Chapter Text
Première Pride :
Chaque année à Hyperion Heights il y avait une marche des fiertés. John n’y était jamais allé parce que… pourquoi faire déjà ? Et puis il avait autre chose à foutre comme résoudre des enquêtes et se soûler la tronche à la fin de la journée. Parce que oui, John Smith était un alcoolique fini depuis que sa femme était morte assassinée dix ans auparavant. Un de ses anciens coéquipiers avait un jour essayé de l’y traîner et le pauvre avait manqué de se prendre une balle entre les deux yeux. Depuis plus personne ne tentait de le convaincre d’y faire un tour. Les réunions festives n’étaient pas vraiment son truc.
Seulement cette année il y avait du changement. Cette année il ne pouvait pas éliminer la personne qui souhaitait l’emmener à la Pride. Parce que cette personne était une gamine. Buter une adolescente n’était pas vraiment dans ses projets. Il était certes un sale type mais pas à ce point-là. Voilà pourquoi il s’était retrouvé assis dans la planque d’Amy tandis que son indic farfouillait dans son sac à la recherche du maquillage qu’elle avait piqué quelques heures plus tôt dans un magasin.
- Est-ce que c’est vraiment nécessaire ? Demanda John tandis qu’Amy commençait à lui peinturlurer le visage.
- Évidemment idiot !
- Amy…
- Ça sera amusant tu verras !
Vachement amusant oui. Ce n’était pas le terme qu’il aurait choisi pour sa situation actuelle. Être au milieu de la foule n’avait rien d’amusant pour lui.
Des drapeaux de toutes les couleurs flottaient dans l’air. De la musique s’élevaient des chars. Des gens chantaient et dansaient. Et Smith se sentait comme le mouton noir au milieu du troupeau. Tous s’amusaient, Amy riait, son visage rayonnait de bonheur et lui, il n’arrivait pas à profiter du moment et à se détendre. Ses doigts avaient envie de se poser sur son arme de service et ses yeux passaient d’un visage à l’autre en cherchant la moindre menace. La foule l’avait toujours mis mal à l’aise et avec le métier qu’il faisait il ne pouvait pas s’empêcher de craindre une attaque. Malgré ça, il resta là, à déambuler avec le cortège, à regarder Amy sourire. Il aurait pu rentrer chez lui, planter la gamine là et quitter cet endroit infernal mais il resta parce que ça faisait plaisir à cette ado qui s’était attachée à lui comme une moule à rocher. C’était aussi pour ça qu’il avait accepté d’avoir d’avoir des petits cœurs dessinés sur les joues. Tout ça, c’était pour Amy.
