

Le tsunami revint de plus belle, plus fort encore, lorsque Morgane planta son regard dans le sien. Loin d’être menaçant, il amenait avec lui une idée qu’il avait tenté d’éloigner depuis plusieurs mois, peut-être même des années sans qu’Adam ne le sache. Une idée bien trop agréable, mais aussi effrayante. Une idée qui sonnait comme une évidence—non, qui était une évidence.

Il avait contourné cette pensée depuis la première fois qu’elle était apparue dans son esprit. Cela avait été facile avec Morgane qui vivait à nouveau plus ou moins avec lui, profitant que ses enfants soient à Saint-Domingue avec leur père. Ou encore lorsqu’ils avaient commencé à évoquer l’idée d’avoir leur maison à eux, une dans laquelle ils pourraient tous s’épanouir.

C’était étrange parce qu’il n’aurait jamais envisagé qu’ils aient besoin de ça pour compléter leur vie commune, même si l’idée le travaillait depuis un petit bout de temps. Ils avaient déjà Léo et leur projet de maison.

Il n’avait pas non plus envisagé que ce moment dont tout le monde parlait lui arriverait un jour et pourtant, il était quasiment certain de le vivre.

– Euh… Kara, pourquoi tu me regardes comme ça ? demanda-t-elle soudainement.

Sa question le ramena sur Terre, mais il n’y répondit pas. Au lieu de ça, il s’approcha du bord de la table, se mit presque à genou devant Morgane avant de l’embrasser. Bien que surprise—après tout, il n’était pas du tout en train de lui répondre—, Morgane lui rendit le baiser avec le même enthousiasme que lui. Elle passa même ses bras autour de sa nuque et il en profita pour passer les siens autour de sa taille.

Après quelques secondes, il rompit à contre-cœur leur baiser, mais veilla à garder son front collé à celui de Morgane.

– Épouse-moi, souffla-t-il.

C’était comme si un poids venait de le quitter. Un poids loin d’être désagréable mais tout de même encombrant.

Morgane cligna des paupières et se recula, mais ne défit pas son emprise autour de lui. Pourtant, un rire incrédule sortit de ses lèvres. Adam aurait dû s’en vexer ; c’était ce qu’il voyait dans ses yeux qui l’en dissuada.

– Je… hein ?

Elle n’y croyait vraiment pas, à en juger par son expression. Si Adam devait être honnête, si on lui avait dit le matin-même qu’il parviendrait à articuler ce qui le torturait depuis plusieurs semaines, il n’y aurait pas cru non plus.

– Je… je rêve ou tu viens de me demander en mariage, là ? continua-t-elle.

Avant qu’il ne puisse répondre, elle se détacha de lui pour poser ensuite le dos puis la paume de sa main sur le front d’Adam, comme si elle vérifiait sa température. Elle s’éloigna un peu plus de lui, lâcha une nouvelle fois un rire incrédule, avant d’expirer. Une, deux, trois fois. Son regard se mit à briller de larmes. Adam ne savait pas si c’était en réaction à sa respiration chaotique ou si c’était pour autre chose, mais il s’approcha d’elle, s’installa près d’elle sur le canapé. Ce n’était qu’à ce moment-là qu’il vit qu’elle tremblait.

Morgane tremblait. À cause de lui. À cause de ce qu’il avait dit. À cause de sa demande. La culpabilité s’empara de lui. Et si elle n’avait jamais voulu ça ? Et si, pire que ça, l’idée l’effrayait ? Après tout, elle n’avait jamais été mariée. Même avec Ludo, avec qui elle était restée presque dix ans. Et puis, Morgane n’aimait pas rentrer dans un moule et le mariage, en était un. Bordel, pourquoi n’avait-il pas envisagé cette possibilité ? Pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de passer seulement sa vie avec elle, sans forcément se marier ?

Elle ne le regarda pas lorsqu’il fut près d’elle, gardant ses yeux rivés droit devant, comme s’il n’avait pas bougé. Ce qui le rassura, c’était qu’elle ne s’était pas éloignée de lui. Ce qui l’inquiéta, par contre, c’était le fait qu’elle reste silencieuse. Morgane n’était jamais silencieuse.

Adam la vit commencer à faire tapoter nerveusement ses ongles sur ses genoux, qui, eux, tremblaient tout autant qu’elle.

Morgane n’était jamais silencieuse, rectifia-t-il. Sauf quand elle réfléchissait.

Au bout de quelques instants, elle se tourna soudainement vers lui.

– T’es sérieux ? demanda-t-elle.
– Morgane, si—
– Je veux juste savoir si t’es sérieux.
– Je n’ai jamais été aussi sérieux de ma vie, Morgane.

Elle détourna le regard et acquiesça. Une nouvelle fois, un rire nerveux s’échappa de ses lèvres avant qu’elle ne se lève. Adam sentit son cœur s’alourdir.

Ils auraient dû en parler avant.

– Je… je crois que t’es crevé, Kara et que… que tu penses pas ce que tu dis, fit-elle avant de tendre sa main en sa direction. Donc on va aller se coucher, hein, et… et on en reparlera demain, d’accord ? Allez, viens.
– Morgane, ça fait des mois que j’y pense, avoua-t-il, en se levant à son tour.

Morgane le fixa pendant un long moment.

– Co… comment ça, “des mois” ? bégaya-t-elle avant de s’approcher de lui. Kara, comment ça, “des mois” ?

Il ne répondit pas.

– Okay, je… ouais, tu sais quoi ? On va aller dormir parce que… parce que c’est trop pour moi.
– Morgane, si c’est ta façon de me dire non—, commença-t-il.
– Je sais même pas—enfin, si, je sais mais… putain, Kara ! s’exclama-t-elle. Qui fait sa demande à deux heures du mat’ à sa nana en pyjama, sérieux ? T’avais pas trouvé plus romantique ?
– C’est le contexte de la demande qui—
– Mais c’est même pas ça ! répondit-elle, d’un air exaspéré. C’est que—

Morgane s’interrompit soudainement et planta son regard dans le sien. Adam n’osa pas bouger, encore moins lorsqu’il la vit se détendre tout aussi brutalement. Puis, elle baissa brièvement les yeux avant de les lever une nouvelle fois vers lui.

– Oui, expira-t-elle.

Adam cligna des paupières, tandis qu’une vague d’espoir, de joie, il ne saurait trop dire, s’empara de lui. Un sourire étira ses lèvres alors qu’il s’approcha d’elle, prudemment.

– Oui à… ?

Morgane soupira.

– Oui à ce que… ce que tu m’as demandé, confirma-t-elle, presque timidement.

Cette fois, il était impossible de retenir plus longtemps le bonheur qui le submergea. La dernière fois qu’il avait ressenti une telle sensation, c’était quand il lui avait annoncé qu’il était le père biologique de Léo. Il s’en souvenait encore, se souvenait encore de la joie immense qu’il avait vu dans le regard de Morgane, se souvenait du baiser qu’ils avaient échangé juste après.

Non, là, c’était plus intense, quasiment indescriptible.

– Oui ? répéta-t-il, fébrilement, en posant doucement ses mains autour de sa taille.

Morgane leva les yeux vers lui. Alors qu’il s’était attendu à voir le doute ou la peur, tout ce qu’il y voyait semblait refléter ce qu’il ressentait et de la détermination.

– Oui, Kara, insista-t-elle.

Les larmes commençaient à piquer les yeux d’Adam et avant qu’elles ne brouillent sa vision, il amena puis posa une de ses mains sur le visage de Morgane. Elle ferma ses paupières un instant avant qu’il n’approche ses lèvres des siennes et qu’elles se lient dans un doux baiser. Les bras de Morgane reprirent leur place autour de sa nuque, l’attirant un peu plus vers elle et il la laissa faire.

– Je te préviens de suite, fit-elle lorsque leurs lèvres se détachèrent. Y’a pas de Morgane Karadec qui tienne ! C’est Morgane Alvaro et c’est pas négociable ! Et pas de robe de mariée ! Par contre, je dis pas non pour une bague…

Si seulement elle savait qu’il en avait déjà repéré quelques-unes, qu’il avait même repéré ce qui pourraient être leurs alliances… Qu’il les voyait à l’annulaire de Morgane, comme si elles avaient toujours été là et que cette image le berçait depuis des mois. Et d’ici quelques temps, il n’aurait plus à les imaginer.

Adam ne put s’empêcher de sourire.

– Je t’aime, ne se retint-il pas de dire.

Morgane parut surprise par sa réponse, comme si elle s’était préparée à ce qu’il la contredise. Comment aurait-il pu la contredire quand il se fichait de tout ça ? Tout ce qu’il voulait, c’était la certitude qu’ils passeraient la vie ensemble. Unis.

Bien que décontenancée, elle se détendit une nouvelle fois.

– Je t’aime aussi, fit-elle en plantant son regard dans le sien.

Se lasserait-il un jour de l’entendre lui dire ces mots ? Il espérait que son cœur continue de se gonfler à chaque fois qu’elle le lui dirait tout comme il espérait continuer de voir l’amour dans ses yeux. En tout cas, Adam ferait tout pour.

– Et… euh… la bague, je l’aurai quand ? demanda-t-elle, en le tirant de ses pensées.

Pour seule réponse, il l’embrassa.