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Chasse en Jungle

Summary:

"Carmen et Venti arrivèrent à l’orée d’une jungle, aux arbres immenses et avec une végétation intense. Laissant leurs casques sur leur moto, ils s’enfoncèrent immédiatement entre les arbres."

Notes:

Quatrième entrée à la BardVen Week 2026 !!! Le thème est libre, tous les AU qu'on veut ! J'ai donc choisi de faire un AU Soul Eater.

Merci encore et toujours à Shio et Serenity (je vais le dire pour toutes mes entrées, leur soutien est précieux), pensez à regarder ce qu'elles font S'IL VOUS PLAIT !!
Bonne lecture~

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Work Text:

Carmen et Venti arrivèrent à l’orée d’une jungle, aux arbres immenses et avec une végétation intense. Laissant leurs casques sur leur moto, ils s’enfoncèrent immédiatement entre les arbres.

 

Ils étaient là pour une bonne raison et le temps pressait. Seuls des agents de terrain de Shibusen pouvaient la mener et ils étaient particulièrement adaptés à cette situation. Ils n’étaient pas spécialement les plus forts, mais leur résonance d’âme et leur sensibilité malgré qu’ils soient tous les deux des armes démoniaques était idéales. Ils n’étaient pas spécialement doués à la chasse aux âmes corrompues ni aux sorcières, cependant bien peu pouvaient les égaler à la chasse aux monstres. Wendigos, revenants, spectres, leur tableau de chasse était long.

 

L’admission d’un couple d’armes à Shibusen avait surpris, mais personne n’eut aucune objection quand ils virent les compétences des jumeaux. Chacun savait manier l’autre à la perfection, ils s’étaient entraînés ainsi depuis leur plus petite enfance, et chacun comblait les défauts de l’autre: là où Venti menait les assauts avec une énergie explosive, Carmen parait toutes les attaques qu’on leur envoyait.

 

Ayant vécu ainsi, ensemble que ce soit à l’entraînement, aux apprentissages ou dans tous les remous que la vie peu amener, leurs âmes s’étaient naturellement construites mutuellement, l’une avec l’autre, créant une résonance unique où se mêle leur amour profond l’un pour l’autre avec leur confiance aveugle et leur compréhension innée l’un envers l’autre.

 

La mission du jour consistait à trouver un nid de furie qui a attaqué à plusieurs reprises les villages alentours.

Bien qu’une première fois pour eux, la traque se faisait naturellement. Venti avançait rapidement, s’arrêtant de temps en temps pour observer les cimes presque invisibles tant les branches étaient nombreuses. Carmen scrutait le sol dans l’espoir de trouver quelques traces, mais sans vraiment y croire sachant que leur cible peut voler.

 

“On ne voit presque rien, à ce rythme on y sera encore la semaine prochaine sans rien trouver” se plaignit Venti.

 

“On ne peut pas prendre le risque de se faire remarquer, on n’est pas sûr de combien elles sont. On nous a dit une demi-douzaine mais si ça se trouve il y en a le double.”

 

“Je suis d’accord, mais ce n’est pas en se traînant qu’on va y arriver. Tu es sûr qu’elles sauraient nous sentir si on faisait comme d’habitude ?”

 

“Je ne suis pas sûr mais les gobelins nous avaient sentis alors qu’on nous avait dit qu’ils ne pourraient pas.”

 

“Oui mais avec les gobelins c’était… différent, j’étais distrait et j’ai tout donné !”

 

Carmen soupira. “Bon… D’accord, mais tu fais attention cette fois ! Je ne veux pas qu’on se fasse encore prendre par surprise, c’est nous les chasseurs normalement !”

 

Venti s’élança sur Carmen, se transformant juste avant de lui rentrer dedans. En une fraction de seconde, son corps s’étira et s'affina tout en rapetissant simultanément, devenant une main-gauche, un poignard doté d’un anneau, idéal pour toutes formes de parades, de contres et d’esquives.

 

Une fois son frère en main, Carmen se concentra sur celui-ci. Il ressentait son être, son âme, toute sa vie et lui envoya toute l’énergie de sa propre âme. Venti la perçut, y ajouta sa propre force et la renvoya à Carmen. C’était la résonance des âmes, une pratique de base afin d’amplifier sa puissance. Une fois cet échange fait quelques fois, Carmen projeta cette force tout autour d’eux, dans le plus grand diamètre possible.

 

Cette pratique de détection est dure à mettre en place pour une arme démoniaque habituellement, mais l’entraînement leur avait permis de combler ce manque et leur spécialisation de traque de monstre simplifiait le processus: ils ne cherchaient pas une âme qui se dissimulerait, ils scannaient afin de percevoir la moindre trace surnaturelle.

 

Carmen ouvrit soudain les yeux et sauta de branche en branche jusqu’à en atteindre une à une trentaine de mètres de haut. Il y avait là des traces de griffes de la taille d’une panthère, mais le ressenti laissé ne laissait pas place au doute: une furie s’est posée là il y a peu.

 

“Parfait, on sait qu’elles passent par là au moins.” se réjouit Carmen.

 

“Carmen ?” dit lentement Venti.

 

“Hmm ?”

 

“Je suis désolé, je ne sais pas si j’ai poussé un peu trop fort ou si on a pas de chance, mais une furie arrive.”

 

Venti put à peine finir sa phrase qu’une furie se jeta en pic sur Carmen, qui l’esquiva en sautant en contrebas. Elle était d’une taille humaine mais n’en semblait pas tant. Que ce soit ses jambes se transformant en pattes dotées de griffes peu tranchantes mais particulièrement perçantes, ses bras qui laissaient place à des ailes plumeuses alliant des vagues bleues et oranges comme un oiseau exotique ou tout le reste de son corps et son visage, partiellement plumeux, elle semblait prête à les chasser seule.

Juste après s’être stabilisée en l’air après avoir manqué sa cible, elle replongea sur Carmen ses serres en avant.

 

Carmen resserra sa main sur Venti. La situation n’était pas critique.Tant qu’elle est seule, tout du moins. 

Utilisant la lame de Venti, il dévia la première patte de la créature et profita de son élan pour lui trancher tout d’un côté. Le cri de la furie fut perçant.

 

Elle s’écrasa au sol, mais reprit immédiatement appuie pour sauter sur Carmen et lui donné un coup de pied retourné. Trop tard pour elle.

 

Les jumeaux s’étaient déjà préparés et en amplifiant la force de Venti, celui-ci transforma le petit anneau de parade de son arme en longue menotte avec une chaîne, agrippant la patte de la bête avant que son coup n’atteigne Carmen. Sans la moindre hésitation, il acheva la créature.

 

Venti reprit sa forme humaine. “Je dois dire que ça me gêne un peu quand même. On doit vraiment les tuer ?”

 

“Oui, même si elles ont l’air humaines ce n’est qu’une couverture. Elles font semblant pour impressionner les animaux et faire baisser leur garde aux humains.” répondit Carmen, un peu froidement.

 

“Mais même si elles sont animales, je n’aime pas tuer sans raison comme ça.” dit tristement Venti.

 

“Ce sont des démons qui s’adaptent à leur milieu. Elles sont de la même famille que les sirènes, en réalité elles tuent les humains comme les animaux pour manger leurs âmes. S’il y avait une autre solution, tu sais que je te l’aurais dis.”

 

Carmen semblait froid en répondant, mais seulement en apparence. Ils n’avaient jamais apprécié les chasses à mort. Les autres chasses, que ce soit pour raisonner des créatures ayant perdu le contrôle, pour remettre une créature en sureté ou autres étaient bien plus agréables. C’était encore plus dur avec les monstres qui avaient des apparences animales ou humaines, leur violence justifiait l’action, mais c’était terrible qu’il n’y en ait pas d’autre.

 

“Dépêchons, il y en a peut-être d’autres en chemin. On va s’enfoncer pour trouver le nid et à partir de là tu prends le relais.” dis Carmen.

 

Venti approuva et reprit sa forme d’arme. Bien que l’esprit lourd, aucun des deux ne doutaient. Le doute faiblit l’âme et s’ils ne se donnaient pas à fond, des monstres comme elles ne seraient pas moins motivées à les attaquer. La chasse reprit.

 


 

Carmen fonçait à travers les arbres, se déplaçant par grands sauts de quelques mètres. Il scrutait tout autour de lui, s’assurant que rien ne venait sur lui. Venti était aux aguets, suivant la piste qu’ils avaient trouvé. La pression était forte, plus ils avançaient et plus la forêt se refermait sur eux, le ciel était obscurcit par des dizaines de branches sauvages comme des griffes les enserrant tandis que le sol était de moins en moins palpable, la végétation déployant tous ses efforts pour couvrir la moindre parcelle de terre.

 

Ils étaient dans la bonne direction. Non seulement les traces semblaient augmenter, mais plus ils avançaient et plus des furies semblaient les suivre depuis les airs, au dessus des cimes. S’il s’arrêtait, Carmen savait qu’il aurait trois ou quatre paires de serres tombant sur lui. Il continuait donc à un rythme effréné, voltigeant de racines en branches.

 

Soudainement, un courant d’air souffle fort sur Carmen. Une clairière se dégageait. Probablement le nid, se dit-il.

 

“Prêt ?” demanda Venti.

 

“Tu sais que oui.” répondit Carmen.

 

Il lança alors Venti vers l’avant dans la clairière, qui reprit sa forme humaine à l’atterrissage. Ce n’était pas une clairière à proprement parler, c’était plutôt une butte de terre légèrement surélevée du sol d’une dizaine de mètres dont tous les arbres dessus et autour avaient été tranchés vulgairement par des heures d’attaques de serres. Le terrain avait été dégagé exprès par les furies. Celles qui les poursuivaient, et celles qui les attendaient également, entouraient déjà Venti. Mais il était déjà paré.

 

Carmen, qui était encore derrière, le rattrapa et courut à ses côtés. Mais une fois à sa hauteur, alors que les premières ennemies fonçaient déjà, il se fondit en flash lumineux que Venti saisit sans quitter des yeux ses attaquantes et il pointa sur l’une d’elle une longue rapière dont la lame se courba en conséquence du geste, comme si elle n’était pas de fer.

 

L’adrénaline débordant de son système, le temps était comme ralenti pour Venti. Il ramena doucement la lame vers lui, la leva dans un geste circulaire et l’abattit verticalement vers la furie désignée. La lame de Carmen s’agita de haut en bas en réaction de ce mouvement. Venti sauta ensuite en arrière pour passer entre les deux autres qui le prenaient dans son dos. Même en prenant son temps, cette action ne lui pris même pas une demi-seconde.

 

Une lame d’air trancha subitement la première furie, tandis que les deux autres manquèrent de peu de se rentrer dedans après avoir essayé de prendre Venti en tenaille dans le dos.

 

Au total, il devait y avoir une quinzaine de furies autour d’eux, un peu plus que la prévision de Carmen.

 

Venti souffla et refit le même geste lent de ramener la lame vers lui et trancha à nouveau le vent, à l’horizontal cette fois. Tandis que la pointe de Carmen se tordait dans tous les sens, les deux furies précédentes furent également coupées en deux, s’écroulant sur le coup.

 

“J’ai bien peur qu’on doive employer les grands moyens, elles sont trop nombreuses.” dit Carmen.

 

Leurs âmes résonnant à nouveau, la lame de Carmen se mit à tourner d’abord doucement comme un pendule, puis accéléra de plus en plus avant de tourbillonner. Le vent était aspiré par ce mouvement si vif que l’oeil ne pouvait pas le suivre.

 

Les monstres, momentanément furieuses, s’arrêtèrent devant cette curiosité. Elles sentaient le danger devant elles, le courant les amenait irrémédiablement sur Venti, les fixant. Ses yeux clairs les pénétraient jusqu’à l’âme. Il était clair que leur âme n’était pas humaine, elle était destructrice, violente et remplie de pulsions, ne dégageant que l’envie de sauter sur tout ce qui bouge.

 

La tornade de la lame de Carmen grandit petit à petit. Venti répéta le même geste que précédemment, ramenant d’abord la lame vers lui puis donna une coupe diagonale.

Les furies ne bougèrent pas, étant suffisamment pour être éloignées, mais le tourbillon s’amplifia subitement lors du coup, les tirant d’un coup bien plus proches qu’elles ne l’étaient.

 

Venti releva alors la lame pour porter un second coup, dans l’autre diagonale. L’air tranchant eut raison d’une dizaine de furies.

 

Les deux autres créatures étaient déjà élancées dans le dos de Venti, qui n’eut que le temps de tourner la tête. Il s’échappa du coup en se transformant en arme, passant au travers des serres, puis Carmen revint en humain et rattrapa Venti.

 

Les furies étaient habiles au combat en corps-à-corps aussi proche, notamment à deux. C’était également la spécialité de Carmen, qui parait les coups avec Venti. Les coups de pieds perçants pleuvaient sur lui et les dévier à un tel rythme n’était pas simple. Un meister aurait pu projeter son aura pour leur faire perdre leur rythme et contre-attaquer, mais Carmen était coincé.

 

Soudain, l’une d’elle ne donna pas un coup. Profitant de l’ouverture, Carmen trancha au niveau du coup de l’autre. Plus qu’une.

 

Mais la première balaya les jambes, pourtant fixées sur leur appui, de Carmen avec sa patte aussi dur que du fer. Carmen tomba au sol, à sa merci. Alors qu’elle allait le piétiner, Venti sorti de sa forme d’arme pour se jeter sur elle et la bousculer.

 

Carmen se jeta alors sur Venti en se transformant et, grâce au court gain de temps gagné, il attaqua la dernière furie par la pointe, la perçant directement en plein coeur.

 

Le combat gagné, malgré la peine d’avoir dû en venir à de telles mesures, Carmen revint en  humain à nouveau. Le nid avait été nettoyé sans soucis, mais il était tout de même dommage qu’aucun autre moyen n’existait vraiment. Alors que Carmen contacta une équipe pour venir les récupérer, Venti en profita pour explorer un peu la butte et ses environs.

 

Il avait toujours été un peu curieux des façons de vivre des monstres et, même s’ils avaient fait ce qu’ils avaient fait, il se disait qu’en apprenant comment elles avaient vécu, une partie de ce qui faisait leur culture ne mourrait peut-être pas.

 

Cependant Carmen n’avait pas menti, il n’y avait rien. Pas de structures, pas d’outils ni quoi que ce soit. Ce n’était pas normal. Pourtant, et Venti en était sûr, leur nid était là. Il remarqua alors un peu de terre retournée dans un coin. Après inspection, c’était tout un monceau de terre qui avait été dressé dans un coin de la clairière, loin du combat. Il creusa un peu et Venti tomba sur des oeufs. Des gros oeufs, de la taille d’une boule de bowling. Il y avait une vingtaine d’oeufs.

 

Venti interpella Carmen pour lui montrer sa découverte. Se débarrasser des furies était une chose, mais les oeufs posaient un autre problème. Fallait-il tout autant s’en débarrasser alors qu’ils n’étaient même pas nés ? Venti ne le souhaitait absolument pas, ce n’était ni des criminels ni des monstres: ce n’étaient que des oeufs innocents. Carmen trouva donc une solution.


 

Quelques mois plus tard, les missions étaient terminées. Carmen et Venti, après avoir passé le flambeau de leur rôle, étaient désormais enfin fixés à un endroit ensemble, loin de Death City.

Plutôt que de chasser les monstres sauvages, ils avaient établis un campement dans cette même jungle où ils avaient entretenus les oeufs de furies, accueillant au passage quelques autres monstres dont la simple présence était gênante pour Shibusen. Ils bâtissaient ensemble un havre de paix, où ils éduquaient les monstres et leur apprenait à résister aux pulsions destructrices.

 

Les oeufs avaient éclos, donnant lieu à une grande portée et une immense famille aux jumeaux, qui se retrouvèrent avec une vingtaine d’enfants à eux. Et jamais ils n’auront besoin de chasser le moindre monstre à nouveau.