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game night

Summary:

"Plus tard sur la piste, sous les projecteurs du Centre Bell, il joue un jeu décevant, fatigué. Boston gagne tout de même et il sourit à Shane, goguenard, insolent. Shane l'ignore, ce n'est pas nouveau, c'est même attendu. Mais aujourd’hui, ça ajoute à sa mélancolie."

Notes:

Où l’auteur s'essaie à Heated Rivalry en français. 😱

 

(sidebar: J'ai vecu au Canada en hiver et franchement ici je suis en mode "oui oui c'est super cute de marcher la nuit sous la neige en plein hiver" alors que soyons honnetes, pas tant que ca. Mais on va dire que c'est 'for the bit', comme quand on regarde les films sur Paris et que on rigole bien parce que non, du tout. J'assume ma vision.😅)

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Il y a des rires, des sourires, d'enfants et de leurs grandes personnes. Il y a de la vie autour de la piste de patinage, cette vie qu'il ne peut avoir. Celle simple de gens qui s'aiment, qui sourient à la vie en plein air, au grand jour.

Ilya finit son beignet et recule doucement, prenant son temps. Il veut continuer à vivre, invisible, dans ce monde. Il veut s'y fondre, s'y glisser, se lover dans cette douceur. Au lieu de ça il se retire en direction des tunnels, après avoir jeté un dernier regard à cette foule insouciante.

"Tu me manques" apparaît sur son écran, alors qu'il tente de composer un message pour Hollander, Shane, Jane. Il l'efface aussitôt. Non. Il ne le dira pas. Pas encore. Peut-être jamais.

Plus tard sur la piste, sous les projecteurs du Centre Bell, il joue un jeu décevant, fatigué. Boston gagne tout de même et il sourit à Shane, goguenard, insolent. Shane l'ignore, ce n'est pas nouveau, c'est même attendu. Mais aujourd’hui, ça ajoute à sa mélancolie.

Il veut des rires et des sourires. Prendre un enfant par la main et patiner en direction de Shane qui lui prendrait l'autre. Patiner en famille.

Il s'excuse des vestiaires aussi rapidement que possible. Personne ne le remarque, ou si l'un d'entre eux le voit, personne ne dit rien. Il doit avoir l'air de ne pas vouloir être dérangé, ce regard qui fait dire que c'est un sale connard. Cool. Qu'ils le laissent tranquille.

Il ne va pas voir Shane, pas ce soir. Il ne sait pas s'il pourra faire comme si ce n'était pas plus que des coups d'un soir. Il ne sait pas s'il pourra entendre de Shane qu'il y a aussi des sentiments de son côté.

Ils ont été bons jusqu'ici. A ne pas parler de sentiments. A se mentir à eux même pour protéger l'autre. Pour se protéger eux-mêmes. D'eux-mêmes.

Tant que personne ne dit rien, alors il n'y a pas de futur possible, peu importe le fantasme d'une vie à deux.

Shane le retrouve. Bien sûr, il le retrouve. Ils devraient se quitter, arrêter cette histoire. Ils ne devraient pas aussi bien se connaître et deviner sans un regard ou se retrouver.

Ils sont seuls sur l'esplanade, les cabanes closes depuis longtemps, la piste de patinage aussi. Shane le rejoint sur les escaliers, s'assoit à côté de lui. Proche mais pas trop. Ca lui creuse un peu plus le trou au cœur, celui qui s'élargit un peu plus chaque jour.

Il glisse sur la marche, plus proche de Shane, plus proche du jeune homme qui ne bouge que pour poser sa tête sur son épaule. Leurs mains gantées se touchent et s'entrelacent en suspension avant de se poser sur son genou.

Ils ne disent rien pendant un moment, et il s'entend respirer en cadence avec le canadien. Il sourit, alors que les flocons commencent à tomber et que ses muscles épuisés commencent à protester contre le marbre froid des escaliers.

Shane est le premier à se lever et il le suit, leurs doigts toujours entrelacés. Ils descendent sur l'esplanade, en silence, se balade entre les cabanes fermées et font le tour de la piste et puis comme si de rien n'était, comme s' ils n'étaient pas eux, comme si ce n'était pas un soir de match, comme s' ils n'allaient pas croiser de fan, Shane commence à marcher dans les rues de Montréal.

Ilya l'arrête mais le sourire de Shane lui dit qu'il faut qu'il ait confiance. Il ne sait pas ce qu'il y a sur son visage, dans ses yeux. Mais il y a quelque chose qui fait pousser un soupir au jeune homme, à son jeune homme.

"Deux minutes, on est à deux minutes. Donnons-nous ces deux minutes en plein air."

Il ne pleure pas. Pleurer serait avouer plus qu'il ne veut dire. Mais Shane le voit, il voit le mouvement de sa pomme d'adam, il voit le sourire en coin, il le voit, lui. Ilya.

Ils reprennent leur marche silencieuse dans les rues désertes, et il essaie désespérément de ne pas pleurer dans le froid hivernal. De ne pas se projeter. De ne pas imaginer comme plus tôt dans la journée, un futur où ils pourraient être invisibles, seuls au monde au milieu de la foule.

Shane n'avait pas menti. Sait-il seulement mentir, Ilya pense en souriant a lui même, en essayant de cacher son visage au regard inquisiteur de son… amant? ami? amour? Shane lui sourit en retour et pendant un instant, Ilya ne pense plus.

La porte est fermée derrière eux, leur secret au chaud pour la nuit, et Shane porte la main à son visage, caressant les traces de sel sur ses pommettes. Il n'a pas besoin de lui dire, il n'a pas besoin de lui avouer, il n'a pas besoin non plus de deviner les mots derrière le regard de Shane.

Leurs sourires suffisent, et les larmes gelées aux contours de leur yeux finissent de ponctuer leurs silencieux aveux.

Ils ont la nuit. Quelques heures. Une courte éternité de douceurs inavouées. 

Avant de glisser à nouveau dans l'ombre. 

Avant de retourner à la réalité.

 

Notes:

merci de m'avoir lu - les kudos et comments sont toujours les bienvenus :D