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Un atelier… pas de tout repos !

Summary:

Dans un atelier perdu au milieu des plaines verdoyantes, les jeunes apprentis sorciers Ekko, Vi, Powder, Blitzcrank et Caitlyn s’amusaient, comme les enfants qu’ils étaient, à tracer des pentacles magiques, à courir dans les champs, à taquiner un ver-pinceau, à surveiller leurs amourettes de jeunesse.
Il y en avait un autre qui, lui, surveillait ses élèves : Viktor, leur professeur, souhaitant que cet après-midi reste calme et léger.

Sauf que. Subitement.
La panique.
Amaranthine manquait à l’appel.

Le pire traversa son esprit. S’était-elle perdue dans la nature ? Pire, la Confrérie du Capuchon l’avait-elle kidnappée ?...
Jayce, la sentinelle de l’atelier et son plus fidèle ami, eut la chance de rapidement apaiser ses inquiétudes.

[Crossover JayVik (Arcane) x L’Atelier des Sorciers] [Avec fanart]

Notes:

Bonjour !
Voici une fanfic écrite l’année dernière, inspirée de ce FABULEUX crossover Arcane x L’Atelier des Sorciers inventé et dessiné par ma.on ami.e Mar (@Salty_Guerande sur Twitter), je suis encore folle dingue de ce dessin ci-dessous AAAAH 💥
Et évidemment, avec la sortie de l’anime de L’Atelier des Sorciers, quoi de mieux que de publier officiellement cette fic sur AO3 ! 👌

En espérant qu’elle vous plaira, et que vous décèlerez toutes les références au monde magique de Shirahama ✨

Bonne lecture ! ~

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Par Mar @Salty_Guerande > Post Twitter

Le silence régnait dans l’atelier. Viktor, affairé depuis une bonne heure maintenant à ranger le bazar éparpillé dans les pièces communes, commençait presque à trouver ça étrange – le calme, pour une fois.

Il adorait ses disciples, ses protégés surexcités donc les pupilles brillaient de candeur, d’ingéniosité et de passion.
Mais parfois, un peu d’apaisement ne faisait pas de mal.

Le professeur percevait tout de même les esclaffements des enfants au-dehors, qu’il surveillait du coin de l’œil à travers la fenêtre à carreaux, au-dessus du plan de travail de la cuisine.

Il les voyait s’amuser à tester différents sorts, les mains pleines d’encre et leurs plumes dessinant frénétiquement sur des papiers plus ou moins grands.

Ekko et Vi tentaient de combiner leurs traits pour un nouveau pentacle sur une grande toile ; Powder gribouillait sur son petit carnet circulaire, des étincelles s’échappant de la feuille avant de disparaître dans le ciel bleu ; et Caitlyn et Blitzcrank, assis dans l’ombre du saule pleureur, discutaient posément, la jeune fille jetant de temps à autre des coups d’œil intéressés à son amie Vi.

Un petit sourire heureux se dessina sur le visage de Viktor, alors qu’il refermait le couvercle de leur dîner enfin préparé.

Mais, soudainement, son cœur tomba dans sa poitrine.

Il manquait quelqu’un.

Du plus vite qu’il puisse, sa canne de chêne frappant bruyamment le plancher, il rejoignit l’encadrement de la porte d’entrée ouverte et appela de manière sonore :

“Amaranthine ?”

Les enfants sursautèrent à l'unisson, Vi maugréant d’avoir bavé à cause de son cri.

“Vous l’avez vue ?”, interrogea Viktor d’une panique trop peu dissimulée.

Se toisant tous et toutes d’un air interrogateur, la frayeur ne faisait que grimper en lui.

Avant qu’une petite voix ne s’élève, douce et réservée :
“Je l’ai vue rentrer tout à l’heure.”

Blitzcrank pointa de son doigt gantée la maisonnée, et Viktor le remercia d’un hochement de tête avant de se précipiter à nouveau à l’intérieur.

“Amaranthine ? Tu es là ?”

Pas de réponse.
Ce serait mentir que de dire que le pouls de Viktor ne frappait pas dans ses tympans, à mesure qu’il montait à l’étage, à sa recherche.

Et évidemment, il allait demander de l’aide au monsieur reclus dans sa tanière.

Sans trop de manières, Viktor toqua – tambourina presque serait plus juste – contre la porte de la pièce de son acolyte. À peine entendit-il un vague “Oui” qu’il fit irruption dans la pièce, doigts serrés sur la poignée de porte.

Toute sa crainte s’évanouit en un instant.

Elle était là, bien sûr.
La petite Amaranthine.

Dans une vision des plus douces et craquantes.

La jeune fille s’était assoupie, blottie contre celui qu’elle aimait plus que tout, son protecteur, assis en tailleur sur le tapis épais.

Et à en juger par la montagne de mouchoirs échoués à côté d’eux, l’enfant avait dû s’épuiser de tristesse.

“Qu’est-ce qui c’est passé, Jayce ?”, demanda Viktor à voix basse, entrant dans la pièce aux volets fermés, même à 14 heures passées.

Jayce caressait le dos frêle de la petite de sa large main, la berçant dans sa sieste plus que nécessaire après ses tourments.
Il fixait sa bouille endormie, un sourire sur les lèvres, qui pouvait presque irradier son visage si les cernes énormes sous ses yeux ne trahissaient pas sa propre fatigue avancée.

“Elle a cassé sa plume. Et elle avait peur de te le dire, alors elle est venue me voir.”, chuchota Jayce, son regard se levant finalement sur son meilleur ami, adossé à la table croulante de dossiers mal rangés.

“Elle croyait que tu allais lui faire la morale… Et puis, elle a surtout eu peur qu’elle ne pourrait plus être une sorcière. Je l’ai rassurée en lui disant que ce n’était que du matériel, que toute son ingéniosité restait dans sa petite tête ~”, expliqua avec douceur la sentinelle.

Amaranthine avait un lien plus fort encore avec Jayce, son sauveur initial ; et cela n’étonna point Viktor de la frayeur qu’elle pouvait lui porter, sachant que ses remontrances étaient d’un tout autre ordre que celles de Jayce.
Néanmoins, toute la maisonnée s’entendait bien au quotidien, et cela soulageait Viktor de savoir qu’elle pouvait trouver en Jayce un confident proche.

Comme lui avait ce rapport particulier avec Blitzcrank, son tout premier apprenti.

“- J’ai essayé de la rafistoler du mieux que je peux, dit-il en pointant du menton le fer à souder sur le plan de travail, la plume à côté, – mais ça ne va pas tenir très longtemps.

- Il va falloir que l’on aille en ville, de toute manière ; on pourra en profiter pour emmener tout le monde en promenade, proposa Viktor, scrutant la chambre-bureau de son ami de fond en combles. Et on l'amènera chez M. Nornois, cela fait longtemps qu’on ne l’a pas salué.”

Jayce acquiesça silencieusement, avant d’abaisser à nouveau son attention sur la petite fille, repoussant délicatement la couette tombée sur ses yeux.

Viktor mit ses mains sur les hanches, dans un mélange de soulagement, d’attention face à son récit… et de mécontentement face à ce qu’il voyait.
Décrivant la pièce, il apercevait les myriades de feuilles tendues au plafond, les oreillers dispersés sur le sol, les carnets étalés sur le tapis à frange.

“Par contre Jayce, je sais que tu aimes travailler dans le bazar et dans le noir – mais les deux sandwiches que je t’ai mis il y a trois jours qui traînent encore sur le bureau, c’est pas très professionnel.”

Jayce détourna brusquement le regard à l’opposé de la pièce, faisant mine de siffloter innocemment.

“C’est pas parce qu’ils sont sur un cercle de conservation que tu peux les laisser là, à côté de… « Demande urgente du Palais Royal » ?! Jayce !!!”, le réprimanda-t-il toujours à voix basse, zieutant le titre du papier près des en-cas.

Les épaules de la sentinelle s’affaissèrent, un soupir traversant ses lèvres, l’air comiquement désolé.

“- Je saaaais… Pardoooon…
- C’est pas pour moi que je le dis, mais pour ton travail à toi.”, renchérit Viktor, se redressant, manquant de marcher sur Rio qui était soudainement entrée dans la pièce.

Le chat axolotl leva ses grands yeux globuleux vers Viktor, dans une demande muette de caresses – à laquelle il ne manqua de répondre, prenant l’animal dans ses bras. Mais Rio grimpa finalement bien vite sur son épaule, son spot de prédilection, battant de sa queue voilée en signe d'allégresse.

Pendant un instant, seule la respiration endormie de la fillette résonna dans la pièce, les deux hommes se contemplant finalement dans un petit sourire apaisé.

“Et tu devrais te raser.”, le taquina Viktor, en toisant du regard sa barbe foisonnante, descendant sur son cou. Ses cheveux aussi, longs et ébouriffés, marqués encore par la trace de son chapeau pointu, mériteraient un petit coup de frais – mais Viktor décida que Jayce avait eu assez de railleries pour aujourd’hui…

“PROFESSEUUUUUR !!!”

Les cœurs des quatre interpellés bondirent dans leur cage thoracique.

Amaranthine se réveilla en sursaut sur les jambes de Jayce, Rio sauta immédiatement des épaules de son maître.

Ce dernier s’élança vers le rez-de-chaussée – mais il n’avait pas perçu de danger dans le cri, plutôt… Une plainte.
D’enfant en détresse.

Et le spectacle sur lequel il tomba lui fit regretter un instant son poste d’enseignant.

Les murs et le sol étaient recouverts d’encre, des traînées noires jetées sur la salle commune de la maisonnée, les tissus, les meubles.

La provenance ? Le ver-pinceau à la queue trempée gigotant brusquement dans les mains de Powder, visage sali lui aussi, absolument hilare.

“Elle veut nous asperger !!! C’est pas utile ça pour faire de la magie, Powder !! Fallait pas le mettre dans l’encre !!”, s’écria Vi, tentant de lui arracher des mains l’animal déjà en panique.

Mais sa petite sœur se débattit avec force, serrant toujours plus l’animal qui, en réponse, arrosa davantage tous les enfants environnants qui suivaient l’altercation.

Les deux apprenties commençaient à s’énerver, se donnant des coups de pieds mutuels dans les jambes ; et le sang de Viktor ne fit qu’un tour.

“On arrête ça tout de suite.”

Son ton se fit glacé, et tous les disciples se turent en un instant, trop peureux de cette intonation qu’ils redoutaient tant.

Viktor ne manqua pas une seconde pour apposer son pouce tatoué sur le bord du manche de sa canne enchantée, complétant le demi-pentacle y étant gravé.

La béquille s’allongea, le branchage craquant à mesure que l’objet se rallongeait et doublait, triplait de volume, aussi imposant qu’une massue.

La levant sans aucune difficulté, pesant autant qu’une plume, il la plaça entre les deux filles, qui comprirent vite le message et reculèrent.

Powder relâcha l’animal qui s’enfuit à toute vitesse par la porte d’entrée, laissant comme dernier vestige une immense coulée d’encre sur le parquet.

“Vous êtes toutes les deux responsables. Powder, je peux savoir pourquoi une telle idée t’es passée par la tête, hm ?”, interrogea Viktor de son ton olympien, terrifiant.

“- Je… Je pensais que… Que ce serait plus facile pour Vi et Ekko… Comme ils dessinaient sur une grande toile…

- Cela reste un animal, Powder. Et puis, Vi et Ekko avaient-ils l’air d’avoir besoin d’aide ? Il faut toujours demander avant d’interrompre le travail d’un autre.
Et toi Vi, pourquoi vouloir commencer à frapper ta sœur pour si peu ?

- Parce qu’elle a bousillé notre cercle, il est tout crasseux maintenant., bouda Vi, visage vers le sol, bras croisés.

- Était-ce un devoir, ou quelque chose de primordial ? Ça peut être frustrant, oui, mais en le refaisant, vous arriverez à faire encore mieux, Ekko et toi, je te l’assure.”

Vi grommela quelque chose dans sa barbe, mais fut contrainte d’accepter l’argument implacable de leur professeur.

Au même moment, l’escalier grinça, annonçant enfin l’arrivée de Jayce et Amaranthine, remise de ses émotions.

“Qu’est-ce qui s’est passé ?”, questionna Jayce, perplexe devant le carnage.

“Un ver-pinceau malicieux que l’on s’est amusé à taquiner un peu.”, répondit son acolyte d’une voix sibylline, ne souhaitant pas remettre de l’huile sur le feu à la situation.

Amaranthine avait déjà accouru auprès de Powder, lui proposant un dernier mouchoir qu’elle avait pour essuyer ses mains souillées.

“Mais mon bon Jayce, ne serait-ce pas l’heure du ménage ? Les enfants, direction douche pour tout le monde.”, ordonna Viktor, les enfants silencieux n’osant plus faire un pas de travers, se précipitant dans leurs chambres.

Ils se retrouvèrent entre adultes, à contempler avec stupeur le désastre.

“On commence par quoi ?”
Jayce tenait déjà son carnet circulaire dans la main, prêt à suivre la magie aquatique de Viktor dans le nettoyage.

“Les meubles et le parquet, c’est ce qui va marquer le plus vite.”

Les plumes crissèrent sur le papier, l’eau de Viktor sortant en jet maîtrisé de ses pentacles, visant les saletés éparpillées.
Jayce lui, calqua le mouvement en émettant une mousse nettoyante se mêlant au liquide, décrassant les surfaces, avant d’être à nouveau rincées par le sort de son partenaire.

Ils répétèrent ainsi le manège dans toute la pièce, manches retroussées et concentration extrême.

“Je préfère quand on cuisine ensemble, c’est moins sportif.”, lâcha Viktor entre deux soupirs de fatigue, allongé par terre pour atteindre une tache sous un fauteuil.

“Je te préparerai quelque chose demain, en dédommagement. C’est toi qui a beaucoup cuisiné en plus ces derniers temps. Des calamars-lances frits fourrés à la mozza, tes préférés !”

Jayce l’aida à se relever, tendant un bras que Viktor agrippa avec force, s’appuyant de l’autre sur sa canne redevenue normale.

“Mange d’abord pour moi tes deux sandwiches qui traînent.”, le charria-t-il avec un rictus.

Jayce pouffa, sa main posée dans le dos de Viktor alors qu’il allait s’asseoir sur le canapé épargné par toutes ces aventures.

“Bon, je vais sécher tout ça…”

La sentinelle fit un aller-retour dans son atelier, revenant avec un manche à flambeau.
Dont la flamme allumée crépitait déjà, s’élevant du métal.

Pourtant, lorsque Jayce brandit la torche et qu’il la secoua de droite à gauche dans de grands mouvements, près des murs, Viktor resta impassible, amusé même, observant le spectacle, bien installé.

Pour cause, les flammes magiques, invention remarquable de son partenaire, réchauffaient, éclairaient, mais ne brûlaient pas.

Le large dos de Jayce, affairé à la tâche, se dessinait sous son haut vert brodé, les muscles saillants de son avant-bras roulant sous la peau hâlée. Ses mèches ébènes dansaient sous ses gesticulations, le pompon noir de son chapeau s’agitant frénetiquement à chaque allée et venue.

Jayce était souvent reclus dans son oasis d’expérimentations et d’imagination – mais le voir en action, usant de son génie et de sa force physique combinée, n’était pas déplaisant…

Enfin la dernière goutte d’eau fut enfin évaporée, et le soleil rose se noyait déjà dans l’horizon, ses rayons se reflétant sur le visage couvert de sueur du sorcier.

“Merci Jayce.”

Viktor posa sa main sur l’épaule brûlante, et les deux hommes se sourirent, satisfaits de leur travail conjoint.

Ils restèrent là, la flamme dansante éclairant leurs visages dont ils connaissaient les traits par cœur, par les années ; plongeant dans les iris ambrés qu’ils aimaient tant chacun, secrètement.

Rio frottait les jambes de Viktor, mais il ne détourna pas le regard de la sentinelle.

Le silence régnait dans l’atelier.
Le calme, encore une fois.

Et celui avec qui il partageait tout, était là, à ses côtés.
Avec cette chouette famille, qu’il n’échangerait pour rien au monde.

Notes:

Merci d'avoir lu ! J'espère que ça vous a plu :) Un p'tit commentaire ?

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