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Français
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Published:
2026-05-08
Words:
6,401
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1/1
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7
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157

La dure réalité

Summary:

Sam se remet de son traumatisme post-Prométhée. Elle reçoit la visite de son frère, mais les choses dégénèrent.

Notes:

Saison : 7, à partir de la fin de l'épisode « Grace » / « Le voyage intérieur »

J'ai écrit cette histoire en 2011, publiée à l'époque sur un autre site.

Il s’agit d’un one shot.

Ne pas publier sans mon autorisation.

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Samantha s'était réveillée le cerveau embrumé. Elle se sentait encore assommée. Elle entendit SA voix. Il était là, la veillant, attendant patiemment qu'elle se réveille.

 

Hésitant entre le rêve et la réalité, elle l'avait appelé par son prénom, comme elle s'y était autorisée plus tôt, dans son hallucination sur le Prométhée. Il l'avait immédiatement rappelée à l'ordre. C'était bien la dure réalité qu'elle vivait à présent. Son subconscient l'avait torturée, obligée à admettre ce qu'elle enfouissait, mis en exergue ses failles, montré à quel point elle faisait fausse route.

 

La conclusion était donc qu'elle s'accrochait à Jack tout en sachant que rien ne serait jamais possible entre eux, par peur de se lancer dans une histoire d'amour qui pourrait marcher, mais qui pourrait aussi bien la faire souffrir. Cependant, Daniel avait essayé de la faire communiquer avec le nuage, et Teal'c voulait qu'elle cesse de tenter de se tirer d'affaire. Son esprit lui montrait en fait toutes les idées qui lui traversaient l'esprit. Elle ne savait donc finalement pas vraiment ce qu'elle devait faire, ni ce qu'elle devait penser. Mais elle avait aussi compris que l'issue de tout cela était entre ses mains.

 


 

- Surprise !

 

Daniel et Teal'c lui avaient préparé un gâteau. Ils étaient tous les quatre dans son laboratoire et ses camarades affichaient un beau sourire. Cela lui fit énormément plaisir.

 

- Merci les gars, dit Sam en souriant.

 

Daniel posa le gâteau et s'avança pour prendre la jeune femme dans ses bras. Ils restèrent ainsi le temps pour le jeune homme de lui dire combien il était heureux qu'elle soit de retour. A son tour, Teal'c prit Sam dans ses bras. Puis, la jeune femme se retrouva à regarder Jack, qui semblait embarrassé. Finalement, il s'approcha, passa ses bras autour des épaules de Sam et la serra au plus près. Elle décida de profiter de ces quelques secondes et posa sa tête contre le torse de son colonel. Il la berça un instant, respirant l'odeur de ses cheveux. Jack sentit son estomac se dénouer, soulagé qu'elle soit de nouveau près de lui. Sam quant à elle, reposant ainsi contre son supérieur, avait l'impression d'avoir quitté la pièce. Elle se sentait si bien. Encore fatiguée par son périple, elle s'endormit en quelques secondes.

 

- Euh, Sam ? appela Daniel, inquiet.

 

Comme elle ne répondait pas, Daniel ajouta :

 

- J'ai l'impression qu'elle s'est endormie !

- Endormie ? s'étonna Jack, Carter ?

 

Il tenta de la réveiller en passant une main dans ses cheveux.

 

- Hum… gémit Sam alors qu'elle émergeait.

- Vous vous êtes endormie. Vous devriez retourner à l'infirmerie, apparemment vous n'êtes pas entièrement remise.

- Oui. J'ai sommeil. Je suis désolée mon colonel.

- Oh non ce n'est rien, vraiment.

 

Jack, inquiet, soutint la jeune femme jusqu'à l'infirmerie et l'aida à monter sur un lit.

 

- Allez, maintenant, au dodo. Et vous n'aurez le droit de sortir de ce lit qu'une fois que vous serez entièrement reposée !

- Est-ce que c'est un ordre ? s'amusa Sam.

- Oui ! La santé de mes hommes est très importante pour moi !

- Bien, dans ce cas je vais dormir.

- Je vais attendre que ce soit le cas.

 

Pour prouver ses dires, il s'installa sur un tabouret à côté d'elle et croisa les bras en la regardant. Totalement attendrie, elle ferma les yeux et sombra dans un profond sommeil, le sourire aux lèvres.

 

Lorsqu'elle se réveilla, elle chercha immédiatement la présence de son supérieur. Malheureusement elle était seule à l'infirmerie et cela l'attrista un instant. Elle regarda l'heure à sa montre et constata que c'était la nuit. Elle se sentit alors un peu stupide. Son Colonel n'allait pas passer la nuit à son chevet, il attendait juste qu'elle s'endorme. Elle replongea dans le sommeil et ne se réveilla de nouveau qu'au matin. Elle avait bien dormi et se sentait requinquée.

 

Elle chercha alors ses amis mais ne trouva personne. Elle finit par demander au Général s'ils n'étaient pas partis en mission sans elle.

 

- Major, nous sommes dimanche aujourd'hui. Le docteur Jackson a amené Teal'c visiter je ne sais quel musée. Et le Colonel O'Neill, eh bien il doit être chez lui.

- Je vois. Je suis désolée.

- Oh non ne vous excusez pas, vous êtes un peu chamboulée par ce qui vous est arrivée, c'est tout à fait compréhensible ! Le Docteur Frasier dit que vous pouvez rentrer chez vous. Je pense que c'est ce que vous devriez faire. Reposez-vous bien.

- D'accord. Merci mon Général.

 


 

Sam rentra donc chez elle. L'odeur de renfermé qu’elle sentit la poussa à entreprendre un ménage. Une fois sa maison parfaitement propre, elle se relaxa dans un bain moussant.

 

Tout à coup, le téléphone sonna. Elle s'enroula rapidement dans une serviette et se précipita encore ruisselante vers sa chambre, où se trouvait le téléphone le plus proche.

 

- Allo ?

- Bonjour Sam, c'est Mark !

- Oh, comment vas-tu ?

- Pas très bien en fait.

- Que se passe-t-il ?

- Kate et moi nous sommes séparés.

- Oh non ! Mais, c'est toi qui l'as quittée ?

- On s'est séparé d'un commun accord. Mais j'ai besoin de m'éloigner un peu, de quitter la ville. La mère de Kate arrive dans deux jours et je n'ai pas très envie de me retrouver entre elles. Je pourrais aller à l'hôtel mais…

- Tu peux venir chez moi sans problème, mais pour ton travail ?

- Oui… Ce n'est pas un problème.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire que je n'ai plus de travail. Licenciement économique. Ma boîte a coulé.

- Je vois, tu ne dois pas être en grande forme. Viens quand tu veux.

- Merci beaucoup Sam. J'arriverai demain après-midi.

- Ok. Je te laisserai les clefs de la cuisine dans la jardinière qui se trouve à côté de la porte de derrière. Je ne pourrai pas être là pour t'accueillir, je travaille.

- Bien.

 

Sam raccrocha, perplexe. Elle réfléchissait à la situation quand soudain elle sentit une présence. Elle se retourna brusquement mais ne décela rien.

 

- Il y a quelqu'un ? cria-t-elle.

 

Bien entendu personne ne répondit. Cela confirmait que ce maudit coup sur la tête l'avait vraiment secouée. Elle avait encore quelques hallucinations.

 


 

Le lundi matin à la base, Sam se trouvait en salle de briefing avec le reste de SG1, le Général Hammond et Jonas. Le Kelownien était venu demander de l'aide à ses anciens coéquipiers.

 

Ils devaient partir sur Kelowna pour une mission et Sam préféra appeler son frère pour lui indiquer qu'elle ne savait pas exactement quand elle rentrerait.

 

Effectivement, Sam rentra tard chez elle. Elle y trouva son frère, installé sur son canapé devant la télé.

 

- Bonsoir Mark.

- Bonsoir Sam ! Tu vas bien ? lui demanda-t-il en la prenant dans ses bras.

- Oui. Un peu fatiguée, la journée a été longue.

- Ça t'arrive souvent de rentrer aussi tard.

- Oui, mais souvent je ne rentre pas, je reste dormir à la base.

- Je vois.

- Alors, tu m'expliques ?

- Il n'y a rien à expliquer. Kate et moi ne nous parlions quasiment plus, sauf pour se fâcher.

- Mais tu l'aimes toujours ?

- Oui. Mais c'était devenu impossible à vivre. On avait tous deux besoin de s'éloigner un peu.

 

Sam et son frère dînèrent ensemble rapidement et ne veillèrent pas longtemps. Sam ne travaillait pas le lendemain. Le Général leur avait donné une journée.

 


 

Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, Sam se rendit dans le salon mais n'y vit pas Mark. Il avait dormi sur le canapé mais il était apparemment déjà levé. Pourtant, elle fit le tour de la maison, l'appela, mais ne trouva aucun signe de son frère. Elle s'inquiéta un peu mais prit le parti d'attendre. Après tout il était peut-être parti faire un tour – à pied probablement car sa voiture était dans l'allée et sa moto était dans le garage. Mark était venu en train puis en taxi, il n'avait pas de voiture ici. Elle tenta de l'appeler sur son portable mais il l'avait laissé à la maison.

 

Trois heures plus tard, ce n'était plus de l'inquiétude, c'était la certitude qu'il se passait quelque chose d'anormal.

 

- Kate, c'est Sam. Est-ce que Mark t'a appelée.

- Non, il m'a dit qu'il allait chez toi pendant quelques jours.

- Oui, c'est le cas, mais… Je pensais qu'il t'aurait appelée pour essayer d'arranger les choses entre vous.

- Ce n'est pas ce qu'on souhaite, ni lui ni moi. Ecoute Sam, je suis désolée de te rembarrer mais je n'ai pas envie d'entendre parler de Mark pour le moment. Alors, prend soins de toi et débrouille-toi avec ton frère.

 

Kate raccrocha aussi sec. Sam n'avait pas voulu inquiéter la jeune femme et apparemment elle n'était pas disposée à parler de Mark.

 

Elle prit ses affaires et se mit au volant de sa voiture. Elle fit le tour du quartier, chercha même au-delà, mais ne trouva aucune trace de son frère.

 

Elle décida de prévenir la police. Elle donna le signalement du jeune homme mais ils n'agiraient pas avant vingt-quatre heures. Elle fouilla dans son téléphone portable et dans ses bagages dans l'espoir de trouver un quelconque indice. A court d'idées, elle se tourna vers la personne en qui elle avait le plus confiance.

 

- Carter, je suis venu aussi vite que possible.

- Merci mon Colonel. Je suis soulagée que vous soyez là.

- Alors, racontez-moi ce qui s'est passé hier soir.

 

Sam essaya de n'omettre aucun détail mais tout cela ne menait à rien.

 

- Carter, vous n'avez pas pensé que, peut-être, on voulait s'en prendre à vous au départ.

- A moi ? Mais pourquoi ?

- Pourquoi voudrait-on s'en prendre à votre frère ? Il était commercial dans une petite entreprise… Vous êtes astrophysicienne et membre de l'unité d’élite du programme le plus top secret du monde. De plus, c'est ici que c'est arrivé. Chez vous.

- Mais qu'est-ce qui est arrivé ? Il n'y a pas de trace d'effraction. Je n'ai rien entendu !

- Vous n'avez rien remarqué d'étrange ces derniers temps ?

- Je suis revenue de mon voyage spatial il y a seulement quelques jours. Et depuis… Quand je me suis réveillée à la base dimanche matin, je vous ai cherché, parce que je n'avais pas réalisé quel jour nous étions. J'ai parlé au général Hammond, il m'a dit de rentrer chez moi.

- Ensuite ?

- Ensuite une fois chez moi j'ai fait le ménage. J'ai ouvert les portes et les fenêtres en grand. J'ai passé l'aspirateur…

- Donc quelqu'un a pu s'immiscer chez vous sans que vous ne vous en rendiez compte. Il a pu prendre l’empreinte de votre clé… Continuez, racontez-moi.

 

- Après j'ai pris un bain et puis le téléphone a sonné, c'était Mark. Je suis sortie de la salle de bain rapidement pour aller décrocher dans ma chambre. Mon frère a demandé à venir chez moi. Puis j'ai raccroché. Et… oui ! C'est vrai qu'à ce moment-là j'ai senti une présence. J'ai senti un frisson me parcourir le corps. J'ai même demandé si quelqu'un était là. Mais j'ai cru que j'hallucinais, avec mon coup sur la tête… Puis j'ai mangé rapidement et je suis allée me coucher tôt.

- Si ça se trouve il y avait vraiment quelqu'un…

- Mais pourquoi s'en prendre à mon frère ? Si cette personne voulait me faire du mal, pourquoi ne pas le faire tant que j'étais seule ?

- Je n'en sais rien…

- Qu'est-ce que je dois faire ?

 

Tout à coup la sonnerie du téléphone fixe retentit. Sam répondit :

 

- Allo ?

- Sam, c'est Mark.

- Mark ! Bon sang mais où es-tu ? Tu ne peux pas savoir le souci que je me suis fait !

- Sam, on m'a enlevé. Je suis

- Samantha, jolie Samantha, si vous voulez revoir votre frère il faudra faire tout ce que je demande, interrompit une voix inconnue.

- Qui êtes-vous ?! cria Sam.

- Vous le saurez bientôt. Si vous prévenez la police je le tue. Venez seule, tout de suite, au dix, Stanford road.

 

L'inconnu raccrocha. Sam était sous le choc. Elle regarda Jack, qui avait à peu près tout saisi.

 

- Je vais y aller.

- Je viens avec vous.

- Non ! Si je n'y vais pas seule il tuera mon frère !

- Vous ne pouvez pas y aller seule, c'est trop dangereux. On ne sait même pas ce que veut ce type !

- J'y vais maintenant. Si vous voulez venir, vous devez rester dans l'ombre.

 

En une quinzaine de minutes ils étaient arrivés à destination. Jack était allongé à l'arrière, pour ne pas se faire repérer.

 

- Soyez prudente.

 

Sam ne répondit pas au cas où on l'observerait et se dirigea vers la maison, son arme sur elle. Elle frappa à la porte et on lui cria d'entrer.

 

À peine avait-elle franchi le seuil de la pièce qu’une ombre se faufila derrière elle et claqua la porte. Avant qu’elle n’ait le temps de réagir, le canon froid d’une arme s’enfonça dans son dos.

 

- Ne bougez pas.

 

Une main se glissa autour de sa taille, la fouillant avec une efficacité brutale. On lui confisqua son pistolet, puis on extirpa le couteau dissimulé dans sa chaussette. L’homme rangea la lame dans sa propre chaussette avant de retirer le chargeur du pistolet.

 

- Que voulez-vous, qui êtes-vous ? s’impatienta Sam, la voix tendue.

 

La seule réponse fut un mouvement sec : l’inconnu la retourna et l’embrassa avec une violence qui la sidéra. Stupéfaite, elle mit quelques secondes à réagir. Puis son poing s’abattit sur son agresseur.

- Vous êtes fou ?! Expliquez-moi ce qui se passe, bon sang ! Et où est mon frère ?

 

L’homme sourit, imperturbable, et désigna d’un geste du menton une direction derrière elle.

 

- Il est là.

 

Une fois dans la pièce voisine, le souffle de Sam se bloqua. Son frère, Mark, était attaché à un lit, un bandeau sur la bouche. Elle se précipita, lui arracha le tissu.

 

- Sam !

- Mark, est-ce que tu vas bien ?

- Tout est relatif.

- Il ne t'a pas fait de mal ?

- Non, mais il n'est vraiment pas net.

 

Elle se retourna vers leur ravisseur, les yeux étincelants de colère.

 

- Vous voyez, votre frère est sain et sauf. Je ne lui voulais pas de mal. Simplement il m'était utile pour vous faire venir ici.

- Que voulez-vous ?

- Attachez-vous de l'autre côté du lit et je vous expliquerai, exigea-t-il en lui tendant des menottes.

 

Sam s'exécuta, les dents serrées.

 

- Je suis Rufus Harper, déclara l'homme. Je servais autrefois chez les Black Ops. J'y ai connu un homme à qui je voue une haine éternelle. Depuis quinze ans, je prépare ma vengeance. Je veux le faire souffrir. C'est un dur, qui résisterait à la douleur physique. Alors je vais le détruire autrement. Je veux qu’il ne s’en remette jamais.

- Vous parlez du Colonel O'Neill ?

- Bien sûr, confirma Harper avec un sourire mesquin. A force d'acharnement je suis parvenu à infiltrer votre base, le SGC. Pas moi-même bien sûr. J'ai un espion là-bas : le sergent Wallas. Jusqu’à présent ce crétin n'avait pas grand-chose pour moi. Mais il y a quelques jours il m'a contacté. Il avait une information qui me permettrait d'achever Jack O'Neill.

- Laquelle ? demanda Sam, le cœur battant.

- Vous.

- Moi ?

- Lorsque vous avez disparu sur le Prométhée, O'Neill a manifesté… du désespoir. Oui, il désespérait de ne jamais vous revoir. Ensuite j'ai fait mes petites recherches, j'ai épluché les dossiers, et c'est devenu très clair : il vous aime. Et en vous détruisant je le détruirai lui.

- C'est absurde. Je suis son second, il ne m'aime pas !

- Oh que si. J’ai été déçu d’apprendre qu’il avait divorcé et que son fils était mort. Ça m’a privé du plaisir de les tuer moi-même…

- Vous êtes un monstre !

- Possible ! Maintenant je vais m'assoir derrière vous, pointer cette arme vers votre joli crâne, et je vais attendre l'arrivée du héros.

- Il ne viendra pas.

- Je sais que vous l'avez appelé au secours et qu'il est venu avec vous.

 

Sam se tût, espérant que Jack ne vienne pas, qu'il prévienne plutôt des renforts. Quitte à mourir, elle préférait qu'il ne soit pas là, qu'il reste en vie. Elle se doutait que ce fou furieux ne laisserait pas son ennemi s'en sortir. Elle s'inquiétait aussi pour son frère, qui était resté muet depuis un moment. Il ne devait rien comprendre à ce qui se passait. Il ne savait même pas qui était Jack O'Neill.

 

Bien sûr, quelques minutes plus tard, la porte vola en éclats sous un coup d’épaule. Jack fit irruption, arme au poing. Mais en reconnaissant Harper, il s’immobilisa, stupéfait.

 

- Harper ? Ils t'ont laissé sortir ?

- Eh oui ! Surpris hein !

- Qu'est-ce que tu fous ?!

- Tu as détruit ma vie, maintenant je vais détruire la tienne.

- … Laisse-les partir.

 

Harper éclata de rire.

 

- Ah, O'Neill. Je veux te voir souffrir. Je comptais tuer ta chère femme et ton gamin, mais l'une t'a quitté, et l'autre s'est tué. Personne ne veut rester avec toi mon pauvre Jack.

 

Il marqua une pause théâtrale.

 

- Alors voici ce qui va se passer : tu poses ton arme, sinon je butte son frère.

- Non ! cria Sam.

- Ok, je pose mon arme.

 

Jack obtempéra, poussant le revolver du pied. Il savait qu'il ne valait mieux pas provoquer ce psychopathe d'Harper.

 

Harper sourit, satisfait.

 

- Bien… A présent assied toi sur cette chaise, commanda l’homme.

 

Il attacha Jack à la chaise, récupéra le révolver, puis se réinstalla derrière Sam. Il la détacha… pour mieux la contrôler. D’un geste brutal, il la tira par les cheveux et l’embrassa à nouveau, avant de promener ses mains sur son corps avec une violence calculée. Sam se débattit, mais Harper résistait à ses coups. Jack et Mark hurlaient, impuissants.

 

Soudain, Harper sortit son couteau et traça des sillons sur le cou de Sam, sans la blesser. Sous la menace de l’arme, elle se figea, tandis que Jack et Mark retenaient leur souffle.

 

- Harper, je t’en supplie… Je ferai tout ce que tu veux, tu peux me tuer si tu veux.

- Mais ce n'est pas ce que je veux ! Je veux que tu souffres. Je veux détruire ta vie comme tu as détruit la mienne.

- Mais c'est TOI qui as détruit ta vie ! Tu es un assassin ! Tu tuais des gens. N'importe qui t'aurait dénoncé comme je l’ai fait !

- Il s'avère que c'est toi qui l'as fait ! répliqua Harper en serrant les dents. Ma femme a divorcé et m'a empêché de voir ma fille.

- Tu es tellement cinglé qu'on t'a refusé les visites. Elly et ta fille sont bien plus heureuses sans toi.

- Elly et ma fille sont mortes !

- Quoi ? blêmit Jack.

- Accident de voiture. Un camion les a percutées.

- Je… je suis vraiment désolé, pour elles, et même pour toi. Crois-moi je sais ce que c'est.

- Mais je m'en fous de ce que tu sais O'Neill ! Tout est de ta faute et tu vas le payer ! hurlait Harper, maintenant hors de lui. Quand j'étais enfermé au début je pensais à elles tous les jours. Et puis quand j'ai appris leur mort, je me suis concentré sur toi.

- Mais en quoi suis-je responsable de l'accident de voiture de ta famille ? Hein ?

- Si j'avais été avec elles, elles ne seraient pas mortes.

- Mais tu n'étais jamais avec elles de toute façon. Comme moi je n'étais jamais avec ma famille !

- Tout est ta faute ! hurla Harper, totalement irrationnel. Tu l’aimes, cette femme, Samantha. C’est vrai qu’elle est belle. J’ai eu l’occasion de la voir en petite tenue quand je me suis introduit chez elle. Un délice. Et puis c’est une star à ton travail. Dommage de devoir la tuer !

 

Fou de rage, Harper empoigna son couteau et le planta dans le ventre de Sam. Elle hurla, le corps parcouru par une douleur fulgurante. Jack, fou de rage, se débattit comme un démon. Il parvint à se renverser sur le sol, mais pas à se libérer. Harper riait, savourant son impuissance.

 

Sam toussait, les larmes aux yeux. Elle sentait ses forces l’abandonner.

 

Mark, lui, avait cessé de crier. Harper ne lui prêtait plus attention. Il en profita et parvint à se libérer, s’arrachant la peau et se déboîtant un pouce dans l’effort. Dès qu’il fut libre, il se jeta sur Harper. Il tenta de le plaquer au sol, mais l’homme était bien plus fort. Alors que Mark s’apprêtait à saisir l’arme, Sam essaya de l’atteindre… trop lentement. Harper attrapa son poignet et lui tordit le bras. Elle se débattit, mais chaque mouvement aggravait sa blessure. Il la retourna, passa un bras autour de son cou et commença à l’étrangler.

 

C’est alors que Mark, enfin libéré, détacha Jack. Le Colonel ne perdit pas une seconde. D’un coup de poing puissant, il frappa Harper, qui lâcha Sam. Un combat acharné s’engagea. Jack voulait tuer Harper. Harper voulait éloigner Jack pour achever Sam.

 

Mark, soutenant sa sœur, se dirigea vers la porte, défoncée par Jack plus tôt. Ils s’enfuirent, mais Sam résistait « Je ne veux pas le laisser », disait-elle.

 

Mark profita de sa faiblesse pour l’entraîner de force. Alors qu’ils franchissaient le seuil, un coup de feu retentit.

 

Un frisson glacé parcourut le corps de Sam. Elle se dégagea et, malgré sa blessure, se précipita dans la chambre.

 

Le soulagement fut immense. Jack était debout, un révolver à la main. Harper gisait à terre, une balle dans la tête.

 

Elle se laissa glisser au sol, rassurée.

 

- Mon Colonel…

 

Jack se précipita, pressa sa main sur la blessure pour stopper l’hémorragie.

 

- Mark, prenez mon téléphone et cherchez vite le numéro de Hammond, à la lettre H. Dites-lui d’envoyer une équipe médicale d'urgence au dix, Stanford road !

 

Mark obtempéra immédiatement.

 

- Carter ? Carter répondez-moi.

- Mon Colonel… J'ai mal…

- Je sais, mais je vous en prie, il faut vous battre. Sa voix se brisa. Sam, je ne peux pas vous perdre. Vous devez vivre, vous avez encore tellement de choses à vivre.

 

Mais Sam avait fermé les yeux et sombré dans l'inconscience.

 


 

Sam émergea lentement de l’inconscience, les paupières lourdes. Encore l’infirmerie… Elle y était abonnée ces derniers temps...

 

- Coucou.

 

Une voix douce la tira de ses pensées. Elle tourna la tête et découvrit Mark, assis à son chevet, un sourire fatigué aux lèvres.

- Comment tu te sens ?

- Ça va, grimaça-t-elle légèrement. Ça fait mal, mais j'en ai vu d'autres.

- Ouais… soupira-t-il, les sourcils froncés. J'ai dû signer un accord de confidentialité. L'autre fou m'a parlé de la porte des étoiles et tout le folklore. Franchement Sam, je me doutais que tu ne bossais pas uniquement sur des satellites, mais de là à imaginer ça…

- Je sais…

- Je n'ai pas revu Jack depuis, poursuivit-il plus sérieusement. Je ne sais pas ce qui s'est passé après.

- Je suis désolée de t'avoir entrainé là-dedans Mark.

- Moi je suis content de savoir enfin ce qu'est ta vie. Mais j'avoue que j'aurais préféré le découvrir dans d'autres circonstances !

- Je t'aime Mark.

- Moi aussi je t'aime ma sœur.

 


 

Une semaine plus tard, Sam quitta l’infirmerie, le corps encore endolori, mais l’esprit déterminé. Le coup de couteau de Harper n’avait pas causé de dégâts irréversibles. Il voulait la faire souffrir, pas la tuer. Il avait choisi ses coups avec une précision sadique, là où la douleur serait maximale, mais sans être mortelle.

 

Daniel, Teal’c et Mark étaient venus la voir régulièrement. Mais Jack… Rien. Pas un mot, pas une visite. Elle avait interrogé ses amis, mais ils avaient éludé ses questions, les yeux fuyants. Maintenant qu’elle était libre de ses mouvements, elle comptait bien avoir une explication.

 

Elle le chercha dans toute la base, mais on lui apprit qu’il n’était pas là. Alors, elle se rendit dans le bureau du Général Hammond.

 

- Mon Général ?

- Major ! dit le Général qui leva les yeux de ses dossiers, un sourire chaleureux aux lèvres, comment vous sentez-vous ?

- Beaucoup mieux merci. Elle prit une inspiration. Sauriez-vous où est le Colonel O'Neill ? Nous… n'avons pas pu parler de tout ça.

- Je suppose que le Colonel O'Neill est chez lui. Il m'a remis sa lettre de démission.

- Sa démission ?! s’étonna Sam, qui sentit son cœur se serrer. Mais… pourquoi ?

- Il se sent responsable de ce qui vous est arrivé, dit Hammond, qui la regardait avec une tendresse presque paternelle. Il pense que ses sentiments pour vous vous ont mise en danger. Je lui ai laissé une semaine pour qu'il y réfléchisse, il doit me donner sa décision définitive demain…

- Il n'a pas de sentiments pour moi, affirma-t-elle, croisant les bras, comme pour se protéger. Nous avons eu à faire à un déséquilibré, c’est tout.

- Major… Samantha… soupira Hammond. Ne me mentez pas, pas à moi. Je sais bien que le Colonel O'Neill et vous… vous vous aimez depuis longtemps, lâcha-t-il enfin, puis il marqua une pause. Je suis attristé de vous voir malheureux de ne pouvoir être ensemble.

- Mais il ne s'est jamais rien passé entre nous !

- Je sais, dit Hammond, hochant la tête, c'est pourquoi je vous ai couverts lors du test Zatarc.

- Je vois.

- Au fait Major, reprit Hammond qui changea de sujet, comme pour alléger l’atmosphère, nous avons arrêté le sergent Wallas. Il vendait des informations à plusieurs groupuscules.

- Ah, alors, c'est une bonne chose de l'avoir mis hors circuit… conclut Sam, peu intéressée par le sort de cet homme.

 


 

Sam se tenait devant la maison de Jack, la main hésitante au-dessus de la sonnette. Elle appuya finalement. Pas de réponse. Pourtant, sa voiture était garée devant. Il était donc présent. Elle poussa la porte.

 

- Mon Colonel ? Vous-êtes là ?

 

Elle n'obtint aucune réponse, mais ne baissa pas les bras. Elle avança, le cœur battant, et découvrit Jack allongé sur le canapé, une bouteille de bière en équilibre précaire sur sa poitrine. Autour de lui, un champ de bataille de bouteilles vides jonchait le sol et la table basse.

 

Elle s’approcha, se penchant pour observer son visage. Ses yeux étaient ouverts. Il la fixait, comme s’il l’attendait.

 

- Vous ne voulez pas me parler mon Colonel ?

- Bingo !

 

Elle s’assit près de lui, les mains serrées.

 

- Si ça vous intéresse, je vais bien.

- Je sais, dit-il la voix rauque, j'ai appelé la base tous les jours.

- Mon Colonel… ce n'est pas votre faute.

 

Jack se redressa brusquement, vidant sa bière d’un trait.

 

- Qu'est-ce que vous voulez Carter ? demanda-t-il, d’un air amer. Qu'est-ce que vous attendez de moi ?

- Je ne veux pas que vous démissionniez.

- On ne peut pas travailler ensemble.

- Pourtant cela fait presque sept ans qu'on travaille ensemble et on fait bien notre boulot je crois !

- Je vous ai mise en danger !

- C'était un fou ! s’exclama-t-elle, se levant les poings serrés. Il aurait pu s'en prendre à Daniel, ou à votre ex-femme. Il vous rendait responsable d'un accident dont vous n’êtes absolument pas responsable. Vous êtes une victime dans cette histoire, tout autant que moi.

- Mais je m'en fous de ce qui peut m'arriver !

- Jack… murmura-t-elle, le regard intense. Est-ce qu’il avait raison ? Est-ce que… vous m'aimez ?

 

Jack la fixa, stupéfait, comme si la question l’avait frappé de plein fouet.

 

- Pourquoi vous me demandez ça ?

- Pour savoir, répondit-elle en avançant d’un pas. Pour comprendre.

- Comprendre ? Il éclata d’un rire sans joie. Mais y a rien à comprendre ! cria-t-il pendant que ses yeux s’embrasaient. Bien sûr que je vous aime, plus que tout au monde. Sa voix se brisa. Mais je détruis les gens que j'aime. Vous ne le voyez pas ?!

- C'est faux, affirma-t-elle en secouant la tête, les larmes aux yeux. Votre fils a eu un terrible accident et vous avez été victime d'un déséquilibré. Ça arrive à d'autres personnes… Elle prit une inspiration tremblante. Moi aussi je vous aime Jack.

- … Toutes mes condoléances, ironisa-t-il, amer.

 

Sam ignora le sarcasme.

 

- Nous pourrions être heureux tous les deux. Je le sens au fond de moi.

- Samantha… soupira-t-il en se passant une main sur le visage, épuisé. Vous perdriez tout en étant avec moi. Vous allez souffrir, et me détester.

 

Sa voix était pâteuse, il était ivre.

 

- Jack, vous êtes soûl. Nous devrions en reparler plus tard. Mais s’il vous plaît… supplia-t-elle, allez voir le Général demain et dites-lui que vous avez changé d’avis. Que vous ne voulez plus démissionner.

- Je ne suis pas ivre, grogna Jack en débouchant une bouteille de Vodka.

- Non ne faites pas ça…

 

Sam s'approcha pour tenter de lui retirer la bouteille, mais cela mit Jack dans une colère noire.

 

- Lâchez-moi ! Foutez-moi la paix !

- Non, je ne vous laisserai pas comme ça.

 

Sam ne recula pas. D’un geste tendre, elle effleura sa joue. Mais Jack, dans un mouvement brusque, attrapa son poignet et la tira vers lui.

 

- Sam… dit-il, la voix rauque, déchirée. Vous me rendez fou. Je ne peux plus travailler avec vous.

 

Avant qu’elle ne puisse réagir, il embrassa sa main, puis l’attira contre lui. La bouteille de vodka se renversa, inondant le tapis. Il la serra contre lui, ses mains explorant son corps avec une urgence désespérée, comme s’il avait peur qu’elle ne disparaisse. Il glissa une main vers sa poitrine, déposant des baisers brûlants dans son cou.

 

Sam voulait ces caresses. Elle en avait besoin. Mais quelque chose n’allait pas.

 

- Jack, je vous en prie… arrêtez !

 

Elle essaya de se dégager.

 

- Jack ! S’il vous plaît !

 

Il ne répondit pas. Il continua, la tenant fermement, mais sans violence. Finalement, elle le frappa – plus pour le faire réagir que pour l’arrêter. Il porta une main à sa joue, les yeux emplis de honte.

 

- Pardon… murmura-t-il.

 

Elle le regarda, le cœur lourd. Puis, lentement, elle fit un pas vers lui mais il recula.

 

- Allez-vous-en, lui demanda-t-il la voix brisée. Partez !

 

Sam s’enfuit, les larmes aux yeux.

 


 

Sam était réveillée depuis des heures, les yeux fixés au plafond, l’esprit en ébullition. Qu’est-ce que tout ça signifiait ?

 

Elle se rendit à la base à contrecœur. En arrivant, elle aperçut Jack dans le bureau du Général Hammond. Il devait être en train de donner sa démission.

 

Dès qu’il sortit, elle se précipita vers lui.

 

- Alors ?

- J’ai démissionné.

 

Sam baissa la tête, le cœur lourd.

 

- Vous faites une erreur.

- Carter… il avait l’air épuisé. J'ai une raison de plus pour le faire. Jamais je ne me pardonnerai ce que je vous ai fait hier.

- Je vous pardonne, lui dit-elle, déterminée. Ce n'est pas vous ça ! Vous étiez ivre. Mais je sais que vous ne m'auriez jamais fait de mal. J'en suis sûre.

- Vous croyez plus en moi que moi-même !

- Oui, sourit-elle. Et je ne cesserai jamais de croire en vous. Elle prit une inspiration. Jack, je ne vous en veux même pas. Vous ne m'avez pas fait mal, vous étiez… passionné. Le rouge lui monta aux joues, réalisant ce qu’elle s’apprêtait à dire, où ils se trouvaient, même s’ils étaient seuls. Je le serai aussi. Je vous ai arrêté car vous étiez ivre, et que je ne voulais pas que pour notre première fois, vous n'ayez pas toute votre tête, avoua-t-elle timide, en souriant.

 

Jack la fixa, bouche bée.

 

- Carter…

- Bon, reprit-elle en haussant les épaules pour cacher sa gêne. Puisque vous avez démissionné… peut-être que nous pourrions en profiter non ?

- Non, il secoua la tête, torturé. Vous serez mieux sans moi, vous valez bien mieux que moi.

- Vous avez tort, dit-elle avec fermeté. Vous avez tort, et vous avez peur ! Elle s’avança d’un pas. On peut être ensemble, et être heureux, ou malheureux. Mais on peut aussi s'éloigner, et être sûrs d'être malheureux. Vous êtes l'homme de ma vie Jack, avoua-telle les yeux lumineux. Je ne pourrai jamais aimer un homme aussi fort que je vous aime. Je veux vivre ça. Si vous m'aimez… alors permettez-moi de vivre ce grand amour.

 

Jack resta muet. Les mots de Sam résonnaient en lui, comme un écho qu’il ne pourrait plus jamais chasser. Elle avait raison. Elle était intelligente, mûre. Elle voulait ça. Elle le voulait, lui.

Mais la peur était toujours là. La peur de la détruire. La peur de ne pas être à la hauteur. La peur de perdre le contrôle, comme hier soir.

 

Seul, devant la Porte des Étoiles, symbole de leur lutte et de leur histoire, Jack pesa le pour et le contre. La réalité était que sa vie, comme celle de Sam, était de toute façon faite de combats, de violence et d’imprévus. Alors… pourquoi se priver de ce bonheur ?

 


 

Le soir même, Jack sonna à la porte de Sam. Mark lui ouvrit.

 

- Bonsoir Jack. Comment allez-vous ?

- Bien, sourit-il, un peu gêné. Mais c'est à vous que je devrais le demander.

- Ça va, ça va, répondit Mark en haussant les épaules.

- Ecoutez, je suis tellement désolé pour ce qui vous est arrivé par ma faute.

- Ce n'est pas votre faute.

- Si je n'avais pas…

- Et si je n'étais pas parti de chez moi pour m'éloigner de ma femme, je n'aurais pas été chez Sam, et ce fou ne m'aurait pas kidnappé. Avec des si…

- Oui… Jack hésita. Est-ce que votre sœur est là ?

- Oui. Entrez, je vais la chercher.

 

Mark revint avec Sam, prit les clefs de voiture de sa sœur et sortit de la maison pour leur laisser de l’intimité.

 

- Bonsoir, engagea Sam.

- Bonsoir, répondit Jack.

 

Un silence s’installa. Sam s’assit sur le canapé, et Jack la rejoignit, comme attiré malgré lui.

 

- J'ai réfléchi à ce que vous avez dit.

- Ah oui ? se réjouit la jeune femme dont le cœur s’accélérait.

- Oui. Maintenant que j'ai démissionné…

 

Sam n’attendit pas la fin de sa phrase. Elle se jeta sur lui, l’embrassant avec une passion qu’elle avait trop longtemps retenue.

 

Jack, surpris, répondit d’abord avec hésitation… puis avec une intensité grandissante. Il la prit dans ses bras, délicatement, comme s’il avait peur de la blesser.

 

Petit à petit, leurs baisers devinrent plus profonds, leurs gestes plus audacieux. Jack allongea Sam sur le canapé, caressant son corps avec tendresse, comme pour effacer la brutalité de la veille.

 

- Je t'aime Jack, murmura Sam, qui le fixa de ses grands yeux brillants.

- Je t'aime aussi, plus que tout.

 

Il nicha son visage dans son cou, respirant son parfum, comme s’il voulait graver ce moment dans sa mémoire. Ils restèrent ainsi un long moment, puis Jack se redressa. Il tendit la main à Sam, qui la prit sans hésiter. Il la serra contre lui, puis glissa un bras sous ses genoux. D’un mouvement fluide, il la souleva et l’emmena vers la chambre.

 

Il l’allongea avec une douceur infinie, puis se déshabilla lentement, comme s’il avait peur de briser le charme. Ensuite, il aida Sam à enlever ses vêtements, chaque geste empreint de respect et de désir.

 

Les préliminaires furent tendres, presque timides. Jack la touchait comme si elle était la chose la plus précieuse au monde. Mais quand vint le moment de passer à l’acte, Sam se fit plus sauvage, plus passionnée. Elle explorait son corps avec avidité, savourant chaque frisson, chaque gémissement. Elle s’accrochait à lui, les ongles enfoncés dans son dos, comme pour le retenir près d’elle à jamais.

 

Jack, hypnotisé par la vision de Sam au-dessus de lui – nue, magnifique, amoureuse –, mit un moment à réagir. Puis il saisit ses hanches, guidant ses mouvements pour intensifier leur plaisir mutuel, jusqu’à ce qu’ils atteignent ensemble l’extase la plus totale.

 

Cet amour, si puissant, si inconditionnel, si sensationnel, deviendrait le fil conducteur de leur vie. Et Dieu qu’ils le voulaient. La dure réalité ? Cette réalité-là était bien des plus douces.

 

Cette nuit-là, ils n’entendirent même pas Mark rentrer.

 


 

Un doux rayon de soleil filtrait à travers les rideaux. Sam s’étira, réveillée par les tendres baisers de Jack dans son cou.

 

- Hum… gémit-elle, un sourire aux lèvres.

- Bonjour mon amour.

 

Elle se retourna et enlaça Jack, leurs bouches se rencontrant dans un baiser langoureux. Ils restèrent ainsi un long moment, savourant cette nouvelle intimité. Mais le devoir les rappelait : Jack avait beau avoir démissionné, il devait encore effectuer son préavis.

 


 

Une fois à la base, ils se rendirent dans le bureau du Général Hammond.

 

- Mon Général, vous avez demandé à nous voir ?

- Oui en effet. Voilà, je voulais vous informer que le Président a refusé votre démission Jack…

- Quoi ? s'exclama le couple.

- Oui ! Il dit que le programme Porte des Etoiles ne peut se passer de vous. Et je suis de son avis. Il m'a demandé ce qui vous poussait à démissionner, et je lui ai parlé de vous deux.

- Vous n'auriez pas dû faire ça, s’exclama Jack, paniqué, ce n'est pas bon pour Carter !

- Je crois que j'ai bien fait au contraire. Le Président est prêt à vous autoriser à avoir une relation officielle, pour pouvoir vous garder tous deux au sein de SG1.

- Vraiment ? s'étonna Sam.

- Vraiment ! rit le Général, ravi. Je suis vraiment heureux pour vous ! Je n'ai qu'une chose à vous dire : soyez heureux et prenez soin l'un de l'autre.

 

Le couple était abasourdi. Ils mirent un léger moment à intégrer la nouvelle et à enfin se réjouir.

 

- Il va sans dire qu'ici vous n'êtes pas un couple, mais un Colonel et un Major. Votre relation ne doit pas interférer dans votre travail. Nous ne ferons pas de déclaration officielle, mais vous pouvez vivre votre vie de couple à l'extérieur comme vous l'entendez.

- Nous resterons professionnels Mon Général, nous vous le promettons, jura Sam.

- Bien, vous pouvez disposer. A toute à l'heure pour le briefing !

 


 

Sam et Jack avait mis Daniel, Teal'c et Janet au courant. Pour fêter la nouvelle, ils avaient décidé d'inviter leurs amis au restaurant.

 

- Levons notre verre à Sam et Jack, qui peuvent enfin vivre leur amour au grand jour ! lança Daniel, un grand sourire aux lèvres.

- A Sam et Jack ! crièrent en cœur l'archéologue, Mark, Janet, Cassandra et Hammond. Teal'c s'abstint, peu familier avec cette tradition.

 

Tous trinquèrent et Sam et Jack échangèrent un baiser timide sous les yeux de l’assistance. Ils n'osaient pas encore se comporter comme un couple en public. Mais en privé, ils étaient parfaitement en phase. Ils étaient si bien ensemble une fois qu'ils s'étaient trouvés. Ils vivraient une relation de couple équilibrée. De cela ils étaient certains.

 

Ils passèrent une formidable soirée. De retour chez eux, Mark informa Sam qu'il partait le lendemain.

 

- Tu peux rester encore si tu veux.

- Merci Sam, mais je préfère vous laisser tous les deux, sourit Mark. Et puis, avec tout ce qui s'est passé, je me rends compte que j'ai envie d'être avec Kate. Elle me manque. Mes enfants aussi. Je vais rentrer et essayer d'arranger les choses. Je vais faire des efforts pour la reconquérir ! Et puis il faut que je cherche du travail, je suis motivé.

- Je suis heureuse pour toi.

- Et moi pour toi ! En venant je comptais te présenter mon ami Pete, mais je me suis vite rendu compte que c'était hors de propos…

- Ça l'est, sourit Sam. Ton ami Pete trouvera quelqu'un j'en suis sûre. Mais ce ne sera pas moi !

 

Après être passée à la salle de bain, Sam rejoignit Jack dans le lit. Elle se blottit contre lui et il l'embrassa sur le front.

 

- Je suis heureuse Jack.

- J'espère que tu le seras toujours.

- Aie confiance en toi. Tu es un homme fantastique, tu es celui qui me rendra heureuse.

- J'ai confiance grâce à toi.

 

Il l’enlaça plus fort.

 

- Je t'aime. Je t'aimerai toujours Samantha Carter.

Notes:

J'ai décidé de publier cette histoire écrite en 2011 (et publiée à l'époque sur Fanfiction.net), par honnêteté. Cependant, je dois avouer que je ne suis pas totalement à l'aise avec. J'étais jeune à l'époque et il est clair qu'aujourd'hui je n'écrirais pas une histoire où Jack violente Sam de la sorte.