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Français
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Published:
2025-12-21
Words:
1,158
Chapters:
1/1
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4
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22
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116

Le point du jour

Summary:

Anakin s’insinua dans ses rêves avant de se glisser dans leur lit.

*
La guerre des clones est terminée, mais la victoire a un prix.

Notes:

Merci Tip pour la relecture <3
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(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Anakin s’insinua dans ses rêves avant de se glisser dans leur lit. Alors, quand son corps physique vint prendre la place de son double onirique, Obi-Wan eut l’impression que le poids de sa tête s’était déjà trouvé sur lui. La main qui se faufila sous sa tunique, elle, était nouvelle, et le fit émerger un peu plus de son sommeil. 

Il passa les doigts dans les mèches familières, se nourrit de la satisfaction et de la joie de cette couverture lestée bienvenue.

— En avance ? murmura-t-il.

— J’avais envie de rentrer, répondit Anakin sur le même ton.

Il avait donc coupé par la ceinture d’astéroïdes plutôt que d’utiliser la voie officielle, ce qui aurait été en réalité plus long pour n’importe qui d’autre qu’Anakin Skywalker.

Obi-Wan aurait dû le réprimander de s’être mis en danger de façon aussi superflue, toutefois la fatigue dégagée par son compagnon était une punition suffisante en ce milieu de nuit où lui-même manquait d’énergie. 

— Est-ce que tu as mangé quelque chose ? demanda-t-il, parce que si Anakin avait volé à vue pendant plus de douze heures, il n’avait certainement pas pris le temps de se nourrir.

— À ton avis, pourquoi je ne t’ai pas encore embrassé ?

Un rire silencieux secoua Obi-Wan, achevant de le réveiller. Anakin se hissa un peu plus haut et lui souffla méchamment à la figure son haleine de petit pain fourré à la viande, sans doute englouti trop vite à la cantine nocturne.

— Je te croyais, ce n’était pas nécessaire, l’informa Obi-Wan en fronçant le nez, les yeux ouverts, distinguant tout juste son visage.

Mais après cette expérience, s’embrasser ne devenait plus si désagréable, et si Anakin subissait sa bouche pâteuse de sommeil, il l’avait mérité. 

Après quelques minutes de baisers lents et paresseux, il s’installa au creux du bras d’Obi-Wan. Celui-ci déposa un nouveau baiser sur la tête à sa portée, s’apprêtant à se rendormir, avant d’être interrompu : 

— Quand est-ce que tu démissionnes du Conseil ? J’en ai assez de partir en mission sans toi. 

Obi-Wan cligna des paupières, pris de court, et pourtant pas tant que ça. Plus surpris par l’heure à laquelle le sujet était abordé que par le sujet en lui-même. 

Anakin n’était pas subtil. 

— Le nouveau temple est fonctionnel depuis un moment. Tu ne vas quasiment plus sur Coruscant. 

Non, Obi-Wan ne faisait plus partie des membres du Conseil qui effectuaient encore un roulement au temple de Coruscant, il avait été affecté officiellement au temple d’Ossus, chargé d’y mettre en place leur installation définitive.

Une mission qui était à la fois terminée, et bien loin de l’être, tant il faudrait du temps pour s’habituer à leur nouveau foyer. Sa sédentarité ressemblait de plus en plus à la crainte de quitter Ossus, où les survivants de l’Ordre et de l’armée des clones s’étaient réfugiés pour panser leurs plaies. La victoire sur les Séparatistes, sur Dark Sidious, l’avait été nominativement seulement. Comment se réjouir d’avoir vaincu quand il ne persistait que des ruines ?

— Si je démissionne, on va s’attendre à ce que je prenne un padawan.

— Si tu te charges de l’un des orphelins, il choisira sûrement de rester au dortoir, l’impact sur notre vie à deux sera limité. 

Obi-Wan haussa les sourcils, vraiment bien réveillé, cette fois. Il se frotta le visage et s’assit. Anakin se redressa à son tour, appuyé sur le coude. Même dans l’obscurité, l’intensité de son regard était perceptible ; Obi-Wan n’avait pas besoin de le voir pour l’imaginer. 

— Ne les appelle pas ainsi, tu sais que je n’aime pas ça. 

Les orphelins, disait Anakin en parlant des trop nombreux apprentis ayant perdu leur maître durant la guerre. Obi-Wan détestait ce terme qui sous-entendait qu’il ne leur restait plus rien. Et même si les Jedi n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes, ils étaient encore là. Les padawans n’étaient pas seuls. 

Aucun des Jedi survivants n’était seul. 

— Désolé, répondit Anakin avant de continuer : Et si j’en prends un aussi, ils pourront s’occuper l’un l’autre pendant nos missions.

Une formulation bien désinvolte pour une annonce aussi sérieuse, pour quelque chose qu’il n’aurait jamais envisagé, avait cru Obi-Wan. 

— Tu y as beaucoup réfléchi. 

— Mon cerveau a tellement chauffé que j’en ai eu de la fumée qui sortait par les oreilles. R2 a essayé de m’éteindre. 

— Anakin. 

Ce dernier s’assit face à lui et, n’ayant pas plus besoin de lumière, trouva sa main sans difficulté et entremêla leurs doigts sans rien dire. Obi-Wan relâcha doucement son souffle, les pressa plus fort qu’il n’en avait eu l’intention. 

— Tu sais que si je suis là, nous serons consignés aux missions diplomatiques. Ce sera toute une série de renégociations avec les différents gouvernements sur les conditions d’intervention de l’Ordre. Et quelques vérifications de légitimité des contrats commerciaux signés pendant et après la guerre. 

Le silence d’Anakin se prolongea quelques instants. Obi-Wan crut que ce rappel l’avait découragé, mais il reprit tout bas la parole, la tête baissée : 

— Je me suis tellement battu, et j’y suis tellement doué que je n’avais jamais envisagé autre chose. Et quand la guerre s’est terminée, quand j’ai… Quand Sidious... Après ça, je ne voyais pas comment continuer autrement que le sabre à la main.

Après une seconde, il ajouta :

— Mais je crois que je me suis assez battu.

Il se pencha, appuya le front contre l’épaule d’Obi-Wan qui, la gorge douloureusement serrée, posa la main sur sa nuque. 

— Je crois que je veux déposer les armes. Je crois que je veux apprendre à reconstruire plutôt qu’à détruire. 

— Je t’aime, Anakin, dit Obi-Wan.

C’était la deuxième fois qu’il l’exprimait à voix haute. Mais la première fois comptait-elle vraiment, arrachés tels que l’avaient été ces mots dans un moment d’indicible terreur, hurlés dans un dernier et terrible recours, se cachant encore sous le voile de l’ambiguïté ?

Si quelque chose se dénoua en Anakin, une touche de douloureuse incertitude, Obi-Wan eut la clémence de ne pas le remarquer, pour leur bien à tous les deux. 

— Je n’en ai jamais douté, mentit Anakin en se redressant. 

Obi-Wan porta leurs mains jointes à ses lèvres, lui embrassa les doigts en le regardant dans les yeux. Anakin imita son geste, puis se pencha à la rencontre de sa bouche.

Reconstruire, songea Obi-Wan, à l’abri de sa chaleur, de son odeur, de sa présence d’une stabilité déconcertante dans la Force. 

Cette dernière année, c’était tout ce qu’il avait cherché à faire, c’était tout ce vers quoi il avait tendu pour échapper à l’horreur qui les avait menés là. 

Mais les paroles d’Anakin l’avaient soudain rendu concret. Pour la première fois, cet élan désespéré pour survivre se drapait de lumière. Pour la première fois, il y croyait vraiment, au lieu de cacher son anéantissement dans l’action constante.

Ils n’étaient pas que les cendres témoins du passé, ils étaient les pousses d’une ère nouvelle, qui persistaient, qui renaissaient.

Je t’aime, pensa-t-il encore, et encore, et encore.

Et Anakin s’illumina encore, et encore, et encore, chassant les ombres de leur avenir incertain.

L’essentiel, c’était qu’ils en avaient un.

 

(fin)

Notes:

Joyeux solstice d'hiver et retour de la lumière !