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Archive Warning:
Category:
Fandom:
Additional Tags:
Language:
Français
Stats:
Published:
2025-11-16
Completed:
2025-12-09
Words:
2,846
Chapters:
4/4
Kudos:
1
Hits:
14

Journal mental

Summary:

Obligation à moi-même de m'écrire, une fois par jour, pour me convaincre de vivre et partager quelque chose à d'autres.

Chapter Text

Vos mères.

Je sais. Je dis toujours "laissez les mères en dehors de ça". Mais on est le 16 novembre 2025, j'ai 30 ans, je suis en colère et en dépression, j'ai aucune vision pour l'avenir, aucune porte de sortie le jour où on me lâche, je suis terrifiée à l'idée de me remettre à jouer au jeu de la société, à faire semblant d'être un être compatible et supportable pour me faire cracher à la gueule sur un bien entendu.

Alors vos mères. Vos mères, à tous, parce que peu de mots peuvent exprimer la rage que j'éprouve envers moi-même et la race humaine en son ensemble. Vos mères, parce que je pensais qu'on était tout proche de faire bien mieux, vos mères parce que la peur et le mépris ont pris le pas sur la dignité et l'honnêteté à une échelle si retentissante que sa violence à fait de moi une enthousiaste de l'assassinat. Je comprends enfin pourquoi des gens souhaitent la mort d'autres. Ça m'en aura pris, du temps.

Je pensais avoir de la chance, être née au bon moment pour être moi, avoir des droit, en temps que femme non-binaire métisse qui ne souhaite pas de décendance génétique, en temps que surdouée neuroatypique, en tant qu'artiste, je pensais que j'avais eu de la chance. J'en ai eu. Beaucoup. D'être née en France, loin de la pauvreté. Mais on était juste dans une phase de la boucle qui se répète à travers l'histoire. Dans cette partie progressiste de l'histoire, où la paix, la tolérence, la curiosité semble faire triompher la Vérité, semble s'arracher à la violence de nos idioties collectives, ce moment où l'on bâti les civilisations... Et où nous avons l'orgueil de croire que les menteurs ne peuvent plus nous faire de mal.

Les menteurs qui prennent la vérité et lui tordent le cou pour satisfaire les égos de leurs pères, quand ils ne l'égorgent pas au nom d'un monde qui ne convient qu'à ceux qui ne supportent pas de laisser vivre.

Ceux qui nous traitent de dénérés.

A eux, et à nous mêmes. Vos mères.

Parce que cette fois c'est bon. Je n'ai plus espoir en rien. Ni en la générosité, ni en l'avenir, ni en l'amour. J'ai perdu la Foi, la Joie de Spinoza. Je ne pleure plus devant les films qui parlent de valeurs, d'amour, de bravour et d'honneur. Je ne ressens plus rien quand Jackson met en scène Tolkien. J'ai un vague mépris mélancolique de qui j'étais lorsqu'on me dédiais des Poèmes et des Spleen.

J'ai la Haine. Elle est revenu, après plus de 10 ans. La Haine, et la Rage, sont revenue alors que j'avais apris à les taires, à accepter "Les autres vérités". Les Relatives, les points de vue, les Opinions, les Mémoires.
Je m'en carre.

Vas te faire foutre. Toi, oui, toi, vas te faire foutre. Pour toutes les fois où par lâcheté tu as travaillé sur un projet militaire, laissé passé les tyrans en te disant que ça sert à rien d'aller voter, oublié de répondre à un ami esseulé par sms, touché une nièce trop jeune pour toi, pourri-gâté un gamin parce que t'avais peur d'être un parent, pourri un enfant parce que t'avais plus la patience d'être un adulte.
Vas te faire foutre, moi. Pour avoir fait certaines de ces choses, pour avoir aimé trop fort et pour être trop faible pour te remettre de la destruction qui s'en est suivie. Tu ne te relèveras pas des décombres. Tu hurleras dans le vide à la recherche d'une autre âme dans ce désert de charbon pour te pointer des étoiles à compter dans le ciel.

Ta mère.

Aide-la ta mère, avant de te laisser mourir après elle. C'est la dernière chose qui fait sens.