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— Hyo' tu préfères avoir la peste ou le choléra ? Demanda Seungjun à son meilleur ami.
Ce dernier grattait machinalement le signe apparut sur le creux de son poignet depuis plus de huit mois maintenant, mais à l'entente des mots de Seungjun, il leva les yeux et posa le noiraud un regard quelque peu vide.
— La peste ou le choléra ? C'est quoi cette question ? Répliqua-t-il plutôt.
— Je ne sais pas. Je viens de penser à ça. Commenta Seungjun en haussant les épaules.
— La peste. Répondit Hyojin en recommençant à gratter la marque. C'est plus foudroyant. Et je n'ai pas envie de me vider par les fesses. Ajouta-t-il avant de renifler de dégoût.
— C'est sûr que ce n'est pas agréable. Répondit le noiraud en acquiesçant doucement de la tête.
Un petit temps de silence passa pendant lequel Seungjun joua avec son stylo alors que Hyojin se grattait le poignet.
— Et entre Lee Donghun et Lee Changyoon ? Tu choisis qui ? Demanda finalement le noiraud.
Le jeune homme aux cheveux rouges se figea brusquement à l'entente de la question, ses ongles s'enfonçant soudainement dans sa chaire, laissant des jolies petites demies lunes saignant légèrement.
— C'est la même chose. Répondit finalement Hyojin avant de porter son poignet à sa bouche et de sucer le peu de sang qui s'était écoulé des petites griffures.
— Alors si Donghun est la peste et Hyojin le choléra, tu choisis Donghun ? Présuma Seungjun avant de froncer son nez avec dégoût. Tu es obligé de faire ça ? Nan mais parce que c'est dégoûtant.
— On fait avec les moyens du bord. Répliqua Hyojin en haussant les épaules. Et tout bien réfléchit, non, je ne choisis pas la peste. Lee Donghun est vraiment beaucoup trop souvent détestable.
— Ta pauvre âme sœur. Si elle apprenait ce que tu faisais à votre tatouage... Soupira Seungjun en secouant doucement sa tête de droite à gauche.
Hyojin regarda son ami puis son poignet. Oui, ce symbole dessiné au creux des son poignet était sensé l'aider à trouver son âme sœur. Mais Hyojin n'y faisait pas vraiment attention, là où des gens comme Seungjun le vénérait presque et accordait tout un tas de soin inutile à leur précieux tatouage.
— Quoi ? Tu vas me sortir qu'elle ressent ce que je ressens au niveau du poignet ? Demanda un Hyojin mi figue, mi raisin.
— Non, et encore heureux. Vu tout ce qu'y arrive à ton poignet, entre les griffures des chats de Minkyun et tes cours de Taekwondo, ton âme sœur en aurait eu ras le bol de toi avant même de te rencontrer. Ricana Seungjun.
Hyojin roula alors des yeux et regarda ses deux poignets. Ils n'étaient pas si abîmés que ça. Il y avait bien encore quelques marques rouges de la dernière fois qu'il était allé nourrir les chats avec Minkyun, mais la peau était globalement cicatrisée.
— Pourquoi tu m'as posée toutes ces questions ? Demanda ensuite Hyojin.
Non mais parce que cela faisait en vrai bien dix minutes que Seungjun lui demandait de choisir entre deux choses.
— Tu sais quel jour on est ? Questionna en retour son noiraud de meilleur ami.
— Le 24 décembre, je sais, c'est Noël ce soir, tout ça, mais je préfère vraiment rester chez toi qu'avec ma mère et mon beau père. Soupira Hyojin en tournant sur la chaise de bureau de Seungjun.
— C'est aussi l'anniversaire de Changyoon. Rappela le noiraud.
— Et qu'est ce que j'en ai à faire ? Répliqua Hyojin en haussant un sourcil.
— Il est sensé avoir eu son tatouage ce matin. Annonça Seungjun sur un ton très sérieux.
Hyojin ouvrit la bouche pour répliquer, mais la porte de la chambre du noiraud s'ouvrit sur la mère de ce dernier.
— Il va commencer à se faire tard. Et il s'est mis à neiger il y a quelques minutes. Il faudrait peut-être que tu penses à rentrer chez toi, Hyojin-ssi. Fit la femme.
Hyojin acquiesça doucement de la tête, tandis que Seungjun lui fit un sourire désolé. Hyojin n'aimait pas rester chez lui, et il aurait vraiment aimer rester un peu plus longtemps. Peut être même dormir ici.
Tout aurait été préférable pour lui que de rentrer chez lui. Mais pourtant, Hyojin se leva et referma le sac à dos qu'il avait amené avec lui.
— Ça va aller, Hyo ? Demanda Seungjun quand il remarqua bien que son ami s'était renfermé sur lui même.
— Oui, oui. Je vais passer par l'épicerie. Pour prendre un truc à grignoter que ma demander ma mère.
Surtout pour retarder le moment où il devra rentrer chez lui.
— Joyeux Noël. Souhaita Seungjun avant que son ami ne sorte de sa chambre.
— Joyeux Noël, Joon.
Puis casquette sur la tête et sac sur le dos, le rougit quitta l'appartement de son meilleur ami et ses parents. Il se retrouva ensuite bien vite dans la rue, entouré par des flocons virevoltant élégamment au grès des courants d'air.
Il marcha quelques minutes, avant de s'arrêter devant l'entrée d'une petite supérette. Il poussa la porte vitrée, en lâcha un soupir de bonheur quand une bouffée d'air chaud lui attaqua le visage. Puis, sans même penser à saluer le caissier, il se dirigea vers le rayon gâteaux apéritifs.
Il prit deux paquets de chips, avant de d'attraper une bouteille de soda. Puis, alors qu'il se dirigeait vers la caisses, il remarqua que le symbole au creux de son poignet lui brûlait. Son âme sœur était proche. Son regard se porta alors instantanément sur la rue.
Venait elle de passer ? Non. La brûlure restait égale. Donc elle ne pouvait être qu'immobile et particulièrement proche pour qu'il souffre comme ça. Son regard parcourut la petite supérette. Elle était vide. Il n'y avait que le caissier et lui.
Les prunelles sombres de Hyojin se posèrent alors sur le garçon derrière la caisse. Et sa mâchoire se serra brusquement. Car assis sur un petit tabouret inconfortable, un noiraud que Hyojin ne connaissait que trop bien se trouvait là.
Lee Changyoon.
Le noiraud le regardait avec de grands yeux. Il semblait plus que surpris. Plus qu'étonné. Il semblait totalement choqué. Hyojin roula alors des yeux. Il avait bien le droit de faire ses courses ? Changyoon scanna ses achats avec une lenteur presque hébété, tandis que Hyojin jetait des petits coups d’œil incessant à la rue à sa droite.
Son âme sœur était là, toute proche, parce que son poignet le brûlait presque furieusement.
— Ça te fera dix huit mille wons. Finit par demander Changyoon.
Hyojin sortit alors les billets de sa poche, et le noiraud avança sa main pour que Hyojin puisse y poser les morceaux de papier. Leurs doigts s’effleurèrent. Hyojin siffla et encercla son poignet gauche de sa main droite. Il avait l'impression qu'on lui avait enfoncé une aiguille chauffée à blanc dans le poignet.
Mais quand on rencontrait son âme sœur, cela n'était pas sensé être le plus jour de sa vie ? La seule personne de son entourage à avoir trouvé le sienne est son correspondant japonais, Yuto. Il lui avait dit que cela lui avait chauffé agréablement et que ça l'avait chatouillé un peu.
Hyojin avait surtout envie de s'arracher le bras, là tout de suite. Et quand les doigts de Changyoon s’enroulèrent autour de son poignet, Hyojin voulut d'abord lui cracher dessus. Mais la douleur disparut soudainement au profit d'une douce chaleur, Hyojin se retint.
— Tu... Commença alors Changyoon sur un ton hésitant.
Il remonta ensuite la manche du manteau et du gilet de Hyojin. Sa mâchoire se décrocha quelque peu quand il vit le H et le C enlacé de couleur noir tirant sur le bleu foncé dessiné sur la peau de Hyojin.
— Tu... Répéta inutilement Changyoon en plantant cette fois son regard dans celui de Hyojin.
Hyo' tu préfères avoir la peste ou le choléra ?
Alors si Donghun est la peste et Hyojin le choléra, tu choisis Donghun ?
C'est aussi l'anniversaire de Changyoon.
Il est sensé avoir eu son tatouage ce matin.
Seungjun était il aussi courant ?
— Quand Seungjun avait dit que mon âme sœur était particulièrement près de moi, je n'aurais jamais cru aussi près. Murmura alors Changyoon en lâchant le poignet de Hyojin, faisant revenir la douleur chez ce dernier, pour remonter sa propre manche.
Le même symbole. Les mêmes lettres. La même police. La même couleur. La même taille. Les yeux de Hyojin écarquillèrent avec horreur. Changyoon était son âme sœur !
— Quand mon père et ta mère apprendront ça ! Je me demande comment ils vont réagir. Tout de même, mon âme-sœur est un garçon, et mon demi-frère !
Hyojin déglutit difficilement. Il aurait peut être du choisir le choléra et Lee Donghun finalement. Parce que c'est peut être un connard égocentrique, mais ce n'était pas le fils de son beau frère.
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— C'est le premier Noël qu'on passe tout les quatre ensembles. Commenta gaiement la mère de Hyojin en posant sa fourchette en équilibre sur le bord de son assiette.
— Oui. Ça nous change de la soirée télé qu'on fait d'habitude. Répliqua le père de Changyoon.
Les doigts de Hyojin se resserrèrent autour de ses couverts, faisant blanchir ses phalanges. Changyoon lui jeta un coup d’œil.
— Nous avions l'habitude avec le père de Hyo— Hyojin ! Appela la mère du jeune homme.
Mais ce dernier ne l'écouta pas. Il s'était levé brusquement de sa chaise, et s'était dirigé droit vers sa chambre.
— Hyo-
— Laissez, je m'en occupe. La coupa Changyoon en se levant de son siège.
Il laissa ensuite les deux adultes et le repas en plan et s’empressa de rejoindre Hyojin dans sa chambre. Hyojin faisait l'étoile de mer sur son lit, le visage dans son oreiller. Changyoon s'approcha alors doucement et s'assit sur le bord de la couche de son aîné, dont le matelas s'affaissa sous son poids.
Hyojin ne réagissant pas, un instinct le possédant soudainement, Changyoon tendit sa main et prit le poignet gauche du rouge. Il caressa ensuite tendrement les deux lettres, passant délicatement la pulpe de son index sur les courbes délicates du tatouage.
Hyojin lâcha un espèce de petit son étranglé, à mi chemin entre un glapissement et grognement.
— Tu ne devrais pas être comme ça avec ta mère. Murmura doucement Changyoon.
Il ne s'était jamais permis d'avoir de telles interactions avec Hyojin, de le toucher, ou même de lui parler ! Hyojin était un connard arrogant. Changyoon un abruti suffisant. Ils n'étaient pas bon de les mettre dans une même pièce. Mais avec l'apparition de ce tatouage sur leur poignet... Tout avait changé.
Ce fut alors presque normal pour Changyoon de s'allonger au côté de Hyojin, et ce sans même lâcher son poignet.
— Il me manque. Murmura Hyojin, ça confession étouffée par l'oreiller.
Son père, après son divorce, était parti vivre au Japon.
— Je sais. Je suis là. Répliqua Changyoon.
Non, il ne savait pas. Mais il était là.
— Je veux pas de toi. Grogna Hyojin.
Changyoon non plus.
— Oui, mais toi et moi maintenant, c'est à la vie, à la mort. Répliqua le noiraud en attirant Hyojin dans ses bras.
Hyojin grogna, mais se laissa faire. Parce que comme l'avait dit Changyoon, eux deux, c'était maintenant à la vie, à la mort.
