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Language:
Français
Stats:
Published:
2025-12-19
Words:
2,050
Chapters:
1/1
Kudos:
4
Hits:
25

La bravoure du quatorzième

Summary:

La Compagnie de Thorin vient d'échapper aux wargs et aux orcs après leur passage dans Gobelinville. Et si Thorin est encore en vie, c'est grâce à Bilbon, Fili en est bien conscient.

Notes:

TW : - mention et description de blessures
- description de brûlures

Work Text:

La course du soleil progressait lentement, certains nains profitaient du calme pour se reposer après la nuit à laquelle ils venaient de survivre. Gandalf avait estimé qu'il valait mieux rester à l'endroit où ils étaient pour la journée, afin de repartir plus vite et soignés le lendemain. Thorin et ses neveux furent les premiers à descendre du rocher pour chasser ce qui deviendrait leur déjeuner, Óin et Dori cherchaient des plantes pour préparer des remèdes et pommades afin de soigner les blessures et brûlures de tous. Glóin emmena Nori et Bofur avec lui pour récupérer du bois et se faire un bon feu. Les autres restèrent sur place : Ori et Dwalin prirent le premier tour de garde, pendant que les autres dormaient, mais Bilbon n'y parvint pas. Son combat contre les orcs et le warg qui l'avait mordu et propulsé le tenait éveillé d'une manière douloureuse. Il était presque sûr que sa cage thoracique était complètement brisée, car rester allongé était tout simplement une torture. Alors, lorsqu'il entendit les différents groupes de nains revenir, il prit son temps pour s'asseoir et tenter de ne rien laisser paraître, puis s'approcha d'Óin qui commençait à préparer des remèdes.

- Puis-je vous aider ? Demanda-t-il doucement.
- En effet, retirez votre chemise maître Sacquet, ordonna le nain.
- Je vous demande pardon ?
- Ne me prenez pas pour un idiot, vous ne pouvez pas être sorti indemne de votre sursaut de courage !

Bilbon soupira légèrement mais ne le contredit pas : il retira sa veste en grimaçant (ce qui confirma les insinuations d'Óin), défit son foulard, puis son veston, et enfin sa chemise. Il ne réalisa pas que le nain blond du groupe l'avait observé minutieusement pendant qu'il se déshabillait, ni que les ricanements de son frère furent ce qui le sortirent de sa contemplation.

- Va l'aider, murmura le brun en khuzdul.

La lueur amusée dans son regard donna envie à son aîné de relever le défi, alors il s'approcha du guérisseur et du hobbit, légèrement inquiet en remarquant les marques sur le corps de leur cambrioleur.

- Est-ce que tu as besoin d'aide Óin ? Questionna-t-il simplement.
- Tiens Fili, répondit le vieux nain en lui tendant un petit bol plein d'une matière crémeuse, occupe toi de ses hématomes dans le dos pendant que je vérifie combien de côte notre hobbit s'est cassé.

La formulation amusa le prince alors que Bilbon rougissait légèrement, très embarrassé par la situation.

- Entendu.

Le jeune blond enduisit ses doigts de crème qu'il passa sur les blessures du plus petit qui faisait tout pour rester parfaitement immobile. Il appuyait très peu, de peur de lui faire mal dans un premier temps, mais également parce que l'onguent froid sur ses doigts lui rappelait cruellement qu'il s'était sérieusement brûlé lorsqu'ils avaient jeté des pommes de pin sur les wargs pour les éloigner d'eux. Il tenta de ne rien montrer et s'appliqua à étaler le baume dans le dos du hobbit, relativement satisfait par leur proximité actuelle.

- Il n'y en a que deux qui sont brisées Bilbon, vous êtes plus solide que le laissent présager les apparences, déclara Óin avec enthousiasme.

Les autres nains se retournèrent en l'entendant, remarquant alors que Fili participait aux soins du semi-homme (Kili dû s'empêcher de rire en voyant la tête de certains).

Le prince héritier garda son air détaché, s'appliquant à sa tâche, puis il rendit le bol à leur vieux guérisseur qui permit au hobbit de se rhabiller (ce que Bilbon fit promptement).

- Si cela ne vous dérange pas maître Sacquet, pourriez-vous vous occuper des mains de Fili ? Je vais devoir m'occuper des blessures de Thorin, mais j'ai vu les mains du casse-cou devant vous, il faut les soigner au plus vite pour éviter des complications.
- Je n'y vois aucun inconvénient, répondit le plus petit sur un ton poli.

Ce n'est que lorsqu'il aperçut le sourire espiègle de Fili qu'il réalisa qu'il aurait peut-être dû y réfléchir à deux fois avant d'accepter sa tâche. Il écouta attentivement les instructions d'Óin et récupéra les différents remèdes qu'il devrait utiliser, puis il s'approcha de Fili.

- Est-ce que vous pouvez retirer vos protections ? Demanda sérieusement le hobbit.
- Je ne devrais pas pouvoir le faire ? Questionna le blond à son tour.
- Vous croyez que je n'ai pas senti les difficultés que vous avez eu à soigner mon dos ? Vos doigts vous font bien plus souffrir que ce que vous laissez paraître.

Un léger sourire orna les lèvres du prince : il ne pensait pas avoir autant d'attention de la part de leur cambrioleur, ce qui lui mit du baume au cœur.

- On dirait que je suis démasqué...

Il leva ses mains à plat pour les tendre à Bilbon, lui permettant de voir l'étendue des dégâts : si certains doigts semblaient « juste un peu rouge », il avait des cloques sur d'autres (plusieurs saignaient d'ailleurs), et sa peau avait noirci, beaucoup. Sans poser plus de question, le châtain lui retira ses protections aussi délicatement que possible pour lui éviter des douleurs, et Fili se contenta de le regarder faire. Après de longues, minutes, ses mains furent enfin libérées et Bilbon lui tendit un petit bol dans lequel il devait les tremper, ce que le blond fit docilement. Il grimaça néanmoins : la sensation était très désagréable, c'était comme si ses doigts gonflaient, que les cloques pulsaient, et il ressentait d'affreux picotements semblables à ce que devait vivre quelqu'un qui aurait reçu un éclair sur la main en plein orage (du moins, c'était ce qu'il pensait).

Le descendant de Durin se concentrait sur son vis-à-vis du mieux possible pour oublier ses douleurs, essayant de se souvenir de quand il avait commencé à le regarder autrement que comme le mauvais cambrioleur que Gandalf leur avait imposé. À première vue, et toute la Compagnie était d'accord sur ce point, il n'avait rien d'un combattant et n'était visiblement pas à l'aise avec l'idée de voler quoi que ce soit. Pourtant, le hobbit les avait rattrapé lorsque Thorin avait décidé qu'ils perdaient leur temps, avec le contrat signé. Il se souvenait de comment son frère et lui l'avaient posé sur un poney libre, et d'à quel point il était amusant de le voir dessus, raide, et visiblement très peu dégourdi. Se moquer de lui était devenu un genre de passe-temps ensuite, et Kili s'en donnait à cœur joie au moins autant que lui.

Était arrivée leur erreur avec les poneys : lorsqu'il avait réalisé, avec son cadet, que deux de leurs montures avaient disparu et que Bilbon les avait rejoints, Fili s'était encore moqué de lui en voulant faire appel à « leur cambrioleur officiel » et à ses déductions. C'était un peu distrayant, et cela lui évitait de penser au savon que leur oncle leur passerait ensuite...

À peine l'avaient-ils envoyé vers les trolls qu'ils étaient revenus en courant pour trouver la Compagnie et leur expliquer la situation. Thorin leur avait donc ordonné de les mener jusqu'à eux, puis ils s'étaient dissimulés en voyant que Bilbon s'approchait de l'un des monstres. Leur chef leur fit signe de rester à couvert, voulant certainement évaluer les prouesses de leur nouveau compagnon de route, et ses craintes furent confirmées lorsque le hobbit se fit repérer : il n'avait aucune chance face à Smaug. Néanmoins, Fili se souvint d'autre chose à ce moment-là : en effet, malgré sa situation et le fait que les trolls voulaient savoir s'il y avait « d'autres cambrihobbit comme lui », Bilbon ne les avait pas trahi, affirmant qu'il était seul en cherchant un moyen de s'en tirer. Sa loyauté avait touché le blond, et pas seulement lui, puisque Kili s'était élancé contre celui qui suggérait de lui coller les orteils au-dessus du feu pour lui faire avouer la vérité, et lorsque son compère lança le hobbit sur lui, son oncle mena la charge.

Fili ferma les yeux, un sourire en coin sur les lèvres : c'était donc à ce moment-là. Il avait ensuite pris le temps de faire plus amplement sa connaissance, et même si les circonstances s'y prêtaient peu, ils avaient pu discuter un peu à Fondcombe (un peu seulement, car Bilbon avait tendance à s'isoler). Il eut la peur de sa vie lorsque le hobbit s'était retrouvé suspendu au-dessus du vide alors qu'ils tentaient de se protéger des géants de pierre dans les montagnes, et ne put croire qu'il les avait abandonné au moment où ils avaient échappé in extremis aux gobelins. Il savait que ses sentiments pour leur cambrioleur s'étaient transformés, mais il refusait encore d'admettre à quel point.

Et puis, les orcs et les wargs étaient arrivés. Coincés dans le pin à moitié déraciné au bord de la falaise, Fili avait vu son oncle se jeter dans une bataille perdue d'avance contre Azog, et celui qui s'est interposé le plus rapidement, c'était Bilbon : il n'oublierait jamais comment le hobbit s'était jeté sur l'orc qui s'apprêtait à couper la tête de Thorin, ni comment il en était venu à bout, et encore moins comment il s'était tenu debout, l'épée en avant, contre le grand orc pâle. Personne n'aurait parié sur son courage, encore moins sur ses aptitudes au combat, pourtant, il venait à lui tout seul de retourner la situation et de leur accorder un gain de temps précieux pour pouvoir se joindre eux-même au combat, ce que Fili avait fait sans hésiter une fois qu'il s'était redressé et dégagé des branches auxquelles il se retenait.

Les Aigles entrèrent ensuite en scène et les emmenèrent loin de cet endroit maudit, puis, une fois que son oncle était revenu à lui, il avait commencé à crier sur Bilbon, ce qu'aucun membre de la Compagnie ne comprenait, jusqu'à ce qu'il avoue qu'il s'était trompé sur son compte et qu'il s'excuse pour son mauvais comportement avec lui.

Le blond fixait le semi-homme qui semblait très concentré sur ses blessures à soigner : il retenait des feuilles que le nain sentait à peine (sa sensibilité reviendrait sûrement plus tard, une fois que ses doigts seraient guéris), et appuyait des herbes contre les différentes zones brûlées.

- Merci d'avoir sauvé Thorin, lâcha-t-il de but en blanc.

Le hobbit releva vivement la tête vers lui et leurs regards s'accrochèrent.

- Je ne sais pas ce qui serait advenu sans votre intervention Bilbon. C'était... incroyablement courageux de votre part, précisa-t-il.

Bilbon rougit légèrement et bredouilla quelque chose qui devait être des remerciements, ou une argumentation propre à minimiser son exploit, mais dans les deux cas, cela fit rire Fili : il trouvait ce genre de comportement attendrissant, et depuis que son oncle avait officiellement reconnu que le hobbit avait sa place dans leur Compagnie, lui-même acceptait ce que son cœur lui murmurait. Le prince serra légèrement les petits doigts du semi-homme et se rapprocha assez de lui pour ramener ses poignets contre son torse. Si Bilbon était mal à l'aise, il ne prit pas la précaution de maintenir une certaine distance entre eux, si bien que ses pieds étaient à hauteur de ceux de Fili. Une telle proximité ne devait pas faire partie des traditions hobbits, et lorsque le nain déposa ses lèvres sur les siennes, les joues du cambrioleur s'empourprèrent, mais il ne s'écartait toujours pas, ce que le blond jugea comme encourageant. Et lorsque la surprise s'estompa pour laisser place à une lueur joyeuse dans le regard du quatorzième, il ne put cacher sa propre euphorie. Visiblement, il aurait moins de mal que prévu à séduire le châtain.

Óin les rejoignit quelques minutes plus tard pour vérifier les soins portés au prince héritier et sembla satisfait, puisque après avoir donné ses quelques recommandations à Fili pour les prochains jours, il retourna à ses occupations. Le nain blond regarda alors le hobbit qui était manifestement embarrassé, comme si le baiser qu'ils venaient de partager n'avait été qu'un rêve ou un instant à l'écart de leur situation actuelle. Sans se démonter, Fili passa son bras autour de ses épaules et s'approcha du feu avec lui, un grand sourire sur les lèvres. Aux yeux de tous, il devait s'agir d'un simple geste de camaraderie, puisque personne ne fit la moindre remarque, et Bofur mit lui-même une tape amicale dans le dos de Bilbon lorsqu'il se retrouva à sa droite. Cependant, Kili adressa un clin d'œil à son grand-frère qui le lui rendit accompagné d'un sourire : lui seul connaissait l'affection présente dans ce geste, et si Fili se permettait cette familiarité, il savait que cela voulait dire que Bilbon la partageait.