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Fall Away | Minsung

Summary:

Jisung n'était juste qu'un jeune homme, né oméga dans un château un peu trop grand pour lui et également au service de la famille Lee.

MinSung One-Shot.

Work Text:

Des éclats de rire résonnent sous les hauts plafonds dorés, alors que le pauvre Jisung passait timidement devant le grand salon du château royal. L'endroit était imposant, presque écrasant. Il n'avait toujours pas compris pourquoi il se retrouvait ici.

Lui, un homme du peuple. Un bâtard, comme ses géniteurs l'avaient toujours appelé (bien qu'il ne les ait jamais considérés comme tels), surtout après qu'ils l'eurent vendu sans le moindre remords à la famille la plus puissante du continent.

La famille royale.

Mais dans quel but ? C'était la question qui tournait en boucle dans son esprit depuis son arrivée en ces lieux. Jamais il n'avait aperçu le prince, mais il se souvenait parfaitement du regard dur que le roi lui avait lancé, ce jour-là, depuis son trône ciselé d'or.

On le traitait ici comme un moins que rien. Pourtant, il avait un lit bien que rudimentaire, et un repas à chaque fin de journée. C'était déjà ça. Il n'avait pas le droit de se plaindre. Pas officiellement, du moins.

« Hé, toi là.»

La voix grave et tranchante du roi claqua dans l'air, tirant Jisung de ses pensées. Il s'immobilisa aussitôt, la gorge soudain sèche.

Chaque fois que le souverain s'adressait à lui sur ce ton, cela n'augurait vraiment rien de bon.

« Oui, Votre Majesté... ? tenta-t-il, le regard baissé. Est-ce que vous désirez quelque chose ?

- Effectivement. Le roi haussa le menton avec mépris. Au lieu d'errer comme une âme perdue, va donc te rendre utile, vaurien.
Un ricanement général s'éleva dans le salon.
- Mon fils arrive dans l'instant avec la Reine. Je veux que tu sois là. Et pas un mot de travers. Ne me fais pas honte. »

Ces mots glacés se déposèrent sur la nuque de Jisung comme une lame de givre.
Son fils ? Le prince ? Était-il taillé dans la même pierre que son père ? Était-il, lui aussi, du genre à user et briser les autres à sa guise ?

« Oui, Votre Majesté... Je me tiendrai prêt. »

Le roi ne répondit rien. Il se contenta d'un sourire (oui, ce genre de sourire qui ne laissait jamais présager la moindre tendresse), avant de s'éloigner, sa cape traînant sur les dalles polies.

Jisung ne l'aimait pas. Il le savait, au fond de lui. Il y avait quelque chose de viscéral dans cette aversion. Une révolte silencieuse, enracinée.
Mais qu'en était-il de la Reine ? Du prince ? On racontait qu'ils étaient différents, doux, presque lumineux. Mais les récits des couloirs n'étaient que murmures incertains. Et lui... il n'était rien. Il n'avait pas droit à l'espoir.

Il regagna sa petite chambre dans l'aile des domestiques, une pauvre cellule à peine meublée, étouffante et froide. Il n'y avait là qu'un lit de bois usé, une couverture rêche et une table de chevet bancale.

Il attendit. C'était ce qu'on lui demandait le plus souvent : attendre.
Si longtemps, qu'il finit par s'endormir.

Jisung se réveilla en sursaut, l'angoisse nouée au ventre. Il avait trop dormi. Si quelqu'un l'avait vu ainsi, endormi alors qu'on attendait l'arrivée de la famille royale... il n'osait imaginer la punition.

Il s'habilla en hâte, rajusta ses manches, et courut rejoindre les autres domestiques déjà en place. Il croisa quelques regards narquois, des réflexions murmurées dans les coins. Mais il n'y prêta pas attention car il avait l'habitude. Il était celui qu'on ignorait, ou qu'on piétinait.

Ses mains moites trahissaient sa nervosité. Il sentait son propre cœur battre contre sa poitrine avec une vigueur presque douloureuse. Une agitation étrange l'habitait. Quelque chose en lui, une perception qu'il n'arrivait jamais à nommer, le mettait en alerte.

Il posa brièvement une main sur son torse, tentant de calmer cette sensation. Mais elle persistait.

Et puis les grandes portes s'ouvrirent.

Un silence solennel s'installa dans la salle du trône tandis que les gardes s'écartaient. D'un pas noble, la Reine fit son entrée, suivie de son fils.

Et Jisung... le vit.

Le prince.

Jamais il n'avait contemplé quelqu'un d'aussi... lumineux. Son port de tête, la finesse de ses traits, ce regard — semblable à celui des chats que Jisung apercevait parfois dans les jardins, libres, gracieux, inaccessibles.

Il détourna les yeux à cet instant, perturbé.

Ce fut le moment que choisit le roi pour s'approcher de lui. Son ombre imposante semblait s'étirer jusqu'à ses pieds.

« Han.
Le nom claqua dans l'air.
- Tu vas accompagner mon fils jusqu'à ses appartements. Le voyage l'a fatigué. Et tâche de ne pas le faire regretter. »

Jisung sentit un frisson le parcourir. Il n'osait croiser le regard du prince, par crainte d'y voir le même froid que chez son père.

« Oui, Majesté... » murmura-t-il.

Le prince s'avança. Jisung sentit soudain une fragrance discrète flotter dans l'air. Quelque chose d'à la fois vif et sucré, une odeur de pomme verte mêlée à autre chose d'indéfinissable, mais étrangement familière. Cela le troubla profondément.

Il secoua la tête, rassembla ses pensées et guida le jeune héritier à travers les couloirs du palais. Aucun mot ne fut échangé durant les premières minutes, et ce silence pesait sur ses épaules.

Était-ce du mépris ? Du dégoût ? Le prince, comme tant d'autres, avait-il déjà entendu des choses à son sujet... ?

« Je m'excuse..., dit soudain le prince.
Sa voix, douce et posée, fendit le silence comme un baume inattendu.
- Pour le comportement de mon père. Il n'aurait pas dû s'adresser à toi ainsi. »

Jisung s'arrêta net. Il releva timidement les yeux vers le jeune homme. Ce timbre de voix... Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait. Rien dans ses gestes ni son regard ne rappelait la cruauté du roi.

« M-Mon prince, ce n'est rien... je... j'étais en retard et...

- Il n'a jamais été tendre avec toi. Je le sais. »

Jisung ravala sa salive. Comment pouvait-il savoir ça ?

« Hyunjin me l'a écrit. Mon ami. Il m'envoyait des lettres pendant mon absence. Il parlait souvent du château... et parfois, de toi. Tu es bien Han Jisung, n'est-ce pas ? »

Il hocha la tête, abasourdi.

Hyunjin ? Il ne le connaissait pas personnellement... ou alors il ne l'avait jamais remarqué. Mais pourquoi... pourquoi parler de lui au prince ?

Arrivés devant une large porte de bois gravée, le prince ralentit le pas. Il semblait réfléchir, son regard effleurant les colonnes, les tapisseries.

« Je m'appelle Minho. Je doute que mon père ait pris la peine de te le dire. »

Jisung cligna des yeux.

« Pourquoi... pourquoi me dire tout ça ? »

Minho pencha légèrement la tête, comme s'il cherchait à le sonder.

« Parce que je refuse que tu me confondes avec lui. Je ne veux pas être le reflet de ce que tu détestes ici. »

Jisung avait une question coincée au bord des lèvres, mais il n'osait la formuler. Peut-être que pour le prince, cela ne serait qu'un détail, une phrase sans importance. Mais pour lui, c'était plus que ça.

Son regard se perdit sur le profil délicat du jeune homme, debout près de la fenêtre. La lumière tamisée du couchant glissait sur ses cheveux, leur donnant des reflets d'ambre et de cuivre.

« Est-ce que...
La voix de Jisung n'était qu'un souffle.
Minho se retourna légèrement, l'ayant entendu.
- Votre mère... est-elle semblable au roi ? »

Un silence, doux et presque mélancolique, s'installa.

« Non. répondit-il après un moment, avec une certitude tranquille. Ma mère est... probablement l'être le plus doux et le plus juste de ce royaume. Elle m'a toujours élevé dans la bonté, pas dans le mépris. »

Il fit quelques pas dans la pièce, les mains croisées derrière le dos.

« Elle m'a même parlé de toi. »

Jisung écarquilla les yeux.

« Mais... je ne lui ai jamais adressé la parole. Comment aurait-elle... ?

- Elle sait. Elle a cette capacité étrange de ressentir les choses. Elle m'a dit qu'il y avait ici un jeune homme au cœur pur, qu'il fallait protéger. Je crois qu'elle parlait de toi. »

Jisung sentit sa gorge se nouer. Il ne comprenait plus ce qui lui arrivait.

« Je ne comprends pas... Pourquoi me dire tout cela maintenant ? On vient à peine de se rencontrer... et moi je... je ne suis rien. »

Il baissa la tête, honteux de ce qu'il était en train de dire.

« Je suis un domestique. Un garçon sans nom ni rang. On me dit que je ne mérite même pas de croiser des gens comme vous. Que je suis... »

Il s'interrompit, cherchant son souffle.

« Que les gens comme moi ne valent rien. »

Minho s'approcha alors, doucement, mais sans hésitation. Il avait dans le regard une lueur étrange, presque blessée.

« Mon meilleur ami est né sans titre. Mon précepteur était un ancien prisonnier politique. Et tu veux que je croie que la valeur d'un être humain dépend de son sang ou de son statut ? »

Jisung allait reculer, dire quelque chose, s'excuser même, mais quelqu'un frappa à la porte.

Minho se détourna pour aller ouvrir lui-même.

Derrière se tenait un jeune homme à la silhouette grande et élancée. Ses cheveux sombres, attachés en queue de cheval, retombaient sur son épaule. Il avait l'air légèrement essoufflé, comme s'il s'était précipité.

Une senteur sucrée flottait dans l'air. Jisung cligna des yeux, surpris par cette douceur inattendue.

« M-Mon Prince... je... j'ai appris votre retour, alors je suis venu... »

- Hyunjin. répondit Minho avec un sourire. Tu n'as pas besoin de me vouvoyer. Pas entre nous.

- Mais... il y a Han Jisung... et si le roi l'apprend... »

Mais il ne termina pas sa phrase. Il avait posé les yeux sur Jisung, et s'était figé.

Ce dernier, mal à l'aise, se contenta d'un léger salut maladroit. Ainsi donc, c'était lui... Hyunjin.

Le prince, d'un ton plus ferme, coupa court à toute inquiétude :

« Le roi ne saura rien. Et même s'il l'apprenait... je m'en moque. »

-♡-

Depuis cette étrange entrevue avec le prince, Jisung se sentait... dérouté.

Pas mal. Pas effrayé. Juste... différemment agité. Comme si son corps, à force de résignation, redécouvrait une émotion oubliée. Une forme d'alerte instinctive, discrète mais constante. Il ne savait pas quoi en faire.

Le roi, lui, n'avait pas changé. Pas même d'un souffle.

« Han. Viens ici. »

Le ton autoritaire aurait pu presque lui griller les tympans. Il s'exécuta sans broncher, malgré les battements de son cœur qui cognèrent contre ses côtes.

Le souverain l'attendait près de la salle des audiences, drapé dans une cape lourde comme la sentence qu'il s'apprêtait à lancer.

« J'ai entendu dire que tu t'étais rapproché de mon fils. »

Un silence.

Jisung ne savait pas quoi dire. Rien n'aurait pu paraître juste. Ni dans le fond, ni dans la forme.

Le roi poursuivit, d'une voix basse et dure :

« Tu n'es pas quelqu'un qu'un héritier royal peut fréquenter. C'est une honte. Une souillure. Je t'ordonne de cesser immédiatement tout contact. »

Le jeune homme sentit ses muscles se raidir. Il aurait voulu parler. Mais la peur était plus rapide que les mots.
Et puis... comment répondre, sans finir puni, enfermé, humilié davantage ?

Il avait déjà vu des serviteurs finir au cachot pour moins que ça.

Mais une voix s'éleva dans le couloir, claire et tranchante.
Féminine. Sûre d'elle.

« C'est assez. »

La Reine.

Jisung se figea, puis recula d'un pas.

Elle s'approcha avec calme, mais dans chacun de ses gestes, il y avait la fermeté tranquille de celles qui savent qu'elles n'ont plus besoin de crier pour être entendues.

« Notre fils n'a pas à suivre les fréquentations que tu lui imposes. »

Le roi se tourna vers elle, outré.

« Il ne traînera pas avec un moins que rien comme cet... enfant sans rang. C'est un om- »

Il se ravisa juste à temps. Mais le mot avait vibré dans l'air, même s'il ne l'avait pas fini.

Jisung baissa la tête. Ce n'était pas la première fois. Ce ne serait pas la dernière.

Le roi reprit, plus sec :

« Il doit se marier, produire un héritier. Il ne va pas s'égarer à perdre son temps avec ce...

- Un être humain ? » coupa la Reine.

Elle avait dit cela avec une douceur glaciale. Et c'était peut-être pire que si elle avait crié.

« Minho n'est pas toi. Il ne le sera jamais, sois-en sûr. Minho ne te suivra pas dans ce que tu as fait.. »

Jisung n'en pouvait plus. Il ne voulait pas rester là, pas entendre davantage. Pas encaisser une fois de plus ces mots qui glissent sous la peau comme des échardes.

Il fit volte-face.

Mais une main l'arrêta. Doucement. Avec fermeté.

Quelqu'un l'avait suivi. Ou l'attendait.

Minho.

Jisung n'osait pas relever les yeux, mais il reconnut la chaleur de cette paume contre son bras. Une chaleur qui, loin de brûler, calmait.

Sans dire un mot, le prince l'attira hors des couloirs, le fit passer par une porte secondaire, jusqu'à une allée qu'il n'avait pas le droit d'emprunter.

Le jardin.

Celui qu'on lui avait toujours interdit.

Le roi lui avait dit un jour :
« Ne souille pas ces fleurs avec tes mains pleines de sueur et d'odeurs. »

Mais là, il marchait dessus.

Il marchait dans ce lieu interdit, guidé par Minho. Et c'était presque irréel.

Jisung s'arrêta, abasourdi.
Il se retourna lentement.

Minho le regardait.

Dans la lumière dorée du jour déclinant, il était beau. Vraiment beau. Il portait une tenue d'intérieur aux broderies discrètes, mais Jisung ne voyait que ses yeux. Et cette expression qu'il ne savait pas nommer.

Puis Minho parla.

« Ton parfum m'a ramené ici. »

Jisung cligna des yeux.

« Mon... pardon ? »

Le prince s'approcha d'un pas, sans aucune hostilité.

« Il y a une douceur dans ton odeur. Elle m'a tiré hors de cette salle. Comme une alerte. Comme un appel. »

Jisung se sentit rougir. Il baissa les yeux. Il ne comprenait pas. Il n'avait rien de spécial.

« C'est sûrement une erreur, je... je n'ai pas d'odeur particulière... »

Minho esquissa un sourire presque tendre.

« Non. Mais moi, je l'ai sentie. Une trace de vanille, douce et persistante. Et quelque chose d'autre. Quelque chose que je n'arrive pas à nommer. »

Il marqua une pause.

« Et je veux apprendre ce que c'est. »

La façon dont il l'avait dit l'avait saisi par surprise. Son cœur s'était mis à battre plus fort, et au moment où il croisa ce sourire... il eut l'étrange impression que le temps lui-même s'était figé.

Jusqu'à ce que le prince lui saisisse la main.

 

D'un geste simple, naturel, il l'entraîna un peu plus loin dans le jardin, c'était comme s'il voulait l'éloigner de tout, de ce qu'il venait d'entendre, de tout ce qu'il portait en silence.
Et, bien que étrangement, cela eut la bonne surprise de bien fonctionner. L'agitation, la honte, la peur... tout semblait s'être évaporé dès l'instant où leurs doigts s'étaient frôlés.

C'était presque comme si la Reine avait tout orchestré en silence, comme si elle savait exactement ce qu'il fallait faire pour que les choses prennent cette tournure.

Minho s'arrêta devant un petit parterre de muguets. Il s'accroupit, en cueillit un avec délicatesse, puis se releva pour le lui tendre. Toujours avec ce sourire, calme, sincère, presque tendre.

Les muguets portaient une signification forte dont le renouveau, la chance, l'espoir. Et Jisung le savait. Il le savait si fort que, sans même s'en rendre compte, des larmes silencieuses glissèrent sur ses joues.

C'était plus qu'un simple geste. C'était quelque chose qui le touchait profondément, parce que cela faisait si longtemps...

Si longtemps qu'il avait oublié ce que ça faisait, de se sentir à sa place.

« Ne pleure pas, Jisung... murmura Minho. Je ne pensais pas que cela te toucherait autant.

- C'est juste que... tout... Il baissa les yeux, sa voix s'étranglant un peu. J'ai tout gardé en moi. Tout encaissé. Et là, te voir... là, avec un muguet dans les mains... »

Il s'interrompit, secoua légèrement la tête.
« Ça m'a fait quelque chose. Et je... je ne sais même pas comment l'expliquer. »

Il n'osait plus le regarder. Son visage brûlait, comme si les mots qu'il venait de lâcher étaient trop grands pour lui. Alors Minho tendit la main. Sans un mot, et avec une délicatesse presque irréelle, il vint essuyer les larmes qui glissaient encore sur les joues de Jisung.

Au contact de sa peau, une odeur familière sembla s'intensifier.
Douce. Enveloppante. La vanille.

Minho s'arrêta un instant, comme pour en capter la nuance. Puis, lentement, il glissa le petit brin de muguet derrière l'oreille de Jisung, ses doigts effleurant ses mèches noires avec une douceur désarmante.

Ils n'étaient plus que deux.
Le monde autour d'eux avait disparu, comme soufflé par le vent.

Il n'y avait plus que le silence feutré du jardin, le parfum flottant entre eux, et le sourire du prince, qui était un sourire calme, franc, presque attendri.

Et Jisung, figé par cette tendresse inattendue, n'osait plus bouger.

Le regard de Minho sur lui, était presque hypnotisant. Et Jisung ne savait plus quoi dire.
Tout dans son corps criait de rester là, mais son esprit cherchait une échappatoire. Il avait trop vécu dans la peur pour savoir gérer ce genre de douceur.

Minho, lui, restait à ses côtés. Il ne disait rien, comme s'il respectait ce silence étrange entre eux.

Et Jisung...
Il ne fuyait pas.

C'était déjà énorme.

Puis Minho parla enfin, sa voix un peu plus basse que d'habitude, presque fragile.

« Tu n'as pas besoin d'avoir peur avec moi. »

Jisung releva les yeux vers lui, lentement. Il n'y avait pas de moquerie dans son regard, ni de pitié. Juste... une forme de sincérité qu'il n'avait jamais vraiment vue chez quelqu'un d'aussi haut placé.

« Je sais que je suis un prince. Et toi... on te fait croire que tu n'es rien. Mais c'est faux. Il marqua une pause. J'aimerais apprendre à te connaître. Pas comme un domestique. Pas comme un garçon sans rang. Juste comme toi. »

Ces mots-là, Jisung ne les avait jamais entendus. Jamais.

« Je... je comprends pas. souffla-t-il, presque en chuchotant. Je comprends pas pourquoi vous êtes comme ça avec moi. Je suis personne. »

Le silence s'installa à nouveau, mais cette fois-ci... il n'était pas lourd. Il n'était pas douloureux. C'était comme une bulle, légère, où tout le reste avait cessé d'exister.

La brise soufflait doucement, et son odeur, celle que Minho semblait avoir remarqué depuis tout à l'heure — s'était intensifiée sans qu'il s'en rende compte.
Cette fichue vanille... douce et un peu trop présente maintenant.

Minho avança d'un pas. Il leva la main. Lentement.

Et Jisung ne bougea pas.

Ses doigts effleurèrent sa joue. Une caresse. Rien de plus. Mais c'était suffisant pour tout faire exploser à l'intérieur.

Minho resta un instant ainsi, à le regarder droit dans les yeux, puis il se pencha légèrement. Et... Jisung sentit sa respiration. Son cœur battait trop fort. Il avait peur, mais... pas envie de partir.

Et sans trop réfléchir, il ferma les yeux.

Les lèvres de Minho se posèrent sur les siennes. Doucement. Rien d'insistant.
Juste un contact léger. Un souffle partagé. Un baiser simple, mais qui voulait tout dire.

Quand il rouvrit les yeux, Minho ne s'était pas éloigné. Il souriait toujours.

Un sourire tendre.

Et dans le calme du jardin, Jisung pensa qu'il n'avait jamais rien connu d'aussi doux. Aussi juste.

Pour la première fois depuis très longtemps...
Il se sentait à sa place.
Pas pour servir.
Pas pour survivre.
Juste pour lui.

FIN