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Ne pas perdre espoir

Summary:

Les elfes de la Forêt Noire ont capturé et enfermé Thorin. Ruminant et dévoré par l'inquiétude, sa fierté commence à s'effriter, comme son courage. Comment faire pour s'enfuir sans brader le trésor d'Erebor ? L'espoir ne se trouve pas toujours où on l'attend.

Notes:

Je m'appuie sur un moment du livre pour cette histoire, donc voici le contexte pour celleux qui ne l'auraient pas lu : au moment de la capture de la Compagnie par les elfes de la Forêt Noire, Thorin s'est déjà fait capturer, et n'est pas enfermé avec les autres (et oui : Bilbon révèle à Thorin qu'il a trouvé l'Anneau).

Work Text:

Une semaine. Ou deux. Peut-être. Était-ce plus ? Cela ne l'aurait pas étonné : enfermé dans son cachot sombre, Thorin perdait la notion du temps. Il essayait de garder le compte par rapport aux repas réguliers que les elfes lui apportaient, et était presque sûr d'entamer sa troisième semaine captif parmi eux. Son cœur s'assombrissait toujours plus, il ne cessait de penser à ses compagnons : étaient-ils toujours en vie ? Ou souffraient-ils quelque part dans l'indifférence totale du maître des lieux ? Après tout, il avait prévenu Thranduil qu'il n'était pas seul. Même si c'était risqué, il fallait qu'ils sortent de cette maudite forêt.

Mais en admettant que le roi des elfes ait pris en compte la vie des siens, que pouvait-il faire de plus ? S'ils étaient tous enfermés, ils n'iraient pas bien loin... Thorin soupira, désespéré : peut-être devrait-il promettre une part du trésor au roi, après tout. Il n'avait pas d'autre choix s'il voulait sortir d'ici...

Serrant les dents à cette pensée, il sursauta en devinant un coup contre la porte de sa cellule, un coup très léger, trop pour être sûr qu'il ne venait pas de l'imaginer. Néanmoins, il fixa ce qu'il devinait être la poignée dans la pénombre, mais rien ne se passa. Un nouveau soupir franchit ses lèvres, alors qu'une petite voix l'appelait. Il s'approcha prudemment puis chercha la serrure, un étrange espoir naissant dans sa poitrine.

- Bilbon Sacquet ? C'est bien vous ? Demanda-t-il à mi-voix.
- Thorin, enfin je vous trouve !

Même si le semi-homme chuchotait, Écu-de-Chêne put sentir un grand soulagement dans ses paroles.

- Est-ce que vous allez bien ? Êtes-vous blessé ? Il y a au moins une semaine que j'ai retrouvé les autres !
- Alors ils ont été capturés aussi, comprit le brun.
- Oui, c'était il y a deux semaines. Et vous aviez déjà disparu.
- Comment vont-ils ?
- Ils sont inquiet pour vous, mais maintenant que je vous ai retrouvé, je vais pouvoir les rassurer sur votre sort !

Le nain sentit lui-même un poids s'envoler de ses épaules : Bilbon n'avait aucunement l'attitude de quelqu'un qui venait de perdre un compagnon, il en avait déduit que tous étaient en vie, et en bonne santé. Soudain, un détail attira son attention.

- Et vous ? Souffla-t-il. Comment avez-vous fait pour me trouver sans vous faire prendre ?

Il y eut un silence, un peu long aux yeux de Thorin qui avait le sentiment que le hobbit faisait face à un dilemme, comme si la réponse à cette question pouvait lui coûter plus que de se faire arrêter maintenant. Cependant, il finit par reprendre la parole :

- J'ai trouvé un anneau dans les grottes des gobelins. Un anneau... spécial. Lorsque je le porte, plus personne ne peut me voir.

Alors, le semi-homme expliqua comment l'atout de sa trouvaille lui avait permis de sauver la Compagnie des araignées géantes, et comment il pouvait se faufiler où il voulait depuis deux semaines dans cette immense forteresse souterraine. Son récit fit changer l'opinion que Thorin avait de lui : à ses yeux, il prenait désormais le titre de « compagnon respectable et estimable », laissant ainsi celui de « poids incapable et remplaçable ». La honte l'envahissait d'ailleurs rapidement maintenant que son jugement hâtif était piétiné par l'ingéniosité du hobbit et par sa bravoure.

- Je vous suis reconnaissant d'avoir sauvé les miens de cet endroit maudit, et suis au service de votre famille désormais, déclara-t-il solennellement à la fin des explications de Bilbon.

Il ne parla pas du courage qui fleurissait à nouveau dans son cœur et dont le retour n'était dû qu'au semi-homme. S'il avait envisagé un instant de conclure un accord avec le roi des elfes, ce n'était maintenant plus le cas. Ils pouvaient encore s'en tirer sans en passer par-là.

- Je vais avoir besoin que vous transmettiez un message aux autres, lança-t-il plus sûr de lui. Prévenez les de ma présence, et dites leur de ne rien révéler à qui que ce soit sur notre quête. Nous ne risquons rien dans nos prisons, il est très ironique de constater que le plus en danger parmi nous, c'est vous, maître Sacquet.
- Que voulez-vous dire ?
- Que je dois vous demander un grand service : il faut que vous trouviez un moyen de nous faire sortir d'ici, de manière discrète, pour que nous puissions reprendre notre route sans négocier avec le seigneur des lieux. Vous avez tout à fait les moyens de trouver une solution, j'en suis convaincu.

L'assurance dans sa voix fit chauffer les joues du hobbit : c'était la première fois de leur périple que Thorin lui accordait une telle marque de confiance, ce qui le remplissait de joie.

- Je vais les prévenir immédiatement, dit-il précipitamment. Je reviendrai vous voir avec une solution aussi vite que possible.
- Je compte sur vous. Soyez prudent, conseilla le nain avec bienveillance.

Le hobbit s'en retourna, le cœur plus léger : il n'aurait jamais pensé entendre de telles intonations dans la bouche du descendant de Durin, pas lorsqu'il s'adressait à lui en tout cas. L'idée de ne plus être une quantité négligeable à ses yeux le rendait très heureux, jusqu'à ce qu'il se rende compte de la complexité de sa tâche. Néanmoins, il mettrait toutes ses petites forces à l'œuvre dans le but de les libérer.

De son côté, Thorin fermait les yeux, soupirant de contentement. Il avait l'impression que son esprit retrouvait une limpidité qu'il n'avait pas connu depuis longtemps. Il pouvait se permettre d'espérer à nouveau, car Bilbon était manifestement leur dernier espoir.

Et à ce moment-là, il décida de croire en lui. Jusqu'au bout.