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Le Vent souffle deux fois

Summary:

"La flèche l’a touché, il meurt. Il va mourir, plutôt.
Rien ne peut être fait, seul un miracle pourrait tout stopper. Et miracle il y eut."

Notes:

Troisième entrée à la BardVen Week 2026 !!! Le thème est météo/saison.

Merci encore et toujours à Shio et Serenity (je vais le dire pour toutes mes entrées, leur soutien est précieux), pensez à regarder ce qu'elles font S'IL VOUS PLAIT !!
Bonne lecture~

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Work Text:

La flèche l’a touché, il meurt. Il va mourir, plutôt.

Rien ne peut être fait, seul un miracle pourrait tout stopper. Et miracle il y eut.

 

Le petit esprit, simple compagnon, simple bougie de bonheur lors des longues nuits de peur du barde dans les tempêtes de ses inquiétudes, réveilla en lui une force. Nul autour ne savait comment, nul autour ne le remarquait vraiment d’ailleurs. La bannière de fortune du barde, qu’il agitait avec vigueur pour offrir force à ses camarades et marquer les citoyens de l’origine de ce combat, tenait debout. Venti la portrait d’une main, l’empêchant de tomber avec ce nouveau bras, cette nouvelle force. Il ne devait pas tomber.

 

Venti se pencha au dessus du barde, caressant son doux visage de sa main libre. Les larmes tombèrent sur celui-ci.

 

Et les secondes se ralentirent pour Venti. La source de toute son inspiration, celui qui lui avait tout offert, celui qui lui avait tout apprit, était là au sol, mais son regard était fixé sur la bannière. Il n’avait pas abandonné, il semblait juste déçu de ne pas pouvoir assister en personne à la victoire, mais pour lui la défaite n’existait même pas, ce n’était ni une possibilité ni une option.

 

Et les secondes ralentirent encore. Et encore.



Et elles s’arrêtèrent. Le chaos était muselé. Seul Venti était encore là, dans ce moment qui n’appartenait qu’à lui.

Il ne savait pas qu’il savait le faire, mais peu importe.

 

Il sentit un appel, un appel de ses origines, un appel de quelque part plus haut que le ciel, mais peu importe.

 

On lui parlait, on voulait le convaincre, le recruter, mais peu importe.

 

On, prit son silence pour une approbation, le pouvoir coula en lui. Mais peu importe.

 

Rien ne devait finir comme ça. Il ne le permettrait pas. Il deviendrait un simple pion sur un plateau plus grand que le monde qu’il connait, on se servirait de lui, on le ferait tout faire. Il vendait son âme sans même savoir s’il s’agissait d’un dieu ou d’un diable.

Mais ce petit élémentaire, lui qui n’était qu’un souffle de vent jusqu’alors, lui qui ne représentait qu’un rien dans l’univers, dans la réalité, gronda. Son vent n’était plus une petite brise. Sa souffrance, sa colère, son amour. Peu importait qui voulait faire de lui quoi que ce soit, il posa ses propres conditions.

 

Peu importe qui c’était, peu importe à quel point c’était impossible. L’impossible se plia devant le regard de Venti. Le pouvoir coulait en lui, puis comme une cascade coula sur le barde.

 

Les secondes étaient toujours figées, le barde ne l’était plus. Petit à petit, son visage se défigea. Son sang ne coula plus. Son regard, jusque là fixe et volontaire se changea en incompréhension.

 

“V-Venti ? C’est toi ? C’est toi dressé là, au dessus de moi ?”

 

“Nul autre ne saurait le faire ainsi, pas comme ça” répondit tendrement Venti, la douceur revenant en lui.

 

“Comment ? Je le sens ce… Ce quelque chose en moi ! Que me fais-tu ?” demanda le barde, s’inspectant comme s’il essayait de voir au travers de sa propre peau. “C’est frais, c’est froid. C’est aussi doux que de la soie !”

 

“C’est une part de moi. Je te la donne, je serai toujours en toi.” Le réconfort sur le visage de Venti vira à la culpabilité. “Je suis désolé, je n’ai pas réfléchis à ce que tu en penserais… Je ne suis même pas sûr de ce qu’il se passera ensuite, maintenant que tu es ainsi. Tu te battais pour retrouver ta liberté et je t’ai mis dans une nouvelle prison.”

 

Le barde sourit doucement et prit le visage de Venti, le caressant doucement, regardant le nouveau visage de celui-ci. Il semblait si humain, si semblable. Mais il ne l’était pas vraiment, sa peau plus douce, plus parfaite, loin des traits fatigué que lui avait cumulés. Ses cheveux brillaient d’un cyan éclatant, qui semblait petit à petit s’éteindre, au même rythme que l’énergie se versait de son corps. Ils étaient soyeux, doux et parfaits, là où les siens étaient abîmés par le froid permanent et le manque d’entretien.

 

Il était clair que Venti ne s’était pas changé en lui, seulement changé en ce que Venti voyait de lui. Un être parfait, un être splendide, exempt de défauts.

Et Venti en cet instant portrait tous ses espoirs en cette bannière. Et lui donnait tout ce qu’il avait. Si Venti était devenu humain, le barde sentait que lui ne l’était plus.

Là où le barde retrouvait une vie, différente de la sienne mais une vie, Venti lui ne faisait que servir de lien pour donner toute la puissance qu’il avait et qu’on lui confiait.

 

Et c’était hors de question. Pas aujourd’hui, ni hier et encore moins demain. Ce barde ne savait pas se battre, il avait eut besoin qu’on le défende et qu’on le cache. Mais pas une fois qui que ce soit se sera sacrifié pour lui.

 

Il saisit Venti par les cheveux à l’arrière de sa tête et força sa tête jusqu’à lui, ses lèvres contre les siennes. Puisque Venti lui avait donné la vie, lui donnait le pouvoir et bien sa première action sera de la partager à Venti.



Ébahis et étonné par ce baiser auquel rien ne l’avait préparé, alors qu’il avait déjà décidé de tout donner à celui qui avait été sa raison d’être, Venti ne sut réagir.

Alors que tout pouvoir l’avait doucement quitté, sentir les douces lèvres de l’être qui lui était le plus cher fut tel un électrochoc, le réveillant de son idiotie de se sacrifier pour quelqu’un qui ne lui aurait jamais pardonné de le faire mais également par tout le pouvoir qui s’en dégageait. Ce n’était pas que de la force divine qui venait de ce baiser. C’était de l’amour.

 

Les splendides cheveux de son barde, qui s’étaient petit à petit illuminés d’un cyan éclatant depuis les racines, reprirent leurs couleurs naturelles aux extrémités, le pouvoir comme faisant demi-tour dans le corps de Venti.

 

Après tout, rien dans cet accord n’avait interdis Venti de ne pas le partager. Il n’était pas devenu l’archon du vent. Ils étaient deux; mais ils n’étaient pas deux face d’une pièce, plutôt un couple dansant seul sous un projecteur au milieu de la foule d’un bal. Et tel un couple dans un instant similaire, alors que le temps reprenait son cours, les deux nouvelles puissances de la bataille ne voyaient rien autour d’eux.

 

Grisés par la puissance. Grisés par toute cette nouveauté. Ce nouveau corps. Ces nouvelles facultés. Ces nouveaux sens.

Grisés par ces sentiments. Ils étaient liés à jamais, ils le savaient sans même se le dire, ils lisaient en l’autre sans même avoir besoin de savoir le faire.

 

La bannière flottait plus haut, plus clairement qu’avant. La tempête ennemi ne soufflait plus. Elle ne faisait pas le poids face à l’un d’eux, pour deux d’entre eux elle ne valait rien, mais pour ce couple spécifique, c’est comme si elle était déjà oubliée. Et la grande tour tomba. Et le vortex cessa.

Et la victoire était encore plus belle que ce qu’ils avaient espérés.

 

Leur première action fut de s’élever ensemble, pour la première fois. Aux soldats la fête et la victoire. Aux humains la liberté et le monde.

Mais à eux le ciel et l’amour. Le reste n’est qu’histoire, pour eux ce sera la romance.

 


 

Et ainsi est la genèse de cet amour, qui souffle encore sur toutes les terres son vent, dont chaque esprit transmet les vibrations.

 

Tandis que l’un souffle le vent froid des montagnes et de l’hiver, qui partage le calme et apaise les esprits, l’autre souffle le vent chaud des déserts et de l’été, qui réchauffe les coeurs et partage l’énergie. Mais loins d’être contraires, ils sont complémentaires, l’un ne saurait être sans l’autre.

 

Et lorsqu’ils se mélangent, lorsque l’orage se créé, nulle crainte à avoir, c’est seulement un couple qui se retrouve et virevolte ensemble, mettant de l’amour dans l’air.