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« T’es un sorcier Harry ! »
Ouais OK c’était officiel. Il avait finalement pété les plombs.
« Je suis quoi ? » demanda Harry après un moment de silence.
Ben quoi ? Si c’était une hallucination il n’allait pas se priver du divertissement gratuit.
Ha ! Il avait hâte de voir la tête des Dursley quand ils le surprendraient encore à se parler tout seul.
Oh merde, il avait une nouvelle fois loupé ce qu’avait dit son hallucination.
« Non. Vous faites erreur, je veux dire je ne peux pas être un – un sorcier. » Il continua, prêt à jouer la carte du doute si cela ne collait pas avec ce que l’hallucination avait dit, non pas qu’il se soucie de ses sentiments ou quoi que ce soit. « Je veux dire je suis Harry, juste Harry ! »
« Eh bien, juste Harry, tu n’as jamais fait se produire de drôle de trucs ? Rien d’inexplicable quand tu étais en colère ou apeuré ? »
Eh bien ça devenait rapidement ennuyeux, pensa intérieurement Harry en voyant le géant se lever, remarquant au passage le visage terrifié de Dudley derrière la silhouette imposante.
Hum. Il ne s’attendait pas à ce qu’ils aient aussi peur.
Il se demanda si le géant devrait prendre soin de ses chaussettes s’il était réel.
Harry secoua la tête pour s’éclaircir les esprits pendant que son hallucination supposée lui remettait la lettre que son oncle ne voulait pas qu’il voit.
Okaaaay, ça devenait un peu bizarre. Ce n’est pas comme s’il voulait voir la lettre et pour être honnête il lui reprochait d’être la raison pour laquelle son oncle les avait amenés dans cet endroit à la con au lieu de le laisser dans son placard préféré.
Même son propre esprit le détestait apparemment.
« …accepté à l’école de magie de Poudlard. »
Est-ce que les hallucinations pouvaient vous donner des objets solides ?
« Tu n’iras pas je te le dis !» - Eh bonjour cher oncle – « Nous nous sommes jurés quand nous t’avons recueilli de mettre une halte à tout cela. »
Attends, peut-être qu’il n’était pas encore complètement fou.
« Vous saviez. » Comment son oncle avait-il pu deviner que ce n’était pas une hallucination avant lui ? Tellement injuste !
« …ont explosé et on s’est retrouvé coincé avec toi, » dit sa tante avec une grimace méprisante.
Il devait vraiment commencer à s’intéresser à la conversation de plus près, ça avait l’air important.
Ouais bon.
« Explosés ? » On peut faire exploser les gens ? Avec de la magie ? Oh je veux teeeeellement aller à cette école. « Vous m’avez dit que mes parents étaient morts dans un accident de voiture ! » ajouta-t-il pour être théâtral.
« Un accident de voiture !! Un accident de voiture a tué Lily et James Potter !! » cria le bizarrement très sensible géant.
Humm, il avait l‘air plus intéressant que les membres de sa famille et peut-être que si Harry partait avec lui il lui apprendrait à faire exploser les gens, ça avait l’air d’être un tour sympa à connaitre.
***
Je suis riche, pensa Harry avec stupeur.
Il pouvait finalement goûter du chocolat, maintenant qu’il avait son propre argent. Il pouvait même embaucher un tueur à gage ou peut-être s’acheter cette paire de chaussettes crépues qu’il convoitait depuis plusieurs mois.
Ah ! Dans ta face Dudley ! Harry pouvait acheter plus de friandises qu’il ne pouvait l’imaginer.
En parlant de chaussettes, Harry à travers ses lunettes remarqua tout un tas de vêtements différents dans la vitrine d’un magasin.
Madame Malkin, robes pour toutes les occasions.
Eh bien il devait s’acheter un uniforme scolaire non ? Et il aurait probablement aussi besoin de chaussettes pendant qu’il était à l’école.
Oui. Plein de chaussettes. Il avait besoin de toutes les chaussettes.
Il fit un vague geste de la main au géant quand celui-ci dit quelque chose à propos d’être malade en chariot et se dirigea vers la boutique.
Harry passa rapidement devant les robes bizarres et se dirigea à toute vitesse vers les chaussettes.
Ses yeux s’agrandirent d’admiration quand il prit connaissance du nombre de chaussettes qui étaient là, se souvenant qu’il pouvait toutes les acheter s’il le voulait du fait de la somme d’argent qu’il avait dans son coffre.
« Poudlard, mon petit ? »
Harry ne sursauta pas en entendant la voix soudaine, il ne le fit pas.
Il ne hurla pas non plus et ne se jeta pas devant les chaussettes pour les protéger d’une attaque soudaine.
Nous devrions la faire exploser.
Il n’entendait absolument pas non plus des voix dans sa tête.
Non, pas du tout.
« Elle sont à moi, » se dit-il dans sa tête, tout en caressant une paire de chaussettes rouges toute douces avec des baguettes magiques brodées dessus, et tout en jetant un regard mauvais à la vendeuse.
« Est-ce que vous êtes ici pour vos uniformes de Poudlard ? » lui demanda la dame plus âgée en le regardant comme si c’était lui sautait sur les gens en les effrayant.
Vraiment, les gens de nos jours.
« Ah oui, j’aurai besoin de ces trucs, » dit-il avec une moue hautaine, « entre autres choses. » Il ajouta cela avec un regard languissant vers le présentoir à chaussettes.
« …Par ici, » dit la dame en prenant note mentalement de jeter un sortilège de nettoyage sur les chaussettes quand le garçon serait parti.
Elle l’emmena dans une partie du magasin pour prendre ses mesures, Harry ne savait pas vraiment où étant donné qu’il était bien trop occupé à caresser et apaiser la paire de chaussettes rouges qu’il avait refusé de reposer.
Malheureusement, cela le força à prendre conscience du joli garçon blond qui se faisait mesurer à ses côtés.
« …Mon père… Les Serpentards sont les meilleurs… quidditch… pas le droit d’emmener mon balai… Malfoy… Mon père travaille… Poudlard… les meilleures robes… ils autorisent n’importe qui… mon père… » Harry était bien trop distrait par les cheveux oh tellement jolis du joli garçon pour prêter la moindre attention à ce qu’il disait.
Ils avaient l’air tellement doux.
Il voulait les toucher.
Je donnerais toutes mes chaussettes juste pour pouvoir caresser ces cheveux, juste une fois.
Vous pensez qu’il s’en rendrait compte si je les touchais ? Probablement pas.
Blond était une couleur tellement jolie, pensa Harry en soupirant.
Ça allait bien avec son joli visage.
C’était fort dommage que ce garçon risque d’être pris dans des dommages collatéraux si Harry se décidait à faire exploser la dame qui s’était interposée entre lui et ses chaussettes.
Ça pourrait être ma seule chance de les toucher cela dit.
Une seule fois ne peut pas faire de mal.
Si ?
« … mon père a dit – AÏE ! » Le joli blond cria de douleur.
Oups ?
« Au nom de Merlin qu’est-ce que tu fais ? »
OK, peut-être que ça faisait mal de se faire arracher une pleine poignée de cheveux. Qui aurait pu le savoir ?
« Je suis désolé, j’ai vu un insecte dans tes cheveux et j’ai réagi sans trop réfléchir, » dit Harry calmement tout en rangeant la mèche de cheveux tout doux dans sa poche.
« Un insecte ? » s’exclama le blond avec panique, en aplatissant nerveusement ses cheveux tout en regardant alentour.
« Oui, au début j’ai cru que ça pouvait être une araignée, mais ensuite j’ai vu ses ailes. » Harry continua à mentir, appréciant l’air horrifié qui était apparu sur le visage du garçon. « Tu devrais être prudent, si ça se trouve il pourrait rechercher un endroit pour faire son nid. »
Il ne savait pas à quel point cette déclaration était exacte scientifiquement mais il s’en fichait un peu.
« Nous avons terminé Monsieur Malfoy, vos robes sont prêtes dans l’avant boutique. » Dit la dame pénible qu’il avait rencontré auparavant, ce qui fit que Harry serra ses chaussettes contre sa poitrine.
« Mon précieux, » se dit-il à lui-même tout en caressant ses chaussettes duveteuses.
Il regarda le garçon blond courir vers la sortie du magasin. Harry soupira de déception lorsqu’il ne put plus voir le joli garçon blond, son esprit vagabondant cependant pour savoir s’il y avait moyen de fabriquer des chaussettes à partir des cheveux doux du garçon.
***
Harry parcourait chaque pas avec un grand sens de confort et de satisfaction pendant qu’il se rendait de magasin en magasin pour acheter ses affaires scolaires, ressentant presque le besoin de sautiller pour exprimer sa toute nouvelle joie.
D’aucun ne remarquerait pas la différence entre le garçon qui était entré chez Madame Malkin, Robes pour Toutes les Occasions, mais s’il regardait de plus près il verrait l’addition de rouge profond autour de ses chevilles, son pantalon se soulevant à chaque pas pour le montrer à tous.
Harry portait ses nouvelles chaussettes et n’aurait pas pu être plus heureux.
Avec seulement deux autres choses à acheter sur sa liste de fournitures scolaires, il marcha vers la boutique indiquant « Potions », décidant de garder l’achat de sa baguette pour la fin.
Fredonnant pour lui-même il ouvrit la porte avec détermination et fonça droit dans un mur solide.
Huh.
Un mur chaud. Cool.
Les sorciers sont des gens tellement bizarres.
Juste au moment où il allait commencer à tripoter le mur pour voir si c’était comme une étagère pivotante sur laquelle il devait tirer le bon livre, le mur recula.
Un mur qui bouge ? Pourquoi – OH SAINTE MARIE MÈRE DE DIEU !
Harry fixa la silhouette menaçante avec des yeux écarquillés remplis d’effroi mêlé de respect.
L’homme le regardait d’un air furieux, un froncement de sourcils intimidant sur son visage pâle, et Harry se demanda si la peau de son corps était d’une blancheur tout aussi laiteuse.
Son corps frissonna tandis que l’homme ouvrir la bouche et se mit à débiter d’une voix pécheresse des insultes dures mais habilement masquées qui vous faisaient vous sentir stupide quand vous essayiez de toutes les comprendre.
Cependant l’homme n’avait à aucun moment levé la voix, ce qui aurait pourtant dû être l’effet ressenti sur tout le monde sauf Harry.
Il regardait dans les yeux couleur onyx de l’homme, ses propres yeux émeraudes légèrement vitreux alors qu’il contemplait la silhouette intimidante.
Son corps était couvert de robes épaisses mais Harry n’avait aucun doute qu’un corps svelte mais néanmoins légèrement musclé se cachait en-dessous du fait dont la façon dont il tenait sans effort un chaudron.
Harry aurait pu gémir à cette pensée.
OK il le fit totalement.
Il remarqua les chaussettes noires coordonnées à la tenue de l’homme tout en essayant de l’écouter alors qu’il semblait lui faire la morale à propos de quelque chose.
Oh Seigneur cette voix.
Est-ce la puberté ? Ça en a tout l’air.
L’homme se redressa, faisant apparaître dans l’esprit de Harry l’image de plumes d’un noir pur.
Un ange déchu.
Le mien, se dit Harry qui se sentait toujours un peu l’esprit embrumé.
Tellement joli.
Plus joli que le blond.
« Epousez-moi » lâcha subitement Harry, interrompant l’homme au beau milieu d’une phrase.
Harry donnerait ses nouvelles chaussettes pour cet homme et ça voulait tout dire.
« Excusez-moi ? » demanda l’ange déchu de Harry après un moment de silence. Son visage montrait à la fois son choc face à ce qui venait d’être dit et l’irritation d’avoir été interrompu si rudement.
« Vous devriez m’épouser » dit Harry avec une telle confiance que Severus dû prendre un moment avant de comprendre ce que l’enfant disait.
Vous croyez que je devrais vous épouser ? » dit Severus avec une perplexité à peine masquée.
« Oui », dit Harry en hochant la tête pour appuyer sa réponse.
« Non », répondit l’homme après l’avoir fixé quelques secondes.
Est-ce qu’il est en état de choc ? Peut-être Harry aurait-t-il dû se présenter avant. Bon tant pis.
« Non ? Pourquoi pas ? » demanda Harry en boudant, ne se sentant pas du tout rejeté car il savait déjà que cet homme était à lui.
« Je n’ai pas beaucoup d’intérêt pour les relations amoureuses encore moins avec un enfant. » L’homme lui ricana au visage, ses émotions à présent bien rangées derrière ses barrières mentales.
« Ah je vois, vous ne voulez pas poser une étiquette dessus » dit Harry tout en souriant au maître des potions.
« Ce n’est pas – » commença Severus, pour être de nouveau interrompu par le garçon.
« Alors quel est ton nom beauté ? » demanda Harry avec un petit sourire satisfait, décidant d’ignorer les dénégations de l’homme.
Le maître des potions crachota un moment pendant qu’il sentait la chaleur lui monter aux joues, ne pouvant croire l’audace absolue de l’enfant.
Reniflant, Severus se tourna pour quitter la boutique de façon dramatique, tout en ignorant cet enfant insupportable qui l’avait on ne sait comment embarrassé.
Et pourtant il ne pouvait pas nier avoir entendu les mots du garçon tandis qu’il partait.
« Jusqu’à la prochaine fois Mon Précieux Petit Ange. »
***
« Je vois que tu as rencontré le Professeur Snape » dit Hagrid alors qu’il accompagnait Harry vers la boutique d’Ollivander.
« Le Professeur Snape ? » demanda Harry soudain très intéressé.
« Ouep je l’ai vu sortir de chez l’Apothicaire peu de temps après que tu y sois entré. » dit la non-hallucination avec fierté.
« Un homme grand avec une stature mince ? Une peau pâle et crémeuse ? Des yeux si noirs qu’on pourrait facilement se perdre dedans ? C’est le professeur Snape ? » demanda Harry, ayant hâte d’en apprendre plus sur son futur époux.
« Ouep Severus Snape, il enseigne les potions à Poudlard. » répondit le géant pas du tout inquiet de la description donnée par Harry.
Oh Poudlard venait de devenir bien plus intéressant.
Un hululement agacé le tira de ses préparatifs et légers fantasmes, le rendant instantanément agacé lui-même.
« Tu vas lui donner un nom ? » demande Hagrid en ne remarquant pas le regard noir qu’avait Harry pour l’oiseau.
Harry regarda la chouette blanche comme la neige avec dégoût tout en essayant de penser à un nom.
Severus ? Non ça serait une insulte envers l’homme.
Quelle était cette émission de télévision que Dudley regardait en cachette ?
Ah oui. Harry avait un petit sourire content.
« Thomas le petit tchouchou, Tom en abrégé » répondit Harry à la non-hallucination se sentant fier de lui, ignorant le hululement aigu de la chouette et le dégout qu’il ressentait dans son esprit, il n’avait jamais nommé quelque chose avant.
« Pour en revenir à notre conversation, vous savez s’il est célibataire ? »
