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Trois battements de cœur

Summary:

Après un terrible accident, Eddie tombe dans le coma, laissant Buck dévasté. Alors qu’il lutte pour rester fort et espérer un miracle, les grands-parents de Christopher voient une opportunité et tentent de récupérer la garde, poursuivant Buck devant les tribunaux. pour défendre ce qu’il considère comme sa famille Buck est près a se battre pour les protéger . Entre l’inquiétude, l’espoir et la détermination, Buck tient bon, et quand Eddie se réveille enfin, chaque battement de cœur rappelle à tous que l’amour et la persévérance peuvent triompher de l’adversité…

Chapter 1: Listen to your heart

Chapter Text

Une douleur sauvage le traversa, brûlante et paralysante, de la tête aux pieds, comme si chaque fibre de son corps se déchirait sous un poids invisible. La dernière chose qu’il vit avant de sombrer fut le visage de Buck, crispé par l’inquiétude, figé dans l’angoisse, un éclat de peur dans ses yeux qu’il n’oublierait jamais. Puis, sans avertissement, une lumière blanche éclatante l’engloutit, aveuglante et totale, qui semblait dissoudre le monde entier autour de lui.

Quand il rouvrit les yeux, tout avait changé. Il flottait dans un espace immaculé, silencieux et infini. Aucun son, aucun repère, rien qu’un blanc absolu qui s’étendait à perte de vue. Son corps était lourd, pourtant il n’avait rien sur quoi poser ses mains. Chaque mouvement était un effort, chaque respiration un rappel de sa fragilité. Il se redressa lentement, le cœur battant à tout rompre, mais l’immensité autour de lui ne lui offrait aucune réponse.

Une peur sourde s’installa, rampante et glaciale. Était-ce la fin ? Un rêve ? Ou quelque chose entre la vie et la mort ? Ses yeux cherchèrent désespérément un indice, une silhouette, un son… mais il n’y avait rien. Rien que ce vide blanc et étouffant, et ce silence qui lui faisait mal aux oreilles. Et pourtant, quelque part dans son esprit, un seul souvenir persistait, plus vif que jamais : le visage de Buck qui lui hurler de rester avec lui

Des bribes de souvenirs lui revinrent, fragmentées et douloureuses, comme des éclats de verre dans son esprit. L’accident… pendant l’intervention. Le bâtiment qui s’effondrait autour de lui, le fracas de la chute, la poussière, la panique. Le cri de Buck résonnait dans sa mémoire, étouffé et lointain.

Il se souvint de ce moment précis où il avait perdu conscience, quelques secondes, peut-être minutes. Et puis, soudain, le souvenir revint avec une clarté cruelle : Buck, désespéré, déplaçant un bloc de béton pour le libérer.

Eddie se revit, immobile, et soudain une vision lui serra le cœur : Buck qui réalise, avec un mélange de terreur et de rage, qu’Eddie s’était empalé sur une barre métallique. Le sang, le rouge vif contre le gris du béton, et Buck qui touche la plaie par réflexe, sa main qui se recouvre de son sang.

Eddie porta instinctivement sa propre main à son abdomen, et un frisson de douleur traversa son corps ,bien qu’ici, dans ce lieu blanc, il n’y ait rien de tangible. Mais dans son esprit, la brûlure était réelle, chaque fibre de son être se souvenait de ce contact.

Eddie sursauta lorsqu’une voix se fit entendre, douce, fragile, mais terriblement familière, brisant le silence autour de lui. La douleur de ses souvenirs se figea un instant, remplacée par un mélange de crainte et d’espoir. Il tourna la tête et la vit : Shanon. Sa défunte épouse, comme sortie d’un rêve impossible, flottant dans cet espace immaculé. Son souffle se bloqua. Tout en lui criait que c’était irréel, et pourtant, son cœur savait que c’était vrai.

Il avança lentement, presque à pas de plume, comme pour ne pas rompre la magie de ce moment. Puis, il se jeta dans ses bras. Il devait la toucher, la sentir, s’assurer qu’elle existait

vraiment. Les larmes jaillirent sans retenue, brûlantes et libératrices, roulant sur ses joues alors qu’il la serrait contre lui.

Il déposa un baiser sur son front, tremblant et chargé de toutes ses années de regrets. « C’est vraiment toi… ? » murmura-t-il, la voix étranglée.

Shanon le regarda avec tendresse et tristesse à la fois. « Oui… c’est moi, Eddie. »

Le poids de ses fautes et de ses peurs s’abattit sur lui, écrasant et cruel. « Je suis désolé… pour tout, Shanon. Pour la façon dont les choses se sont terminées. Je n’ai jamais voulu que ce soit comme ça entre nous. Je suis désolé de t’avoir laissée seule avec Christopher… alors qu’il venait à peine de naître. Je suis désolé pour ma colère, pour ma peur… pour tout ce que j’ai fait ou pas fait qui nous a séparés. »

Il sentit les larmes couler encore plus fort, et ses mains tremblantes caressèrent le dos de Shanon. « Je suis désolé pour tous les moments perdus… pour tous les souvenirs que nous n’avons pas partagés… pour mon silence, ma fierté, ma peur. Je t’ai laissé partir… et je n’ai pas su te protéger. Je n’ai pas su nous protéger. »

Il se recula à peine, juste assez pour plonger son regard dans le sien, cherchant désespérément dans ses yeux un signe de pardon, un souffle d’espoir auquel se raccrocher. Son cœur battait si fort qu’il en avait presque mal, comme s’il craignait que la réponse ne le brise définitivement.

Shanon lui sourit doucement. Un sourire empreint de tristesse, mais surtout de compréhension. Elle leva lentement la main et effleura sa joue, essuyant une larme du bout des doigts.
« Je te pardonne, Eddie, » murmura-t-elle avec une douceur infinie. « Je sais à quel point ça a été difficile pour toi. Tu as porté tellement de choses seul… bien plus que tu n’aurais jamais dû. »

Eddie ferma les yeux, submergé par l’émotion. Ses épaules tremblèrent sous le poids qui, pour la première fois, semblait s’alléger.
« Je ne vous ai jamais quittés, » poursuivit Shanon. « Ni toi… ni Christopher. J’ai toujours veillé sur vous. Chaque pas, chaque chute, chaque victoire. Vous n’avez jamais été seuls, même quand tu pensais l’être. »

Le décor blanc autour d’eux sembla frémir légèrement, comme si ses mots donnaient enfin un sens à cet endroit irréel. Shanon prit une inspiration, puis son regard se fit plus sérieux, plus profond.
« Si tu es ici, Eddie, ce n’est pas un hasard. Ce lieu… ce n’est pas la fin. c’est le debut de quelque chose. »

Il la regarda, le souffle court.
« je ne comprend pas .. » demanda-t-il d’une voix brisée.

« Tu es entre deux mondes, et si tu es ici , c’est parce que tu as encore quelque chose à accomplir. Quelqu’un qui t’attend. Tu dois retrouver ton chemin. »

Elle posa doucement sa main contre la poitrine d’Eddie, juste au niveau de son cœur. À son contact, une chaleur douce se répandit en lui, apaisante, presque lumineuse.

« Ton cœur bat encore pour la vie, Eddie. Pour Christopher. Pour… l’amour que tu n’as pas encore fini de vivre. »

Les larmes d’Eddie coulèrent à nouveau, mais cette fois, elles n’étaient plus seulement chargées de douleur. Il sentit, au plus profond de lui, une force renaître, fragile mais bien réelle.

Shanon leva doucement la main, et l’espace blanc se troubla autour d’eux. Le vide immaculé se mit à onduler, puis des images apparurent, comme projetées dans l’air. Eddie retint son souffle lorsqu’il se vit lui-même, plus jeune, à ses côtés. Eux deux, amoureux, maladroits mais pleins d’espoir. Le rire de Shanon, leurs silences partagés, cette promesse naïve qu’ils pourraient tout affronter ensemble.

Puis l’image changea brutalement.

Il la revit le jour où elle lui demanda le divorce. La fatigue dans ses yeux, la distance qu’il avait laissée s’installer entre eux, ses propres peurs qu’il avait confondues avec de la colère. Et ensuite… l’image qu’il redoutait le plus. L’annonce de sa mort. Le vide. Le choc. Cette douleur qui ne l’avait jamais vraiment quitté.

Eddie détourna le regard, mais Shanon, la main encore chaude contre sa joue, l’obligea doucement à relever la tête pour regarder les images qui continuaient à défiler

Hana apparut à son tour. Sa douceur, sa patience… puis sa crise de panique, violente, incontrôlable. Eddie se revit incapable de gérer, submergé par ses propres traumatismes. Leur séparation, inévitable, douloureuse, mais silencieuse.

Puis Marisol. Une relation plus calme, plus « normale ». Trop normale. Et enfin… Kim. Ce visage si semblable à celui de Shanon. La faute. La trahison. L’instant où Marisol et Christopher les avaient surpris, figés dans une vérité qu’il ne pouvait plus nier.

Shanon croisa alors les bras et le regarda, un sourcil légèrement levé, une pointe d’ironie dans les yeux.
Son expression semblait dire : Sérieusement, Eddie… tu l’as trompée avec un fantôme de moi ?

Eddie leva les yeux au ciel, épuisé, blessé. « D’accord, j’ai compris… » souffla-t-il. Puis il la fixa, la voix tremblante. « Pourquoi tu me montres tout ça ? Pourquoi me faire revivre ces moments si douloureux ? C’est pour me rappeler à quel point j’ai échoué ? Pour te moquer de moi ? »

Shanon regarde l’homme en face d’elle ses yeux redevenant grave, profondément sincère.
« Non, Eddie. Pas pour te faire souffrir. Pour que tu comprennes. »

Elle désigna les images qui flottaient encore autour d’eux.
« Toute ta vie, tu as essayé d’être ce qu’on attendait de toi. Un bon fils. Un homme fort. Un soldat. Un père parfait. Un mari comme tes parents l’avaient imaginé. »

Ses mots frappèrent juste. Trop juste.

« Même après ma mort, tu n’as jamais cherché une partenaire pour toi, » poursuivit-elle doucement. « Tu cherchais une figure maternelle pour Christopher. Quelqu’un pour remplir un rôle. Quelqu’un pour réparer ce que tu pensais avoir brisé. »

Eddie sentit son cœur se serrer. Il ne protesta pas. Parce qu’elle avait raison.

« Mais tu ne t’es jamais demandé ce que toi, tu voulais vraiment, » conclut Shanon. « Pas ce que tes parents attendaient. Pas ce que la société exigeait. Pas ce que la peur te dictait. Toi, Eddie. »

Le silence retomba, lourd mais nécessaire. Eddie baissa la tête, les poings serrés.
« Je ne sais pas… » avoua-t-il dans un souffle. « Je n’ai jamais su. »

Shanon posa une main rassurante sur son épaule.
« C’est pour ça que tu es ici. Pas pour être puni. Mais pour enfin te poser la seule question qui compte… et avoir le courage d’y répondre. »

Pour la première fois, Eddie comprit que le purgatoire n’était pas un jugement. C’était une chance. Une dernière opportunité de vivre non pas pour les autres mais pour lui.

L’espace blanc se transforma à nouveau sous leurs yeux. Les contours se précisèrent, les sons revinrent peu à peu, étouffés, comme s’ils observaient la scène à travers un voile. Eddie reconnut immédiatement l’intervention cette sensation familière : celle d’une intervention qui tourne mal. Devant lui, la scène se reconstruisit, précise, cruelle.

Il se vit aux côtés de Hen et Chimney, agenouillé près du corps sans vie de Mitchell. Les gestes lui revinrent instinctivement. Professionnels. Déshumanisés par la répétition. Il attrapa le drap blanc, ses doigts tremblant à peine, et ensemble, ils recouvrirent le corps. Quand le tissu effaça le visage de l’homme, Eddie sentit pourtant quelque chose se fissurer en lui. Une vie venait de s’éteindre. Une histoire aussi.

Un peu plus loin, Buck était avec l’autre homme. Thomas. Assis dans l’ambulance, enveloppé dans une couverture, il parlait d’une voix étonnamment calme, presque douce, comme si l’amour qu’il portait encore suffisait à le maintenir debout. Eddie et Shanon s’approchèrent, silencieux, invisibles, assez proches pour entendre leurs voix.

Buck baissa les yeux avant de souffler, presque pour lui-même :
« Je suppose que je ne peux qu’espérer trouver quelque chose d’aussi fort que ça… »

Ces mots traversèrent Eddie de part en part. Comme une question qu’il n’avait jamais osé se poser.

Thomas releva la tête et sourit faiblement. Un sourire chargé de toute une vie partagée.
« On ne le trouve pas, mon garçon, » répondit-il doucement. « On le construit. Jour après jour. »

Eddie sentit son cœur se serrer. Ces mots n’étaient pas destinés à lui, et pourtant, ils semblaient le viser en plein cœur. Shanon se tenait tout près, silencieuse, comme si elle savait que cet instant allait marquer quelque chose d’irréversible.

Puis Thomas se leva.

Trop vite. Trop seul.

Eddie suivit chacun de ses pas, une angoisse sourde montant dans sa poitrine. L’homme s’approcha du corps de Mitchell, toujours recouvert du drap blanc. Il s’agenouilla, posa sa main tremblante sur le tissu, comme s’il refusait de croire que tout était vraiment terminé.

Eddie sentit sa respiration se bloquer.

Thomas murmura quelques mots ,un adieu, un merci, un je t’aime puis son corps céda. Il s’effondra doucement contre celui de son mari, cherchant instinctivement sa chaleur, même dans la mort.

Le syndrome du cœur brisé.

Eddie resta figé. Il avait vu la mort de près des centaines de fois. Mais celle-ci était différente. Parce qu’elle ne venait pas d’un accident. Elle venait de l’amour. D’un amour si profond qu’il avait refusé de survivre à l’absence de l’autre.

Sa gorge se noua. Ses yeux brûlèrent.

Shanon caressa doucement sont bras « Tu comprends maintenant ? »

Elle posa ses doigts sur l’air devant Eddie, et lentement, comme une plume sur une toile invisible, elle fit défiler sa vie. Les scènes apparaissaient autour d’eux, flottant dans le vide blanc. Sa voix tremblait légèrement, mais elle parlait avec cette douceur ferme qui le captivait toujours.

« L’amour… » commença-t-elle, et sa phrase se perdit dans le silence, suspendue, comme si aucun mot ne pouvait vraiment l’expliquer. « …c’est être là quand tout le reste s’écroule… »

La première scène frappa Eddie en plein cœur : le tsunami. Il revit Buck, trempé, épuisé, portant Christopher, affrontant le chaos et la peur. Buck avait tout risqué pour son fils et malgré la panique, malgré la force des vagues, il ne l’avait jamais abandonné. Il l’avait perdu un instant, mais il avait continué à chercher, inlassable, jusqu’à ce qu’il le retrouve enfin. Il s’effondra, tremblant et soulagé, dans les bras de ses coéquipiers, Eddie sentit son propre cœur se serrer de l’intensité de ce moment.

Puis vint l’autre souvenir, plus brutal : Eddie se fit tirer dessus. Il se revoit au sol, impuissant, et Buck surgissant, le tirant sous le camion pour le protéger. Même blessé, Buck ne le laisse pas tomber. Il pressa sa plaie, appliqua ses mains pour limiter la perte de sang. Eddie se souvint de la panique qu’il avait ressentie en voyant du sang sur Buck : et lui, est-il blessé ? Est-il en sécurité ? La peur pour Buck avait été plus forte que celle pour lui-même.

Le souvenir suivant le frappa comme un éclair : Buck frappé par la foudre. Eddie, sans harnais, sans sécurité, grimpant à l’échelle, ignorant la peur, ignorant la douleur. Chimney devait lui laisser le massage cardiaque pour que Eddie puisse le faire lui-même. Et lorsqu’il cria aux médecins de faire plus, de ne pas abandonner, Eddie sentit à nouveau cette réalité : il ne survivrait pas sans Buck… et Buck ne survivrait pas sans lui.

« Mais l’amour, ce n’est pas seulement dans la tempête : il se vit aussi dans la sérénité. »

Elle fit défiler des moments plus doux, mais tout aussi puissants. Le skate adapté pour Chris, les rires partagés, la complicité dans les petites choses, même les moqueries sur l’absence de canapé de Buck , les lasagnes que Buck a dû recommencer quatre fois , les soiré en famille qu’ils passent ensemble à jouer au jeux vidéo et manger des pizza… ainsi que les anniversaires et les noëls passer ..

Tout cela montrait la vie qu’ils avaient bâtie ensemble, fragile et parfaite à sa manière.

Et Eddie revit les instants de confiance profonde. Après le tsunami, lorsqu’il avait confié à Buck que seul lui pouvait veiller sur Chris. Quand il avait été blessé par balles, et que Buck avait pris soin de son fils sans jamais faillir. Les souvenirs s’entremêlaient, douloureux et réconfortants à la fois, comme une étreinte invisible dans le vide blanc.

Puis, il revit le moment où il avait dit à Buck, la voix tremblante mais déterminée : qu’il figurait désormais sur son testament. Que si quelque chose lui arrivait, il n’y avait qu’une seule personne qui pourrait veiller sur Christopher… Buck.

Eddie sentit les larmes monter, brûlantes, incontrôlables. Chaque souvenir, chaque risque, chaque sourire et chaque larme venait de lui montrer une vérité qu’il avait toujours refusée : il aimait Buck, entièrement. Sans condition. Avec admiration, avec gratitude, avec une profondeur qu’il n’avait jamais comprise avant. Et dans ce lieu blanc, silencieux, immaculé, il comprit enfin que cet amour n’avait pas besoin d’être cherché. Il avait été construit, pierre par pierre, dans les épreuves, dans la douleur et dans les joies partagées. Et maintenant, il était assez fort pour le guider… pour le ramener à la vie.